Elsterwerda est une ville du Brandebourg, en Allemagne, située dans l'arrondissement d'Elbe-Elster. Elle comptait environ en 2019. Elle s'étend sur une surface de . Elle se situe au Sud du parc naturel du Niederlausitzer Heidelandschaft, sa frontière Ouest est commune avec le Schraden, région basse de la vallée de l'Elster Noire.

Ce lieu appartenait, jusqu'en 1815, à la cure saxonne de Amt Hayn, et devint, après la séparation de la Saxe par le congrès de Vienne, partie de l'arrondissement de Liebenwerda, en province prusse de Saxe. Après la réforme administrative du Brandebourg de 1993, elle est rattachée au nouvel arrondissement de l'Elbe-Elster.

La ville assume, depuis 1995, en commun avec la ville de Bad Liebenwerda, la fonction de Mittelzentrum, et reçoit en 2005 par la Caisse d'épargne est-allemande et Giroverband la distinction de Commune de l'année. Sa plus grosse filière industrielle est la métallurgie avec , pour environ . De plus, la ville bénéficie, grâce à ses établissements de formation, d'une réputation de bonne ville étudiante.

Géographie

Situation géographique

Elsterwerda obtient ses privilèges de ville en 1364. Elle se trouve à cinquante kilomètres au nord de Dresde, dans le sud du Brandebourg. Elle s'étend sur une surface de . Les villages et quartiers de Kraupa, Biehla, Krauschütz (depuis 1940) et Kotschka centre et ouest (depuis 1974) Situation de la ville d'Elsterwerda au 16 décembre 2010 lui sont rattachés. Elle est encore aujourd'hui subdivisée en une ville principale et deux quartiers. Elle est desservie par une petite gare qui la relie à Leipzig, Berlin, Dresde, Chemnitz et Cottbus par des lignes directes. De plus, on ne trouve pas moins de 32 ponts sur le territoire de la commune.

vignette|gauche|Situation dans l'arrondissement d'Elbe-Elster. vignette|Vue d'ensemble de la commune d'Elsterwerda. Elsterwerda se situe le long de la frontière Ouest du Schraden, une vaste zone dépressionnaire de de la vallée glaciaire de Breslau-Magdeburger. La commune appartient également au du vaste parc naturel du Niederlausitzer Heidelandschaft et est traversée par l'Elster Noire. Au , le canal de Elsterwerda-Grödel relie cette rivière à l'Elbe et la Pulsnitz au niveau du de l'Elster Noire, à de hauteur.

Environs de la commune Le long de la frontière Nord de la commune d'Elsterwerda se trouve la ville de Bad Liebenwerda avec sa vaste zone boisée de la lande de Liebenwerdaer, au Nord-Est une région transfrontalière de vergers avec la commune de Hohenleipisch, et à l'Est on trouve d'anciennes exploitations de lignite, près de Plessa.

La limite communale au Sud, dans la zone dépressionnaire, sépare Elsterwerda de Gröden et Merzdorf, et celle au Sud-Ouest et à l'Ouest de Röderland.

Géologie Caractéristiques actuelles vignette|300 px|Elsterwerda dans le Schraden. La morphologie du paysage autour d'Elsterwerda est principalement due à la dernière glaciation. Le socle géologique est fait d'une couche de plusieurs centaines de mètres d'épaisseur constituée de sable et gravier. Les points culminants de la commune sont le Güterbank, culminant à d'altitude, entre les quartiers de Kraupa et Biehla, et le Kalkberg, situé au nord de la commune se trouve, culminant à d'altitude. Ces monts ont tous deux été formés au cours de la glaciation de Riss, et appartiennent à la moraine de Hohenleipisch-Plessaer. Avec la moraine de Gröden-Ortrander, le plus haut soulèvement du Brandebourg, elle façonne la Porte d'Elsterwerda. Avec une longueur de sept kilomètres entre Elsterwerda au nord et Merzdorf au sud, il s'agit de la partie la plus étroite de la vallée glaciaire de Breslau-Magdeburger. De petits gisements de lignite ont été exploités de la fin du au début du à l'entrée de Kraupaer, où le filon atteint une épaisseur de deux à quatre Lachter (unité de mesure dont l'unité vaut environ ), et du côté de Biehlaer, où le puits Robert a été creusé, ainsi qu'une exploitation à ciel ouvert. Dans la zone dépressionnaire de l'Elster Noire on trouve également des gisements de minerai de fer des gazons avec un taux de fer à hauteur de 34 % à 50 % Herbert Sucher: Die Grube Robert. Dans : Redaktion Heimatkalender Kreismuseum Bad Liebenwerda (Hrsg.): Heimatkalender für den Kreis Bad Liebenwerda. Nr. 46, 1993, S. 142–145. Dietmar Winkler: Heimische Bodenschätze. Dans : Arbeitsgemeinschaft für Heimatkunde e.V. (Hrsg.): Heimatkalender für den Altkreis Bad Liebenwerda, das Mückenberger Ländchen, Ortrand am Schraden und Uebigau-Falkenberg 1997. Großenhain 1996, S. 184–192. Dietmar Winkler: Zur Entstehung unserer Landschaft. Dans : Arbeitsgemeinschaft für Heimatkunde e.V. (Hrsg.): Heimatkalender für den Altkreis Bad Liebenwerda, das Mückenberger Ländchen, Ortrand am Schraden und Uebigau-Falkenberg 1998. Großenhain 1998, , S. 207–214..

Protérozoïque Le sol montagneux fait partie de la zone Saxo-Thuringeoise de la chaîne montagneuse hercynienne.

Climat Le Schraden, région dont Elsterwerda dépend, se trouve dans la région nommée Schwarze-Elster du climat intérieur, une des zones de jonction avec le climat continental. La spécificité du climat régional est sa faible exposition, principalement dû à sa spécificité d'être orientée est-ouest pour la vallée glaciaire de Breslau-Magdeburg, tandis qu'au nord et sud se trouvent les reliefs élevés des Endmoränen. À cause de cette configuration particulière, la Hohenleipisch-Plessaer Endmoräne est responsable d'une ombre pluviométrique au-dessus de la région dépressionnaireLuise Grundmann, Dietrich Hanspach: Der Schraden. Böhlau, 2001, , p. 13/14 – Messwerte 1951–1980 Niederschlag: Elsterwerda.

Le Schraden compte une pluviométrie de plus de inférieure à celles relevées en moyenne en Allemagne. Durant les périodes saisonnières de risque de sécheresse apparaissent des périodes arides principalement au printemps, automne et hiver. Le mois durant lequel les précipitations sont les plus faibles est celui de février, celui durant lequel elles sont les plus fortes est juillet. La température moyenne annuelle, relevée à vingt kilomètres au nord à la station météorologique de Doberlug-Kirchhain, est de . L'écart maximal des moyennes mensuelles, qui va du mois de janvier le plus froid à celui de juillet le plus chaud, est de .

Toponymie Elsterwerda est composé de deux éléments. Le premier, Elster-, est le nom de la rivière coulant dans la région, dont l'origine s'explique par l'indo-européen commun et signifierait « fleuve » ou « flot ». Le second élément, -werda, procède du mot Werder, qui désigne une région plate entourée de cours d'eau. La région autour d'Elsterwerda comptant de nombreuses rivières, pour la plupart marécageuses, valu à la ville le surnom de Geländeerhebung zwischen Sümpfen (que l'on pourrait traduire par « terrain émergé au milieu des marécages »)Onomastik, Namenkunde, Namenforschung …Luise Grundmann, Dietrich Hanspach: Der Schraden. Böhlau, 2001, , S. 82.Siehe auch: Erlenbruchwälder in BrandenburgEmilia Crome: Die Ortsnamen des Kreises Bad Liebenwerda. Akademie-Verlag, 1968.

Wikow est le nom donné à Elsterwerda en sorabe. Il vient du mot sorabe wiki, qui désigne un marché, une place d'échangeDeutsch-Niedersorbisches Online-Wörterbuch.

Héraldique vignette|150 px|Sceau de la ville avec l'ancien écusson de 1890vignette|150 px|Ancien écusson communal jusqu'en 1994

Le blason trouve son origine dans la première moitié du . Il s'agit d'évidentes armes parlantes, le nom de la commune étant directement tiré du nom de l'oiseau qui y est représenté, la pie bavarde, appelée Elster en allemand. Les lys proviennent du blason de la famille von Köckeritz, seigneurs dont le fief était l'évêché d'Elsterwerda de 1367 à 1512 Lexikon der Städte und Wappen der DDR, 1985.

Histoire Histoire ancienne, fondation de la ville et Moyen Âge Les plus anciennes traces de présence humaine à Elsterwerda ont été trouvées au bord de l'Elster Noire, et datent de l'âge du bronze, vers 1200-1100 av. J.-C.

Durant plus de , les Germains s'installent dans les environs de la ville actuelle, plus précisément la tribu des Semmons.

Depuis la réunification À la suite de la réunification, de nombreuses entreprises quittèrent la ville, ou fermèrent pour cause de faillite. La gare d'Elsterwerda perd son important statut de point de croisement. Le chômage s'étend, et de nombreux habitants émigrent vers l'ouest de l'Allemagne, afin de retrouver un emploi. Mais de nouvelles boîtes s'implantèrent dans une zone agricole à l'est de la ville, ce qui formera la zone industrielle-est (Gewerbegebiet-Ost). La laiterie, qui deviendra la Campina-Werke, est l'une des premières firmes. La Gewerbegebiet-Ost est désormais occupée à pleine capacité.

Dans les années 1990 se produit à Elsterwerda une série d'incendies. Le 6 avril 1995, un feu se déclare dans la mairie, tout juste rénovée. Le bâtiment subit alors d'importants dégâts. En septembre 1997, un incendie survient dans l'usine VÖWA, implantée dans la zone industrielle ouest (Gewerbegebiet West), spécialisée dans le recyclage de matériaux en polyuréthane pour l'automobile, l’ameublement et le secteur de la construction. Le 20 novembre 1997, un incendie catastrophique se produit dans la gare d'Elsterwerda. En effet, lors du travail d'extinction, un pompier décède, et un second meurt quelque temps plus tard à l’hôpital. Par chance, la ville ne sort que légèrement atteinte de cet événement car le hagard de stockage de la gare a permis de faire bouclier contre le souffle de l'explosion, ce qui l'a empêché de toucher la zone résidentielle dElsterwerda-West.

Les travaux d'embellissement de la place du marché débutent en février 2007. Pour ce faire, la fontaine d'Elsterwerda (Elsterwerdabrunnen) est détruite le 19 avril de la même année. Les dernières constructions ont lieu en décembre 2007, au cours desquelles la fontaine est reconstruite à un nouvel emplacementProjet de construction à Elsterwerda.

Population Dialecte et usage linguistique Dialecte Le dialecte actuel d'Elsterwerda fait partie des dialectes du nord-est, dérivé d'une ancienne langue régionale saxonne, construite sous l'influence de la rurbanisation de la Saxe du au , qui appartient au groupe linguistique des dialectes de Thuringe Gunter Bergmann: Kleines sächsisches Wörterbuch. 1989.

Sorabe Le sorabe est parlé depuis la dernière décennie du dans la région de l'ancien château d'Elsterwerda, d'après la volonté du pasteur Mjertyn Mon (1848–1905) qui créa un cours pédagogique pour l'apprendre en 1885. Il a souvent eu l'occasion d'employer la langue sorabe grâce à des excursions en train à Plessa, ou à pied pour Dreska ou Kahla Heimatkalender für den Kreis Bad Liebenwerda 1963, Beitrag von M. Karl Fitzkow: Sorbisches Volkstum im Kreisgebiet und sein Erlöschen im 19. Jahrhundert. S. 135–140..

Évolution démographique

En 1700, la population de la ville est de . En 1801, elle atteint , principalement des paysans, éleveurs et cultivateurs. Le nombre d'habitants d'Elsterwerda augmente jusqu'à 943 en 1818.

Après la construction de la gare en 1875, plusieurs entreprises industrielles s'installent à Elsterwerda et Biehla, entrainant une nouvelle hausse importante de la population. Le nombre d'habitants au niveau de la commune actuelle augmente en moins d'une décennie de en 1875 à , soit plus du double, et la commune connait alors une pénurie de logements.

Le maximum de population est atteint en 1981 avec un nombre total de . Depuis cette période, ce nombre diminue en continu. Après le renversement du gouvernement de la RDA en 1989 et la réunification, il y a eu jusqu'en 2006 une diminution totale de la population d'environ .

|+style="background:#bfcfcf; border: 1pt grey solid;" |Elsterwerda: Évolution de la population dans les limites de 2020Les sources de données se trouvent en detail dans les Wikimedia Commons Population Projection Brandenburg at Wikimedia Commons. | valign="top" |