À son apogée, au , l'empire du Mali s'étendait jusqu'en Gambie.

En 1455, les Portugais installent des comptoirs le long du fleuve Gambie à partir duquel ils organisent la traite des Noirs. En 1723, la Compagnie britannique d'Afrique achète de la terre en Gambie.

À partir du , les Britanniques occupent ce petit territoire enclavé dans le Sénégal (à l'exception d'une enclave française à Albreda, cédée aux Britanniques par un accord en 1857). À la suite d'un traité franco-britannique en 1889, le pays devient officiellement en 1894 un protectorat britannique.

La Gambie acquiert son indépendance en 1965 en qualité de royaume du Commonwealth. En 1970, la république est proclamée et Dawda Jawara en devient le premier président. La Gambie est unie au Sénégal de 1982 à 1989 dans une confédération : la Confédération de Sénégambie.

Le un groupe d’officiers, menés par le capitaine Yahya Jammeh, renverse le gouvernement. En 1996, pressé par la communauté internationale, les bailleurs de fonds ayant suspendu toute aide depuis le coup d'État de 1994, le président Jammeh accepte d'engager un processus de démocratisation qui le reportera d'ailleurs au pouvoir lors des élections de 1996, du et du .

Le , Adama Barrow devient le nouveau président de Gambie en prêtant serment à l'ambassade de Gambie au Sénégal.

Préhistoire

Protohistoire thumb|Mégalithes de Wassu

De 500c à 1600c : anciens royaumes ou empires thumb|Carte de l'empire du Mali à son apogée thumb|Carte de l'empire songhaï 350c-1250c : Empire du Ghana 1235c-1610 : Empire du Mali 1464c-1591 : Empire songhaï

De 1500 à 1800 : période précoloniale Explorateurs portugais (1480c-1590c) Au début du , les premiers explorateurs européens s'aventurent vers l'extrémité occidentale du continent africain. Intrigué par les récits des géographes et cartographes arabes sur l'immense richesse des royaumes d'Afrique de l'Ouest et sur le légendaire royaume du prêtre Jean, le prince portugais Henri le Navigateur lance plusieurs expéditions à partir de 1418. En 1434, Gil Eanes double le cap Bojador. Nuno Tristão et Antão Gonçalves atteignent le cap Blanc en 1441 et Dinis Dias accoste à la Presqu'île du Cap-Vert, extrémité occidentale de l'Afrique, en 1444. En 1446, Álvaro Fernandes navigue le long des côtes de l'actuelle Sierra Leone.

C'est Nuno Tristão qui fut le premier européen à atteindre l'embouchure du fleuve Gambie en 1446. Lui et son équipage furent très mal accueillis par les autochtones qui les prirent pour des cannibales et il mourut lui-même de ses blessures pendant le voyage de retour.

Henri le Navigateur était cependant trop obstiné par les rumeurs selon lesquelles le fleuve Gambie regorgeait d'or pour abandonner. En 1455, il y envoya le Vénitien Alvise Cadamosto, accompagné du Génois Antoniotto Usodimare. Il se heurtèrent également à la résistance des indigènes. L'année suivante, Cadamosto fut chargé d'une deuxième expédition. Il découvrit en chemin les îles du Cap-Vert et s'y arrêta brièvement avant de repartir en direction de la Gambie. Il parvint à remonter le fleuve sur et à lier des contacts avec ses habitants. Il se lia d'amitié avec plusieurs rois locaux, dont Batti Mansa, roi de Baddibu, qui était séduit par le christianisme et demanda par écrit au souverain portugais de lui envoyer un prêtre. Cadamosto fut contraint d'écourter son voyage, un tiers de son équipage ayant succombé à diverses maladies tropicales et il retourna au Portugal en 1456.

Deux ans plus tard, Diego Gómez remonta le fleuve sur jusqu’à l’actuelle Upper River Division. Il y entendit parler de l’or du plateau du Fouta-Djalon et de l’empire du Mali. Il échangea des marchandises contre quelques esclaves qu’il ramena en Europe.

Par la suite, des prêtres portugais s’installèrent sur le bord du fleuve, à Nuimi, et commencèrent à y prêcher le christianisme. Ils construisirent une chapelle près d'Albreda et baptisèrent l’endroit San Domingo. L'islam était déjà bien ancré, Mansa s'était désintéressé d'eux et les missionnaires n'eurent que peu de succès. Les portugais fondèrent d'autres bases d'exploration à Bintang, Tankular, Niani Maru et Kassan sur la rive sud, Fattatenda et Kuntaur sur la rive nord.

D'autres expéditions suivirent et renforcèrent les liens d'amitié. Le Portugal soutint le Mali lorsque ce dernier fut attaqué par l'empire songhaï. Un ambassadeur de l'empire Wolof visita quant à lui le Portugal en 1488. Le commerce se développa et quelques Portugais s'installèrent en Gambie où ils importèrent de nombreuses espèces végétales toujours cultivées aujourd'hui comme les oranges, les bananes, la papayes, le manioc, la goyave, le maïs et l'arachide. Ils apportèrent également des techniques de construction, de navigation et de pêche et de nombreux emprunts au portugais subsistent dans la langue mandingue.

La bulle pontificale Aeterni regis, fulminée le , attribua la côte africaine au Portugal au détriment de l'Espagne.

Compagnies commerciales britanniques (1560-1860) En 1588, le Portugal perd ses droits commerciaux dans la vallée du fleuve Gambie et sur la Côte de l'Or (actuel Ghana) au profit de l’Angleterre. Le Portugal est alors uni sous la couronne espagnole et la débâcle de l’armada espagnole contre la marine anglaise permet à Élisabeth I de mettre la main sur les privilèges commerciaux des Portugais. Elle les revend à la Company of Devon et aux London Merchants. La présence anglaise en Gambie remonte cependant à 1562, lorsque Sir John Hawkins vole 300 esclaves aux Portugais pour les revendre à Santo Domingo, en actuelle République dominicaine, fondant par là-même le commerce triangulaire.

En 1618, le roi Jacques laisse entièrement les droits commerciaux sur la Gambie et la Côte de l’Or à la Company of Adventures of London. La Guinea Company voit le jour afin de protéger la côte de Guinée contre les visées françaises et néerlandaises. La même année, les premiers esclaves débarquent dans la nouvelle colonie de Virginie. Les expéditions visant à découvrir de l’or à l’intérieur des terres s’intensifient. Une première échoue, la deuxième est attaquée en mer par les Portugais et essuie de lourdes pertes. Deux ans plus tard, Richard Jobson atteint les chutes de Barrakunda.

Les Anglais exportent de plus en plus d’esclaves à partir de 1652. La demande de main d’œuvre bon marché augmente rapidement dans les Caraïbes où la culture de la canne à sucre est en pleine croissance.

Période germano-balte (1650c-1660c) thumb|L'île James et Fort Gambia Au , le duc de Courlande Jacob Kettler cherchait à développer le commerce des pays de la Baltique. Il tenta plusieurs fois de stimuler la colonisation courlandaise dans le sud des Caraïbes en y développant la culture du tabac et il avait besoin d’une base commerciale supplémentaire pour importer la main d’œuvre nécessaire. Il envoya Heinrich Fock en Gambie avec deux bateaux. Le , le roi de Nuimi lui accorda l’île James, alors nommée Isla de Andrea, idéalement située à de l’embouchure du fleuve. Il obtint également une terre sur la rive nord du fleuve, près de Juffureh. Il loua l’île Banjol, actuellement St. Mary’s Island au roi du Kombo, au sud de l’embouchure.

La cohabitation entre les Allemands et les locaux fut pacifique. Kettler considérait les rois avec qui commerçait comme des partenaires souverains. Ces derniers lui apportèrent un soutien militaire contre les incartades néerlandaises. Cela ne suffit cependant pas toujours, et les comptoirs allemands furent occupés par deux fois par les Pays-Bas, du au et du au .

La présence courlandaise prit fin à l’issue de la Première guerre du Nord, qui fit s’affronter la Suède et la Pologne de 1655 à 1660, pendant laquelle Kettler fut fait prisonnier. James Island changea plusieurs fois de mains et fut occupée par différents États d’Europe, des commerçants privés et des pirates.

Rivalité franco-britannique (1660c-1760c) L’année 1660 voit également la naissance d’une nouvelle compagnie commerciale anglaise, la Company of Royal Adventurers Trading to Africa. Charles II lui délivre une patente portant sur tous les droits commerciaux et territoriaux de la couronne anglaise, indépendamment du souverain local ou des droits d’autres nations. L’amiral Robert Holmes est envoyé, à la tête d’une flotte de cinq bateaux, surveiller la côte occidentale de l’Afrique pour y protéger les intérêts de la compagnie et de l’Angleterre. Il fait ériger un fort sur Dog Island, qu’il nomme alors Charles Island. Il occupe James Island, toujours officiellement courlande mais sous occupation néerlandaise, le , et lui donne son nom actuel en hommage au directeur de la compagnie, comte d’York et futur roi d’Angleterre Jacques II. Il y construit de nouvelles fortifications, Fort James, et y stationne une garnison.

À la fin de la Deuxième guerre anglo-néerlandaise (1665 – 1667), la Company of Royal Adventurers périclite mais la Compagnie royale d'Afrique est fondée en lieu et place de la première. Le , les postes courlandes sont officiellement cédés à l’Angleterre. Robert Holmes prend de nombreux comptoirs appartenant à la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales pour le compte de la RAC.

Entretemps, à partir de 1626, la France s’est installée sur le territoire de l’actuel Sénégal, sur le cours inférieur du fleuve homonyme. La Compagnie du Sénégal, fondée en 1673 conclut des traités avec les Nuimi lui permettant d’ouvrir un comptoir à Albreda, près de Juffureh et de l’île James, en 1681. Trois ans plus tard, la Compagnie royale d'Afrique rachète la Gambia Adventurers et tout le Sénégal est occupé par l’Angleterre entre janvier et juillet 1693. Tout au long du siècle qui suit, les différentes nations présentes dans la région se disputent l’île James, et par là la domination économique et politique sur le fleuve. Le , elle est prise par la France, sans toutefois être occupée, à l’issue d’une bataille navale pendant la guerre de la Ligue d'Augsbourg. Elle est rétrocédée à l’Angleterre en dans le cadre de le traité de Ryswick. La Compagnie royale d'Afrique s’emploie à reconstruire le fort à partir d’ mais à la suite de la perte de son monopole commercial sur la Gambie l’année précédente, elle est contrainte de compter avec des concurrents. En 1702, l'île James passa définitivement sous contrôle britannique. Fort James est désaffecté et inoccupé du au . Les Traités d'Utrecht confirment cette situation et la Compagnie royale d'Afrique rachète Fort James en 1717.

Fort Albreda est détruit en 1746, pendant la guerre de Succession d'Autriche, et n'est reconstruit qu’à la faveur du traité d'Aix-la-Chapelle en 1748.

À partir de 1750, la Company of Merchant Adventurers assume l'administration de la Gambie. De 1758 à 1779, la Gambie fait partie d'un territoire alors appelé Sénégambie. En effet, durant cette période, les britanniques ont également conquis des positions françaises le long du fleuve Sénégal. Ces positions repassent finalement sous contrôle français quelques années plus tard.

Colonie et protectorat de Gambie (1821-1965) Le traité de Versailles du 3 septembre 1783 confirme que le Sénégal appartient à la France tandis que le territoire de la future Gambie est accordé au Royaume-Uni : colonie et protectorat de Gambie

Pendant la Révolution française, les comptoirs français sur la côte sont occupés par la Grande-Bretagne, entre 1793 et 1815, puis restitués à la France, aux suites du traité de Vienne, en 1815. Les Français reprennent possession des côtes du Sénégal, au début de 1816, et la Gambie est confirmée colonie britannique.

De 1821 à 1843, la Gambie est placée sous la juridiction du Sierra Leone, sous l’autorité d’un gouverneur britannique. Il s’agit d’une zone majeure pour le commerce de la gomme.