Tarraco est le nom antique de la cité de Tarragone (en Catalogne, Espagne). Elle est la capitale de la Tarraconaise sous l'Empire romain, et l'une des principales cités de la péninsule Ibérique.

C'est à l’origine une place militaire abritant la petite garnison romaine des frères Cornelius Scipion au cours de la deuxième guerre punique en . Ce premier établissement est situé à côté d'un ibérique, probablement Cesse. Ce site devient vite une importante base militaire d’où est née la ville de Tarraco. C’est la principale base d'hiver pour les troupes romaines qui opèrent en Hispanie, et qui permet un processus long et complexe d'intégration du nouveau territoire péninsulaire, aux plans culturels, économiques et religieux .

Le site archéologique, en partie enseveli sous l'actuelle ville de Tarragone, est classé au Patrimoine mondial de l'UNESCO.

Histoire Période pré-romaine

Grâce aux sources classiques, les noms des différents peuples ibériques de la Catalogne sont connus, bien qu'il soit difficile d'établir les limites de peuplement avec précision. Comme pour les régions du sud de la Principauté, les Ilercavons sont essentiellement sur la zone du Baix-Èbre, tandis que les Cessetans occupent la plaine de Tarragone et probablement le Penedès et la Conca de Barbera.

Les fouilles archéologiques mettent en évidence de nombreux sites ibériques dans toute la région, en particulier dans les terres de l'Èbre. Un bon exemple est le village du Castellet de Banyoles (Tivissa), situé sur un plateau qui domine et contrôle le passage de la rivière. Les fouilles qui sont menées entre 1912 et 1927, mettent au jour par hasard le « trésor de Tivissa » (des objets d'or, assiettes et tasses en argent et des pièces pré-romaines) et permettent de connaître partiellement son système de planification et de défense exceptionnelle. Il semble que nous pouvons situer le développement la colonie du au Les bases ibériques dans la plaine de Tarragone sont nombreuses. On compte en particulier : Fontscaldes, Vilar de Garràfols (Vallmoll), de Degotalls (Alcover), Puig de Santa Anna (Castellvell du Camp) à partir Timbes (Riudoms)

Dans la ville de Tarragone, diverses fouilles effectuées il y a et le capucin Père Martell ont mis au jour in situ les vestiges d'habitat et de matériaux de la période ibérique datant du Cela confirme l'existence d'un autochtone dans la partie basse de la ville (qui portait le nom Kese) sur une élévation naturelle de la terre, très proche du port et l'embouchure du Francoli.

Origine de Tarraco vignette|gauche|Sur un des angles du côté sud du forum provincial de Tarraco, s'élève le bâtiment du Prétoire. Après avoir débarqué à Empúries en , Cnaeus Cornelius Scipio Calvus se lance dans la conquête de toute la côte catalane jusqu'à l'Èbre et affronte les tribus indigènes qui ont été soumises auparavant par les Carthaginois. La première bataille est livrée à Kese et est favorable aux Romains qui occupent le village et y laissent une garnison. Après l'expulsion définitive des Carthaginois de cette longue côte, Tarraco est transformé en campement d'hiver des légions romaines.

Une fois les troupes installées et la défense de la nouvelle base assurée par la construction d'une muraille, les Romains commencent en la conquête des terres intérieures occupées par les tribus indigènes des Ilergetes, des Lacétans et des Ausétans, alliées aux Carthaginois. Tarraco acquiert alors le rôle de place forte. Deux éléments conditionnent fortement l'évolution de la place, jusqu'à aujourd'hui : le port et les murailles. Tous deux sont construits d'après les ordres de Scipion, ce qui vaut à la cité le titre de donné par l'historien romain Pline l'ancien au ().

En 45 , Jules César donna à la ville le statut de colonie romaine de droit romain (Colonia lulia Urbs Triumphalis Tarraco). Auguste y résida en 27 à 25 pour suivre les opérations militaires de la Cornisa Cantàbrica et donna à la ville le titre de capitale de la province Tarraconaise (Hispania Tarraconensis) dans la nouvelle organisation provinciale. À cette époque commença la mise en œuvre d'un grand programme destiné à doter les villes romaines d'ensembles architecturaux monumentaux, en accord avec l'importance et la symbolique de la ville. Tarraco atteignit son plus grand prestige au

À cette époque, les habitants romains de cette ville jouissaient d’un niveau de vie qu’ils ne retrouvèrent qu’à l’époque moderne. Comme le montre le témoignage de Florus, orateur romain du :

La vitalité se maintint jusqu’au milieu du , quand, à la suite de la crise générale de l’Empire et les premières incursions des Francs, commença un processus généralisé de récession tant d’ordre démographique qu’urbanistique, qui eut comme conséquence la destruction et l’abandon d’une grande partie de la ville, à l’exception de la partie qui devint le nouveau noyau urbain. Cependant, et malgré les invasions barbares, les Tarragonais maintinrent les lois et les coutumes durant bien plus longtemps que dans d’autres villes du monde romain, sur une période évaluée à plus de huit siècles.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Ensemble archéologique de Tarragone Tarragone

Bibliographie . . . . . . . .

* Catégorie:Site archéologique en Catalogne