La Moskvitch 400 est une automobile soviétique fabriquée de 1946 à 1954 et utilisant les chaînes de montage et l’outillage de l’Opel Kadett de 1940. La 401, version légèrement améliorée, a poursuivi sa carrière jusqu’en 1956.

L’Opel de l’est

En 1945, l’avancée des forces soviétiques sur le territoire allemand aboutit à la reddition du Reich. Dans ce contexte, l’établissement moscovite MZMA procède à la réquisition des plans industriels ainsi que des équipements de production relatifs à l’Opel Kadett, modèle assemblé entre 1936 et 1940. Les installations sont ultérieurement transférées et réimplantées à Moscou, permettant la reprise de la fabrication automobile sur des bases techniques préexistantes.

Le 4 décembre 1946, la première Moskvitch d’après-guerre, désignée sous l’indice 400, est mise en production ; elle constitue une reproduction quasi intégrale de la Kadett dans sa version de 1940. Doté d’un moteur à quatre cylindres d’une cylindrée de , développant une puissance de 23 ch, ce véhicule atteint, dans des conditions optimales, une vitesse maximale de . Bien que sa conception remonte à une décennie, son esthétique ne présente pas d’anachronisme notable au regard des réalisations européennes contemporaines, à l’instar de la Renault Juvaquatre, de la Škoda Popular ou de la Morris Ten.

En 1947, la gamme se voit complétée par deux déclinaisons inédites : un break, désigné type 421, ainsi qu’une fourgonnette référencée 422, tous deux pourvus de panneaux latéraux de carrosserie en bois, selon une esthétique inspirée des modèles Woody diffusés par le constructeur américain Ford. L’année suivante, en 1948, apparaît une berline découvrable, identifiée sous l’appellation 420 A.

La Moskvitch pâtit toutefois de qualités dynamiques insuffisantes : sa stabilité en trajectoire demeure médiocre, en dépit de l’adoption d’une suspension antérieure à bras longitudinaux et d’un dispositif postérieur à ressorts à lames semi-elliptiques. Par ailleurs, le système de freinage hydraulique présente des déficiences notables : il requiert une pression pédale élevée pour un rendement qui s’avère insatisfaisant.

Première voiture russe vendue à l’ouest

Dès 1949, la Moskvitch s’implante sur plusieurs marchés d’Europe occidentale, notamment en Autriche, en Finlande ainsi que dans les pays du Benelux, inaugurant de ce fait l’introduction d’un véhicule de conception soviétique dans ces espaces commerciaux. Elle constitue ainsi la première automobile d’origine russe à faire l’objet d’une diffusion à l’Ouest. En 1951, le modèle 400 est proposé en Belgique au tarif de 56 900 francs belges, positionnement qui le situe parmi les véhicules les plus économiques disponibles sur ce marché.

En 1954, le constructeur Moskvitch dote ce modèle d’un groupe motopropulseur remanié, dont la puissance atteint désormais vingt-sept chevaux, ce qui entraîne l’adoption de la dénomination 401. Toutefois, la configuration stylistique, conçue deux décennies auparavant, manifeste un net vieillissement au regard des standards contemporains, tandis qu’un programme de renouvellement est d’ores et déjà à l’étude au sein de l’entreprise. La production est en conséquence interrompue en 1956, après un total de 114 000 unités assemblées.

Sources

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