L’Aéropostale est une mini-série franco-belge réalisée par Gilles Grangier. Elle a d'abord été diffusée en Suisse à partir du sur la TSR, en France en quatre épisodes de du au sur FR3.
Au Québec, elle a été diffusée en six épisodes de à partir du à la Télévision de Radio-Canada sous le titre L'Aéropostale.
Synopsis En , alors que le premier conflit mondial fait toujours rage, l'industriel toulousain Pierre-Georges Latécoère songe déjà à l'aviation d'après-guerre. Il imagine de relier la France à l'Amérique du Sud par un service régulier d'avions transportant du courrier grâce aux surplus d'appareils militaires désormais devenus inutiles. Il soumet son projet aux autorités qui l'accueillent avec beaucoup de scepticisme. Aidé par son principal collaborateur, Beppo de Massimi, Latécoère fonde les "Lignes Aériennes Latécoère" en . Le , Latécoère atterrit à Rabat. Il remet au général Lyautey un exemplaire du journal Le Temps paru la veille et un bouquet de violettes cueilli la veille à Toulouse. La poste aérienne est née. Didier Daurat, un jeune capitaine à forte personnalité qui a été récemment démobilisé, s'associe à l'aventure de l'industriel en s'engageant comme pilote à la Compagnie Latécoère…
Distribution Bernard Fresson : Didier Daurat Michel Duchaussoy : Pierre-Georges Latécoère Robert Etcheverry : Léopold Gourp Robert Rimbaud : Beppo de Massimi Pierre Londiche : Joseph Roig Renée Faure : Latécoère Anne Jolivet : Daurat Jean-François Garreaud : Julien Pranville Jean-Paul Tribout : Marcel Reine Benoît Allemane : Antoine de Saint-Exupéry Jean-Pierre Bouvier : Jean Mermoz Michel Bedetti : Paul Vachet France Valéry : Vachet Patrick Floersheim : Raymond Vanier Jean-Pierre Richepin : Henri Delaunay Patrick Massieu : Amédée Jayet Pascal Jolly : Portal Jean-Pierre Bacri : Beauregard Jean Reno : Moraglia Georges Koulouris : le commandant du Phocée Michel Caron : le ministre
Épisodes Épisode 1 Monsieur Daurat
En , alors que le premier conflit mondial fait toujours rage, l’industriel toulousain Pierre-Georges Latécoère songe déjà à l’aviation d’après-guerre. Il imagine de relier la France à l'Amérique du Sud par un service régulier d'avions transportant du courrier grâce aux surplus d’appareils militaires désormais devenus inutiles. Il soumet son projet aux autorités qui l’accueillent avec beaucoup de scepticisme. Aidé par son principal collaborateur, Beppo de Massimi, Latécoère fonde les Lignes Aériennes Latécoère en . Le , Latécoère atterrit à Rabat. Il remet au Général Lyautey un exemplaire du journal « le Temps » paru la veille, et un bouquet de violettes cueilli la veille à Toulouse. La poste aérienne est née. Didier Daurat, un jeune capitaine à forte personnalité qui a été récemment démobilisé, s’associe à l’aventure de l’industriel en s’engageant comme pilote à la Compagnie Latécoère. En , il est nommé directeur d’exploitation de « la Ligne ». C’est sur le terrain d’aviation de Toulouse-Montaudran que Daurat met en place une organisation rigoureuse de la ligne. Il doit en effet faire face à des appareils peu fiables et des conditions météorologiques parfois défavorables. Il préconise l’achat d’appareils Breguet 14 de préférence au Salmson 2 fabriqué par Latécoère pendant la guerre, ce qui contribue à exacerber les tensions entre Daurat et Latécoère. Seul le Breguet peut permettre l’extension de la ligne vers Dakar.
Épisode 2 Au-dessus des sables
La ligne relie maintenant Casablanca à Dakar avec une escale à Cap Juby et une autre à Villa Cisneros, dans le Rio de Oro espagnol. Les avions doivent cependant voler en formation pour s’entraider en cas de panne. À Toulouse, Didier Daurat embauche un jeune pilote prometteur répondant au nom de Jean Mermoz qui devra faire ses classes en passant par l’atelier de mécanique. Latécoère connaît de plus en plus de difficultés financières et doit, grâce à de nouvelles prouesses, rétablir au plus vite la situation. Le Maréchal Lyautey en personne va lui confier une lettre de la plus haute importance destinée au gouverneur espagnol afin de faciliter l’installation de la « Ligne » dans cette région. Il lui faut aussi parlementer avec un chef de tribus dissidentes pour lui expliquer ce que font exactement les avions.
Épisode 3 Un interprète à bord des avions
Dans le désert, les exactions des Maures continuent à l’encontre des pilotes de la « Ligne ». Certains sont tués, d’autres emmenés en captivité dans l’intention d’obtenir une rançon. Antoine de Saint-Exupéry se montre fort utile dans le rôle du négociateur grâce à son sens de la diplomatie. Les avions emmènent dorénavant un interprète maure dont la présence permet de sauver des vies. La compagnie est aussi chargée d’apporter son assistance à l’équipage uruguayen du Général Tydeo Larre-Borgès posé près du cap Juby, lors d'une tentative de tour du monde. Ils sont prisonniers des Maures et seront libérés grâce à l’intervention des pilotes Reine et Antoine. Daurat prépare cependant l'avenir en supervisant les essais de nouveaux avions, tel le Latécoère 17. Latécoère part au Brésil afin d’organiser les liaisons aériennes en compagnie de Roig, Hamm et Vachet. Il y découvre une rude concurrence de la part des Allemands et des Américains. Face à des difficultés financières de plus en plus graves, Latécoère vend sa compagnie au financier Marcel Bouilloux-Lafont, pour se consacrer uniquement à la construction d’avions. En 1927, la Compagnie Générale d’Entreprises Aéronautiques devient la Compagnie Générale Aéropostale.
Épisode 4 Le Condor des Andes
En Amérique du Sud, l’Aéropostale qui subit la concurrence allemande et nord-américaine parvient à consolider sa place sur le marché du transport aérien. Un accident fatal qui entraîne la mort de deux journalistes brésiliens ne fait rien pour la publicité de la compagnie. Mermoz et Delaunay se montrent partisans des vols de nuit. À Cap Juby, Reine est fait prisonnier par les Maures en compagnie de Serre. Les échanges diplomatiques qui se multiplient pour tenter de libérer deux pilotes prisonniers vont conduire à leur libération après quatre mois de mauvais traitements. En Amérique du Sud, un nouveau défi s'impose aux pilotes de l'Aéropostale : franchir la Cordillère des Andes. Pour cela, l’Aéropostale se procure des Potez 25 dont le plafond atteint . Accompagné de son fidèle Alexandre Collenot, Mermoz est contraint de se poser sur une crête étroite d’où ils parviennent à redécoller in extremis après une réparation sommaire.
Épisode 5 Jusqu’au Pacifique
L’Aéropostale a établi désormais un réseau aérien depuis Rio de Janeiro vers l’Argentine et bientôt le Chili. Pour tenter de raccourcir les temps de trajet, Mermoz décide de voler de nuit. En 1928, la ligne France-Amérique du Sud est ouverte, même si le courrier est transporté par des avisos rapides entre Dakar et Natal. Grâce à un modèle Latécoère 28-3 doté de flotteurs et baptisé « Comte de la Vaulx », Jean Mermoz, accompagné du navigateur Jean Dabry et du radio Léopold Gimié, parvient à traverser l’Atlantique Sud entre St Louis du Sénégal et Natal les 12 et .
Épisode 6 Une civilisation à part
Après son formidable succès de la traversée de l’Atlantique Sud, le voyage de retour s’avère plus mouvementé. Après de nombreuses tentatives pour faire décoller l’hydravion, Mermoz parvient enfin à s’envoler avant d’être contraint de se poser en pleine mer près d’un bâtiment le à la suite d’une fuite d’huile. L’hydravion coule tandis que l’équipage est recueilli sain et sauf. Le , Henri Guillaumet doit poser son Potez 25 à d'altitude après une tentative de passage par la Laguna del Diamante au milieu de la Cordillère des Andes. Il parviendra seul à rejoindre la civilisation en et 4 nuits de marche et ne retrouvera que plus tard ses camarades Saint-Exupéry et Deley qui s’étaient lancés à sa recherche depuis les airs. Daurat fait part à Mermoz de sa déception après l’échec de son voyage retour. Il se demande s’il n’est pas en passe de devenir une vedette qui recherche l’exploit à tout prix. En 1931, l’aventure de l’Aéropostale s’achève après sa liquidation.
Commentaires
La série télévisée L’Aéropostale tente, avec un certain succès, de retracer le plus fidèlement possible l’épopée de la « Ligne » évoquant le transport aérien de courrier entre la France et l’Amérique du Sud. Elle est issue en droite ligne des séries Les Faucheurs de marguerites (1973), La Conquête du ciel (1980) et autre Le Temps des as sur le thème de l’aviation.
Le réalisateur de télévision Gilles Grangier s’est entouré d’Édouard Bobrowski pour le scénario, l’adaptation et les dialogues, les dialogues additionnels étant réalisés par Marcel Jullian. Claude Robin était quant à lui responsable de la photographie et Alain Le Meur de la musique. Les producteurs avaient pour nom Cyril Grize et Pierre Darcay pour le compte des sociétés productrices France Région FR3, Pathé Cinema et la RTBF.
La série a été diffusée sur FR3 à raison de quatre épisodes par semaine en début de soirée entre le et le . À noter également que la série a été éditée en cassettes VHS en 2000 par Warner Vision France sous la forme d’un coffret de trois cassettes de deux épisodes chacune.
La distribution comprenait des acteurs de renom tels que Bernard Fresson, Robert Etcheverry et Michel Duchaussoy, mais aussi des inconnus, pour l’époque, comme Jean-Pierre Bacri, Jean Reno ou Jean-François Dérec.
Scènes aéronautiques
Malgré un budget serré comme il est souvent de coutume pour une série télévisée, la production réussit la tour de force de présenter des scènes aéronautiques crédibles. Pour cela, elle fait appel à Jean Salis qui est alors, dans les années 1970, l’un des rares collectionneurs privé d’aéronefs en France ainsi qu’à Claude Rousseau (Rousseau Aviation).
Il convient de prendre pour un compliment envers la production le fait que certains qualifient parfois ce téléfilm de véritable documentaireAeromovies sur cocardes.org tant le scénario suit de très près l’histoire de l’Aéropostale.
Le film a été tourné sur le plateau de Cerny, à La Ferté Alais, ainsi que sur l’étang de Biscarrosse, à l’ancienne base des Hourtiquets qui doit transporter le téléspectateur vers Marignane, St Louis du Sénégal ou Natal. L’équipe cinématographique s’est également déplacé au Maroc dont les paysages rappellent ceux du Rio de Oro ou des environs de Saint-Louis du Sénégal.
Les avions de la série
Dans l’épisode 1 apparaît une réplique de Salmson 2.A2 construite par Jean Salis, et son Amicale Jean-Baptiste Salis, et Roland Payen. Cette réplique assez convaincante a été obtenue à partir d’un Caudron Luciole avec un moteur de 135 chevaux. Cet appareil était apparu dans plusieurs téléfilms dont l’Équipage (1978) ou la série Le Temps des as (1978).