François II Franque est un architecte français né à Avignon (Vaucluse) le 1709 selon Michel Gallet, Les Architectes parisiens du , p. 209 et mort à Paris le 1794 selon Michel Gallet, Op. cit., p. 209. Issu d'une dynastie d'architectes provençaux, il s'établit à Paris à compter de 1748. Il eut une importante clientèle et construisit dans toute la France.
Biographie
Jeunesse et formation
François II Franque, fils de l'architecte Jean-Baptiste Franque (1683-1758), était issu d'une famille de constructeurs avignonnais réputés pour leur talent d'appareilleurs, dont des voûtes célèbres peuvent être admirées à Beaucaire, Villeneuve-lès-Avignon et Valbonne.
Il fut admis comme élève à l'Académie de France à Rome en 1733, où il fut le camarade de Jacques-Germain Soufflot et s'associa à son relevé de la basilique Saint-Pierre. Son ami, le peintre Claude Joseph Vernet, comme lui originaire d'Avignon, le rejoignit à Rome. Fort de sa position familiale, il savait que des travaux importants l'attendaient à son retour en Provence et il envisageait l'avenir avec optimisme. [...] Son insouciance étonnait le directeur de l'Académiele peintre Nicolas Vleughels (1668-1737) qui écrivait au directeur des Bâtiments : Michel Gallet, Op. cit., p. 209
Carrière architecturale
Jusque vers le milieu du , l'œuvre de François II est souvent difficile à distinguer de celle de son père. Les relations épiscopales et monastiques familiales lui procurèrent des chantiers dans toute la France. Candidat à la première classe de l'Académie en 1767, il dressa à l'intention du marquis de Marigny une liste de 95 projets dont 80 réalisations dans laquelle il récupéra l'œuvre familiale depuis la date de son retour de RomeArch. nat., O1 1073 179.
Dans le sud de la France, son intervention est signalée à Avignon, Alès, Beaucaire, Viviers, Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, Carcassonne, souvent aux côtés de son père ou à la suite de celui-ci.
En Bourgogne, à AutunMichel Gallet, Op. cit., p. 210 et il a travaillé à l'abbaye de Vauluisant près de Sens et au château de Sully en Saône-et-Loire.
En Picardie, il travailla au Prieuré Saint-Pierre-et-Saint-Paul d'Abbeville, à l'abbaye de Corbie et chez les Prémontrés de Villers-Cotterêts.
Autour de Paris, il continua l'œuvre de Robert de Cotte à l'abbaye de Saint-Denis, il reconstruisit le château de Bry (1764-1766) pour le contrôleur général des finances Étienne de Silhouette ; cette construction peut donner une idée de son chef-d'œuvre, démoli au début du , le château de Magnanville construit de 1750 à 1753 pour le garde du Trésor royal Charles Savalette.
Son intervention est mentionnée à Bourges et chez les Bénédictins de Saint-Jean-d'Angély en Saintonge,
Un architecte reconnu
Franque était passé maître dans l'art de tirer parti d'un terrain aux contours irréguliers en distribuant des suites où les espaces s'articulent de manière pittoresque et imprévue grâce au bon usage de la technique des rotules, perfectionnée pendant plusieurs siècles par l'école française, reposant sur l'utilisation de pièces circulaires.
Après la paix de 1748, Franque s'établit comme architecte à Paris où il bénéficia de l'appui de son confrère Jean-Sylvain Cartaud. Celui-ci l'introduisit en 1750 auprès de Marc Pierre de Voyer de Paulmy d'Argenson, comte d'Argenson, ministre de la Guerre de Louis XV, pour la poursuite du chantier du château de Neuilly. Il demeura à son service jusqu'à l'exil du comte en son château des Ormes en 1757.
François Franque fut admis dans la seconde classe de l'Académie royale d'architecture en 1758 et devint contrôleur général de l'hôtel royal des Invalides. En 1767, il postula pour la première classe de l'Académie. Dans le Midi, son beau-frère, l'architecte Esprit-Joseph Brun (1710-1802), prit sa relèveMichel Gallet, Op. cit., p. 211.
Franque avait 80 ans lorsque la Révolution éclata et il était l'un des doyens de l'Académie royale,
Réalisations et principaux projets Architecture religieuse et monastique
Église Notre-Dame des Pommiers, Beaucaire (Gard) : François II Franque s'est attribué la construction de cette église, , mais qui est plus souvent donnée à son père Jean-Baptiste Franque. vignette|200px|Palais épiscopal de Viviers (Ardèche).
Palais épiscopal (actuelle mairie), Viviers-sur-Rhône (Ardèche) : La construction fut menée de 1732 à 1737 par Jean-Baptiste Franque pour , évêque de Viviers. L'intervention de François II est mentionnée par Michel GalletOp. cit., p. 210, peut-être sur d'autres bâtiments. Construit entre cour et jardin, il comporte une grande cour d'honneur de plan ovale. À l'intérieur, un salon à l'italienne, ouvert sur deux étages, est décoré de peintures murales en camaïeu de gris-vert. À la suite d'un échange avec l'évêché, l'édifice sert d'hôtel de ville depuis 1986.
Église abbatiale, Saint-Jean-d'Angély (Charente-Maritime) : Engagé en 1741 par les Bénédictins, le grandiose projet de reconstruction de l'abbatiale ne fut jamais achevé. Michel Gallet, Op. cit., p. 210 ; V. .
Chapelle du collège de l'Arc, Dole (Jura), 1742 : transformation de la chapelle et construction du retable associant marbres de Sampans et Damparis et, peut-être, Audelange ; ..
Grand séminaire, Bourges (Cher), 1743 : transformation d'un bâtiment construit sur des plans de Pierre Bullet en 1682Michel Gallet, Op. cit., p. 210 ; .
Séminaire Saint-Charles (actuel service d'archéologie du département de Vaucluse), 4 rue Saint-Charles, Avignon (Vaucluse), 1749-1757 : Franque y collabora d'abord avec son père, puis il construisit la chapelle, le cloître et la façade sur la rue ; ..
Hôtellerie de l'abbaye dominicaine (actuelle mairie), Saint-Maximin-la-Sainte-Baume (Var) : Commencé en 1750 par Jean-Baptiste FranqueSources : ; ..
Palais épiscopal (actuelle préfecture), Carcassonne (Aude), 1760 : Construit pour , évêque de Carcassonne, il se compose de trois corps de logis de style Louis XV encadrant une cour fermée. À l'est, la façade est agrémentée d'une terrasse d'où la vue sur le parc se prolongeait jusqu'au fossé et au mur d'enceinte de l'ancienne bastide aujourd'hui détruit..
vignette|gauche|200px|Logis abbatial de Villers-Cotterêts.
Logis abbatial (actuelle mairie), Villers-Cotterêts (Aisne), 17631765 selon Blondel : Construit pour l'abbé prémontré Pierre Richard, élu en 1758, remarquable par l'ingéniosité avec laquelle l'architecte a tiré parti d'un terrain exigu, aux contours irréguliers, en intégrant des constructions existantes dans un nouvel ensemble. Ce bâtiment est reproduit dans le Cours de Blondel qui y voit Blondel, Cours d'architecture, tome IV, pp. 357-360 et 367-382. La construction coûta livres. L'hôtel est bien préservé. Franque a créé une façade cintrée en fond de cour et évasé les ailes en retour. La façade principale est dotée d'un avant-corps orné de refends et sommé d'un fronton triangulaire. Un perron de cinq marches donne accès à un vestibule voûté précédant l'escalier qui a conservé une remarquable rampe en fer forgé desservant l’étage où se trouvent trois appartements. À gauche, on trouvait la salle à manger, et à droite, un salon de compagnie de 8,45 × , à pans coupés, qui a conservé de beaux dessus-de-porte peints encadrés de moulures dorées de style rocaille, notamment une scène de naufrage. Cette salle commandait sur la gauche un petit appartement pour un hôte de qualité, et à droite un appartement complet destiné à l'abbé. Ce dernier disposait notamment d'une vaste bibliothèque de 11,90 x . Les deux ailes plantées de biais qui encadrent la cour d'honneur ne comportent qu'un rez-de-chaussée. Toutes les fenêtres sont en arc segmentaire ; ; ..
vignette|130px|Porte d'honneur de l'Abbaye de Corbie. Abbaye de Vauluisant, Courgenay (Yonne) : Construction de l'escalier.
Porte d'honneur de l'Abbaye Saint-Pierre de Corbie, Corbie (Somme) construite en 1750.
Abbaye de Saint-Denis, Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) : Franque y fut le continuateur de Robert de Cotte et il construisit sous le règne de Louis XVI les bâtiments de la cour d'honneur..
Prieuré Saint-Pierre-et-Saint-Paul, Abbeville (Somme) : Les bâtiments réguliers médiévaux, en grande partie ruinés, furent totalement détruits en 1770 et remplacés par un ensemble (hôtel prioral et église) élevé selon les plans de François II Franque de 1773 à 1777. Le corps de logis est en brique et pierre. L'église est très dépouillée extérieurement, mais richement décorée à l'intérieur avec une voûte à caissons construite de 1774 à 1777.
Palais abbatial (actuel hôtel de ville), Lézat-sur-Lèze (Ariège), 1774 : Les bâtiments monacaux bénédictins furent reconstruits et le palais abbatial fut édifié par Franque.
Architecture civile thumb|right|Hôtel de Caumont à Avignon. Hôtel de Villeneuve-Martignan (actuel musée Calvet), Avignon (Vaucluse), 1741-1749 : Sur ce chantier de reconstruction à neuf d'un hôtel particulier, Franque fut le collaborateur de son père. Halle aux Marchands, Autun (Saône-et-Loire) 1742-1746 (détruite).. Hôtel de Caumont (actuelle collection Lambert), 5 rue Violette, Avignon (Vaucluse) : Hôtel commencé en 1720 par Jean-Baptiste Franque et terminé par son fils après 1751. Ancien hôpital Sainte-Marthe (Université d'Avignon), Avignon (Vaucluse) : Franque collabora avec son père pour construire le portail central. thumb|right|Hôtel Desmarets de Montdevergues, Avignon. Hôtel Desmarets de Montdevergues (actuel conseil général de Vaucluse), Avignon (Vaucluse) : Hôtel édifié en 1710 par François I et Jean-Baptiste Franque, dont la façade a été refaite en 1737 par François II FranqueFrançois Chassenet (beau-frère de François II), Le Fléau Aquatique, Avignon 1756. ; .. Immeuble angle rue Saint-Paul et rue des Lions-Saint-Paul, Paris (), 1756-1758 : Construit pour les frères Chiquet. Franque en confia l'exécution à l'architecte Guillaume Égresset. Immeuble 12 rue Guénégaud, Paris (), 1758 : Immeuble construit par Franque pour lui-même. thumb|right|Façade nord et gradins du château de Sully. Immeuble rue de la Verrerie, Paris (), 1759 : Château de Sully, Sully (Saône-et-Loire) : Pour le marquis de Vianges, Franque édifia la longue façade nord et les perrons monumentaux qui descendent vers le parterre d'eau. Château de Magnanville, Magnanville (Yvelines), 1750-1753 : Considéré comme le chef-d'œuvre de Franque, ce vaste château construit pour le Garde du Trésor royal, Charles Savalette (1683-1756), a été entièrement démoli au début du . Selon Dezallier d'Argenville, il avait la forme d'un rectangle flanqué de deux pavillons. Il était entièrement construit en pierre de taille, à la différence du château de La Ferté-Vidame auquel il a parfois été comparé pour la magnificence et l'ampleur. Ses longues façades comportaient dix-neuf travées, comme la façade nord du château de Sully. Du côté de l'arrivée, l'avant-corps central était embrassé dans sa hauteur par quatre colonnes ioniques et couronné d'un fronton et d'une calotte portant une terrasse. Sur le jardin, des pilastres soutenaient au centre un attique et des vases. Un entablement régnait au même niveau tout autour de l'édifice. Château d'Hauteville (Saint-Légier), à Saint-Légier-La Chiésaz, Canton de Vaud (Suisse), 1763-1767. : Franque donna les plans dont l'exécution a été suivie par un architecte local, Daniel-A. Girard (et non pas Donat Cochet souvent cité par erreur. Le peintre décorateur Claude-Pierre Cochet a réalisé le décor des façades (architectures feintes).. Château du Grand Clos, Rennaz, Canton de Vaud (Suisse), 1764Michel Gallet, Op. cit., p. 210. V. . Monique Fontannaz, "Franque, François", dans Dictionnaire historique de la Suisse (consulté le 14 septembre 2016).. Château de Villard, La Tour-de-Peilz, Canton de Vaud (Suisse), 1764. Château de Bry, Bry-sur-Marne (Val-de-Marne), 1764-1766 : Reconstruction du château pour le compte du contrôleur général des finances Étienne de Silhouette. Michel Gallet, Op. cit., p. 210. V. ; ; . thumb|right|Château de Bry, Bry-sur-Marne