Le gouvernement de la région autonome du Tibet est gouvernement de la région autonome du Tibet fondée en 1965.

La répartition des pouvoirs vignette|redresse=1.2|Localisation de la région autonome du Tibet dans la république populaire de Chine. En république populaire de Chine, les minorités nationales pratiquent l'autonomie régionale dans la région où elles sont concentrées, au sein d'organismes autonomes. En principe, les provinces de Chine et les régions autonomes s'occupent de leurs affaires intérieures, le pouvoir central se réservant la défense, les affaires étrangères, les lois, le système judiciaire, les voies de communication, les finances du gouvernement central, les revenus nationaux, le commerce extérieur, entre bien d'autres prérogatives. De son côté, la province ou la région autonome s'occupe de l'éducation, la santé publique, les industries et communications provinciales, les propriétés de la province, l'agriculture et les forêts, la conservation des eaux, la pêche et l'élevage Elle dispose aussi désormais de certaines compétences en matière rurale et urbaineJacques Leclerc, Situation géopolitique de la Chine, Université Laval (Canada), en part. section 3 : L'organisation politique..

En pratique, pour Jacques Leclerc, ce n'est pas l'administration régionale qui exerce le pouvoir, mais le Parti communiste chinois. En effet, si le responsable administratif officiel appartient bien à la minorité reconnue, dans la pratique c'est le président du Parti communiste chinois de la région, toujours un Han, qui reste le véritable détenteur de ce pouvoir. La Chine est un État unitaire et non une fédération. Le gouvernement central à travers le Parti communiste garde la mainmise sur les régions en contradiction avec la loi sur l'autonomie de 1984.

Selon Robert Barnett, en théorie, selon le système chinois, les Tibétains ont une représentation égale aux Han dans le système politique. Mais cette disposition est inopérante pour deux raisons : toute activité opposée aux Quatre principes fondamentaux, comme critiquer le PCC est interdite, d'autre part, la discrimination positive en faveur des non han n'est pas appliqué dans le PCC. De toute façon, les concessions écrites ne se retrouvent pas appliqués dans les faits. Ainsi, si les officiels tibétains représentent 76 % en 1999, il s'agit en grande partie de subalternes, le terme d'officiel recouvrant tous les employés gouvernementaux dont le personnel technique et administratif, les postes honorifiques comme le comité consultatif politique du peuple chinois (CCPPC). Les décisions majeures sont encore dans les mains des dirigeants chinois. 76 % ne reflète pas non plus le % officiel de Tibétains dans la Région autonome du Tibet, évalué à 96 % par le gouvernement chinois. Dans la vision chinoise officielle, les Tibétains comme d'autres nationalités non han forment selon la théorie marxiste du déterminisme économique une société arriérée et féodale, espérant une amélioration grâce à la société chinoise plus avancée. En retour, les non han fournissent des ressources naturelles ou matières premières. Cette vision est discriminatoire. Deuxièmement, depuis au moins 1992, la politique chinoise est d'envoyer continuellement des migrants han dans les régions tibétaines pour l'avancement de leur société. Cette pratique est aussi discriminatoire car elle entraîne un déséquilibre majeur dans l'économie et le gouvernement en faveur des non Tibétains. Ainsi, les pratiques "antidiscriminatoires" autorisées au début des années 1980 sont en grande partie ineffectives. Troisièmement, au moins depuis , date du national sur le travail au Tibet, l'État chinois décida que des aspects de la culture et de la religion tibétaine étaient incompatibles avec le socialisme et devait être éliminés. Ces visions idéologiques désavantages fortement les Tibétains et les nationalités non hanRobert Barnett, Le Tibet est-il chinois ? Anne-Marie Blondeau et Katia Buffetrille, Albin Michel, coll. Sciences des religions, 2002 , .

Le pouvoir politique

Le pouvoir politique est exercé officiellement dans la région autonome du Tibet par le Conseil régional et le président de la région. En outre, il y a une Conférence consultative politique de la région autonome du Tibet, qui correspond à la conférence consultative politique du peuple chinois et a principalement des fonctions de cérémonie.

Le Comité préparatoire à l'établissement de la région autonome du Tibet a été inauguré en 1956 par le maréchal Chen Yi vice-premier ministre, à la demande de Mao Zedong, Liu Shaoqi et Zhou Enlai qui envoyèrent un message de félicitationBeijing information : Autonomie régionale des ethnies minoritaires White Paper 1998: New Progress in Human Rights in the Tibet Autonomous Region, February 1998, Permanent Mission of the People's Republic of China to the UN : . et la Région autonome du Tibet a été officiellement inaugurée en The Worst of the Worst 2008 - China (Tibet) : ..

La révolution culturelle (1966-1976) a

Le système politique n'a été entièrement reconstruit qu'au début des années 1980. Selon la Constitution de la république populaire de Chine, depuis 1982, le Tibet est une région autonome dans laquelle le groupe ethnique tibétain jouit d'une grande autonomie, même si la Constitution exclut la possibilité de l'indépendance CONSTITUTION OF THE PEOPLE'S REPUBLIC OF CHINA.. En règle générale, la recherche du président de la région autonome s’effectue toujours parmi les Tibétains, un groupe ethnique, ainsi que pour d'autres bureaux civils de la région. Au président de la région depuis 2003, Jampa PhuntsokJampa (Champa) Phuntsok est un Tibétain de souche né à Qamdo (Chamdo) en 1947. Il est diplômé de l'Université de Chongqing et membre du parti communiste chinois depuis 1974., a succédé en Padma Choling, un ancien soldat qui a servi dans l'armée populaire de libération pendant 17 ans. Le tibétologue Robbie Barnett analyse ainsi cette nomination : :« Nommer un ancien officier à la tête du Tibet indique que la Chine perçoit désormais le Tibet sous l'angle du contrôle militaire ».

Le juriste américain Barry Sautman écrit que les Tibétains sont nombreux à tous les échelons de la hiérarchie politique de la région autonome du Tibet, sauf pour ce qui est du poste de secrétaire régional du partiIl oppose cette situation à celle qui prévaut au Ladakh, région majoritairement tibétaine de l'Inde et dont le système politique est louangé par les chefs exilés : l'administration indienne n'aurait jamais employé un seul des nombreux bouddhistes ladakhis ayant pourtant passé avec succès ses examens; Barry Sautman, "Cultural genocide" and Tibet, in Texas International Law Journal, April 1, 2003 : .

Selon Freedom House, une ONG financée majoritairement par le gouvernement des États-Unis, l'exercice du pouvoir serait en pratique entre les mains du secrétaire général du Parti communiste chinois régional, une influence majeure sur la politique dans la région et un poste qui, à l'exception de Wu Jinghua, a été tenu par un chinois Han . Depuis 2005, le poste est occupé par Zhang Qingli.

En outre, selon « Campagne internationale pour le Tibet », un organisme œuvrant pour l'indépendance du Tibet, la conception de la politique au Tibet serait réalisée centralement à Pékin, par un groupe de coordination dans une entité d’un département du parti composée exclusivement de Han. Actuellement, il se composerait de Jia Qinglin, Ma Kai, Meng Jianzhu, Du Qinglin, Zhang Qingli, Ye Xiaowen, Xie Xuren et Wu Shuangzhan Tibet at a turning point, sur le site www.savetibet.org, pp. 106-108 : ..

Les secrétaires du Parti communiste chinois au Tibet

Zhang Guohua (1950.01-1951.06) Fan Ming (1951.06-1951.12) Chang Ching-wu (1952.03-1965.08) Zhang Guohua (1965,09-?) Ren Rong (1971.08-1980.03) Yin Fatang (1980.03-1985.06) Wu Jinghua (1985.06-1988.12) Hu Jintao (1988.12-1992.11) Chen Kuiyuan (1992.11-2000.09) Guo Jinlong (2000.09-2004.12) Yang Chuantang (2004.12-2005.11) Zhang Qingli (2005.11-2006.05) Zhang Qingli (2006,05-2011,08) Chen Quanguo (2011,08-2016,08) Wu Yingjie (2016,08-)

Selon Tsering Woeser, pendant la révolution culturelle le , Zhang Guohua fut destitué de son poste de directeur du Comité révolutionnaire, de celui de chef d'équipe de la direction du parti et de celui de commandant en chef du secteur militaire tibétain. C'est Ren Rong qui assura la suppléance aux deux premiers postes. Le comité central nomma Chen Yiming au poste de commandant en chef du secteur militaire tibétain. Les Tibétains voulurent juger publiquement Zhang Guohua mais le gouvernement cherchant à le protéger, le rapatria par avion à PékinTsering Woeser, Mémoire interdite. Témoignages sur la Révolution culturelle au Tibet, page 206, traduit par Li Zhang & Bernard Bourrit, éd. Gallimard..

Si aucune personne de « nationalité » (ou ethnie) tibétaine n'a été secrétaire du Parti communiste au TibetFrançoise Pommaret, Le Tibet : Une civilisation blessée, Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard / Histoire » (), 2002, p. 123., il y a toutefois eu un membre de la « nationalité » Yi nommé à ce poste : Wu Jinghua ( - ) Melvyn C. Goldstein, The Snow Lion and the Dragon. China, Tibet, and the dalai Lama, University of California Press, 1997, p. 74 : .. Ce dernier sera limogé pour « déviationnisme de droite » en 1988Tibet:des journalistes témoignent par Pierre-Antoine Donnet, Guy Privat, Jean-Paul Ribes, 1992 Political Science, 191 pages.

En 1957, après que Phuntsok Wangyal soit parti à Pékin où il devait rencontrer le président Mao, le dalaï-lama, qui avait un grand respect pour Phuntsok Wangyal, demanda que celui-ci soit nommé secrétaire du parti communiste chinois au TibetRoland Barraux, Histoire des Dalaï Lamas - Quatorze reflets sur le Lac des Visions, Albin Michel, 1993. Réédité en 2002, Albin Michel .Dalaï Lama, Au loin la liberté, Livre de poche, 1993 .. Cette requête, présentée au secrétaire du parti communiste chinois au Tibet Chang Ching-wu, fut acceptée, mais fin 1957, un fonctionnaire chinois informa le dalaï-lama que Phuntsok Wangyal ne reviendrait plus au Tibet, car il avait été déchu de son poste et mis en prison où il devait rester jusqu’à la fin des années 1970.

Les présidents du gouvernement local (à partir de mars 1959)

Après le départ en exil du dalaï-lama, qui était président du comité préparatoire depuis , le premier ministre Zhou Enlai prit un arrêté proclamant la dissolution du gouvernement tibétain de l'époque – qui était resté en place même après l'arrivée de l'armée populaire de libération Ernst Steinkelner, A Tale of Leaves. On Sanskrit Manuscripts in Tibet, their Past and their Future, Royal Netherlands Academy of Arts and Sciences, Amsterdam, 2004. – et son remplacement par le comité préparatoire pour l'établissement de la région autonome du Tibet. Le panchen-lama, jusque-là vice-président du comité préparatoire, assuma dès lors les fonctions de président National Uprising, sur le site officiel du gouvernement tibétain en exil. Arrêté du premier ministre Zhou Enlai dissolvant le gouvernement local du Tibet tel que publié dans le New York Times du 29 mars 1959 : . Source : Robert V. Daniels (ed.), A documentary history of communism, vol. 2, Communism and the World, I. B. Tauris & Co. Ltd, London, 1985, 448 p. , p. 78.. Ce dernier adressa au gouvernement chinois en 1962 sa pétition en 70 000 caractères puis apporta son soutien au dalai-lama en 1964. Le panchen-lama fut démis de la présidence du comité et remplacé par Ngabo Ngawang Jigme en .

Présidents du comité préparatoire panchen-lama ( - ) Ngabo Ngawang Jigme ( - ?)

Président du comité populaire Ngabo Ngawang Jigme ( - ?)

Présidents du comité révolutionnaire Zeng Yongya ( - ) Ren Rong ( - )