André Verdet, né le à Nice et mort à Saint-Paul-de-Vence le Notice d'autorité personne du catalogue général de la BNF., est un poète, peintre, sculpteur et céramiste français.

Biographie thumb|right|André Verdet, photo d'Erling Mandelmann, (1962). André Verdet naît à Nice le de Paul Verdet, originaire de Saint-Paul de Vence, receveur des Postes à Nice, puis commerçant et de Marie Ourdan, niçoise qui disparaît en 1915 mystérieusement. Il est élevé par sa tante et son oncle, affectueux et sévères, cultivateurs à la Colle-sur-Loup près de Saint-Paul de Vence. Son enfance est campagnarde et plutôt heureuse. Mais en 1923, son père, Paul Verdet, qui veut le faire travailler comme lui dans l’hôtellerie l’oblige à le rejoindre dans le nord de la France. C’est un déchirement ; il ne cessera de songer à sa Provence, vouloir y revenir, et quand il le pourra, s’y installer pour toujours. Quelques années plus tard, il entre au lycée hôtelier de Clermont-Ferrand. À 17 ans, il effectue un stage de plusieurs mois comme groom dans un hôtel de Francfort. Il apprend l’allemand, et il observe autour de lui ; il sent avec inquiétude l’atmosphère lourde du national-socialisme qui monte. Quelque chose qu’il n’oubliera pas et qui des années plus tard nourrira sa mémoire de résistant. De retour en France, pour échapper à la contrainte paternelle qui le poursuit, il s’engage dans l’infanterie. Après avoir fait ses classes à Toulon, il est envoyé en Chine en 1932. Affecté aux services de l’hygiène, il est témoin des inondations de Shanghaï, et surtout, d’une façon générale, de l’exploitation de l’homme par l’homme. Il en devient pour toujours un révolté et un homme de gauche. Mais il tombe malade. Renvoyé dans ses foyers le , il revient en France et se soigne au sanatorium de Briançon. Il y fait la connaissance de Giono qui guide ses premiers pas en littérature. Il écrit des poèmes, des nouvelles, des contes, quelques articles dans des revues. Lorsqu’en 1941 André Verdet rencontre Jacques Prévert à Saint-Paul de Vence, ils se découvrent beaucoup d’affinités et deviennent amis. Ils publient ensemble leurs poèmes dans C’est à Saint Paul de Vence, et dans un recueil intitulé Histoires. Prévert, Giono, et plus tard Cocteau, à qui Verdet rendra de fréquentes visites dans la villa Santo Sospir du Cap Ferrat, sont ses trois mentors en littérature.

Le début de la Seconde Guerre mondiale trouve Verdet dans un état en quelque sorte bucolique. Pour raisons de santé, il n’a pas été mobilisé. Mais l’appel du 18 juin, écrit-il, l’a « électrisé »André Verdet pluriel. Autobiographie par André Verdet et textes de critiques et de témoins. Nice, Éditions du Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain, 1992, p. 14. En Verdet rejoint la Résistance d’abord dans le Mouvement Combat, puis à Lyon et à Paris, dans le réseau Action Immédiate, sous les ordres du Colonel Degliame-Fouché. Verdet prend les pseudonymes de Clairval et de Duroc : Commandant Duroc. Il participe à des actions de sabotages, contre-espionnage, transmission infos, fabrication de faux papiers, protection de Juifs, transmission de plans des objectifs militaires allemands (nœuds ferroviaires, dépôts de munitions) pour préparer les bombardements alliés. Verdet est arrêté le par la Gestapo et la police parisienne. Interrogé au 11 rue des Saussaies, le « vaillant soldat n’a pas parlé sous la torture », comme le déclarera plus tard son supérieur le Colonel Degliame-FouchéAndré Verdet pluriel, op. cit., p. 27. Après un mois passé dans la prison de Fresnes, il est transféré dans le camp de Royallieu à Compiègne, d’où il est déporté avec Robert Desnos, à destination d’Auschwitz. Au bout d’une dizaine de jours, il est transféré avec ses camarades au camp de Buchenwald où il demeure détenu jusqu’à la libération du camp, par les prisonniers eux-mêmes puis par les forces alliées américaines, le . Yves P. Boulongne et Verdet rassemblent les poèmes de leurs camarades détenus, qui seront publiés avec les leurs dans l’Anthologie des poèmes de Buchenwald. Dans un roman-récit autobiographique écrit à la troisième personne, intitulé La nuit n'est pas la nuit, Verdet témoigne d’une double réalité : celle du cauchemar et celle de l’espérance. Il lui faut impérativement dire la nuit, la souffrance infligée, la torture, les agonies, l’horreur. Il lui faut dire également l’effort quotidiennement soutenu pour conjurer les puissances du mal et des ténèbres.

Après la Libération, Verdet reste un an Attaché de cabinet de Marcel Paul, Ministre de la production industrielle. Il divorce de Camille Parèze, qu’il avait épousée peu avant son arrestation. Vient une période d’aventures amoureuses avec de nombreuses jeunes femmes. Jeanne Corbières, jeune enseignante auprès de qui il rédige La nuit n’est pas la nuit, au hameau de Saint-Pons près de Gréolières. Marianne Greenwood, photographe, écrivaine, amie de Picasso et de Françoise Gilot. Yvonne Grauer, peintre de chats, qu’il retrouve régulièrement à Paris… Une profonde amitié le lie à Anita Tullio, sculpteur céramiste, qui lui a été présentée par le peintre Robert Helman. C’est en 1965 qu’André Verdet s’attache définitivement à Bernadette de Wilde, plus connue sous son nom de peintre Nadine Vivier, et qu’il avait rencontrée quelques années auparavant dans l’atelier du peintre Henri Baviera. Elle devient sa compagne pour la vie et c’est à elle qu’il dédie ses plus beaux poèmes d’amour.

Son ancrage à Saint-Paul de Vence, berceau de sa famille – son oncle Joséphin Verdet a été maire de Saint-Paul avant la guerre – est toujours intense. Il s’installe dans la maison dont il hérite sur les Remparts Est, ainsi que dans le « Clos de Tantine » au pied des Remparts Ouest. Il fait construire sur une colline en face de Saint-Paul, montée bois Saint-Roch, une maison en spirale, dont il a dessiné les plans, la maison de l’Obiou. Il consacre de nombreux textes à Saint-Paul de Vence et à sa région.

Au début des années 1970, Nicole de la Hera présente à Verdet le peintre niçois Jean Da Milano avec qui il entretiendra une longue amitié.

Avant de porter à son éditeur les poèmes destinés au recueil Le ciel et son fantôme, Verdet va voir Philippe Delache, alors Directeur de l’Observatoire de Nice, et lui demande s’il n’y a pas d’erreur scientifique dans ses propos poétiques. Delache le rassure et lui exprime son étonnement admiratif devant son intuition des choses du ciel… Il le présente au grand astrophysicien Jean-Claude Pecker et tous trois se lient d’une grande amitié intellectuelle.

À l’instigation de Bill Wyman, bassiste des Rolling Stones et du musicien Jon Anderson, il fonde en 1978 son propre groupe de free jazz, Bételgeuse, avec le compositeur interprète Gilbert Trem, et le récitant Frédéric Altmann (qui est également photographe et critique d’art). Ils donnent de nombreux concerts dans la région Côte d’Azur et trois soirées exceptionnelles en 1985 au Palais de la découverte à Paris.

Verdet expose ses peintures dans plusieurs galeries de la Côte. À Saint-Paul même une mention particulière est due à Alexandre de la Salle (célèbre notamment pour ses expositions consacrées à l’École de Nice), et à sa femme, écrivain et psychanalyste, qui écrit sur Verdet un livre dense et profond : André Verdet ou la parole oraculaire.

Une amitié durable le lie à Michel Delorme, fondateur des Éditions Galilée, et à sa femme Claudine. La famille Delorme passe maint été à Saint-Paul. C’est chez Galilée que sont publiés les grands poèmes cosmologiques, depuis Le ciel et son fantôme jusqu’à Seul l’espace s’éternise et Face à nous les bêtes. Autour des années 2000, l’éditeur niçois Luciano Melis commence à prendre en quelque sorte le relais, avec de nouvelles publications et aussi des rééditions d’ouvrages épuisés comme Montagnes marines avec les illustrations de Cocteau et Monts et merveilles, essai sur la Vallée des Merveilles. En 1982 André Verdet a fait la connaissance de l’universitaire Françoise Armengaud, qui réunit les textes de 33 contributeurs pour rendre au poète un hommage publié en 1985 : Pierres de vie. Avec Béatrice Bonhomme elle organise en 2001 un colloque international à l’Université de Nice, sous le titre André Verdet : « le pur espace poésie ». Elle lui consacre également une étude, sorte d’inventaire raisonné des œuvres littéraires verdétiennes : André Verdet – Du multiple au singulier. André Verdet aura beaucoup voyagé : Allemagne, Chine, Suède, Roumanie, Bulgarie, États-Unis, Japon, Belgique, Suisse, et fait de fréquents séjours en Italie, où des Prix lui sont décernés pour son œuvre artistique. Il aura toujours assidûment travaillé et œuvré en de multiples domaines. Il reçoit en 2002 le Grand Prix des Poètes de la SACEM. Il est encore plein de projets lorsque la maladie le rattrape à l’automne 2004. Il s’éteint dans sa maison de l’Obiou le , après avoir légué à la Ville de Saint-Paul ses trois maisons et les œuvres d’art qu’elles contiennent.

En 1999, il avait commandé son buste (en bronze) au sculpteur Cyril de La PatellièreCe buste est conservé au Château-musée de Cagnes-sur-Mer, à la suite de la donation générale d'André Verdet.. Les séances de pose ont eu lieu à son domicile de Saint-Paul les 18 et (dates gravées par l'artiste sur l'œuvre même). Une partie de la collection d'André Verdet (Picasso, Léger, Miró, etc.) a été donnée à la ville de Cordes-sur-Ciel. Elle y est exposée au musée d'art moderne situé dans la Maison du Grand Fauconnier, ainsi qu'un autre exemplaire en terre cuite de son buste par Cyril de La Patellière. Une autre partie de sa collection fut donnée en 1999 à la ville de Carros : un ensemble de sculptures et de tableaux, dont son portrait par le peintre italien Bernard Damiano, se trouve au Centre international d'art contemporain du château de Carros ; des livres d'artiste sont conservés dans la médiathèque municipale qui porte son nom. La médiathèque André Verdet fut inaugurée en en sa présence.

Le poète

La poésie des Provences

Le poète chante la Provence « des craquelures telluriques, de la poussière et des rocs, des garrigues et des broussailles, guettées par l’incendie, la Provence aux ardeurs de plein été… »Françoise Armengaud, Hautes terres solaires – Les Provences de Verdet, Nice, Éditions Melis, 2000, p. 179 Le Luberon, la Camargue, la montagne de Lure, Contadour, la Vallée des Merveilles… Comme l’écrit Françoise Armengaud, la Provence de Verdet est « celle d’un poète, d’un peintre ainsi que d’un philosophe, frère des Présocratiques grecs, et elle est étroitement appariée au cosmos, terre et ciel indissociés »Hautes terres solaires, op. cit., p. 21. Sans doute faut-il le confronter à ces grands écrivains de la Provence que furent Jean Giono, Henri Bosco, Gabriel Audisio, Joseph d’Arbaud, mais aussi à Cézanne, à van Gogh ainsi qu’à ces grands méditants de la lumière que furent Paul Valéry et Albert Camus.

La poésie de l’Histoire