L’abbaye de La Joie-lès-Nemours, dite préalablement abbaye Sainte-Marie-lès-Nemours, ou Notre-Dame de la Joie, ou Notre-Dame de la Saussaie, était une abbaye royale qui dépendait de l’ordre de CîteauxLes religieuses portèrent le nom de « bernardines » en souvenir de saint Bernard., située au sud-ouest de Nemours sur la rive gauche du Loing, sur la commune de Saint-Pierre-lès-Nemours.

Historique Fondée en 1231 par le seigneur des lieux : Philippe II de Nemours, sous le vocable de Saint-Marie-lès-Nemours, cette communauté de moniales ne fut jamais très importante. Albert de Nemours en 1231 leur fait don de .

La légende dit que le changement de nom vient du fait que la reine Blanche allant au-devant de saint Louis qui revenait d'une expédition contre les Anglais l'embrassa tendrement toute à la joie de le retrouver, ceci se déroulant aux abords du couvent qui en cette occasion reçut le nom de « Gaudium » (« Joye ») qu'il garda. En 1236, saint Thibault de Marly est chargé de l'inspection de ce monastère, avant de prendre l'année suivante la direction de Notre-Dame du Trésor dans le Vexin.

Philippe le Bel octroya à l'abbaye en 1309 le droit de minage des grains vendus à Nemours, ce qui sera la cause de procès avec la ville tout au long de l'existence de l'abbaye, celle-ci voulant taxer les grains vendus par les habitants. Le , le bailli de Melun rendit une sentence en faveur des religieuses. Le parlement de Paris, dans un arrêt du , donne à nouveau raison aux religieuses contre les sieurs Bourry et Augis, mais, en 1725, un arrêt dit que cette taxe ne sera perçue que sur les grains vendus par les étrangers.

Dans les années 1330, le roi Philippe VI de France, qui avait donné la seigneurie et le château de Mez-le-Maréchal à son épouse Jeanne de Bourgogne, offrait à l'abbaye la dîme du pain et du vin lors de leur séjour au château. Cela se reproduisit plusieurs fois et fut confirmé par lettres de ce roi et ses successeurs.

En 1751, Jean-Joseph Languet de Gergy, archevêque de Sens (1730-1753) unit l'abbaye du Mont Notre-Dame lès Provins à la Joye-Notre-Dame, et le , son successeur, le cardinal archevêque de Sens, Paul d'Albert de Luynes (1753-1788), rendit par un décret la fusion de l'abbaye de La Joie, de Notre-Dame de Provins et de l'abbaye de Villiers-aux-Nonnains sous le vocable de Villiers-La-Joye. Les religieuses furent remplacés par des ermites de la forêt de Sénart qui firent l'acquisition des bâtiments en , et restèrent en place jusqu'en 1772. Le duc de Nemours, duc d'Orléans, racheta les bâtiments avec l'église et son mobilier pour . Ceux-ci furent revendus, le cloître démoli, ainsi qu'une partie de la chapelle et le cimetière. Quelques bâtiments subsistent. Le jardin est inscrit à l'inventaire du patrimoine culturel.

Architecture

L'abbaye était composée de grands bâtiments, avec une église haute en forme de croix dont la branche gauche comprenait la chapelle. L'église était reliée au dortoir des religieuses. Les bâtiments furent en partie détruits par un violent incendie en 1747.

Il ne reste aujourd'hui d'époque que le porche de l'abbaye. Les jardins de l'abbaye abritent aujourd'hui une maison de retraite.

Abbesses

Jeanne La Cornue 1235 ; Isabelle 1444 ; Anne de Beauvilliers (1652-1734), abbesse en 1671Yves Coirault, « Index », dans Saint-Simon, Mémoires, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », Gallimard, 1988, VIII, 1158. — Elle est la fille de François Honorat de Beauvilliers, duc de Saint-Aignan. Sur une mésaventure arrivée au duc de Saint-Aignan à propos de sa fille, voir Saint-Simon, , 1983, II, 26 et 27. ; la dernière abbesse est Madame Rose de La Tour du Pin, nommée à Villiers en 1732.

Religieuses

Marie d'Espinay, religieuse le , morte à l'abbaye le .

Personnalités inhumées à l'abbaye Les tombeaux situés dans le chœur de l'église furent déplacés en 1777 pour être transportés dans l'église Saint-Jean de Nemours qui prendra le nom de chapelle aux Ducs. Philippe de Nemours, chambellan de France, sa tombe ne portait pas de date mais la mention : ; sur une autre : Fils de Philippe de Nemours ; Guillaume de Nemours ; Aveline, femme de Gui III d'Amponville.

Notes et références

Annexes Bibliographie

Dom Morin, Histoire du Gâtinais. Georges Touchard-Lafosse, Histoire des environs de Paris, 4, chez P.H. Krabble Libraire-éditeur, 1836, 333 Christine Garmy, « Le déclin de l'abbaye de La Joye au  », in Paris Île-de-France, t.48. Stein, « La fin de l'abbaye de la Joye », Annales du Gâtinais, 354-364, 1908. Robert de Hesseln, Dictionnaire universel de la France, 4, à Paris chez Desaint rue Foin St Jacques, 1771, 648-652.

Articles connexes Abbaye de Villiers-aux-Nonnains Achères-la-Forêt

Catégorie:Abbaye cistercienne en Île-de-France Catégorie:Abbaye en Seine-et-Marne Catégorie:Abbaye fondée dans la décennie 1230 AbbayeJoieLesNemours AbbayeJoieLesNemours Catégorie:Abbaye partiellement détruite au XVIIIe siècle Catégorie:Saint-Pierre-lès-Nemours