La période de la fin du au milieu du est fondamentale pour comprendre le pays : la guerre d'indépendance des États-Unis, l'industrialisation et la guerre de Sécession ont marqué et préparé l'ascension de la puissance américaine.

L'indépendance vignette|droite|Déclaration d'indépendance américaine, . Le 4 juillet a été choisi pour célébrer la fête nationale des États-Unis Guerre d'indépendance ou révolution américaine ?

Les États-Unis d'Amérique sont fondés en 1776 à partir des colonies britanniques sur la côte Atlantique de l'Amérique du Nord. Dès 1775, la frustration provoquée par diverses pratiques de la Couronne britannique en matière d'impôts, conduit à la révolte des colons du Massachusetts.

L'année suivante, en juin, la Virginie est le premier territoire qui déclare l'indépendance, sous l'impulsion de Thomas Jefferson. Celui-ci participe en juillet au Congrès continental qui se réunit à Philadelphie, et prépare la Déclaration d'indépendance des États-Unis d'Amérique, document fondateur des États-Unis.

En 1777, les représentants des colonies rédigent les Articles de la Confédération qui comptent parmi les textes fondateurs du pays. La victoire américaine de Saratoga incite la France de Louis XVI à entrer en guerre aux côtés des insurgents.

Avec l'aide de leurs alliés européens, dont principalement la France et après la bataille de Yorktown menée par George Washington (1781) et le comte de Rochambeau, les Américains sortent finalement vainqueurs de la guerre d'indépendance contre la Grande-Bretagne. La paix et la reconnaissance du nouveau pays sont scellées par le traité de Paris en 1783. Des discussions s'engagent alors pour établir la nature et l'organisation politique de la nouvelle nation. Le problème de l'extension des États-Unis vers l'ouest, au-delà des Appalaches, commence à se poser avec acuité.

Le bilan de la guerre d'indépendance

On ne peut établir le nombre de victimes de la guerre d'indépendance avec certitude. Dans le contexte de la fin du , il est cependant certain que les épidémies (variole…) firent plus de ravages que les opérations militaires elles-mêmes. L'historien John Whiteclay Chambers a donné les chiffres de américains morts et à la suite des batailles (The Oxford Companion to American Military History, Oxford University Press, 1999). La fin de la guerre eut d'autre conséquences humaines : les colons loyalistes, restés fidèles au roi de Grande-Bretagne, durent s'exiler au Canada, où la province du Nouveau-Brunswick fut fondée pour les accueillir. Enfin, sur le plan économique, le tout nouveau gouvernement dut faire face à l'inflation ainsi qu'au remboursement des dettes causées par la guerre.

Nouvelles institutions vignette|George Washington, premier président des États-Unis.

Jusqu'en 1789, les États-Unis sont gouvernés par les Articles de la Confédération. Ce régime est très souple, car chaque État jouit d'un très grand pouvoir dans de nombreux domaines, notamment en matière de politique fiscale et commerciale, la seule institution fédérale du pays étant le CongrèsRichard Morris, The Forging of the Union, 1781-1789 (1988), is the standard scholarly history. Les treize États fédérés sont différents et certains contestent leurs frontières. Les difficultés rencontrées sont surpassées par l'adoption de la Constitution. Celle-ci a été adoptée par les différents États fédérés entre 1787 et 1790. C'est l'une des plus anciennes de l'Histoire après la constitution corse de 1755. Elle applique les idées des philosophes des Lumières : elle fonde les bases de la démocratie (néanmoins, le suffrage n'est pas encore universel) elle assure le respect des libertés individuelles des citoyens américains elle applique le principe de séparation des pouvoirs afin d'éviter la tyrannie, elle instaure l'égalité des États en politique : chaque État, quelle que soit sa superficie ou son poids démographique, désigne deux sénateurs à Washington.

George Washington, qui commanda les troupes des insurgés pendant la guerre d'indépendance, est le premier président élu (1789-1797). Le Congrès, d'abord réuni au Federal Hall New York, adopte les premières lois définissant le mode de gouvernement. En 1791, les dix premiers amendements sont inscrits dans la Constitution. Malgré le désir de Washington de demeurer isolationniste, qui transparaît dans son discours d'adieu, les États-Unis ont une histoire diplomatique riche.

Bien que la constitution ne reconnaisse pas l'existence de partis politiques, les désaccords sur le texte font émerger deux « factions » : les fédéralistes les anti-fédéralistes, en particulier, James Madison défendaient les droits des États et l'idée d'un gouvernement central faible. Ils forment un noyau politique qui est à l'origine du parti républicain-démocrate. Ils prirent le contrôle du gouvernement fédéral avec l'élection du président Thomas Jefferson (1801-1809).

La constitution américaine donne naissance à une fédération de treize ÉtatsArnaud Coutant, L’Amérique des États , Paris, Mare et Martin, 2011. : chacun de ses États garde des prérogatives particulières en matière d'éducation et de justice. Chaque État possède ses assemblées, ses cours de justice et son gouvernement dirigé par un gouverneur. Le gouvernement central ou fédéral exerce sa souveraineté sur l'armée, la monnaie commune et les relations extérieures. Cette organisation fédérale est toujours en place aujourd'hui.

Histoire politique et événementielle (1800-1861) L'achat de la Louisiane

Les Républicains occupèrent la présidence de 1801 à 1825. En 1808, la traite des esclaves est officiellement abolie sur le sol américain. Le pays s'engage dans la conquête de l'Ouest par la colonisation, l'achat ou la guerre. En 1803, Napoléon vend d'immenses territoires appelés Louisiane française (récupérés à l'Espagne avec le Traité de San Ildefonso (1800)) aux États-Unis : cet achat permet le doublement de la superficie des États-Unis. L'année suivante, le président Thomas Jefferson envoie l'expédition Lewis et Clark reconnaître ces nouveaux espaces en remontant le Missouri.

Guerre de 1812 vignette|Incendie de Washington DC par les troupes britanniques en 1814. Gravure de 1876.

En 1812 éclate une guerre contre le Royaume-Uni, qui dure jusqu'en 1815. Appelée aussi la seconde guerre d'indépendanceRené Rémond p 39, elle est causée par la volonté anglaise d'interdire le commerce entre les États-Unis et la France et le blocus britannique le long des côtes américaines. De son côté, james Madison veut faire respecter les droits des pays neutres.

En 1814, les forces britanniques et canadiennes reçoivent l'ordre de brûler les édifices publics de Washington DC. La ville comptait alors environ. Les Britanniques souhaitaient se venger de la destruction de la capitale du Haut-Canada (aujourd'hui Toronto) par les Américains après la bataille de York (1813). La destruction de la capitale des jeunes États-Unis devait démoraliser l'ennemi. Les Américains, dirigés par le général Andrew Jackson, battent un corps expéditionnaire anglais à La Nouvelle-Orléans le .

Finalement, le traité de Gand est signé en en Belgique, permettant un statu quo ante bellum, mettant fin au conflit.

Le compromis du Missouri En 1820, l'entrée d'un nouvel État, le Missouri, provoque une crise dans la fédération. Pour la première fois, les États esclavagistes risquent de devenir majoritaires. Après plusieurs mois de négociations entre les États, un compromis est trouvé. Il fixe une ligne territoriale qui sépare la fédération entre Nord et Sud. Au nord, l'esclavage est interdit, au sud, il est autorisé. Pour prévenir toute discorde future, les entrées de nouveaux États devront se faire par paire, l'entrée d'un État esclavagiste devant être accompagnée de celle d'un État libreArnaud Coutant, Histoire constitutionnelle des États-Unis, tome 1, pp.371 et suiv..

La doctrine Monroe vignette|James Monroe.

James Monroe occupe la présidence de 1816 à 1825. En 1819, l'Espagne cède la Floride aux États-Unis. En 1823, au cours de son deuxième mandat, il présente une nouvelle conception de politique internationale. Les États-Unis s'interdisent de se mêler des affaires européennes mais, en retour, demandent aux puissances européennes de s'abstenir de toute intervention dans les affaires du continent américain. De plus, ils considéreraient comme inamicale à leur égard, toute action européenne contre un gouvernement américain ayant proclamé son indépendance. Cette déclaration porte en elle le panaméricanisme et la légitimation de l'hégémonie américaineRené Rémond, Histoire des États-Unis, Puf, 1990 p 41.

Andrew Jackson (1829-1837)

C’est sous la présidence d’Andrew Jackson que le système des partis politiques américains tel qu’il existe encore voit vraiment le jour. Ses mandats sont marqués par le clientélisme et le populisme. Il instaura l’Indian Removal Act le , ordonnant la déportation des Amérindiens vivant dans les territoires compris entre les treize États fondateurs et le Mississippi, vers un territoire situé au-delà de ce fleuve. Elle concernait d'Amérique. La présidence Jackson est également marquée par une crise institutionnelle grave entre le Gouvernement fédéral et un État, la Caroline du sud. cette crise connue sous le nom de crise de l'annulation (nullification en américain) est l'occasion de réaffirmer la forme fédérale du système américain et de redéfinir la place des ÉtatsArnaud Coutant, Histoire constitutionnelle des États-Unis, tome 1, pp.527 et suiv.. Étant lui-même propriétaire d'esclaves, il encourage la formation des groupes de vigilantes afin de surveiller les esclaves et les abattre en cas de rébellion.

Sa présidence est parfois confrontée à une montée des violences, provoquées par le chômage, l’animosité des protestants à l'encontre des catholiques et en particulier des Irlandais, la question de l'esclavage ou la pauvreté. Alors que l'on compte 16 émeutes en 1834, elles sont 37 en 1837, provoquant des dizaines de morts. Il s’accommode dans certaines circonstances de la corruption si cela peut lui permettre d'affermir son influence politique. En échange du contrôle absolu de New York, il autorise ainsi Samuel Swartwout à détourner 1 250 000 dollars, qu'il emporta avec lui dans sa fuite en Europe en 1836. Jesse Hoyt, nommé par Jackson pour remplacer Swartwout, rend au président les mêmes services que son prédécesseur, moyennant les mêmes privilèges (il détourna plus de 200 000 dollars des caisses publiques.

Les relations avec le Mexique

Le , le traité de Córdoba permet au Mexique de proclamer l'indépendance à l'égard de l'Espagne. En 1835, les Mexicains prennent Alamo. À la suite d'une révolution, le Texas proclame son indépendance le , par la Bataille de San Jacinto, acquise sous la conduite de Sam Houston qui profita des troubles rencontrés par le régime militaire d'Antonio López de Santa Anna. S'engagea alors un conflit avec les États-Unis après le raid de Zachary Taylor. Le Mexique sortit vaincu et dut signer le traité de Guadalupe Hidalgo () qui entérina la perte de la moitié de son territoire (notamment la Californie et le Texas).

Les présidents de la période

Thomas Jefferson (1801-1809) James Madison (1809-1817) James Monroe (1817-1825) John Quincy Adams (1825-1829) Andrew Jackson (1829-1837) Martin Van Buren (1837-1841) William Henry Harrison (1841-1841) John Tyler (1841-1845) James Knox Polk (1845-1849) Zachary Taylor (1849-1850) Millard Fillmore (1850-1853) Franklin Pierce (1853-1857) James Buchanan (1857-1861) Abraham Lincoln (1861-1865)

Les guerres indiennes

1814-1818 : expéditions contre les Creeks et les Séminoles (Floride) 1830-1834 : guerres contre les Cherokees 1832 : guerre de Northwest Black Hawk 1835-1842 : deuxième guerre Séminole 1856-1858 : troisième Guerre séminole

Date d'entrée des nouveaux États dans l'Union (1803-1865) vignette|350px|Carte des acquisitions territoriales des États-Unis d'Amérique.

1803 : Ohio 1812 : Louisiane