La Bourrée fantasque est une pièce pour piano composée par Emmanuel Chabrier en 1891Roger Delage, Emmanuel Chabrier, Paris, Fayard, 1999, 767 p.. C'est la dernière œuvre pour l'instrument publiée du vivant de l'auteurGuy Sacre, La musique pour piano : dictionnaire des compositeurs et des œuvres, (A-I), Paris, Robert Laffont, « Bouquins », 1998, .
Présentation La Bourrée fantasque est dédiée à Édouard Risler, pianiste et ami du compositeur. Chabrier lui écrit dans une lettre datée du :
« Je vous ai fabriqué un petit morceau de piano que je crois assez amusant et dans lequel j’ai compté près de 113 sonorités différentes. »Emmanuel Chabrier. Correspondance, réunie et présentée par Roger Delage et Frans Durif, avec Thierry Bodin, Paris, Klincksieck, 1995, 1261 p., p. 882
Elle a été créée le à Paris par Mme Henry Jossic (Madeleine Jaeger) à un concert de la Société nationale de musique.
Analyse L’œuvre emprunte une partie de son titre à la bourrée et est construite autour de deux thèmes. Le premier, noté très animé, avec beaucoup d'entrain, et marcatissimo, avec ses nombreuses notes répétées et son allure dynamique, possède une couleur martelée et populaire qui évoque la danse campagnardeFrançois-René Tranchefort (), Guide de la musique de piano et de clavecin, Paris, Fayard, « Les indispensables de la musique », 1987, , . Le second, noté molto espressivo, possède un tout autre caractère, de grande douceur, et une indécision mélodique qui finit par se résoudre en plénitude lyrique. Tandis que le début de la pièce est en ut mineur mais teinté de modalisme du fait de la sensible non altérée, le second thème est en fa majeur mais très chromatique, et après diverses modulations expressives, la fin est en ut majeur, « dans un joyeux tintamarre ».
Son exécution demande environ six minutes.
Commentaires Pour Alfred Cortot, « on n’avait point encore écrit pour le piano de cette manière, en lui prêtant des ressources orchestrales insoupçonnées, en utilisant les timbres pour caractériser les rythmes, en libérant le pouvoir rayonnant de la pédale. Autant, sinon plus qu’España, ce court divertissement de piano aura mis les compositeurs sur la voie d’une nouvelle technique de la couleur musicale ».
François-René Tranchefort rappelle quant à lui que Poulenc considérait que Chabrier innovait ici dans le domaine pianistique « autant que les Études de Debussy, ou Gaspard de la nuit de Ravel ».
Guy Sacre synthétise ces appréciations en écrivant que « c'est la pièce qui résume Chabrier, un chef-d’œuvre de rythmes, de timbres, de couleurs, où le piano rivalise avec l'orchestre ».
Orchestrations
Chabrier a fait une première esquisse d'orchestration qu'il n'a pas achevée. L'une des versions orchestrales les plus jouées est celle de Felix Mottl, exécutée pour la première fois le à Paris sous sa direction, à la tête de l'orchestre Lamoureux. Une autre version est celle réalisée par Charles Koechlin et créée le par l'orchestre de la Société des concerts du Conservatoire sous la direction d'Albert Wolff et enregistrée en 2012 chez Hänssler par le Radio-Sinfonieorchester Stuttgart des SWR sous la direction de Heinz Holliger. À l'occasion du centenaire de la mort du compositeur, Robin Holloway complète l'orchestration originale de Chabrier : la première exécution de cette nouvelle version est donnée à Londres le par l'English Northern Philharmonia sous la direction de Paul Daniel.
Ballets
Jean-Jacques Etchevery en a fait une chorégraphie pour l'Opéra-Comique en 1946. George Balanchine en a fait une chorégraphie pour le New York City Ballet en 1949.
Autres instrumentations Il existe également un arrangement de la pièce pour piano à quatre mains dû au compositeur, ainsi qu'une version pour deux pianos (à 4 mains) par Édouard Risler.
Bibliographie
Alfred Cortot, La musique française de piano. Première série, Claude Debussy, César Franck, Gabriel Fauré, Emmanuel Chabrier, Paul Dukas, Paris, Éditions Rieder, 1930. Guy Sacre, La musique de piano : dictionnaire des compositeurs et des œuvres, (A-I), Paris, Robert Laffont, « Bouquins », 1998, François-René Tranchefort (), Guide de la musique de piano et de clavecin, Paris, Fayard, « Les indispensables de la musique », 1987,
Discographie
Pour piano
Piano music by Emmanuel Chabrier, Angela Hewitt, Hyperion records, 2006 Chabrier, Piano Works Vol. 1, Georges Rabol, Naxos, 1994 Emmanuel Chabrier, Œuvres pour piano, Alain Planès, Harmonia mundi, 1993 (2002) Chabrier, L’œuvre pour piano, Alexandre Tharaud, Arion, 1998
Pour orchestre
Chabrier : Orchestral works, Orchestre de la Suisse romande, Neeme Järvi (dir.), Chandos records, 2013 Charles Koechlin, Magicien orchestrateur, Radio-Sinfonieorchester Stuttgart des SWR, Heinz Holliger (dir.), Hänssler, 2012
Notes et références
Liens externes
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