vignette|Georges Frêche, le 25 février 2010 à Paris. Georges Frêche, né le à Puylaurens (Tarn) et mort le à Montpellier (Hérault), est un historien du droit et homme politique français.
Agrégé des Facultés de droit, il était professeur honoraire d'histoire du droit à l'université Montpellier 1, après des enseignements de droit romain, d'histoire du droit et des idées politiques à l'UFR Droit et à l'UFR Sciences économiques.
Plusieurs fois député de l'Hérault et maire de Montpellier de 1977 à 2004, il y est connu pour ses réalisations urbaines et son dynamisme politique au niveau local. En France, ses déclarations controversées restent en mémoire. Il préside la communauté d'agglomération de Montpellier à partir de 2002 et le conseil régional de Languedoc-Roussillon à partir de 2004.
Biographie
Famille Il est le fils unique de l'officier Joseph Frêche (né en 1910 à Bethmale) et de Marie-Jeanne Commenges, enseignante et directrice d'école. . De deux unions, Georges Frêche est le père de cinq filles avec Geneviève Fauré.Qui cosigna en 1967 le premier ouvrage de Frêche., sa première épouse : Nathalie, Agnès, Catherine, puis, avec sa seconde épouse Claudine, de Julie et de MarionWho's Who in France, édition 1991-1992, page 713..
Formation En 1958, il réussit le concours d'entrée d'HEC Paris, après être passé par le collège Stanislas et le lycée Saint-Louis. En parallèle, il suit des enseignements en sciences économiques et sociales à l'École pratique des hautes études (EPHE), des cours d'histoire à la Sorbonne et des cours de droit à Assas.. À sa sortie d'HEC, il rejoint la Faculté de droit de Paris et l'Institut de géographie.
Il soutient une thèse de doctorat en histoire (1968), puis en droit (1969). Toujours en 1969, il est reçu à l'agrégation d'histoire du droit..
Carrière universitaire
Débuts en politique Lors de ses études à la Faculté de droit de Paris, il milite contre la guerre d'Algérie.
Le , il fait partie d'un groupe qui tente d'occuper la Faculté. Ce groupe est passé à tabac dans la cour d'honneur de la faculté par les étudiants de la « Corpo de droit », partisans de l'OAS. Ramassés par la police du arrondissement de Paris, nombre de ces étudiants de gauche, parmi lesquels Georges Frêche, se retrouvent quelques heures durant au commissariat du . Son engagement anticolonialiste dure jusqu'à la fin de la guerre d'Algérie.
Il adhère alors à la Fédération des cercles marxistes-léninistes de France, organisation maoïste, en 1964, où il signe Georges Lierre ses articles pour L'Humanité nouvelleChristophe Bourseiller, Les maoïstes. La folle histoire des gardes rouges français, Éditions du Seuil, collection « Points – essais », 2008, .. Exclu à l'automne 1965 pour avoir voulu « fomenter une dissidence » contre l'appareil de la FCML, il rejoint un temps le Centre marxiste-léniniste de France issu du « groupe de Clichy », proche de Patrick Prado et Claude BeaulieuChristophe Bourseiller, op. cit., .. Une fois nommé à la Faculté de Droit de Montpellier en 1969, il s'engage à la SFIO.
C'est à son arrivée à Montpellier pour enseigner à la Faculté de droit qu'il adhère à la SFIO, composée à Montpellier d'une unique section et de quelques adhérents.
Candidat, pour la première fois, à l'élection municipale de 1971 à Montpellier, il est à la tête d'une liste de rassemblement de gauche intitulée G.A.M. (Groupe d'action municipale) fermement opposé à la vocation commerciale du bâtiment Polygone. Cette liste est largement devancée par celle de droite du maire sortant, François Delmas. Ce dernier est élu dès le premier tour en , à plus de 7000 voix de d'écart. George Frèche est néanmoins élu au conseil municipal en tant que membre de l'opposition dont il prend la tête jusqu'en 1977.
En , Georges Frêche est candidat PS aux élections législatives dans la première circonscription de l'Hérault. Héritier d'une gauche colonialiste, il tente à cette époque de se rapprocher des milieux de l'ancienne Algérie française et rencontre à l'issue du premier tour le candidat battu du Front national, ancien membre de l'OAS, André Troise, qui, sans appeler officiellement à voter pour le socialiste, soutiendra officieusement Georges Frêche, victorieux au second tourFred Guilledoux, « Georges Frêche, socialiste tendance OAS », La Provence, 28 janvier 2010..
Selon Jacques MolénatJacques Molénat, Le Marigot des pouvoirs, ., cette attitude de Frêche avec les nostalgiques de l'Algérie française s'inscrit dans une politique globale envers les rapatriés dans une ville où la communauté Pieds-Noirs est l'une des plus importantes de France ( en 1977 dans la ville), notamment depuis la construction ex nihilo du quartier de La Paillade, initialement destiné à accueillir le flux des nouveaux arrivants par son prédécesseur à la mairie de Montpellier, François Delmas. La prise en compte de ce vote pied-noir serait l'un des éléments de ses victoires successives depuis 1973 et s'explique par un soutien aux associations liées aux pieds-noirs, la construction d'une Maison des rapatriés, le recrutement dans des emplois municipaux, un accès facilité aux logements, la création d'un musée de la France en Algérie
Ainsi, il prend sur sa liste aux municipales de 1977, Guy Montero, ancien officier de la Légion étrangère condamné pour appartenance à l'OAS, après lui avoir confié son service d'ordre pour ces élections. En 1982, il met en berne tous les drapeaux de la ville quand Claude Cheysson, ministre des Relations extérieures de François Mitterrand, vient s'incliner à Alger devant la tombe des « combattants du FLN ».
Maire de Montpellier
Élu maire en à la tête d'une liste d'Union de la gauche, avec pour objectif un développement de la ville de Montpellier, il engage celle-ci dans une série de grands travaux. Georges Frêche se targue souvent d'avoir fait exploser la population de la ville, citant par exemple un passage du vingt-cinquième au huitième rang nationalVille millénaire, site de la ville de Montpellier. au cours de son mandat. Mais, en réalité, la plus forte croissance a lieu dans les années 1960, bien avant son premier mandat, à la suite de l'arrivée des Pieds-Noirs et d'IBM : ainsi en 1975, soit deux ans avant son premier mandat, Montpellier était déjà la treizième ville de France avec .
Les grands projets
On peut citer notamment la création d'un nouveau quartier à la fin des années 1970 : Antigone, par l'architecte Ricardo Bofill, mais aussi de celui du Millénaire, une zone économique, à la fin des années 1980, qui vient prolonger le développement de la ville vers l'est ou encore au centre-ville l'édification du Corum (centre de congrès et opéra).
Les années 1990 voient se construire la piscine olympique, au sein du réseau des médiathèques la « centrale » Émile-Zola, la première ligne de tramway, implantation des UFR des sciences économiques et d'AES sur le campus de Richter (il échoue néanmoins à y faire venir la Faculté de droit qui préfère rester en centre-ville, ce projet, baptisé « Richter », provoquant de plus une forte polémique entre Georges Frêche et le président de l'université Montpellier 1).
Au cours des années 2000, les grands projets continuent : zone ludique et commerciale Odysseum, quartier Nouveau Saint-Roch, deuxième ligne de tramway, chantier du musée Fabre, nouvel hôtel de ville ainsi que le projet campus qui doit profondément remodeler les quartiers autour des universités des sciences et des lettres.
Après son décès en 2010 il laisse plusieurs chantiers à ses successeurs, notamment la construction de la nouvelle gare Sud de France, et son quartier Cambaceres.
Une intercommunalité difficile
Au sein du district de Montpellier, des tensions apparaissent avec le maire de Lattes, Michel Vaillat, sur la commune duquel sont implantés deux aménagements polluants de l'agglomération montpelliéraine : la décharge du Thôt et la station d'épuration de la Céreirède. Les relations avec Lattes s'apaisent avec l'élection de Cyril Meunier en 2001 et l'engagement de fermer la décharge en 2006. Cependant, elles se détériorent avec Christian Jeanjean, maire UMP de Palavas-les-Flots.
À la suite de son élection en 2004 à la présidence de la Région Languedoc-Roussillon, il quitte ses fonctions de maire de Montpellier pour cause de cumul des mandats, et désigne Hélène Mandroux pour lui succéder. Il reste président de la communauté d'agglomération de Montpellier aux compétences élargies (loi Chevènement).
Il se consacre, pour l'agglomération, aux projets de deuxième ligne de tramway et au parc d'activités d'Odysseum. Il a aussi pour objectif d'agrandir la communauté en gagnant d'autres communes pour pouvoir atteindre le seuil de population de permettant la transformation en communauté urbaine. Le premier élargissement à l'issue de la transformation du district en communauté d'agglomération a pour effet de faire venir Montpellier jusqu'à la mer. C'est aussi une manière de compenser le départ de plusieurs communes dont Palavas-les-Flots. Pour y arriver, deux possibilités : aller à l'est vers Lunel, ou vers l'ouest avec Sète et Frontignan. La deuxième option est finalement validée. En 2005, Georges Frêche tente une fusion entre les communautés d'agglomération de Montpellier, celle de Sète, et la communauté de communes de Mèze, mais ce projet n'aboutit pas, faute d'unanimité.
Du point de vue de l'intercommunalité, le bilan de Georges Frêche est nuancé. S'il parvient à doter Montpellier d'une communauté d'agglomération puissante et active par transformation du district urbain créé en 1965, il ne réussit en revanche pas à calmer le mécontentement des communes alentourLire la section dédiée de l'article Communauté d'agglomération Montpellier Agglomération.. Les discours de rejet de l'agglomération dans les communes périphériques insistent sur la personnalité hégémonique de Georges Frêche. L'agglomération est devenue plus puissante grâce à des compétences élargies (culture, développement économique), mais elle est amputée de son littoral par le départ de Palavas-les-Flots et le refus de Mauguio comme de La Grande-Motte, communes membres de la communauté de communes du Pays de l'Or, d'intégrer la communauté.
Si les maires se montrent réticents à intégrer la communauté d'agglomération de Montpellier, les populations ne seraient pas du même avis. C'est du moins le résultat d'un sondage Sofres commandé par la Communauté d'agglomération Montpellier Agglomération, réalisé auprès des populations du Pays de l'Or, de Lunel, du Pic Saint-Loup et de Ceps et Sylves, et présenté le « phase du sondage sur le rapprochement Les habitants favorables à 57 % » sur le site de l'agglomération de Montpellier.. Dans ce sondage, 58 % des habitants du Pays de l'Or, qui regroupe notamment La Grande-Motte, Palavas, Mauguio-Carnon, et 60 % des habitants du Pays de Lunel se disent favorables à un « rapprochement » (le terme « fusion » n'était pas proposé) entre sept structures intercommunales dont l'agglomération de Montpellier. Ce sondage est abondamment exploitéHarmonie - Novembre 2008, journal de la communauté d'agglomération de Montpellier..
Conseil régional de Languedoc-Roussillon
thumb|Georges Frêche, le 18 septembre 2008.
Au niveau régional, sa carrière politique est marquée par une opposition conflictuelle avec Jacques Blanc (UDF, puis UMP), président du conseil régional du Languedoc-Roussillon. Georges Frêche échoue à devenir président de Région en 1998 après l'alliance entre les conseillers régionaux de droite et ceux du Front national lors de l'élection du président du conseil régional, Jacques Blanc. Cependant, en mars 2004, sa liste d'union de la gauche arrive en tête du second tour de l'élection régionale en Languedoc-Roussillon.