vignette|Siège du ministère japonais des Finances, 3-1-1 Kasumigaseki, Chiyoda-ku, Tōkyō-to en décembre 2005.

L'administration japonaise a actuellement le deuxième budget de l'État au monde après celui du budget fédéral des États-Unis. grâce à sa puissante économie mais la dette publique du Japon représente, début 2021, 266 % du produit intérieur brut. contre en 2013 plus de 245 %.

Caractéristiques vignette|Timbre fiscal de 5 sen de 1888. Il est présenté auparavant par le de la Cour impériale de Kyōto fondé lors de la réforme de Taika entre 645 et 649. Celle-ci déménage à Tokyo en 1868 puis, à partir de 1889, devient une administration du nouveau Cabinet fondé par la Constitution. Elle est renommée par la réforme du gouvernement central votée en 1998 et appliquée en 2001. Ce budget doit être approuvé par la Diète du Japon.

L'année fiscale au Japon commence au .

Le budget de l'État se compose de deux parties (sans parler des comptes des affectations spéciales), le budget général (ippan yosan) et les investissements et prêts du Trésor (Saysi Tōyūshi).

Ensemble, ils correspondent au début des années 1990 à entre 22 et 24 % du PNB; le premier qui correspond au budget proprement dit est financé par les recettes fiscales et les emprunts correspond à cette période à 1/7 du PNB tandis que le second est alimenté par les dépôts des caisses d'épargne et les contributions à l'assurance vieillesse pour entre 6,4 et 9,4 % du PNBLe Japon 1994, Bureau français Maison franco-japonaise, L'Harmattan, 1994, ..

Historique

Époque d'Edo

À la fin de l'Époque d'Edo (1603-1868), le Japon compte dont les richesses vont de dix mille à un million de koku. Le shogun prélève aux alentours de six millions de koku sur une production nationale de d'environ .

L'ère Meiji (1868-1912) La première monnaie étatique, le yen, a été fondée par une loi du A. Piatt Andrew, Quarterly Journal of Economics, « The End of the Mexican Dollar », 1904, ., pour remplacer le ryō, ce qui permit l’installation d’un système de taxes à l’échelon national.

Le budget de l’État japonais explose passant entre 1893 et 1897 de de yens (un yen valant alors français) dont 55 % sont, la dernière année, consacré au budget de la défense, pourcentage qui est alors le plus élevé des grandes puissances..

À la suite de la guerre sino-japonaise de 1894-1895, le Japon reçoit de la Chine lors du traité de Shimonoseki des réparations d'un montant d'environ de yens qui représente trois fois le budget annuel de l'État. Ce transfert d'or apporte suffisamment de réserves pour que le Japon établisse un véritable régime d'étalon-or qui est adopté le . Il promulgue en 1897 la loi sur la frappe des monnaies qui fixe les parités de change par rapport au dollar américain et à la livre sterling à partir du pair or (un yen = d'or fin, soit un yen = , et un yen = ). Le yen est donc dévalué approximativement de moitié par rapport au pair initial de l'ère Meiji..

La guerre russo-japonaise de 1904-1905 est financé par des prêts occidentaux, majoritairement britannique, et coûta du budget de l'état. Le prêt de la banque de Jacob Schiff permet aux emprunts du gouvernement japonais d'entrer dans les marchés internationaux.

Voici les budgets russe et japonais en 1903-1904, avant l'entrée en guerre, établis en francs français au cours de pour le rouble et de pour le yenRevue des Deux Mondes - 1904 - Tome. :

Recettes ordinaires (millions de francs)Dépenses ordinaires (millions de francs) Russie Japon Russie JaponContributions directes 360 156Maison impériale (liste civile) 43 8 Contributions indirectes 247 Affaires étrangères 16 5 Droits et taxes 277 35 Intérieur 307 28 Droits régaliens 135 Finances 993 48 Divers 451 18 Dette publique 772 107 Total 591 Armée 964 97 Extraordinaires 531 51 Marine 304 56 Total général 642 Justice 136 28 Instruction publique 117 13 Agriculture et commerce 133 8 Communications 56 Divers 202 « Total 454 Extraordinaires 566 168 Total général 622

L'ère Shōwa (1926-1989) vignette|gauche|Billet de cinquante sen représentant le sanctuaire Yasukuni. Les fractions du yen sont officiellement abolies le .

Korekiyo Takahashi devient ministre des Finances après l'assassinat de l'ancien ministre Junnosuke Inoue en 1932 alors que la crise de 1929 touche fortement le Japon et que les ultra-nationalistes font prévaloir leurs points de vuePierre Lavelle, Bouddhisme et terrorisme dans le Japon ultra-nationaliste. La Conjuration du Sang, Les langages du politique, revue Mots, novembre 2005.. À peine installé, il abandonne l'étalon-or et laisse flotter le yen à la baisse. Celui-ci perdra 40 % en un an.

La situation politique se tend alors et dans ces années 1930, des tentatives de coup d'État se succèdent. Après les assassinats de incident de la Ligue du sang en 1932, il y a des complots éventés. Le poids du budget militaire dans le budget de l'État ne cesse de progresser alors que celui ne cesse d'augmenter : 27 % en 1927, ~ 30 % en 1931 soit environ cinq cents millions de yens 35 % en 1933, 46 % en 1936, ~70 % en 1937 soit quatre milliards de yens. En 1936, on assiste à un véritable coup d'État militaire appelé l'incident du 26 février. Au matin, les militaires de la Kōdōha investissent les ministères et assassinent Takahashi à son tour ainsi qu'un certain nombre de dignitaires du régime. Ces militaires s'opposent à une faction rivale, la Tōseiha, et souhaitent établir une dictature impériale ainsi que l'élimination des conglomérats commerciaux (zaibatsu). La révolte est matée trois jours plus tard sur ordre personnel de Hirohito, qui menace de prendre la tête de l'armée. vignette|Bon de guerre japonais émis durant les campagnes du Pacifique. En , la loi sur la mobilisation nationale confirme la mainmise des militaristes sur la vie politique et économique qui se sont lancés à la conquête de la Chine commençant la longue guerre du Pacifique.

Le , le budget militaire représente environ la moitié du budget national.

Le , l'attaque est lancée contre les États-Unis, l'empire britannique et les Indes orientales néerlandaises dans le but de fonder la Sphère de coprospérité de la grande Asie orientale. Après des grands succès initiaux et la prise de contrôle d'immenses territoires riches en ressources naturelles qu'elle exploita avec, entre autres l'utilisation de la monnaie d'invasion japonaise, ainsi que leurs populations, avec férocité. la contre-attaque alliée et le bombardement stratégique intensif de l'archipel conduisit à la ruine de ses grandes villes et de son appareil de production. À la capitulation du Japon, celui-ci avait perdu entre (entre 3,67 % et 4,37 % de sa population estimée en 1939 à d'habitants).

Dès le , les États-Unis soucieux de favoriser une reconstruction rapide de l’économie du pays, suspendent le paiement des réparations japonaises et de cette date à , la dévaluation du yen par rapport au dollar, le rétablissement de l’équilibre budgétaire, la reconstitution des chantiers navals, les faveurs faites de nouveau aux grandes entreprises pour des raisons de rationalisation de la production provoquent les conditions du redressement..

vignette|gauche|Le ministre des finances Hayato Ikeda en réunion avec l'ambassadeur Joseph Dodge en 1948.

Le plan Dodge d'assainissement économique du Japon imposé par les États-Unis le lutte avec succès contre l'inflation et aboutit à un yen de nouveau fortement et délibérément sous-évalué de l'ordre de 20 % de son cours marchand (360 yens pour un dollar) stimulant la reprise des exportations..

En 1950, le PNB par habitant du Japon était de (valeur en 1980) par habitant contre (valeur en 1980) par habitant aux États-Unis. En 1980, celui-ci était au Japon de (valeur en 1980) et aux États-Unis de (valeur en 1980)..

Les années 1990 vignette|Capacité (+) ou besoin (-) de financement des administrations publiques en % du PIB du Japon, des États-Unis, de la République fédérale d'Allemagne de 1960 à 2006, et de l'Union européenne à 15 à partir de 1995. L'éclatement de la bulle spéculative japonaise en 1990 amena la fin d'une période d'expansion (3,7 % d'augmentation en moyenne du PIB dans les années 1980) et le début de la « décennie perdue ».

Le Japon devient à cette période le plus fragile des membres du G7 en matière de déficit budgétaire et d'endettement.

Entre 1992 et 2003, le PIB augmenta en moyenne de 0,87 % par an et treize plans de relance furent lancés pour un total de de yens.

En 1997, les créances douteuses firent trébucher les institutions financières.

L'État japonais prévoit des plans à hauteur de de yens et intervient en et en en injectant de l'argent dans le système bancaire tandis que le système postal d'épargne finance le déficit publicSahoko Kaji, « Japon : La décennie perdue », Politique étrangère, 2002, .. Sur les de yens effectivement dépensés, sont recouvrés en mars 2008. Le coût global pour l'économie du sauvetage du système bancaire a été de 24 % du PIB en 1993 et 2003Marianne Rubinstein, Quels enseignements tirer de la crise financière japonaise pour la crise actuelle ?, université Paris-7 et CERN..

Gouvernement Jun'ichirō Koizumi (2003-2006) Le premier budget que présente Sadakazu Tanigaki, ministre des finances sous les , et Cabinets du premier ministre du Japon Jun'ichirō Koizumi pour l'année fiscale 2004) est « virtuellement stable », s'établissant au total à de yens de dépenses, soit une croissance d'à peine 0,4 % par rapport à celui du budget 2003, et proposant notamment des coupes dans les secteurs des travaux publics (-3,5 % pour la troisième année consécutive), l'éducation (-5,9 %), l'aide officielle au développement (-4,8 %, la cinquième baisse d'affilée pour atteindre le taux le plus bas depuis quinze ans) et la défense (-1 %, la seconde après celle de 2003 et la plus forte qu'aient connu les Forces japonaises d'autodéfense), tandis que seule la sécurité sociale connaît une hausse significative de ses dépenses (+ 4,2 %) R. Hanson, « Ho, ho, ho... Budget 2004 here we go », Asia Times, .. Le budget pour l'année 2005 reprend les mêmes principes en les renforçant avec une hausse légère des dépenses de l'État (à de yens, soit à peine 0,1 % de plus qu'en 2004 pour les dépenses totales et une baisse de 0,7 % des pertes comptables générales) et des réductions dans tous les secteurs à l'exception de la sécurité sociale (celle-ci connaissant toutefois une croissance plus faible de ses dépenses que l'année précédente, à +2,9 %) et des intérêts de la dette nationale (qui coûtent cette année-là 5 % supplémentaires à l'État japonais en raison d'une augmentation des obligations en circulation) « Japan's cabinet approves draft budget », China Daily, ..

Le budget 2006 est l'aboutissement de sa politique de rigueur puisqu'il est le premier en huit ans à passer sous la barre des quatre-vingts billions de yens pour s'établir à (soit une baisse générale de plus de 3 % des dépenses par rapport à celui de 2005), avec notamment une émission des obligations gouvernementales ramenées en dessous des trente billions de yens (à exactement, soit une décrue de près de 13 % en un an) pour la première fois en cinq ans, des coupes pratiquement généralisées (y compris dans le secteur de la sécurité sociale) et une baisse des subventions aux collectivités locales tout en envisageant une possible hausse des impôts (en particulier de la taxe de la consommation) sans la rendre effective « Japan's fiscal 2006 budget to be below 80 trillion yen », People's Daily, . « 79.69 trillion yen budget with budget cap passed », The Japan Times, ..