FLAG! est une association française loi de 1901 reconnue d’intérêt général, créée en 2001 à Paris. Elle regroupe des agents des ministères de l’Intérieur et de la Justice engagés dans la lutte contre les discriminations envers les personnes LGBT. Son siège est situé à Paris.

L’association change de dénomination en 2004 pour devenir « FLAG! Policiers gays et lesbiens », avant d’adopter en 2010 son nom actuel « FLAG! »., alors que l'usage mentionnait déjà . Depuis le , le nouveau titre de l'association, déclaré au Journal officiel, est FLAG! (Policiers et gendarmes LGBT)Journal officiel, 24 avril 2010.. En 2019, le nom de l'association redevient FLAG! à la suite de l'extension du périmètre au Ministère de la Justice en 2018 et la base line devient "Intérieur et Justice LGBT+".

Le nom de l'association ne correspond pas à un sigle mais fait référence au drapeau arc-en-ciel, symbole LGBT, et l'apocope de « flagrant délit » (communément abrégé dans le jargon policier en )..

Histoire Deux raisons fondamentales expliquent la création de FLAG! : La création du Pacte civil de solidarité (PACS). Celui-ci représente une avancée pour les couples d'homosexuel(le)s mais crée de nouvelles discriminations. Le texte instituant le PACS ne prévoit rien en matière de droits sociaux et c'est dans ce cadre que plusieurs associations dans le monde du travail CGay (pour Canal +), Gare ! (pour la SNCF), Homobus (pour la RATP) et 3HVP (pour la Ville de Paris) vont voir le jour. L'homophobie réelle ou supposée ressentie par nombre de policiers dans leurs services. Le fait que des policiers, incarnation de l’ordre social, osent afficher leur orientation sexuelle et dénoncer les discriminations dont ils sont victimes apparaît comme une transgression majeure à l’obligation de réserve et au corporatisme qui prévalent dans cette administrationJean PruvostThèse Le procès de féminisation de la police - Le temps des minorités, sur le site cesdip.

À l'origine de l'association, deux policiers lancent un appel sur un site internet gay pour fédérer les policiers partageant leurs convictionsEn 2009, Jérôme Vicart explique : Article Gardes-Champêtre, 27 mai 2009. Après plusieurs rencontres, dix d’entre eux se rassemblent et fondent FLAG! En 2002, l'association accueille les gendarmes. Pour les fondateurs soumis au devoir de réserve, cette création vise avant tout à . Pour le président, . Elle repose sur des modèles anglo-saxons comme celles existant en Grande-Bretagne, aux États-Unis, au Canada ou en Allemagne. Les premiers adhérents viennent des bars gays où ont été placardées des affiches.

Les ministres de l'Intérieur, Daniel Vaillant puis Nicolas Sarkozy ne donnent pas suite aux sollicitations de FLAG!, notamment en matière d'affichage sur les panneaux associatifs internes. Alain Parmentier explique que . Pour l'association, l'exemple de certaines pratiques en Grande-Bretagne où les commissariats disposent de policiers capables de servir de relais pour recevoir des plaintes de victimes homosexuelles est un but à atteindre.

L'accueil des syndicats de police est mesuré et partagé entre une totale indifférence de la part du Snop, un encouragement de l'Unsa Police ou une hostilité explicite d'Alliance. Son représentant, le secrétaire général Jean-Luc Garnier dénonce : . Moins d'un an après sa constitution, l'association dénombre , dont près de 80 % sont franciliens. Selon FLAG!, c'est une démonstration

En 2003, en élargissant la qualité de membres affiliés, jusqu'ici réservée aux gendarmes, à l'ensemble des agents contractuels ou fonctionnaires, relevant d'administrations sous tutelle du ministère de l'Intérieur ainsi qu'aux agents de police municipale, FLAG! devient .

Depuis l'assemblée générale du , l'association dispose et ce, conformément à l’article 2-6 du Code de Procédure PénaleExtrait du Code de Procédure pénale, sur le site Légifrance, de la capacité juridique de se porter partie civile dans des affaires d'homophobie, lesbophobie ou de transphobie visant des fonctionnaires de Police ou des militaires de la Gendarmerie nationale.

Depuis 2008, l'association ouvre ses portes, en tant que membres sympathisants, à la douane ou à la pénitentiaire. En 2009, l'association compte , dont 80 % de policiers et 20 % de gendarmes. En 2011, l'association dénombre et ouvre davantage ses portes aux policiers municipaux, pour qui l'association entend développer une formation aux LGBT-phobies« Les associations gay investissent le monde du travail », Nouvel Obs, AFP, jeudi 29 décembre 2011.

Historique

L'association FLAG! est créée le et rassemblaient 11 policiers dont 10 signèrent l'acte fondateur. En , face aux nombreuses demandes d’adhésions de gendarmes et à la suite de l’annonce par le ministre de l’intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy, de rapprocher la police et la gendarmerie, FLAG! modifie ses statuts et créé à leur intention le titre d’affilié, leur octroyant de facto le droit de vote et la possibilité d’intégrer le conseil d’administration de l’association. L’association porte dorénavant plusieurs revendications tant en matière de lutte contre l’homophobie qu’en matière d’égalité des droits auprès du ministère de la DéfenseSite de l’UMP. Le , dans un communiqué de presse, l'association annonce l'élection d'un nouveau bureau marqué par le retour à la vice-présidence d'Alain Parmentier et par la décision de l'assemblée générale de porter au rang de priorité annuelle (2003/2004) une action marquée dans la lutte contre l'homophobie et pour la pénalisation de ses expressions. Elle annonce également avoir étendu la qualité de membres affiliés (créée spécialement pour les gendarmes en 2002).

En , après la tentative d’homicide sur Sébastien Nouchet, FLAG! écrit au ministre de l’intérieur, Nicolas Sarkozy pour lui demander de pénaliser l’homophobie et de rappeler la nécessité pour les forces de police de poursuivre les infractions liées à l’orientation sexuelle. Le ministre de l’intérieur répond favorablement à l’associationHomophobie : le rappel de Sarkozy à la police, E-llico.com, 10/03/04.

En , pour la première fois, FLAG! bénéficie d’un dossier de deux pages (18 & 19) dans le magazine du syndicat UNSA Police intitulé « FLAG! : Une association contre toutes les formes de discriminationUNSA police, page 18 & 19, septembre 2005. » Le président de l’époque, Alain Parmentier explique dans une tribune libre que les policiers homos « ne doivent pas devenir les boucs émissaires de leur brigade ou de leur hiérarchie. […] Plus nous serons à nous mobiliser, plus vite nous réussirons à stopper ces discriminations inadmissibles qui s'ajoutent aux difficultés de notre métier. » L’occasion pour FLAG! de diffuser sa campagne d’affichage contre l’homophobie dans tous les commissariats (l’UNSA Police étant majoritaire en 2005 avec 60 % des sièges) puisque comme l'indique son président, pour le moment, l'association n'a essuyé que des refus de la part de l'administration policière. Dans le journal, le syndicat indique « soutenir l'action et les principes défendus par l'association« Police : Un magazine syndical consacre un dossier aux policiers homosexuels », Article de Têtu, par Paul Parant, jeudi 15 septembre 2005« Flics, républicains et gays », par Jacky Durand, Libération, 15 septembre 2005.»

En 2006, devant la recrudescence des violences envers les homosexuels, FLAG! participe avec plusieurs associations dont Aides, Arcat, la Fédération des Centres LGBT, le RAVAD, SOS homophobie et le SNEG à la création début avril d’une cellule de criseAgressions homophobes : premiers travaux de la cellule de crise LGBT, 10 août 2006. L'assemblée générale du approuve à l’unanimité la résolution permettant à l'association de se porter partie civile dans des affaires d'homophobie, lesbophobie ou de transphobie visant des fonctionnaires de Police ou des militaires de la Gendarmerie nationale, conformément à l’article 2-6 du Code de Procédure Pénale. Le , FLAG! participe au congrès international anti-discrimination organisé par MANEO. Les échanges tourneront autour des expériences et des solutions concrètes pour protéger les homosexuels des injures et des agressions. Steeve Bouali, responsable de l'EGPA pour l'association a pu ainsi expliquer les actions de FLAG! envers les policiers notamment la formation de ces derniers, thème évoqué durant cette manifestation« Contre l'homophobie, Maneo organise le "marathon du baiser" », Têtu, Pierre Girard vendredi 16 mai 2008.

En , plusieurs associations dont FLAG! soutiennent deux policiers municipaux de la ville de Cannes s'estimant victimes de discrimination en raison de leur homosexualité de la part de plusieurs de leurs collègues. Soutenu par Me Gilbert Collard, ils ont déposé plainte devant le Parquet de Grasse contre leur hiérarchie pour harcèlement moral« Harcèlement : deux policiers homosexuels portent plainte », Flore Galaud, Le Figaro, 18 mai 2009.

Le , l’assemblée générale modifie en profondeur ses statuts. Jusqu’à cette date, les gendarmes étaient membres affiliés de l’association et ne pouvaient disposer de plus de dans le conseil d’administration (article 10 de ses statuts) et ne pouvait siéger au bureau qu’au titre de correspondant affiliés (article 13 de ses statuts).