En France, le Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (CNESER) est « un organe consultatif placé auprès du ministre chargé de l'Enseignement supérieur ou du ministre chargé de la recherche ». Il est présidé par le ministre responsable de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.

Le CNESER est actuellement composé de 100 membres. 40 sont nommés par le ministère et 60 sont élus, parmi lesquels 11 représentants des étudiants.

Le renouvellement du collège étudiant a lieu tous les deux ans, par le biais d'une élection au suffrage indirect par les élus étudiants dans les conseils centraux de toutes les universités et grandes écoles de France. Il s'agit d'une élection proportionnelle à la plus forte moyenne.

Il est censé être représentatif de la communauté universitaire. À ce titre, il détermine, avec le CNOUS, la représentativité des organisations étudiantes : ces dernières sont légalement considérées comme représentatives si elles possèdent au moins un élu dans au moins un de ces conseils.

Historique

Aux origines de la représentation étudiante au CNESER : mai 68 et la Loi Faure Le CNESER est créé par loi Loi Faure du , juste après la mobilisation sociale de mai 1968, durant laquelle s'est exprimée une très forte contestation étudiante. Cette loi refonde les différentes instances politiques de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Les modalités concrètes qui précisent la composition du CNESER et les modalités d'élections sont définies par décret, le . La première élection se déroulera cette même année.

Le CNESER est alors composé de 90 conseillers, dont 54 élus et parmi eux 17 étudiants. S'ajoute à ces derniers un représentant des étudiants en école d'ingénieurs (exclus du corps électoral).

L'élection est un scrutin indirect au troisième degré : les étudiants élisent leurs représentants dans les Unités d’Enseignement et de Recherches (UER), qui désignent les grands électeurs (les membres des conseils d'université) qui, à leur tour, votent pour les élus au CNESER. Ces élus sont alors répartis à la proportionnelle au plus fort reste.

La Loi Jospin et le statut d'organisation étudiante représentative Les modalités électorales sont modifiées dans en premier temps, par décret, en 1985. Le nombre d'élus étudiants passe de 17 à 8. Le corps électoral est lui aussi modifié ; seuls les élus dans les Conseils d'Administration sont habilités à voter. Par ailleurs, le décret interdit la possibilité pour les grands électeurs de voter par correspondance : les votes doivent se faire directement à l'urne (depuis 1971, les électeurs avaient le choix entre ces deux modalités).

Ces modifications ne seront toutefois jamais effectives, puisqu'il n'y aura pas de nouveau scrutin avant 1989, année pendant laquelle les modalités électorales seront de nouveaux refondues. En effet, le décret du fixe la composition du CNESER à 61 membres, dont 40 élus et, parmi eux, 11 étudiants. Ces derniers sont toujours désignés via une élection indirecte. Le corps électoral est toutefois modifié : les grands électeurs sont les étudiants élus au sein des Conseils d'Administration (CA), des Conseils des Études et de la Vie Universitaires (CEVU) et Conseils Scientifiques (CS) des EPSCP. Le vote par correspondance est autorisé de nouveau.

Par ailleurs, le est promulguée la Loi d'orientation sur l'éducation (dite Loi Jospin). Cette dernière établit le statut d'organisation étudiante représentative. Sont alors considérées comme représentatives les associations étudiantes qui siègent au CNESER ou au CNOUS. Ce statut permet également de bénéficier de subventions publiques. Dès lors, les élections au CNESER deviennent, pour les organisations étudiantes, un enjeu financier conséquent (les 4 organisations considérées comme représentatives à l'issue des scrutins CNOUS et CNESER de 2019 se partageaient ainsi une subvention de 1,5 million d'euros).

Synthèse des résultats Synthèse des résultats entre 1971 et 1989 Année 1971 1976 1979 1983Listes syndicales et/ou de gauche UNEF-Renouveau 7 10 10 5 UNEF-ID - - - 6 2 - - -MARC / PSA 1 1 - 1Listes associatives et/ou corporatistes FNEFCNEF 0 - 1 1CLEF -53 3 - - -Listes de droite UNI 1 1 3 21 - - - CELF - - - 1Autres 2 - - 1

Synthèse des résultats depuis 1989 Année 1989 1991 1994 1996 1998 2000 2002 2004 2006 2008 2010 2012 2013 2015 2017 2019 2021 20232025Listes syndicales UNEF-IDUNEF (depuis 2002) 4 4 3 4 5 5 5 5 5 5 5 4 5 5 4 2211 UNEF-SE 2 2 2 2 1Confédération étudiante - -01111 -Coordination étudiante -1Union étudiante -2233SUD Étudiant et FSE (2002-2013) · Solidaires étudiant-e-s (depuis 2013) - 0 0 0 0 0 0 0 0 0 - -Listes associatives et/ou corporatistes FAGE 2 2 3 3 3 3 3 2 3 2 2 3 4 5 56565 PDE · (depuis 2019) - 1 1 1 1 1 2 1 1 2 2 1 1 -En 2017 PDE soutient et est présent sur la liste . Puis en 2018 PDE est mis en veille et certaines fédérations anciennement PDE continuent de présenter une liste au CNESER (L'ANEE). 0 10 -Listes de droite UNI / MéT 2 2 2 1 1 2 2 2 1 2 1 1 1 0 1 1111 CELF 1 1 -Listes inclassables / DiversParole étudiantePDE · FAGE · UNEF · structures locales indépendantes - 1 -

Résultats des élections entre 1971 et 1989

Résultats de 1971 Liste%SiègesUNEF-Re40,607Liste Indépendante de défense des Intérêts des Etudiants (ANEMF et FNAGE)18,7338,652UNI8,551Défense des Libertés étudiantes 7,8115,911MARC4,6413,901FNEF2,420Fédération des étudiants sérieux 0,820Liste cogestion0,520Liste action régionale00Total10016 alt=Évolution (créations, fusions, scissions) des syndicats étudiants en France entre 1907 et 2026.|vignette|Évolution des syndicats étudiants français entre 1907 et 2026. Cette première élection se déroule juste après la scission entre les deux UNEF. L'UNEF - Unité Syndicale (UNEF-US), dirigée par les lambertistes, boycotte les élections tandis que l'UNEF dite "Renouveau", proche du PCF, y participe et sort très largement en tête du scrutin, avec 7 élus et 40% des suffrages. Elle est concurrencée "sur sa droite" par le Comité de Liaison Étudiant pour la Rénovation Universitaire (CLERU), plus modéré, ouvertement réformiste et favorable à la cogestion, qui obtient 2 élus et "sur sa gauche" par la liste du Mouvement d'Action et de Recherche Critique (MARC), proche de la CFDT et du PSU, qui obtient 1 élu.

La Liste Indépendante de Défense des Intérêts des Étudiants (LIDIE), présentée par l'ANEMF et la , se hisse en seconde position avec 3 élus.

À droite, la liste de l'Union Nationale Interuniversitaire (UNI), très conservatrice, anticommuniste et fondée directement en réaction aux mobilisations sociales de 1968, obtient 1 élu, tout comme l'Alliance des Mouvements pour la Réforme de l'Université (AMRU), proche des gaullistes modérés de l'Union des Jeunes pour le Progrès.

Résultats de 1976 Liste%SiègesEvolutionUNEF-Re60,3010CLEFLe CLEF regroupe : l’Association Nationale des Étudiants en Lettres, Droit, Sciences, Sciences Économiques et Technologie de France (ANEF) ; l’Association Nationale des Étudiants en Médecine de France (ANEMF) ; l’Association Nationale des Étudiants en Pharmacie de France (ANEPF) ; l’Union Nationale des Étudiants en Chirurgie Dentaire (UNECD) ; la Fédération Nationale des Associations des Grandes Écoles (FNAGE).25,105NvMARC / COSEF7,401UNI7,151Total10017 Les conseillers étudiants élus en 1971 sont reconduits deux fois d'affilée, si bien que la deuxième élection CNESER se déroule en 1976, soit 5 ans après la première.

À l'occasion de ce scrutin, l'UNEF Renouveau se renforce considérablement, en obtenant 60% des suffrages et 10 élus (soit 3 de plus qu'en 1976).

La liste du MARC, soutenue cette année par le COSEF, progresse également en voix et conserve son élu.

Le Comité de Liaison des Étudiants de France (CLEF), issu de la fusion du CLERU, de l'AMRU et de plusieurs associations monodisciplinaires (ANEMF, ANEPF, , ), dont celles qui avaient constitué la liste LIDIE en 1971, obtient 5 élus, contre 6 élus obtenus séparément en 1971 par ces 3 listes.

La FNEF, qui avait participé au scrutin de 1971 sans obtenir d'élus, boycotte le scrutin pour marquer son opposition à la réforme Soisson.

L'UNEF-US, de son côté, refuse toujours de participer au scrutin, étant opposée au principe de la cogestion.

Résultats de 1979 Liste%SiègesEvolutionUNEF-Re59,3210CLEF19,773UNI15,673FNEF5,161NvTotal10017 Le scrutin de 1979 marque une forte progression de l'UNI, au détriment du CLEF, dans un scrutin toujours très largement dominé par l'UNEF Renouveau.

Le MARC s'est dissous en 1976 à l'occasion de la création du Mouvement d'Action Syndicale (MAS). Ce dernier ne participe pas au scrutin, tout comme l'UNEF-US.

Résultats de 1983 Liste%SiègesEvolutionUNEF-ID33,066NvUNEF-SE31,465UNI9,622Étudiants Indépendants7,671NvCNEF6,421NvPSA5,711NvCELF5,081Nv0,980NvTotal10017 Ce scrutin est marqué par la participation de l'UNEF - Indépendante et Démocratique (UNEF-ID), issue de la fusion de l'UNEF-US et du MAS. L'UNEF-US avait toujours refusé de participer aux élections CNESER, pour marquer son opposition de principe à la cogestion. Elle se hisse désormais en tête, avec 6 élus, essentiellement au détriment de sa concurrente directe, l'UNEF - Solidarité Étudiante (nouvelle désignation de l'UNEF-Renouveau), qui perd la moitié de ses voix et de ses sièges, chutant ainsi à la seconde place.

La Confédération Nationale des Étudiants de France (CNEF), issue de la fusion du CLEF et de la FNEF, obtient 1 élu (contre 4 élus obtenus séparément par ces deux listes en 1979).

Le scrutin de 1983 voit aussi l'arrivée au CNESER du Collectif des Étudiants Libéraux de France (CELF, 1 élu), proche de l'UDF, créé pour concurrencer dans les universités la très droitière UNI (2 élus) et le CNEF, officiellement apolitique mais proche du RPR.

Enfin, Pour un Syndicalisme Autogestionnaire (PSA), constitué par les militants du MAS qui ont refusé la fusion avec l'UNEF-US, obtient 1 élu.

Résultats détaillés depuis la loi Jospin (1989)

Résultats de 1989 Liste%SiègesUNEF-ID35,674 - FAGEM18,892UNEF-SE16,382UNI14,672CELF9,151PSA5,230Total10011 La décennie 1980 ayant été marquée par de nombreuses mobilisations étudiantes, notamment la mobilisation contre la loi Savary (1983) et contre la loi Devaquet (1986), il n'y aura pas d'élections au CNESER avant 1989. À cette occasion, les modalités du scrutin sont profondément bouleversées : le nombre d'élus étudiants passe de 17 à 11.

L'UNEF-ID reste largement en tête, tandis que sa concurrente, l'UNEF-SE chute à la 3ème place, derrière la liste de la FAGEM. Cette dernière, issue de l'unification du CNEF et de la FNEF, regroupe les principales associations corporatistes.

PSA échoue à obtenir un élu. Cela marquera la disparition des syndicats étudiants de luttes à ce scrutin, jusqu'à l'apparition des listes SUD Étudiant et FSE, à partir des années 2000.

Résultats de 1991 Liste%SiègesEvolutionUNEF-ID32,054 - FAGEM20,812UNI18,142UNEF-SE18,052CELF4,421CNEF3,770GAMMA2,760NvTotal10011

Résultats de 1994 ListeVoix%SiègesEvolutionAssociation Étudiante37429,173UNEF-ID33325,983UNI22017,162UNEF-SE21116,462PDE14411,231NvVotes exprimés128295,63Votes blancs564,37Votes nulsTotal240110011Abstention106344,27Inscrits / participation133865,73 À l'issue de ces élections, et pour la première fois depuis la mise en place d'élections étudiantes au CNESER, aucune des deux UNEF n'est en tête. En effet, l'UNEF-ID est doublée par la liste . Cette dernière regroupe la FAGE ainsi qu'un certain nombre d'associations de filières monodisciplinaires (AFNEUS, UNECD, , ...).

Dans le même temps, d'autres associations monodisciplinaires (l'ANEPF, la et l') se regroupent et forment (PDE).

De son côté, le CELF n'est plus en mesure de présenter de liste. Elle perdra son statut d'organisation étudiante représentative et disparaitra définitivement des instances nationales. Durant toute son existence, cette organisation, proche de l'UDF, n'aura jamais réussi à s'imposer électoralement face à l'UNI, sa concurrente à droite.