L’histoire du Stade rennais FC, club de football français basé à Rennes en Bretagne, débute le , date à laquelle d'anciens étudiants créent sous le nom de Stade rennais un club omnisports où sont pratiqués le football et l'athlétisme. Rapidement, les footballeurs du club, jouant sous les couleurs bleu ciel et bleu foncé, s'illustrent lors des premiers championnats régionaux organisés par l'USFSA. En 1904, le Stade rennais et un autre club local, le Football club rennais, unissent leurs forces pour créer le Stade rennais Université Club, adoptant les couleurs rouges et noires du second cité.
Après l'obtention d'un titre de champion de France interfédéral en 1917, l'entre-deux-guerres permet au Stade rennais UC d'acquérir une certaine notoriété sur la scène nationale en disputant deux finales de Coupe de France, toutes deux perdues, en 1922 et 1935. En 1932, il franchit le pas du professionnalisme, et participe au premier championnat du genre organisé en France. Pendant trente ans, le Stade rennais UC sillonne les divisions professionnelles sans parvenir réellement à y briller. En 1964, l'arrivée comme entraîneur de Jean Prouff est un déclic. En l'espace de sept ans, le Stade rennais UC remporte par deux fois la Coupe de France en 1965 et 1971, fait l'expérience de deux participations à la Coupe d'Europe des vainqueurs de coupe, et s'installe de fait parmi les meilleures équipes de l'hexagone.
L'année 1972 voit la section football se séparer de la structure omnisports, et prendre le nom de Stade rennais Football Club. S'ensuit une période de crise qui dure jusqu'au milieu des années 1990. Exsangue financièrement, le club accuse un déficit considérable qui le précipite au bord de la disparition pure et simple en 1978. Il remonte peu à peu la pente jusqu'en 1998, date de la prise de contrôle de François Pinault et de sa holding Artémis, qui permet au Stade rennais FC de se stabiliser en première division, de moderniser ses infrastructures et de revoir à la hausse ses ambitions. Après une période de tâtonnement, le club parvient lors des années 2000 à devenir un postulant régulier aux qualifications européennes, mais ne parvient cependant pas à enrichir son palmarès, malgré deux nouvelles finales de Coupe de France disputées en 2009 et en 2014, et une première finale de Coupe de la Ligue en 2013.
En 2019, cette série de revers s'interrompt avec une troisième victoire en Coupe de France, obtenue face au Paris Saint-Germain, battu aux tirs au but en finale.
Genèse (1901-1914)
Contexte de la naissance du Stade rennais
À l'aube du , le football est déjà pratiqué en France depuis une dizaine d'années, principalement à Paris, en Normandie et en Nord-Picardie. En Bretagne, le football est popularisé tout à la fin du par des Anglais établis à Jersey qui l'introduisent à Saint-Brieuc et dans la région de Saint-Malo peu avant 1900.
La pratique de la culture physique avait déjà auparavant généré la création de plusieurs clubs omnisports, comme le Drapeau de Fougères (fondé en 1893), la Tour d'Auvergne Rennes (fondée en 1897) ou le Stade vannetais (fondé en 1898), mais la pratique du football n'est cependant pas toujours effective dès la création de ces associations, la Tour d'Auvergne Rennes ne se dotant par exemple d'une section football qu'en 1907. À Rennes, le Football-club rennais est créé tout au début de l'année 1901. Celui-ci affronte le l'équipe anglaise de Saint-Servan, et l'emporte deux buts à zéro.
La naissance d’un club omnisports (1901-1904) thumb|L'équipe première du Stade rennais à l'aube du .
Le , le Stade rennais est créé par d'anciens étudiants, groupés autour de leurs camarades Duchesne, Philippe Ghis, Henri Jamin et Paul Peter. Aucun président-fondateur ne semble avoir été désigné, le premier président connu du club, M. Delacour, n'ayant pris ses fonctions qu'en 1902. Le club sportif nouvellement créé est omnisports, ses membres pratiquant le football et l'athlétisme.
Deux semaines après sa création, le , la section football du Stade rennais dispute un premier match face au Football-club rennais. Vêtus d'un maillot rayé bleu ciel et bleu marine, quand leurs adversaires du jour évoluent en rouge et noir, les Stadistes s'inclinent par six buts à zéro. Quelques mois plus tard, le deuxième match, disputé face au Sport athlétique du lycée de Rennes, est l'occasion de décrocher une première victoire par trois buts à zéro. Le Stade rennais évolue alors sur un terrain situé près du boulevard Voltaire, dans le quartier de la Mabilais« De La Mabilais à la route de Lorient », Le quartier de la Mabilais est situé sur la rive Sud de la Vilaine, à l'Ouest du centre-ville. Localisation indicative : .
Le , le Comité de Bretagne de l'Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA) voit le jour. Le Stade rennais fait partie des cinq premiers clubs adhérents, en compagnie du FC armoricainLe FC armoricain est issu de la fusion du FC rennais et de l'Armoricaine de Rennes, en janvier 1902. Le FC rennais reprendra son indépendance quelques mois plus tard cf. , du Stade vannetais, du Sport athlétique du lycée de Rennes, et du lycée de Nantes. En 1903, le comité met en place le premier championnat de Bretagne de football, qui se dispute entre ses membres fondateurs, plus le Stade lavallois créé en et le FC nantaisClub différent de l'actuel FC Nantes, et qui prendra rapidement le nom de RC nantais qui a pris la place du Lycée de Nantes. Pour cette première édition, le Stade rennais élimine facilement le Stade vannetais par neuf buts à zéro, mais bute sur le SA du Lycée de Rennes en demi-finale (défaite 0-1). C'est finalement le FC rennais qui décroche le premier titre mis en jeu.
La saison suivante, le championnat de Bretagne intègre les Anglais de l'US servannaise. Ceux-ci s'avèrent être des rivaux redoutables, qui viennent à bout du FC rennais (7-1) aussi facilement que le Stade rennais quelques semaines auparavant (6-0). Logiquement, les deux clubs se retrouvent en finale et, à l'issue d'une partie équilibrée, le Stade rennais l'emporte pour obtenir son premier titre de champion de Bretagne (2-0). Qualifiés pour le championnat de France organisé par l'USFSA, les Rennais affrontent en quart de finale l'AS des étudiants de Caen, champion de Basse-Normandie . Devant une foule assez nombreuse réunie à Laval, les Rennais réussissent à l'emporter au terme d'une partie serrée grâce à un but de Raoul Hamon (1-0). En demi-finale, face à un RC Roubaix double tenant du titre, les Bretons ne font pas le poids, et s'inclinent lourdement pour leur premier match en région parisienne (1-12)Le match est disputé sur le terrain du FCP Joinville-le-Pont cf. .
L'union fait la force (1904-1914)
À l'issue de la saison 1903-1904, le football rennais connaît un changement majeur. Le , le Stade rennais et le FC rennais fusionnent, pour former le Stade rennais université-club (SRUC). À l'instar du Stade rennais, le FC rennais trouve ses racines dans le milieu estudiantin. L'objectif est de parvenir à contrer la menace sportive que représente l'US servannaise. Le nouveau club ainsi formé adopte les couleurs rouges et noires rayées verticalement du FC rennais.
La rivalité naissante entre le Stade rennais UC et l'US servannaise se confirme dès la saison suivante, les Servannais remportant leur premier titre de champion de Bretagne devant le SRUC, deuxième. Les deux clubs se partagent ainsi les titres régionaux de l'USFSA jusqu'en 1914. Ces quelque dix années sont riches en confrontations sportives viriles et en batailles extra-sportives non moins acharnées. En 1906, le Stade rennais est sacré champion de Bretagne à la suite d'un forfait de l'US servannaise contre le Stade vannetais. Mais coup de théâtre quelques mois plus tard lorsque le Comité de Bretagne, à la suite d'un recours de l'USS, annule le forfait et décide la tenue d'un match d'appui entre les deux clubs, censé déterminer le champion. La fin de non-recevoir qu'adresse le Stade rennais à cette décision conduit le Comité de Bretagne à lui retirer le titre pour le donner aux Servannais.
thumb|left|En 1912, le Parc des sports de la route de Lorient et sa première tribune en bois sont inaugurés.
En 1908, une nouvelle confrontation entre les deux clubs doit décider de l'attribution du titre. Le Stade rennais se l'adjuge en venant faire match nul à Saint-Servan, mais les débats sont pour le moins engagés, avec un genou déboîté côté rennais, et un joueur servannais mis knockout par l'un de ses adversaires. Enfin, en 1910, le titre se joue en match d'appui à Laval. Extrêmement disputée, jouée sous une pluie battante, la rencontre se clôt sur un score de cinq buts partout après prolongation. L'US servannaise remporte la seconde manche quelques jours plus tard. Cette rivalité sportive suscite bientôt l'engouement du public, qui se presse toujours plus nombreux lors des confrontations entre les deux clubs. Le , ce sont qui se pressent autour du terrain de la Mabilais, la rencontre engendrant des problèmes de nombre de places disponibles dans le train reliant Saint-Malo à Rennes, et une pénurie de taxis dans la capitale bretonne.
Pendant la décennie qui sépare sa création du début de la Première Guerre mondiale, le Stade rennais UC se structure. Des sections rugby, cross-country et hockey apparaissent. Sous la présidence de M. Sexer, la section football s'attache les services du Gallois Arthur Griffith, qui occupe les rôles de joueur, capitaine et entraîneur du club. Enfin, les matchs amicaux organisés face aux équipes parisiennes se banalisent : le , c'est ainsi que le Racing Club de France est battu à la Mabilais (3-2). Quelques mois plus, le SRUC champion de Bretagne dispute également les quarts de finale du championnat de l'USFSA, après avoir éliminé l'UA du Lycée Malherbe de Caen puis Le Havre AC, mais le CA Paris est alors plus fort (3-8) .
En 1912, sous l'impulsion du président Folliard, le Stade rennais quitte son terrain de la Mabilais. En pente, et régulièrement inondée en hiver, la pelouse bénéficiait pourtant depuis l'année précédente d'un système de drainage. Le , le Stade rennais emménage au parc des sports du Moulin du Comte, situé entre le cours de la Vilaine et la route de Lorient. Pour l'occasion, il affronte le SA du Lycée de Rennes, et l'emporte six buts à un. Joseph Verlet, premier international français à évoluer au Stade rennais, est le premier capitaine du club à fouler cette pelouse. Le premier buteur est le Stadiste Emmanuel Brizard. Moderne, clos, bien situé et doté d'une tribune en bois située côté Vilaine, le nouveau stade offre tout le confort nécessaire aux spectateurs. Un mois après le premier match, le Parc des sports est officiellement inauguré. Un match de gala est organisé face au Racing Club de France et le coup d'envoi est donné par le maire Jean Janvier.
Montée en puissance et désillusions administratives (1914-1932)
Le Stade rennais dans la Grande Guerre (1914-1918)
En 1914, le début de la Première Guerre mondiale marque une pause dans la pratique du football en Bretagne. Pendant deux ans, le SRUC doit ainsi se contenter de matchs l'opposant à d'autres équipes de l'agglomération rennaise. En 1916, l'USFSA met en jeu la Coupe des Alliés, dans la continuité de son championnat interfédéral. Éliminant successivement Le Mans, la VGA Médoc et Le Havre, les Rennais parviennent en finale. Celle-ci, disputée à Auteuil sur le terrain du CASG – l'USFSA renâclant à l'idée de voir deux équipes provinciales s'affronter dans le prestigieux Parc des Princes – voit les Rennais s'imposer facilement devant le CST Lyon (7-1) pour conquérir le titre mis en jeu. La saison suivante, ils parviennent en finale de la Coupe interfédérale, organisée par la LFA, en battant en demi-finale Le Havre AC par à 3. Mais cette fois, les Parisiens de l'AS française l'emportent par à 1, avec un but de l'Anglais Scoones pour les Rennais.