Champnétery (Champ Menesterí en occitan) est une commune française située dans le département de la Haute-Vienne, en région Nouvelle-Aquitaine.
Géographie Localisation vignette|center|Situation de Champnétery en Haute-Vienne.
La commune est limitrophe du département de la Creuse.
Communes limitrophes
Traits physiques La commune de Champnétery est principalement formée par un plateau, au sous-sol granitique. Ce plateau s'étage depuis les hauteurs de l'Artige-Vieille à l'ouest (commune de Saint-Léonard-de-Noblat) vers les monts d'Auriat au nord-est (Grosland, ). Champnétery n'est qu'une infime partie de la « table » qui constitue le Massif central.
Le relief est fait de collines et vallons, fortement entaillés par la vallée de la Maulde au sud (très encaissée, jusqu'à l'altitude de ). On relève d'autres altitudes notables : à Laugère, à La Roche, au bourg, au village des Clauds, à Vaud, tout comme à Étivaud. À l'est donc, débute la « Montagne limousine », où le relief est à la fois plus élevé, mais surtout plus accidenté. Les monts d'Auriat, et leur versant sud-ouest, qui est sur la commune, sont parsemés de cours d'eau.
On trouve ainsi des ruisseaux dont le plus important, longé d'étangs, est dit « ruisseau d'Alesme ». Du même secteur provient le « ruisseau du Nouhaud », qui afflue dans celui du Moulard, lui-même allant grossir le Tard. À cause du sous-sol granitique imperméable, beaucoup de terrains sont marécageux, appelés localement des « moulards » ou « moulades. Les paysages alternent bois, prairies et champs (où le maïs a remplacé seigle et sarrasin). Le climat est un dégradé du milieu atlantique, avec des nuances de pré-montagne : relativement rude l'hiver (moyenne de janvier : 3°C) et très humide (environ de précipitations annuelles).
Urbanisme Typologie Au , Champnétery est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Limoges, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Toponymie
Noms des villages et lieux-dits Les noms dérivés des paysages et du milieu naturel : l'aspect que peut prendre le relief, l'agrément reconnu d'un site, ses qualités hydrologiques, ou encore l'existence d'une végétation singulière, sont des origines fréquentes des noms de lieux. Commune rurale, Champnètery n'échappe évidemment pas à cette règle.
Les points hauts du relief La forme du terrain – on dit savamment « topographie » - la plus courante en Limousin est le « Puy », francisation de l'occitan « pueg » (2). On en trouve bien sûr à Champnètery, précisément sept (voir liste récapitulative et carte). Les points élevés s'appellent ainsi : Puy de La Roche (), Puy du Bois Jaury (). Toutefois, le point culminant, sans nom, se trouve plus au nord, dominant Grosland (). On remarque que la plupart de ces « puys » sont assortis d'un nom propre, qui renvoie peut–être à d'anciens occupants : le Puy Jaumont (), c'est en quelque sorte « la colline de Jaume » (ou Jacques), de même le Puy Biby. D'autres qualificatifs évoquent des traits naturels (Puy de Bort, Puy la Combe, ou d'autres caractéristiques (le Puy Razat, du latin « ratus », Le Puy du Bon Dieu). On peut effectuer une comparaison avec une autre petite commune voisine, elle aussi très « montueuse ». Cheissoux, bien que trois fois plus petite, comporte 14 « puys ». La différence tient au fait que l'altitude s'abaisse vers l'ouest.
À Champnètery, on a préféré parfois la racine occitane « mont » (prononcer « mount »), reconnaissable dans : Le Montaud () et Le Montassaud. (). Chaque coin de France est assez pointilleux sur ses appellations. À Champnètery, nos aïeux ne manquaient toutefois pas d'humour. En effet, ces deux noms utilisent des suffixes assez péjoratifs, qu'on pourrait traduire par : le « petit mont », et le « tout petit mont ».
Il suffit toutefois de s'arrêter en différents points de la commune, pour se persuader de la pertinence de telles dénominations. De ces hauteurs, on aperçoit de très beaux panoramas. On remarquera que l'altitude n'est pas le critère essentiel. Leur forme arrondie, dominant les alentours, explique le choix du terme.
Les points bas Tout élément géographique se définit aussi par son contraire. Nous sommes bien ici sur un plateau, mais à l'échelle humaine, son relief est extrêmement vallonné. À chaque sommet correspond ainsi une dépression. Si peu de toponymes retiennent notre attention, c'est que ces fonds présentent peu d'intérêt pour l'homme, trop humides et marécageux. Moins visibles et accessibles aussi. On en trouve chez nous trois variantes. Dans La Combe, nom très répandu dans la région, on lit la racine oc. « comba », elle-même issue du gaulois « cumba ». Elle désigne une vallée sèche. On préfère à Champnètery le mot « Fond » (de Laugère, des Landes, des Champs * ), pour des lieux humides dont nous reparlerons. Ce terme a son équivalent à Cheissoux avec le lieu-dit Fondreaud.. Peut-on classer Vaud dans cette catégorie ? Y. Lavalade en doute, car il s'agit selon lui d'un singulier.
Le village d'Etivaud est le seul toponyme qui indique une orientation favorable : un « estival » (dans le sens du mot été) servant à qualifier un lieu bien exposé, au midi.
Les noms liant nature des sols et cours d'eau Le paragraphe précédent nous rappelle que les caractéristiques des sols jouent un rôle intéressant en toponymie. Comme souvent en Limousin, la roche-mère granitique affleure, et les sols sont caillouteux. Cela a donné Les Caillaudoux, déformation de l'oc. « cailhau » (sol graveleux). Grosland doit aussi son nom à la pauvreté originelle de ses terrains, la « graula », désigne « una terra legiera e sablosa ». Le sous-sol imperméable est à l'origine de la formation de marécages, comme aux Sagnes * de Laveyrat (oc. « sanha »). C'est aussi de la pierre nue qu'il s'agit dans La Roche (oc. « roca ») , ou encore Peyrasson (oc. « peira »). Quand notre granite prend une coloration plus foncée, on obtient Pierrebrune.
Lorsque les sols présentaient des qualités intéressantes, ils ont été exploités. Cela a donné une grande variété de toponymes agraires, dont nous reparlerons plus loin.
Le lien avec les cours d'eau est assez évident pour nous dispenser d'un long exposé. Le nom Rieuxpeyroux, rivière (celt. « riu ») caillouteuse, nous en fournit une parfaite illustration. Comme partout dans la région, une multitude de ruisseaux, ainsi que de nombreux étangs (naturels ou de création humaine), iront alimenter la Maulde. Des hauteurs déjà évoquées sourdent des ruisselets : c'est exactement le sens du Puy de Bort, de « borna » (celt. : la source). Il faut voir sans doute dans Laveyrat, la racine pré-celtique « var » (eau), qui a donné ailleurs la rivière La Vayre. Le lien sol-eaux est aussi clairement démontré dans le nom La Ribière Couly (Couly étant ici un nom propre, venant du prénom Colin). Cependant, « ribiera » en occitan ne désigne pas une rivière mais un terrain ou une zone humide, proche d'un cours d'eau. C'est exactement le cas de « l'auja », prairie humide, qui a donné Laugère. Nous retrouvons un sens assez proche dans Les Ganettes (« gana », mare), ou Les Ganes de Vaud (ce dernier pouvant alors désigner un gué, du lat. « vadum »).
Les noms évoquant la végétation et la faune sauvage Si la végétation est abondante et variée, elle a curieusement laissé peu de traces dans la toponymie, du moins sous ses formes naturelles (voir plus loin les origines agricoles). Tout juste trouve–t–on : le Bois Jaury (oc. « bosc ») où Jaury est un nom propre (déformation de Georges). Plus clair encore est le sens du bois des Brousses : on y trouve l'évocation d'une repousse d'érables, sous forme de broussailles (oc. « brossa », du lat. « bruscum »). Dans le Bois Mallet, ce dernier est soit un nom propre, soit une déformation de « miau » (le miel en oc.).
D'autres toponymes évoquent des espèces végétales : le chêne, dans Les Chassagnes (du lat. « cassanus ») ; la châtaigneraie : le Châtaignier, le Châtenet et les Châtaignauds (« chastanh », oc.); l'aulne, comme dans Bonne Vergne * . Peut-être doit-on interpréter Mas Rouveix comme un lieu où régnait le chêne rouvre (oc. « rove ») ? le même qui a donné naissance au nom de la commune de Royères. Pelouneix a un sens obscur; le nom est unique en Limousin, Y. Lavalade y voit un mot rappelant la bogue. Les Betoulles enfin évoquent le bouleau (lat. « betulus »); c'est donc un nom de lieu plus récent. Un petit résumé de la forêt limousine originelle.
On s'interrogera ici sur la place assez faible du boisement dans la toponymie locale. Une thèse publiée en 1998 sous la signature de Christian Beynel nous apporte un début de réponse. On peut y lire qu'au début du , les bois occupaient des surfaces extrêmement faibles (moins de 10 %). Cependant, un seul lieu rappelle Les Landes (celt. « landa »), de bruyères ou de genêts, connue comme élément dominant du paysage quand on se rapproche du plateau de Millevaches. Nous penchons pourtant dans ce cas pour une interprétation plus anthropologique. Les plantations de résineux sont un élément récent - au sens de l'Histoire - et masquent une réalité tout autre, qu'on pourrait sans doute retrouver sur d'anciennes cartes postales. C'est surtout l'aménagement agraire qui conduira naturellement à observer les toponymes dérivés d'activités agricoles.
Noms relatifs aux terroirs agricoles Origines « Nos ancêtres les Gaulois » étaient déjà largement occupés à des activités agraires ou pastorales. Ils ne semblent pas toutefois avoir marqué les lieux que nous évoquons, aux sols très pauvres (peu de racines celtiques). Il a toujours été très dur de gagner sa vie avec la terre par ici. Pourtant, l'ancienneté du peuplement est attestée par la création d'un domaine agricole et d'une église. Quelques toponymes plus récents rappellent ces occupations ancestrales. Nous sommes bien dans un système agraire dont les champs ont été longtemps la partie prépondérante. Des prés particulièrement soignés forment aujourd'hui le principal élément du terroir. Ce que C. Beynel explique ainsi : « Le paysan traditionnel de la Montagne était avant tout un laboureur, et ce n'est que lentement qu'il s'est dégagé de cette tradition ».
Exploitations : il fallait partager le vaste domaine d'origine en petites unités agricoles. Vers l'an mil, la plus petite était le manse – du lat. « mansus » - qui a donné le mas, l'équivalent plus précoce de la métairie. On trouve cette racine dans : le Mas Gilard, le Mas des Landes, le Mas Rouveix, où le terme est précisé soit par un nom propre - celui du tenancier - soit par une situation géographique. Le Mazet a la même origine. Toujours dans ce sens, il a dû exister des Bordes (comme à Saint-Léonard), plus précisément des Borderages, mot dérivé du latin « borda », désignant un vaste domaine gallo-romain, le suffixe – age ayant ici valeur de diminutif. Il y eut ainsi un Borderage de Casat, un autre à Jéricho : « pitit bordieratge, emb cinc o sieis vaches ». C'est bien dommage, car l'évolution de la racine latine est fort riche en sens. Mais, faute de documents datés, il est difficile de retrouver la période où ces derniers sont apparus.