thumb|280px|Les formes de savoirs thumb|280px|Edgar Morin : idées-clés La méthode générale d'apprentissage cognitif s'est peu à peu dégagée des travaux de pédagoguesLes principaux pédagogues qui ont élaboré des méthodes surtout pour les enfants et adolescents, tels que Jean Piaget, Célestin Freinet, Montessori qui remettaient en cause les méthodes d'enseignement traditionnelles, prônaient la participation active et l'implication des participants, ainsi que des approches pédagogiques de psychosociologues comme Abraham Maslow, Carl Rogers ou Harold J. Leavitt.
La perspective cognitiviste, qui renvoie au terme cognition, c'est-à-dire connaissance dans le sens de processus et de produit, privilégie une approche fonctionnelle d'utilisation des facultés mentales et des connaissances déjà acquises, liées aux stratégies d'assimilation de ces savoirs, au sens large du terme (du savoir pur au savoir-être). À partir de ces convergences historiques, la Méthode d'Apprentissage Cognitif s'est surtout développée à partir des travaux du psychologue américain Robert Mills Gagné et du sociologue français Edgar Morin avec son livre Sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur.
L'introduction en France en 1986 de la méthode d'apprentissage par l'expérience (Experiential Learning/Outdoor Education), à partir des travaux et de l'action d'Alain Kerjean relève également de ce courant.
Les bases théoriques La Pédagogie Les apports de la pédagogie Freinet et de ses successeurs de Paulo Freire à Philippe Meirieu Célestin Freinet a été l'un des premiers à mettre en cause le rapport traditionnel d'autorité maître-élève. Il considère l'élève comme un apprenant ayant une certaine autonomie et que la favoriser, c'est par là même favoriser son apprentissage. Il a écrit dans Les invariants pédagogiques en 1964 : « Les acquisitions ne se font pas comme l’on croit parfois, par l’étude des règles et des lois, mais par l’expérience. Étudier d’abord ces règles et ces lois, en français, en art, en mathématiques, en sciences, c’est placer la charrue devant les bœufs. »
Cette façon d'enseigner rejoint l'idée que se faisait un homme comme Socrate qui stimulait l'interaction de l'élève avec son professeur à partir une méthode qu'il avait appelé la Maïeutique. Ce sont la réflexion et les interactions qui stimulent le savoir, l'élève n'est pas seulement une machine à emmagasiner des connaissances, il devient sujet agissant et pas seulement objet d'une connaissance à intégrer.
Ces conceptions ont été largement reprises dans les formations mises en place pour les adultes où le rapport d'autorité est encore différent entre professeurs et adultes apprenants qui ont leur propre expérience.
Pour Philippe Meirieu, l'enseignant n'est pas seulement un transmetteur de connaissances, c'est un éducateur qui doit aussi transmettre des normes sociales et permettre ainsi aux individus à penser par lui-même et de manière critique. Il insiste sur la motivation nécessaire des apprenants, même s'il est parfois difficile de concilier leurs intérêts et leurs centres d'intérêt. Pour dépasser cette contradiction, il préconise d'avoir une attitude positive envers l'apprenant -empathique dirait Carl Rogers- afin de le mettre en confiance et de respecter sa liberté afin qu'il puisse mieux se prendre en chargeCe que Philippe Meirieu appelle postulat d'éducabilité et postulat de liberté. Le groupe ainsi formé devient un réseau plus coopératif qui permet de compenser les difficultés liées à son hétérogénéité. (Ce qu'il nomme la Pédagogie différenciée)
Par ailleurs, on considère que la méthode d'apprentissage par l'expérience est le prolongement moderne des idées de Montaigne, Comenius, Locke, Rousseau et du mouvement des Ecoles nouvelles, avec par exemple Freinet en France, Maria Montessori en Italie ou John Dewey aux Etats-Unis. C'est le pédagogue allemand Kurt Hahn, réfugié en Grande-Bretagne en 1934, qui en posa les bases modernes avec les écoles Gordonstoun et Outward Bound. Devenu international, le courant Experiential Learning fut introduit en France en 1986 à l'initiative d' Alain Kerjean. L’on retrouve dans ce modèle les théories de Kurt Lewin (le processus de feedback), de Jean Piaget (interaction par accommodation puis assimilation) et de Carl Gustav Jung (interaction par introversion et extraversion).
La psychosociologie
Plusieurs psychosociologues ont largement influencé dans leur domaine de connaissances, l'évolution de cette méthode, et en premier lieu Abraham Maslow avec la hiérarchie des besoins, la théorie de la motivation et les différents niveaux qu'elle peut revêtir.
Le psychologue humaniste américain Carl Rogers s'adresse d'abord aux thérapeutes et aux enseignants en définissant l'attitude idéale à atteindre pour être en phase avec ses interlocuteurs : il faut avant tout se placer sur le même canal psychologique pour établir un véritable dialogue, ce que Rogers appelle la congruence. Ceci implique une relation étroite entre expérience acquise et prise de conscience de la situation relationnelle et d'accepter l'autre tel qu'il est et non comme on voudrait qu'il soit, ne pas lui prêter ses propres sentiments (et éviter ainsi toute projection).
D'un point de vue pratique, il faut utiliser un langage et être en adéquation avec l'autre, ce que Rogers appelle avoir un attitude empathique et laisser le dialogue s'instaurer peu à peu par une mise en confiance, en choisissant son langage, ses mots et ses expressions : c'est privilégier une attitude non-directive. On utilise aussi assez souvent une technique qui inclut la non directivité 'rodgérienne', qui s'appelle l'Entretien semi directif.
Pédagogie active et apprentissage cognitif thumb|200px|Transmission du savoir La Psychopédagogie - Les travaux de Roger Mucchielli : ce psychopédagogue français, continuateur en France de l'école de Palo-Alto, a largement contribué à divulguer les idées des grands psychosociologues américains dans ses ouvrages pédagogiques parus chez ESF éditeur, parmi lesquels : - L'entretien de face dans la relation d'aide sur la pensée de Carl Rogers; - Communication et réseaux de communication sur la pensée d'Abraham Maslow; - Attitudes et comportements sur la pensée de Bavelas et Harold J. Leavitt - La dynamique de groupe à partir des travaux de Kurt Lewin, - Les méthodes actives dans la pédagogie des adultes et La méthode des cas en matière de pédagogie active.
- L'apport de Robert Mills Gagné : Il a déterminé une hiérarchie des types d'apprentissage, impliquant des prérequis pour passer d'un niveau à un autre. Il distingue plusieurs niveaux, tout d'abord posséder les acquis moteur et le langage adéquat, puis maîtriser les concepts et savoir résoudre des problèmes de plus en plus complexes. Ce qui est important pour lui, c'est : définir précisément les prérequis et l'apprentissage préalable, les objectifs concrets à atteindre, le contenu précis des matières et des domaines à enseigner avec les étapes de progression, un suivi des comportements d'auto organisation.
Enseignement et éducation <center>« L'inégalité tient à la maîtrise du savoirQui est lui-même source de pouvoir. »</center>
Les types d'objectifs de formation du savoir au savoir-être - Le Savoir renvoie à l'enseignement de matières qui demandent une base pratique, factuelle, Gagné parle de "concept concret" en général relativement facile à définir et à circonscrire; - Le savoir-faire demande d'acquérir des bases fonctionnelles et conceptuelles pour être capable d'appliquer des connaissances dans des situations variées faisant appel à un large panel de savoirs acquis parfois dans d'autres situations; - Le Savoir faire faire demande d'acquérir des mécanismes, d'avoir assez de recul pour "se mettre à la place de l'autre", mieux comprendre ses enjeux et l'aider efficacement; - Le Savoir-être' demande d'acquérir des comportements adaptés à une situation donnée, une 'distanciation' d'avec soi-même pour dominer ses réactions émotionnelles au profit des objectifs à atteindre.
Chacun de ces niveaux demande une bonne maîtrise du ou des niveaux précédents pour parvenir à une maîtrise complète de la chaîne dans le savoir-être. Cependant, la somme des compétences requises n'est pas forcément de même nature : le savoir-être pour diriger une équipe d'analystes-programmeurs par exemple ne nécessite pas de connaître les langages informatiques utilisés par l'équipe. En revanche, il faut aussi aux analystes-programmes un minimum de savoir-être pour travailler efficacement en équipe. Il existe donc un équilibre à respecter, un "dosage" subtil à définir dans les niveaux de compétence nécessaire à telle tâche.
L'apprentissage stratégique et cognitif - Ses principes de base reposent sur des participants actifs et motivés, un processus continu d'appropriation de toutes les formes de connaissances ainsi que la définition de stratégies de formation. - La conception de l'enseignement suppose le respect des principes de base (contrôlé tout au long du processus), l'organisation des connaissances et l'utilisation de stratégies cognitives. Elle nécessite d'instaurer des situations d'apprentissage avec exécution de tâches complexes, résolution de problèmes, etc. - L'enseignant doit intervenir à tous les niveaux. Il a un triple activité : Un rôle de concepteur et de gestionnaire; Un rôle d'entraîneur, vérifiant constamment la motivation du groupe et de tel ou tel de ses membres; Un rôle de médiateur entre le contenu de la formation et les participants.
Disciplines utilisées et méthodes d'apprentissage Une approche dynamique de la pédagogie thumb|Logo d'un logiciel sociologie L'apprentissage par la reproduction et le passage au concret L'approche éthologiqueVoir Éthologie ainsi que les travaux de Konrad Lorenz et les livres de Desmond Morris aussi bien que les expériences effectuées avec de jeunes enfants nous ont appris que le premier apprentissage s'opérait par reproduction, copie des gestes, des attitudes et des comportements d'un adulte que l'apprenant prend pour modèleVoir Psychologie de l'éducation ainsi que les travaux de Piaget ou de Françoise Dolto. Il est donc primordial dans toute situation d'apprentissage de concrétiser d'une façon ou d'une autre ce que l'apprenant doit comprendre ou intérioriser. Ceci est d'autant plus vrai que les mécanismes d'acquisition sont différents d'un individu à un autre, que certains sont plus réceptifs aux aspects concrets, que d'autres éprouvent beaucoup de difficultés à s'adonner à l'abstraction, à réfléchir uniquement sur des concepts.
Dans ce cadre, on peut affirmer qu'il n'existe pas d'approche univoque en pédagogie, qu'elle doit être adaptée à la population, au groupe tel qu'il est constitué et peut varier d'une année à l'autre. Piaget entre autres, a constaté des réactions différentes, des taux de réussite différents d'un groupe à un autre sur un même sujet. Par contre, l'apprentissage est en lui-même un facteur de réussite, l'apprenant ayant tendance sur une série d'exercices identiques (quant au niveau de compétence exigé) à "apprendre", c'est-à-dire à corriger lui-même ses erreurs antérieures. C'est ce qu'on appelle "la boucle rétroactive" (ou feed-back) qui initie les ajustements nécessaires à la correction. L'enseignant doit s'assurer que cet outil est systématiquement utilisé, y compris dans des situations variables, et que la mémorisation s'effectue dans de bonnes conditions.
Les apports de la psychosociologie
Le recours à la dynamique de groupe : Bien que cette technique soit plutôt réservée aux "groupes de projet" (voir ci-dessous) quand elle est utilisée avec le processus voulu par son créateur le psychosociologue américain Kurt Lewin, elle est aussi utile d'une façon plus générale pour l'enseignant qui doit savoir comment fonctionne son groupe, comment se structurent les échanges entre ses membres (qualité et quantité des échanges), à partir de sa configuration.