Jean-Michel DépratsL’orthographe de son nom est bien Déprats (sur les pages de titre de tous ses ouvrages, sur les programmes de théâtre, ainsi que dans la notice auteur de la Bibliothèque nationale de France) ; mais on trouve aussi Jean-Michel Desprats dans un certain nombre d’articles de presse ou sur des sites internet., né en 1949 à Albi, est un traducteur de théâtre et un universitaire français, spécialiste de William Shakespeare. Il dirige la traduction française de cet auteur à la Bibliothèque de la Pléiade.
Biographie Normalien, agrégé d’anglais, Jean-Michel Déprats a aussi été formé à Amherst College et au Mount Holyoke College aux États-Unis.
Il est chargé de cours à l’Université Paris 3 - Sorbonne Nouvelle en 1972-1973, chargé de cours d’anglais à l’École normale supérieure (ENS) en 1993-1996, maître de conférences depuis 1988 en littérature anglaise et études théâtrales à l’Université - Nanterre..
En 1972, il fonde une compagnie, le Théâtre de la Colline, qui représente au théâtre de l’ENS des auteurs contemporains (Bergman, Ghelderode) ainsi que des créations collectives. Il met en scène en 1981 La Tempête de Shakespeare au théâtre Gérard Philippe à Saint-Denis avec François Marthouret et François BarthélemyFiche sur le site Archives du spectacle..
À partir de 1980, il se consacre à la traduction des auteurs de théâtre anglais, du théâtre élisabéthain (William Shakespeare, Christopher Marlowe, John Ford) aux auteurs britanniques contemporains (Howard Barker, David Hare, Arnold Wesker) et américains (Tennessee Williams, Barry Hall).
Il traduit pour la scène plus que pour la lecture et ses traductions s’adaptent aux exigences de la représentation scénique, « Traduire Shakespeare pour le théâtre », Théâtre/Public, , mars-avril 1982, . et des metteurs en scèneIl indique ainsi à propos de sa traduction du Baladin du monde occidental de Synge pour la mise en scène de Jacques Nichet : , « Traduire une langue duelle : le cas de l’anglo-irlandais de Synge dans », dans Palimpsestes, , 1998, .. Traducteur et dramaturge, il est ainsi associé à la mise en scène et revendique de traduire Jean-Michel Déprats : “On traduit pour la voix et le corps des acteurs”, Magazine littéraire, , décembre 2000, ..
Au cinéma, il est chargé en 1989 de la version doublée en français de de Kenneth Branagh et en 1990 de Hamlet de Franco Zeffirelli.
En 1990, il crée avec Jacques Nichet, Jean Lebeau, Michel Bataillon et Jean-Louis Besson la Maison Antoine Vitez - Centre international de la traduction théâtrale, installée à Montpellier : cette association réunit des linguistes et des praticiens de théâtre et a pour objectif de promouvoir la traduction théâtrale, la découverte du répertoire mondial et des dramaturgies contemporaines ; elle édite des auteurs de théâtre en coédition avec les Éditions théâtralesSite de la Maison Antoine Vitez..
En 1996, il obtient le Molière du meilleur adaptateur d’une pièce étrangère pour L’Importance d’être Constant d’Oscar Wilde, mise en scène par Jérôme Savary au Théâtre de ChaillotSite de la Nuit des Molières..
Il reçoit en 2002 pour l’ensemble de son œuvre de traducteur le Prix Osiris de l’Institut de France et le Prix Halpérine- Kaminsky Consécration de la Société des gens de lettresSite de la Société des Gens de Lettres..
Il est président de 2006 à 2009 de l’association Société française ShakespeareSite de l’association..
Jean-Michel Déprats dirige, en collaboration avec Gisèle Venet, la traduction complète des trente-huit pièces de William Shakespeare, qui paraît en édition bilingue dans la collection de la Bibliothèque de la Pléiade aux éditions Gallimard depuis 2002Cette traduction doit remplacer celle de François-Victor Hugo, auteur d’une édition complète publiée entre 1857 et 1872, qui a fait autorité pendant près d’un siècle ; elle a été publiée dans la Bibliothèque de la Pléiade en 1959. ; l’objectif est de retrouver la théâtralité première du dramaturge anglais : Cité dans : Fabienne Darge, « Jean-Michel Déprats ou l’art de traduire Shakespeare en comédien », Le Monde, 19 décembre 2008., tout en étant conscient du caractère éphémère de toute traduction théâtrale :
Principales traductions pour une mise en scène
Shakespeare 1980 : Peines d'amour perdues, Festival d’Avignon, Cloître des Célestins, mise en scène de Jean-Pierre VincentSociété française Shakespeare, Actes du congrès 1980 .. 1983 : La tragédie de Coriolan, Théâtre de Gennevilliers, mise en scène de Bernard SobelLeanore Lieblein, « », , 1990, (« The Déprats-Coriolanus » : examen de la traduction de Déprats).. 1984 : , Festival d’Avignon, Cour d’honneur du Palais des papes, mise en scène de Georges Lavaudant, avec Ariel Garcia-Valdès reprise en au Théâtre de la Ville, Paris.. La tragédie de Macbeth, Festival d’Avignon, Cour d’honneur du Palais des papes, mise en scène de Jean-Pierre Vincent. 1986 : Othello, , Bobigny, mise en scène de Hans Peter Cloos. 1987 : Le Marchand de Venise, Théâtre National de l’Odéon, mise en scène de Luca RonconiCarole Guidicelli, « Les tours de la machine et les détours du langage : Le Marchand de Venise mis en scène par Luca Ronconi », LISA, , , 2008 Lire en ligne ; entretien entre J. M. Déprats et L. Ronconi, Théâtre/public, Gennevilliers, , 1987, .. 1990 : Le Songe d’une nuit d’été, Festival d’Avignon, Carrière de Boulbon, mise en scène de Jérôme Savary. 1999 : , Festival d’Avignon, Cour d’honneur, Palais des Papes, mise en scène de Jean-Louis Benoît John Henley, « », , 11 juillet 1999.. 2003 : La Nuit des rois, Comédie-Française, mise en scène d’Andrzej Seweryn. 2004 : Beaucoup de bruit pour rien, Théâtre du Port de la Lune à Bordeaux, dans une mise en scène de Laurent Laffargue, puis reprise notamment au Théâtre de la Ville à Paris. 2007 : Le Roi Lear, Odéon-Théâtre de l’Europe, Ateliers Berthier, Paris, mise en scène d’André Engel Joévin Canet, « Le Roi Lear » dans Le Magazine info, 20 janvier 2007 ; Le roi Lear, représentation filmée par Don Kent, production Arte Video, Centre national de documentation pédagogique, .. 2009 : Les Joyeuses Commères de Windsor, cotraduit avec Jean-Pierre Richard, Comédie-Française, mise en scène d’Andrés LimaLa traduction-adaptation de Déprats et Richard est reçue de façon contrastée : Blog d’Erwan Pastol, 6 janvier 2010 ; Fabienne Darge, « Les Joyeuses Commères en manque de vraie folie », dans Le Monde, 12 décembre 2009 ; Philippe Chevilley, « Le roi Falstaff », dans Les Échos.fr, 14 décembre 2009 ; « », billet de Pierre Assouline sur son blog, 29 novembre 2009..
Autres auteurs 1989 : Le Baladin du monde occidental de John Millington Synge, Théâtre des Treize vents, Montpellier, mise en scène de Jacques NichetLe Baladin du monde occidental de John Millington Synge, trad. de Jean-Michel Déprats ; mise en scène de Jacques Nichet, L’Avant-scène, « L’Avant-scène. Théâtre »), , 1989.. 1993 : Orlando d’après Virginia Woolf, au Théâtre Vidy-Lausanne, puis repris au Théâtre de L’Odéon, dans le cadre du Festival d’Automne de Paris, mise en scène de Bob WilsonChristiane Duparc, « Et Orlando devint Isabelle », L’Express, 23 septembre 1993.. 1996 : Édouard II de Christopher Marlowe, Festival d’Avignon, Cour d’honneur du Palais des papes, mise en scène d’Alain Françon« Le rideau se lève sur « », L’Humanité, 9 juillet 1996, Interview de Jean-Michel Déprats par Serge Rémy.. 1996 : L’Importance d’être constant d’Oscar Wilde, au Théâtre de Chaillot, mise en scène de Jérôme Savary. 1998 : Dommage qu’elle soit une putain de John Ford, Théâtre national de Belgique, Bruxelles, mise en scène de Philippe van Kessel. 2000 : La Ménagerie de verre de Tennessee Williams, au Théâtre Vidy-Lausanne, mise en scène d’Irina Brook. 2005 : Animaux en paradis d’Howard Barker, Théâtre des 2 Rives, Rouen, mise en scène de Howard Barker. 2009 : Soudain l’été dernier de Tennessee Williams, cotraduit avec Marie-Claire Pasquier, Théâtre de l’Atalante, Paris, mise en scène de René LoyonNedjma Van Egmond, « Soudain l’été dernier, huis clos captivant », Le Point, 13 novembre 2009..
Traductions publiées Shakespeare Les pièces isolées traduites par Déprats paraissent à partir de 1980 dans différentes maisons d’éditions : Éditions théâtrales, Éditions Comp’act, Gallimard, ou sont publiées par les théâtres où a eu lieu la mise en scène. La Bibliothèque de la Pléiade regroupe ces traductions sous le titre Œuvres complètesRené Solis, « Shakespeare pris aux mots », Libération, 11 mai 2002. : , 2002 : Titus Andronicus, Roméo et Juliette, Jules César, Hamlet, Othello . , 2002 : Le roi Lear, Macbeth, Timon d’Athènes, Antoine et Cléopâtre, Coriolan . , 2008 : La première partie d’, La deuxième partie d’, La troisième partie d’, La tragédie de , Vie et mort du roi Jean . , 2008 : La tragédie du roi , L’histoire d’, La deuxième partie d’, La vie d’, La célèbre histoire de la vie du roi .
Auteurs de théâtre élisabéthains John Ford, Dommage que ce soit une putain, Gallimard, « Folio Théâtre », Paris, 1998 . Christopher Marlowe, , Gallimard, « Le manteau d’Arlequin : théâtre français et du monde entier », 1996 .
Auteurs britanniques Oscar Wilde, L’importance d’être constant, L’avant-scène, « L’avant-scène. Théâtre », 1996. Oscar Wilde, L’éventail de Lady Windermere, Gallimard, 2000, « Folio Théâtre », Paris, 1998 . Oscar Wilde, L’éventail de Lady Windermere, Une femme sans importance, Un mari idéal, L’importance d’être constant, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléïade », 1996 . Virginia Woolf, Orlando, Actes Sud, « Papiers », Arles, 1993 . Howard Barker, Tableau d’une exécution, dans Œuvres choisies, 1, [ théâtrales, Paris ; Maison Antoine Vitez, Montpellier, « Scènes étrangères », 2001 ; rééd. 2005 . Howard Barker, Gertrude : le cri, trad. avec Élisabeth Angel-Perez, dans Œuvres choisies, 4, théâtrales, Paris ; Maison Antoine Vitez, Montpellier, « Scènes étrangères », 2003 ; rééd. 2009. Howard Barker, La griffe, cotraduit avec Nicolas Rippon, dans Œuvres choisies, 3, théâtrales, Paris ; Maison Antoine Vitez, Montpellier, « Scènes étrangères », 2003 . Howard Barker, : études sur la servitude, Animaux en paradis, trad. avec Marie-Lorna Vaconsin, théâtrales, Paris ; Maison Antoine Vitez, Montpellier, « Scènes étrangères », 2004 . Howard Barker, Judith : le corps séparé, dans Œuvres choisies, 6, théâtrales, Paris ; Maison Antoine Vitez, Montpellier, « Scènes étrangères », 2006 . David Hare, Mon lit en zinc, cotraduit avec Dominique Hollier, L’Avant-scène, « L’Avant-scène. théâtre », Paris, 2006 . Arnold Wesker, Souvenirs fantômes, L’Avant-scène, « Collection des Quatre-Vents », , 2004. Kate Atkinson, ; Duncan McLean, ; Janice Galloway, Chute, Les Solitaires intempestifs, Besançon, 1998 .
Auteurs américains Tennessee Williams, La Ménagerie de verre, théâtrales, Paris, 2000 ; rééd. 2004 . Barry Hall, À trois, Les Solitaires intempestifs, Besançon, 1998 .
Ouvrages et articles « Chatterton ou la passion de l’écriture », Théâtre / Public, , . « Traduire le théâtre », Actes des Assises de la traduction littéraire en Arles, Actes Sud, Arles, 1990. Antoine Vitez, le devoir de traduire, études réunies et présentées par Jean-Michel Déprats, Éditions Climats & Maison Antoine Vitez, Montpellier, 1996. « Le geste et la voix : réflexions sur la traduction des textes de théâtre », Langues modernes, , , 1997, . « Traduire une langue duelle : le cas de l'anglo-irlandais de Synge dans The Playboy of the Western World », dans Palimpsestes, vol. 11, 1998 En ligne. Notice « Traduction » dans Dictionnaire encyclopédique du théâtre, dir. Michel Corvin, Larousse, 1998, . « Esquisse d’une problématique de la traduction shakespearienne », Cahiers internationaux de symbolisme, , 1999, . « "I cannot speak your England": sur quelques problèmes de traduction d’Henry V », dans Actes des Congrès de la Société française Shakespeare, vol. 18, 2000, p. 63-74.