Henri de Régnier, né le à Honfleur et mort le à Paris, est un écrivain et poète français, proche du symbolisme.

Biographie Issu d'une famille noble de Normandie, Henri de Régnier commence ses études au collège Stanislas. Après avoir fait son droit dans la perspective d’entrer dans la diplomatie, il se consacre rapidement aux lettres. À partir de 1885, il commence à publier des vers dans des revues symbolistes de France et de Belgique. Le , il publie ses premiers vers, dans la revue Lutèce, puis dans le Scapin.

Admirateur de Mallarmé, aux « mardis » duquel il assiste régulièrement dans sa jeunesse, il est d’abord influencé par Leconte de Lisle et surtout par José-Maria de Heredia dont il épouse, en 1895Archives de Paris., l’une des filles, Marie, poète elle-même sous le pseudonyme de Gérard d'Houville. Ce mariage n'est pas heureux, et à partir de la fin de l'année 1897, Marie entretient une relation presque stable avec un de ses meilleurs amis, le poète et romancier Pierre Louÿs. Pierre de Régnier (dit Tigre), né le , serait le fils de Pierre Louÿs, d’après son biographe Jean-Paul Goujon..

Dès son premier recueil, Poèmes anciens et romanesques (1889), il acquiert la notoriété. Ses nombreux volumes de poésie demeurent fidèles à l'idéal classique avec toujours plus de liberté dans la forme, entre Verlaine et Valéry, à la rencontre entre le Parnasse et le symbolisme. Sa poésie révèle l'influence de Jean Moréas, Gustave Kahn et Stéphane Mallarmé, et surtout celle de son beau-père, José-Maria de Heredia.

Il écrit également des contes (Contes à soi-même (1893)) et des romans : son œuvre la plus connue, La Double maîtresse (1900), est un roman freudien avant l’heure ; il faut citer aussi Le Bon plaisir (1902), Le Mariage de minuit (1903), Les Vacances d’un jeune homme sage (1903), Les Rencontres de M. de Bréot (1904), Le Passé vivant (1905), La Peur de l’amour (1907), La Flambée (1909), La Pécheresse (1920), L’Escapade (1925), etc. Henri de Régnier a une prédilection pour le où il puise volontiers ses sujets, parfois scabreux, et dont il pastiche même le style.

L’Académie française lui décerne le prix Vitet en 1899.

Également critique littéraire, il fait ses débuts de chroniqueur, en 1908, au Journal des débats., avant de tenir le feuilleton littéraire du Figaro de 1919 à 1936.. Il est un grand ami du peintre Henri Farge. et d'Antonio de La Gandara, qu’il qualifie d’, dans son journal..

Ayant vécu un temps rue de Magdebourg, il fréquente les salons de la haute société parisienne, notamment celui de la comtesse de Fitz-James., des Bonnières, de la comtesse de La Baume-Pluvinel au palais Dario, ou de Madeleine Lemaire.. vignette|Tombe d´Henri de Regnier (cimetière du père Lachaise, div 86). Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise division. Voir ..

Élection à l’Académie française vignette|Portrait d'Henri de Régnier par Félix Vallotton paru dans Le Livre des masques de Remy de Gourmont (1898).

En , il se présente une première fois à l’Académie française, au fauteuil d’André Theuriet., mais c’est Jean Richepin qui enlève le siège. Rentré chez lui, Henri de Régnier se serait laissé tomber dans un fauteuil en murmurant .. Enfin élu, par dix-huit voix, le , contre Pierre de Nolhac, au fauteuil d’Eugène-Melchior de Vogüé, c’est le comte Albert de Mun qui le reçoit, le . Le discours par lequel il s’acquitte de cette tâche, et qu’il prononce, contre tous les usages, debout, prend les apparences d’un éreintement. Parlant des romans de Régnier, il déclare : Si les pointes à l’endroit du récipiendaire sont de coutume dans les réceptions académiques, on n’avait pas entendu de critique aussi ferme d’un nouvel élu depuis l’entrée d’Alfred de Vigny. Henri de Régnier reçoit à son tour Pierre de La Gorce en 1917, René Boylesve en 1919, Henry Bordeaux en 1920 et Pierre Benoit en 1932.

De 1908 à 1911, il fait partie du club des Longues moustaches qui se réunit au caffè Florian..

Distinctions

Œuvres vignette|Lettre d'Henri de Régnier. vignette|Plaque commémorative apposée au domicile parisien d'Henri de Régnier et de Marie de Heredia au de la rue Boissière.

Poésies Lendemains, poésie, Paris, Vanier, 1885. Apaisement, poésie, Paris, Vanier, 1886, in-12. Sites, poèmes, Paris, Vanier, 1887, in-8°. Épisodes, poèmes, Paris, Vanier, 1888. Poèmes anciens et romanesques, 1887-1889, Paris, Librairie de l'Art Indépendant, 1890. Épisodes, Sites et Sonnets, poèmes, Paris, Vanier, 1891, in-12. Tel qu'en songe, poèmes, Paris, Librairie de l'Art Indépendant, 1892. Aréthuse, poèmes, Paris, Librairie de l'Art Indépendant, 1895, in-8°, . Poèmes, 1887-1892 (Poèmes anciens et romanesques. Tel qu'en songe), Paris, Soc. du Mercure de France, 1895, . Les Jeux rustiques et divins (Aréthuse. Les Roseaux de la flûte. Inscriptions pour les Treize Portes de la Ville. La Corbeille des Heures. Poèmes divers), Paris, Soc. du Mercure de France, 1897, in-12, . Premiers poèmes (Les Lendemains. Apaisement. Sites. Episodes. Sonnets. Poésies diverses), Paris, Soc. du Mercure de France, 1899, . Les Médailles d'Argile, poèmes, Paris, Soc. du Mercure de France, 1900, . La Cité des eaux (poésie), 1902, . La Sandale ailée, 1903-1905 (poésie), 1906. Disponible sur Gallica Le Miroir des heures (poésie), 1910. 1914-1916, poésies, 1918. Vestigia flammae (poésie), 1921. Le Miracle du fil (sonnets), 1927, . Flamma tenax, 1922-1928, poèmes, 1928. Choix de poèmes, 1931. Airs pour l'écho (poésie), 1933.

Romans, contes et nouvelles Contes à soi-même, prose, Paris, Librairie de l'Art Indépendant, 1894. Le Bosquet de Psyché, prose. Bruxelles, Lacomblez, 1894, petit in-12 (250 ex. numérotés) . Le Trèfle noir, prose, Paris, Soc. du Mercure de France, 1895, in-18. La Canne de Jaspe (M. d'Amercœur. Le Trèfle noir. Contes à soi-même), contes, Paris, Soc. du Mercure de France, 1897. Le Trèfle blanc, prose, Paris, Soc. du Mercure de France, 1899, . La Double Maîtresse, roman, Paris, Soc. du Mercure de France, 1900, . Les Amants singuliers, 1901. Figures et caractères, 1901, . Le Bon Plaisir, 1902. Les Vacances d'un jeune homme sage (roman), 1903, . Le Mariage de minuit, 1903, . Les Rencontres de M. de Bréot, 1904. Le Passé vivant (roman), 1905, . Moi, Elle et Lui (Mercure de France, ). L'Amour et le Plaisir, 1906. Esquisses vénitiennes, 1906. Sujets et paysages, 1906. La Peur de l'amour, 1907. . Couleur du temps, 1909. La Flambée, 1909. Contes de France et d'Italie, 1912. L'Amphisbène (roman), 1912, . Portraits et souvenirs, 1913. Le Plateau de laque, 1913, . Romaine Mirmault (roman), 1914, . L'Illusion héroïque de Tito Bassi (roman), 1916, . Histoires incertaines, 1919. La Pécheresse (histoire d'amour), 1920. Les Bonheurs perdus, 1924, . Le Divertissement provincial (roman), 1925, . L'entrevue, 1925. Proses datées, 1925, . Baudelaire et les Fleurs du mal, 1925. Paray-le-Monial, 1926. Contes pour chacun de nous, 1926. L'Escapade, 1926. Monsieur d'Armercœur, 1927. Le Pavillon fermé, 1927. Contes vénitiens, 1927. L'Altana ou la vie vénitienne (1899-1924), 2 vol., 1928, , . Lui, ou les Femmes et l'Amour, 1928, . Le Vrai Bonheur ou les amants de Stresa, 1929. Le Voyage d'amour ou l'initiation vénitienne, 1930. . Lettres diverses et curieuses, écrites par plusieurs à l'un d'entre eux, 1933. De mon temps, 1933. Histoire des décorations françaises, publié sous la direction et avec une préface d'Henri de Régnier, par A. Anchel et P.-F. Caillé, Paris, Javal et Bourdeaux, frontispice de Auguste Leroux, 1933. Le Paradis retrouvé, contes choisis (posthume), 1937. Images vénitiennes (s. d.) . Réveil d'été. . Henri de Régnier " La pécheresse " illustrations de Brunelleschi, Éditions du Nord Albert Parmentier, Bruxelles, 1944

Journal Les Cahiers inédits 1887-1936, Pygmalion, 2002

Poèmes mis en musique Albert Roussel, Le Départ, Vœu, Le Jardin mouillé, Madrigal lyrique (1903), Adieux, Invocation, Nuit d'automne, Odelette (1907), La Menace (1908) : Ethel Smyth, Quatre mélodies pour voix et orchestre de chambre (1907) sur des poèmes de Régnier (Odelette, La Danse, Chrysilla), tirés de Les Médailles d'argile, et "Ode anacréontique" traduite par Leconte de Lisle ; Reynaldo Hahn, Les Fontaines (1910) ; André Caplet, Nuit d’automne (1915)

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie . . Ernest Raynaud, "Henri de Régnier", En marge de La Mêlée Symboliste, Mercure de France, 1936, p. 221-234. Louis Lévy, « Henri de Régnier », en couverture un portrait d'Henri de Régnier par Bernard Bécan, Les Hommes du jour , Éditions Henri Fabre, 1933. . Paul Léautaud, Henri de Régnier (lire en ligne), Edward Sansot 1904, 51 pages.

Filmographie Curiosa, drame historique français réalisé par Lou Jeunet, sorti en 2019.

Liens externes

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