Le surf, prononcé en français (abréviation française de l'anglais ) est une pratique physique individuelle de glisse sur les vagues déferlantes, au bord de l'océan.

Partie intégrante de la culture hawaïenne traditionnelle, le surf a été popularisé dans le monde par le double champion olympique de natation Duke Kahanamoku dans les premières décennies du , avant de devenir, à la fin du même siècle, une discipline sportive codifiée, pratiquée debout sur une planche courte (), par opposition aux autres disciplines de glisse sur les vagues comme le longboard, le bodyboard, le bodysurf, le skimboard, le stand up paddle, le windsurfVoir la distinction entre surf et « disciplines associées » pour la Fédération française de surf..

Le surf se pratique sur des sites de surf, appelés « spots », sur lesquels déferlent des vagues plus ou moins grandes et propices à la glisse. Les pratiquants sont des « surfers » ou « surfeurs » / « surfeuses », ou encore « aquaplanchistes »Terme recommandé par l'OQLF et par la Commission générale de terminologie et de néologie et publié au Journal officiel de la République française le 26 novembre 2008 aquaplanchiste sur France Terme., sans distinction de niveau ou de type de pratique. D'autres termes plus spécifiques existent, comme shortboarder, bodyboardeur, longboardeur, bodysurfeur

Termes et polysémie Le terme « surf » (prononcé [sœʀf]), apparu en français en 1952Jean Tournier, Les mots anglais du français, Belin, 1998, rubrique Surf, ., est la troncation française du nom composé anglo-américain surf-riding introduit en 1926 et signifiant littéralement « monter les vagues déferlantes ».. En anglais, le nom simple surf reste cantonné au sens de vagues déferlantes, l'activité étant désignée sous le nom verbal surfing.

Le mot français « surf » a été ultérieurement repris par des sports de glisse non aquatiques, à l'exemple du snowboard aussi désigné par « surf des neiges ». Au sens figuré, le surf désigne l'action de passer avec aisance d'une activité à l'autre. Le surf désigne ainsi la pratique consistant à parcourir des pages web.

Histoire

Origines du surf

Selon les historiens et anthropologues, diverses pratiques de surf existaient à travers la Polynésie et dans d'autres lieux du Pacifique avant l'époque moderne.. Le surf pratiqué debout sur de longues planches est attesté à Tahiti (1767) et à Hawaï par le récit des premiers explorateurs européens. Mais la pratique des vagues avec un flotteur a certainement été inventée indépendamment en d'autres endroits du monde, comme le suggèrent des pratiques isolées en Afrique, Australie ou au PérouLe surf au Pérou sur les Caballito de totora, dans .

C'est néanmoins à Hawaï que le surf semble avoir été particulièrement important dans la culture des populations. Et c'est depuis ce lieu que le surf sera diffusé au siècle dans le reste du monde, popularisant ainsi le mythe que Hawaï serait le « lieu de naissance » du surf.

Pratique traditionnelle hawaïenne Le surf a pendant longtemps été une partie intégrante de la culture hawaïenne, comme une pratique sociale et culturelle (religieuse) ou comme un passe-temps permettant notamment de prouver ses qualités physiques. La majorité des surfeurs pratiquaient sur des planches courtes nommées alaia, en position couchée ou à genoux. Les chefs se distinguaient socialement par la possession des très longues planches olo, dont la construction était couteuse et ritualisée, et qui pouvaient être utilisées pour surfer debout.

Les premiers comptes rendus à ce sujet seraient ceux de Samuel Wallis et de l'équipage du ., premiers Européens à mettre le pied à Tahiti en 1767, ou de Joseph Banks F. Fleming, Off the Map. Tales of Endurance and Exploration, Atlantic Monthly Press, (2005 ?), ., botaniste embarqué sur le de Cook et qui arriva sur la même île en 1769. Le lieutenant James King en fera mention en complétant les mémoires de Cook après le décès de celui-ci en 1779 History of Surfing, Surfing for Life.. En 1788, James Morrison, un des mutins de la Bounty, décrit de manière similaire la pratique du hōrue à Tahiti..

La plus ancienne planche de surf connue a été découverte en 1905 à Ko'Okena à l'intérieur d'un tombeau. Les archéologues pensent qu'il s'agissait de la sépulture d'une cheffe nommée Kaneamuna, qui régnait au début du . Fabriquée dans le fond de l'arbre à pain, cette planche fut retrouvée en parfait état de conservation..

Quand Mark Twain se rend à Hawaii en 1866, il a l'occasion d'observer « une troupe nombreuse d'indigènes nus, des deux sexes et de tous âges, s'amusant en s'adonnant au passe-temps national qu'est le surf-bathing » Mark Twain, Roughing it, chap. LXXIII : .

Diffusion aux États-Unis et en Australie

Au début des années 1900, Alexander Hume Ford (1868-1945) et Jack London médiatisent le surf comme un loisir et un moyen d'attraction touristique à Hawaï. Des pratiquants de surf se rassemblent autour du Outrigger Canoe Club, un club nautique réservé aux Blancs. Les Hawaïens et Duke Kahanamoku fondent un club multiracial, le Hui Nalu Club (1908), pour rassembler des surfeurs de la plage de Waikiki et maintenir l'influence des Hawaïens sur les sites de surf.

À partir de 1907, Freeth et surtout Kahanamoku diffuseront le surf hors de Hawaï, en faisant des démonstrations aux États-Unis (Californie), en Australie et en Nouvelle-Zélande. Kahanamoku, champion olympique de natation et acteur hollywoodien, profitera de sa notoriété pour populariser le surf, devenant ainsi le « père du surf moderne ».

Les planches de l'époque sont en bois et inspirées des modèles anciens hawaïen : notamment la très longue planche olo dédiée au surf debout, alors que la courte planche alaia est peu à peu oubliée. À cette époque les planches ne sont pas seulement utilisées pour le loisir du surf dans les vagues. Elles sont également utilisées pour la pratique de courses de rame et de sauvetage en mer, avec de nombreuses compétitions (sauvetage sportif) organisées aux États-Unis puis en Australie.

Aileron et longboard

Au milieu des années 1920, l'Américain Tom Blake construit les premières planches creuses (hollow board) plus légères (moins de ), qui se diffusent rapidement à Hawaï et aux États-Unis pour la pratique de la rame et du sauvetage. Blake crée ensuite des planches creuses à structure renforcée. Vers 1935, il crée les premières planche avec un aileron (appelée couramment dérives), permettant le contrôle de ces planches légères (moins de ) dans les vagues. Controversées, les planches de Blake deviendront rapidement la référence de tous les surfeurs à travers le monde et marquent le début des planches dites « longboard ».

La longboard, planche longue et d'un volume de flottabilité important, facilite le départ rapide au surf sur la plupart des vagues petites ou molles ; la pratique typique consiste en de grandes traversées rectilignes le long des vagues, avec éventuellement des mouvements acrobatiques du surfeur sur sa planche (déplacements et croisements de pied).

Industrie

L'industrie de fabrication de planches de surf se développe aux États-Unis dans les années 1950 et 1960. Les planches dites « Malibu » deviennent la référence. La structure en balsa est progressivement remplacée par le polystyrène, puis les mousses polyuréthanes (1955) qui se généralisent dans les années 1960.

Le leash, cordon reliant le surfeur à sa planche, apparait dans les années 1950, en France ou aux États-Unis.

Diffusion en France

Diffusée par des surfeurs américains, la pratique apparait en France à la fin des années 1950, sur la côte basque. Le premier club (Waikiki) est créé en 1959. Les premières compétitions (course de rame) sont organisées en 1961.

Avènement de la planche courte (shortboard)

À partir des années 1960, les surfeurs australiens développent une manière plus « agressive » de surfer sur la vague, avec des changements multiples de direction constituant différentes figures. Ce nouveau style est facilité par des planches plus légères et courtes. Cette évolution est notamment marquée par le surfeur australien Nat Young qui remporte le titre mondial en 1966, avec des figures innovantes sur une planche de . Sous l'impulsion de ce dernier, la longueur et le volume des planches ne cessera de diminuer dans les années 1970. C'est le début des planches courtes ou shortboards ).

Plus légères, plus relevées et effilées au niveau du nez, plus fines, les shortboards sont beaucoup plus maniables et procurent une liberté beaucoup plus importante au surfeur dans sa trajectoire et les figures qu'il peut réaliser. Avec la diminution de la taille et du volume des planches, différentes périodes d'expérimentation aboutissent à la généralisation d'une configuration à trois ailerons (thruster, « propulseur », 1982).

Cette pratique sur planche courte est devenue dominante : sur le circuit professionnel, sur le nombre de pratiquants et l'industrie du surf, sur la codification récente de la discipline sportive du surf.

La recherche des grandes vagues

En raison de leur matériel, il est très peu probable que les anciens surfeurs hawaïen aient pratiqué sur de grandes vagues cassantes (plus de 3-). Avec l'évolution des planches modernes, à partir des années 1950-60, les grandes vagues cassantes commencèrent à devenir le terrain de pratique de certains surfeurs, à l'exemple des grandes vagues de Waimea Bay (Hawaï). À partir de cette époque commença l'exploration du monde à la recherche des rares spots de grandes vagues cassantes. Ces voyages de recherche sont illustrés dans des reportages écrits et des films documentaires à partir des années 1960, à l'exemple de The Endless Summer (1966). Mais les plus grandes vagues restent inaccessibles, la propulsion à la rame (avec les bras) étant trop lente pour se positionner sur ces vagues rapides et éloignées ; il faudra attendre l'invention du surf tracté dans les années 1990.

Autres pratiques modernes

Bodyboard

En 1971, l'ingénieur américain Tom Morey (1935-) crée les premiers bodyboard, courtes planches en mousse destinées au surf sur le ventre (prone) ou à genoux (dropknee). Il s'est inspiré des planches traditionnelles hawaïenne : la paipo (utilisée par les enfants) et la alaia un peu plus grande. Commercialisées sous la marque Morey Boogie, ces planches facile d'accès deviennent un jouet de plage très répandu. Mais le bodyboard est aussi devenu une discipline sportive spectaculaire et exigeante, permettant de surfer les vagues les plus creuses.

Skimboard

Apparu aux États-Unis dans les années 1930, le skimboard devient plus répandu en Californie à partir des années 1980. Cette planchette permet de glisser sur de fines pellicules d'eau et d'atteindre les vagues de bord (shorebreak). Sans dérive et très petit, le skimboard permet des manœuvres extrêmement rapides et agressives. Plus récemment, quelques skimboardeurs professionnels comme Brad Domke ont commencé à surfer de grandes vagues plus éloignées, en utilisant des vagues d'accès (side waves), le transfert depuis une longue planche ou bien le tractage en jetski (towing).

Windsurf de vague Apparue dans les années 1980, le funboard (déclinaison de la planche à voile) a rapidement été pratiqué dans les vagues. Équipés de planches courtes et de voiles maniables, des windsurfers comme Robby Naish ou Jason Polakow se sont rapidement attaqués à de nombreuses vagues hawaïennes. La voile permettant même d'acquérir la vitesse nécessaire pour partir au surf même sur les très grandes vagues, de soutenir la planche sur les lèvres déferlantes (aerials) ou de propulser le windsurfer au-dessus de la vague (sauts). La discipline de « vagues » est ainsi devenues la pratique la plus médiatisée du windsurf et des compétitions mondiales de funboard.

Longboard