Les élections régionales ont eu lieu les et Communiqué d'Alain Marleix, secrétaire d'État chargé des Collectivités territoriales, le 4 novembre 2009. Dans un contexte national de forte poussée de la gauche, l'Alsace est considérée comme la seule région de france métropolitaine que la majorité présidentielle puisse conserver.. Et si les sondages et les analystes politiques prédisent un score extrêmement serrée au second tourEn Alsace, UMP et PS à stricte égalité (sondage)PS/Ecologistes et UMP toujours au coude à coude en Alsace, selon un sondageEn Alsace, droite et gauche sont au coude-à-coude, finalement la majorité régionale sortante menée par le sénateur UMP Philippe Richert conserve la région avec un score légèrement supérieur à celui de 2004 avec 46,16 % des suffrages exprimés et sur 47Résultats des élections régionales de 2010 en Alsace, ministère de l'Intérieur.

Mode d'élection

Contexte régional

L'Alsace a, depuis l'élection des conseils régionaux élus en 1986, toujours été dirigée par une majorité RPR-UDF puis UMP et par des présidents centristes ou de droite. Elle est la seule région à ne pas avoir été touchée par la « vague rose » aux élections de 2004. Lors de ces dernières, la liste d'union UMP-UDF menée par le président sortant de l'époque Adrien Zeller avait obtenu 34,06 % des suffrages au premier tour puis 43,48 % des voix et sur 47 au second dans une triangulaire l'opposant à la liste PS-Verts de Jacques Bigot (20,12 % au premier tour, 34,57 % et 12 élus au second) et au FN de Patrick Binder (18,58 % puis 21,95 % et huit sièges). Les deux conseils généraux du Bas-Rhin et du Haut-Rhin étant de même dirigés par des présidents UMP (Guy-Dominique Kennel en remplacement de Philippe Richert depuis 2008 avec une majorité de 32 conseillers généraux sur 43 dans le Bas-Rhin, Charles Buttner avec une majorité de 18 élus sur 31 dans le Haut-Rhin) tandis que la région ne compte depuis 2007 qu'un seul député PS (Armand Jung dans le Bas-Rhin) et seulement trois sénateurs de gauche sur un total de neuf (les socialistes Roland Ries dans le Bas-Rhin et Patricia Schillinger dans le Haut-Rhin, et le Vert Jacques Muller dans le Haut-Rhin), l'Alsace passe ainsi pour un fief de droite. Toutefois, celle-ci a perdu la capitale régionale, Strasbourg, aux municipales de 2008 au profit du PS Roland Ries (sa liste ayant obtenu au second tour 58,33 % des voix contre 41,77 % à celle du maire sortant Fabienne Keller). Par conséquent, la Communauté urbaine de Strasbourg a également basculé à cette occasion à gauche en portant à sa présidence le chef de l'opposition socialiste au conseil régional, Jacques Bigot.

La politique régionale a également été bouleversée par le décès, le , d'Adrien Zeller, qui avait réussi à maintenir autour de lui l'ensemble des élus ex-UDF divisés depuis 2007 entre le Nouveau Centre et le MoDem. Le 14 septembre suivant, le du conseil régional et maire UMP de Souffelweyersheim André Reichardt est élu pour le remplacer et terminer les quelques mois restant avant la fin de son mandat, par sur 47 dès le premier tour. La majorité était pourtant alors divisée puisque l'ancien qui exerçait jusqu'alors l'intérim, Bernard Stoessel, ex-président du MoDem du Haut-Rhin jusqu'en , puis depuis fin 2009 coordinateur régional de l'Alliance centriste de Jean Arthuis, s'était également porté candidat, recueillant « André Reichardt (UMP) élu président du conseil régional », Les Dernières Nouvelles d'Alsace, 14 septembre 2009.. De plus, également en , le groupe centriste, qui jusqu'à présent était resté uni et persistait au sein d'un intergroupe avec l'UMP, se scinde entre cinq membres se maintenant dans cet intergroupe sous le nom de « groupe Majorité Zellerienne » (René Danési, Jean-Jacques Fritz, Monique Jung, Bernard Stoessel et Danielle Traber) et 2 formant un groupe MoDem (Danièle Meyer et Odile Uhlrich-Mallet).

Privée de sa tête de liste désignée, Adrien Zeller, et de sa capacité de rassemblement à droite et au centre, l'UMP organise du 17 au des primaires en Alsace pour désigner son nouveau chef de file dans la région Présentation des points de vote et de leurs dates et heures d'ouverture pour les primaires UMP d'octobre 2009, site officiel des fédérations UMP. Seul candidat, le sénateur du Bas-Rhin Philippe Richert est finalement choisi sans problème le 25 octobre« Les candidats éligibles aux primaires d'octobre pour les régionales 2010 », site officiel des fédérations UMP et il est officiellement investi comme tête de liste pour la Majorité présidentielle lors du conseil national de son parti le Reuters, « L'UMP investit ses têtes de liste pour les régionales », L’Express, 28/11/2009 Présentation des têtes de liste régionales, site de l'UMP. La majorité sortante UMP - ex-UDF part néanmoins divisée alors qu'elle était unie en 2004 dès le premier tour. La liste « Majorité alsacienne », telle que présentée le , comprend trois des cinq membres du groupe « Majorité Zellerienne » (René Danési en dans le Haut-Rhin, Monique Jung en et Jean-Jacques Fritz en dans le Bas-Rhin) tout en revendiquant symboliquement l'héritage d'Adrien Zeller en présentant sa veuve, Huguette Zeller, en dans le Bas-Rhin, et en laissant une place à La Gauche moderne de Jean-Marie Bockel avec les adjoints de ce dernier à la mairie de Mulhouse Chantal Risser et Hakim Mahzoul, respectivement en et dans le Haut-RhinComposition des listes UMP pour les régionales de 2010 en Alsace, site de la fédération UMP du Bas-Rhin. Mais, le , l'ancien président par intérim Bernard Stoessel, fondateur du mouvement Force centriste Alsace et coordinateur régional de l'Alliance centriste, annonce qu'il conduira une liste centriste lors des élections régionales« Bernard Stoessel conduira une liste centriste », avant de renoncer le 11 février en raison des mauvais sondages et du coût financier que représenterait un échec. Concernant le MoDem, seule une des deux élues sortantes de ce parti décide de se représenter, Odile Uhlrich-Mallet, qui prend la tête dans le Haut-Rhin d'une liste menée régionalement et dans le Bas-Rhin par l'ancien secrétaire national des Verts Yann Wehrling, Danièle Meyer pour sa part annonçant ne pas briguer un nouveau mandat dès Interview de Danièle Meyer, Les Dernières nouvelles d'Alsace, 07/12/2009Y. B., « MoDem Yann Wehrling parie sur la jeunesse de sa liste », L’Alsace, 31/01/2010.

La gauche pour sa part s'avance tout aussi divisée. Alors qu'ils avaient fait liste commune dès le premier tour en 2004, le PS et les Verts forment cette fois-ci des listes séparées. Celle du premier est encore une fois dirigée par Jacques Bigot, le chef de fait de l'opposition socialiste sur la scène régionale, position renforcée par son accession en 2008 à la présidence de la Communauté urbaine de Strasbourg. Lui-aussi tend à mettre en avant une certaine proximité avec la tradition centriste de la région telle qu'incarnée par la personnalité d'Adrien Zeller, déclarant que celui-ci « acceptait qu'on dise qu'il était de centre-gauche » ou en présentant en deuxième place dans le Bas-Rhin Dominique Hoeffel, fille de l'ancien sénateur centriste puis UMP Daniel Hoeffel. La liste Europe Écologie est quant-à-elle menée par le président du groupe des Verts au conseil régional, Jacques Fernique. Elle a de plus réussi le rassemblement de la quasi-totalité de la famille écologiste dans la région puisqu'elle a été rejointe par l'Alliance écologiste indépendante (AEI) et donc en son sein le Mouvement écologiste indépendant (MEI) d'Antoine Waechter, toujours un réservoir important de voix en Alsace puisque ce dernier, seul, avait réuni 7,4 % des voix lors des régionales de 2004. Ils font également campagne en direction du centre, en se présentant simplement comme une « liste écologiste », hors de toute « querelle théologique » entre droite et gauche), ou en admettant que : « Nous avons toujours travaillé en bonne intelligence avec Adrien Zeller »P. JAXEL-TRUER, « En Alsace, la course au centre du PS et des Verts ébranle les certitudes de la droite », Le Monde, 03/02/2010. Fort d'une certaine dynamique, les écologistes semblent ainsi en bonne position. Un sondage IFOP réalisé pour Paris Match, Public Sénat et le quotidien L'Alsace au début du mois de place Europe Écologie de Jacques Fernique en deuxième place au premier tour avec 21 % des intentions de vote, derrière l'UMP de Philippe Richert qui obtiendrait 34 % des suffrages mais devant le PS de Jacques Bigot à 18 %, mais remporterait de peu une triangulaire au second tour en prenant la tête d'une liste d'union avec les socialistes par 44 % des voix contre 43 % à la liste Richert et 13 % au FNReuters, « Un sondage donne Europe Écologie gagnant en Alsace », L’Express, 03/02/2010.

À « gauche de la gauche » ou à l'extrême gauche, le Front de gauche, unissant le PCF, le Parti de gauche, la Gauche unitaire mais aussi le PCOF, les Alternatifs et Coordination communiste, se présente sous le nom d’« Ensemble pour une Alsace à gauche » et est conduit par trois têtes de liste : Jean-Yves Causer (Les Alternatifs, maître de conférences en sociologie à l'université de Strasbourg) est le chef de file régional et en deuxième position dans le Haut-Rhin, Jean-Luc Muller (Gauche unitaire et ancien de la LCR) est en première place dans le Bas-Rhin et Aline Parmentier (membre du conseil national du PCF) mène la liste dans le Haut-RhinDNA, « Régionales : Liste "Ensemble pour une Alsace à gauche" », site de la fédération PCF du Haut-Rhin, 26/01/2010. Le NPA se lance dans la campagne le et est mené par Yvan Zimmermann, ouvrier et syndicaliste de l'usine PSA de Mulhouse qui était déjà tête de liste pour le mouvement dans la circonscription Est lors des élections européennes de , il avait alors réuni 5,64 % des suffrages exprimésF. TORELLI, « Régionales : La liste NPA lance "un appel à la résistance" », L’Alsace, 30/01/2009. Un autre militant syndical de PSA Mulhouse, Julien Wostyn, déjà candidat aux municipales de 2008 à Mulhouse, prend la tête régionale de la liste de Lutte ouvrière en étant secondé par Roland Robert, ouvrier chez General Motors, dans le Bas-Rhin, et Nathalie Mulot, agent territorial à Mulhouse Alsace AgglomérationDNA, « La liste des gens qui se lèvent tôt », site officiel de LO, 20/01/2010.

À « droite de la droite » ou à l'extrême droite, on retrouve les listes désormais traditionnelles du parti régionaliste et identitaire Alsace d'abord et du FN. Le premier est mené par son président et ancien conseiller régional de 1992 à 2004 Jacques Cordonnier. Il lance sa campagne dès le mois d'Elsasser, « Fête de rentrée 2009 d’Alsace d’Abord : une journée inoubliable ! », Blog Jeune Alsace, 03/09/2009. Le second est porté, comme en 2004, par Patrick Binder, chef de file du groupe au conseil régional depuis 1999 et conseiller municipal de Mulhouse

Candidats

Toutes les têtes de liste du premier tour

LO Lutte ouvrière : Julien WostynTêtes de liste LO, ouvrier et syndicaliste CGT de PSA-Mulhouse. NPA Tout changer, rien lâcher! : Yvan Zimmermann, ouvrier et syndicaliste CGT de PSA-Mulhouse. FG (PCF, PG, GU, PCOF, les Alternatifs, Coordination communiste) Ensemble pour une Alsace à gauche, solidaire, écologique et citoyenne : Jean-Yves Causer (Les Alternatifs), maître de conférence en Sociologie à l'Université de Strasbourg PS Liste Rassemblement soutenue par le Parti Socialiste : Jacques Bigot, conseiller régional sortant, maire d'Illkirch-Graffenstaden et président de la Communauté urbaine de Strasbourg Écologie sociale, solidaire et décroissante : Manuel Santiago, responsable de centre socioculturel à Strasbourg, militant du Mouvement de la paix. EÉ-AEI Europe Écologie Alsace : Jacques Fernique (Verts), conseiller régional sortant, conseiller municipal de Geispolsheim (Bas-Rhin)Présentation de la liste Europe Écologie en Alsace sur son site officiel. MoDem Alsace démocrate : Yann Wehrling, dessinateur et ancien secrétaire national des Verts Le Parisien du 09/11/09.