L'hiver 2009-2010 en Europe s'est déroulé du à la mi-. En effet, par convention, l'hiver météorologique dans l'hémisphère Nord se déroule du d'une année au de l'année suivante mais peut déborder ces limites selon le climat local. Cet hiver fut marqué par un froid inhabituel et durable en plus de fortes chutes de neige sur certains pays jusqu'à la mi-mars. Le mois de février s'est terminé par deux tempêtes majeures, la première a causé des inondations à Madère et la seconde, la tempête Xynthia, a causé des dommages par le vent et la pluie à une grande partie de l'Europe de l'Ouest.
Météorologie Causes générales Plusieurs causes différentes semblent avoir contribué à la rigueur de cet hiver. vignette|gauche|Carte qui met en évidence les échanges d'air méridionaux. Les valeurs négatives indiquent une arrivée venue du pôle, les valeurs positives une arrivée d'air venue des tropiques. L'oscillation arctique, ou l'oscillation nord-atlantique, très fortement négative, a joué un rôle. Il n'existe pas en 2010 de distinction claire entre l'une ou l'autre, et les deux oscillations sont parfois confondues. L'oscillation arctique est une description de l'état de l'atmosphère de l'hémisphère nord. Lorsqu'elle est négative, les pressions des latitudes moyennes (autour de 40°) sont inférieures à la moyenne, et les pressions au-dessus de l'Arctique sont supérieures à la moyenne. Cela provoque des échanges d'air de type méridien, c'est-à-dire selon un axe Nord Sud. Ainsi, l'air froid de l'Arctique est descendu aux latitudes moyennes, et l'air doux des latitudes moyennes a rejoint l'Arctique. Les effets de l'oscillation arctique ne s'arrêtent pas en effet à l'Europe, mais affectent l'ensemble de l'Hémisphère nord. La banquise lors de cet hiver a par suite été affectée, et offre un autre point de vue sur la situation. Les températures au-dessus de l'Arctique furent ainsi nettement excédentaire, et contribuèrent à un englacement faible. De plus, la banquise a eu tendance à se concentrer dans le bassin Arctique.. En 2009, l'oscillation arctique a atteint des valeurs négatives plus vues depuis les années 1970 .. vignette|Graphique de la moyenne saisonnière de l'indice quotidien de l'oscillation arctique. Le graphique présente l'indice utilisé pour quantifier l'oscillation arctique. Il est basé sur la moyenne de l'indice quotidien pour les trois mois de janvier, février et mars, de chaque année. La valeur très basse de cet indice, montrant une oscillation arctique fortement négative, est ainsi nettement visible. Au début des années 1990, l'oscillation nord-atlantique a atteint un pic positif (ayant sans doute joué un rôle dans les grandes tempêtes de 1990, dont Daria n'est qu'un exemple). Depuis, elle tend vers des valeurs négatives. Cette tendance à une oscillation négative pourrait se poursuivre et provoquer de nouveaux événements froids de grande ampleur. Cette tendance est apparemment liée à d'autres oscillations, notamment l'oscillation atlantique multidécennale, en phase positive depuis le milieu des années 1990, et l'oscillation décennale du Pacifique ..
La faible activité solaire, liée au cycle solaire, a aussi joué un rôle. Un cycle solaire dure environ 2 fois 11 ans, durant lequel il alterne maximum et minimum d'activité. La transition entre le cycle 23 et le cycle 24 s'est produit en 2008 et 2009. Le Soleil a atteint durant cette transition un minimum d'activité plus vu depuis 50 à 100 ans selon le paramètre considéré .. Il est prouvé que les hivers froids se calquent sur les minimums d'activité solaire, et connaissent donc eux aussi un cycle de 11 et 22 ans .. Ainsi, hors hiver 2006, l'hiver 1997 est le dernier hiver rigoureux en Europe et appartient aux cycles de 11 ans, et les derniers grands hivers datent de 1985, 1986 et 1987.
L'événement El Niño pourrait avoir joué un rôle, mais les opinions à ce sujet divergentOn pourra comparer : et du. De plus, en 2009, l'oscillation aura connu des particularités qu'il est difficile de comprendre ..
Hiver volcanique provoqué par l'éruption volcanique de l'Eyjafjöll du 20 mars au 27 octobre et dû à la propagation du nuage de cendres dans l'atmosphère de l'Europe de l'Ouest et de la Scandinavie provoquant la chute brutale et incompréhensible des températures durant l'hiver qui a suivi.Voir lien : Répercussions de l'éruption de l'Eyjafjöll en 2010 sur le trafic aérien.
Déroulement des événements à l'échelle synoptique L'automne et les premiers jours de l'hiver avaient été doux, dans un flux d'Ouest ou Sud-Ouest se prolongeant jusqu'en Russie . . . .. Au , trois vagues de froid se sont succédé, la troisième venant de s'achever. Ce découpage en trois vagues de froid est arbitraire, et ne représente pas la situation dans un pays donné. De plus, la définition d'une vague de froid fluctue d'un organisme météo à l'autre. L'intérêt de ce découpage est de garder une unité à travers les différents temps où le flux était bloqué.
thumb|Diagramme de Hovmöller qui indique les régions où le flux est bloqué selon la date et la longitude Le diagramme ci-contre illustre ce fait. L'axe des abscisses représente la latitude, qui se déroule vers l'Est en allant vers la droite de l'axe. L'Europe étant situé entre -10° Ouest et 60° Est, elle est située dans la partie centre gauche du graphique. L'axe des ordonnées représente l'écoulement du temps, qui se déroule vers le présent en allant vers le bas. Ainsi, chaque niveau représente une date, et le dernier jour est en bas du graphique.
Les couleurs représentent l'intensité d'un blocage. Le blocage est une situation où le flux ne s'écoule plus de l'Ouest vers l'Est, de la gauche vers la droite sur le diagramme. On peut admettre en première approximation qu'une région située à l'est d'un blocage connaîtra un temps froid, et qu'une région située à l'ouest d'un blocage connaîtra un temps doux. ..
Le diagramme montre que l'Europe sera par trois fois situé, soit à l'est d'un blocage, soit en dessous :
Le , un blocage se constitue à l'ouest de l'Europe. L'Europe connait alors sa première vague de froid. Ce blocage se décale avec le temps vers l'Ouest. Cela fait progresser le froid vers l'ouest. L'Irlande, très à l'ouest de l'Europe, sera la dernière touchée. Le blocage se comble le . Le , un nouveau blocage se constitue très à l'ouest de l'Europe. Au contraire du précédent, il se décalera progressivement vers l'Est. L'Europe de l'Ouest sera initialement touché. Puis, le blocage continuant à se décaler vers l'Est, l'Europe sera coupé en deux. L'Europe de l'Est verra la poursuite de la vague de froid, alors que l'Europe de l'Ouest connaitra un redoux. Le , le blocage s'étend à toute l'Europe. Une nouvelle vague de froid affecte l'ensemble de l'Europe. Ce blocage disparait fin janvier. La situation se complexifie un peu début février. Un premier blocage, assez faible, se positionne au niveau de la Russie Européenne, puis à partir du , un blocage se positionne au-dessus de l'Atlantique. Aux alentours du , la circulation zonale est totalement bloquée sur l'ensemble de l'Europe. Ce blocage va ensuite progressivement se décaler vers l'Ouest et laisser la place aux tempêtes de fin . Le maintien de ce blocage pourrait cependant expliquer la trajectoire atypique de ces tempêtes..
Cette situation de blocage récurrent s'est poursuivie durant le printemps météorologique, avec les mêmes causes. Ainsi, cette saison fut aussi marquée par des épisodes froids, particulièrement au mois de mars et de mai.
Première vague de froid thumb|Anomalies des températures de surface pour la première vague de froid Cette carte présente le résultat sensible de cette première vague de froid, les anomalies de températures. Si ce n'est durant ce mois de décembre qu'il a fait le plus froid, c'est cependant cette vague de froid qui enregistre les déficits les plus élevés de manière généralisée.
Le début du mois de décembre est marqué par d'amples ondulations, qui font alterner flux méridional et flux zonal ..
Dès le , l'anticyclone des Bermudes tend à remonter vers le Nord .. Aux alentours du , l'anticyclone des Bermudes continue à s'étirer et vient former un axe anticyclonique à basse altitude sur le Nord de l'Europe, de la Grande-Bretagne à la Suède. Une zone dépressionnaire, de type dépression coupée, avec plusieurs minimums, se constitue au-dessus de la Méditerranée. Un bloc Rex s'ébauche à basse altitude. Le flux est alors pratiquement zonal sur l'ensemble de l'Europe, mais il s'agit d'un flux d'est. Pourtant, le blocage avorte. Le vortex Arctique se développe en effet en altitude sur le Nord de la Russie européenne, et il empêche la jonction entre l'anticyclone des Bermudes et l'anticyclone de Sibérie. De plus, les dépressions méditerranéennes ne se creusent pas suffisamment, limitant l'intensité du flux d'est qu'engendre la situation. Il se produit malgré tout une advection d'air continental froid sur l'ensemble de l'Europe, qui marque le début de la vague de froid. Le temps est d'abord doux, puis se refroidit progressivement, sans excès. Le ciel est par contre complètement bouché. Comme à chaque fois dans ce cas, l'anticyclone a en effet apporté avec lui dans les basses couches des réserves d'humidité venue de l'océan. Conjugué à l'immobilité de la masse d'air sous les hautes pressions, le brouillard est tenace.
Au , la tentative de blocage se trouve totalement compromise par l'intensification du vortex Arctique. L'anticyclone des Acores s'exile alors au nord de l'Atlantique Nord, entre Islande et Groenland, et constitue une barrière anticyclonique chaude et stationnaire sur l'Atlantique à tous les niveaux de l'atmosphère. Il gardera cette position jusqu'à son affaissement complet et sa fusion avec l'anticyclone du Groenland aux environs du . L'Europe, isolée de toute influence atlantique, voit la constitution d'une zone dépressionnaire à basse altitude au-dessus de la mer du Nord. Elle est alimentée en air froid par le vortex arctique et sera relativement immobile. Le flux tourne alors au Nord ou Nord-Est pour la majeure partie de l'Europe, et il se produit une descente d'air maritime polaire. C'est dans ce contexte que va se produire une succession de passages neigeux en flux de Nord. Dès le , les chutes de neige se généralisent, tandis que les températures se refroidissent. La situation tend ainsi vers un blocage de type bloc Omega. Cependant, l'anticyclone des Bermudes, après sa migration, s'affaiblit et se refroidit. Dans ce contexte de hautes pressions affaiblies, dans la journée du , une dépression se détache du vortex arctique et vient se fixer au large de la Grande-Bretagne. Elle provoque un appel d'air maritime, masse d'air plus douce mais qui reste froide. Le pont anticyclonique sur l'Atlantique subtropicale n'est de plus suffisamment constitué et s'affaiblit graduellement. Le 21, les dépressions atlantiques passent et viennent alimenter la dépression de la Grande-Bretagne. Le temps restera malgré tout assez frais et instable, et certains pays connaitront un Noël blanc..
Deuxième vague de froid thumb|left|Anomalies des températures de surface pour le début de la seconde vague de froid thumb|Anomalies des températures de surface pour la fin de la seconde vague de froid Cette présente l'évolution en deux séquences de la seconde vague de froid. Début janvier, l'Europe est largement touchée par le froid. Puis, à partir du 12 ou , le froid se concentre sur l'Europe centrale et orientale, où certains pays connaitront l'un de leurs mois de janvier les plus rudes. Cette vague de froid complète le tableau des déficits élevés enregistrée durant l'hiver.