thumb|Ivan Brkanovic Ivan Brkanović (Škaljari, près de Kotor, royaume de Dalmatie, - Zagreb, ) est un compositeur croate.

Biographie

Diplômé de l'Académie de musique de Zagreb, où il est particulièrement marqué par l'enseignement de Blagoje Bersa, il se perfectionne ensuite à la Schola Cantorum à Paris. Chef de chœur, professeur de l'enseignement secondaire, conseiller artistique au Théâtre national croate, directeur de l'orchestre philharmonique de Zagreb et professeur à l'Académie de musique de Sarajevo, il se consacre intensivement à l'édition musicale et préside l'union des compositeurs de Croatie en 1953 et 1954.

Œuvre

Les références extra-musicales sont constamment présentes dans sa production. Il se réclame ouvertement de l'influence du folklore croate mais, contrairement à nombre de ses collègues d'Europe centrale et orientale au , son art plonge ses racines dans les couches archaïques des traditions musicales de son pays. Après les pièces chorales qui lui valent ses premiers succès, le Triptihon marque un sommet dans sa production : ce rituel funèbre à l'émotion nue, rude et poignante demeure l'une des créations les plus fortes de la musique vocale-symphonique croate. L'inspiration dalmate n'est pas moins présente dans les opéras Équinoxe et L'Or de Zadar.

De mêmes lignes mélodiques sinueuses et pénétrantes habitent le quatuor à cordes (1939) et la symphonie , dont la veine légendaire et héroïque s'épanouit en fanfares exaltées. À la fois grandiose et concise, considérée par son auteur comme la plus réussie de ses créations orchestrales, la symphonie , pleine de sève, d'une grande fluidité malgré son caractère hiératique, porte aussi la marque des temps d'incertitude et tire des résonances de souffrances anciennes sa gravité, sa force de conviction, sa volonté farouche et sa fragilité. Le début de la symphonie introduit une douceur archaïque, sereine et raffinée ; elle gagne ensuite en fluidité, en frémissement, puis en nervosité rythmique, sans jamais se départir de sa noblesse rude et attachante et s'achève sur une déploration majestueuse et fervente, basée sur le motif B-A-C-H. L'ultime symphonie , plus ramassée, ombrageuse, aux entrelacs élaborés, aux harmonies polymodales troublées, porte à une forme de classicisme cet univers profondément intègre, puissant mais fuyant tout effet complaisant. Le langage d'Ivan Brkanović devient plus chromatique dans les années 1950 et 1960, comme en témoigne notamment la fresque pour soli, chœurs et orchestre Le serpent vert de l'amour.

Son fils Željko Brkanović est également un compositeur important.

Compositions

Opéras

Ekvinocij (Équinoxe), 1945 Zlato Zadra (L'Or de Zadar), 1954

Partitions vocales-symphoniques

Triptihon (Triptyque), rituel funèbre de tradition populaire, 1936 Dalmatinski diptihon (Diptyque dalmate"), 1953 Bosnanska sjećanja, 1961 Zelena zmija ljubavi (Le serpent vert de l'amour), 1963 Snatrenje, 1967

Ballet

Heloti (Les Hilotes), 1960

Symphonies

n° 1, 1935 n° 2, 1946 n° 3, 1947 n° 4, 1948 n° 5 Ples Junaka (Danse des héros), 1949

Autres partitions orchestrales

Zemljo Hrvatska : lik moje puntarske domovine (Croatie, mon pays), 1951 Concertino pour cordes, 1955 Sarajevska suita (Suite de Sarajevo), 1957

Musique de chambre

Quatuor à cordes n° 1, 1933 Quatuor à cordes n° 2, 1938

Bibliographie

Ivan Brkanović, Sjećanja (Mémoires''), HDS Cantus, Zagreb, 2006.

Liens externes

Biographie par Erika Krpan, à l'occasion de la sortie d'un timbre en hommage au compositeur.

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