thumb|Nature morte de Floris Claesz van Dijck, présentant des aliments consommés dans le Nord de l'Europe, début du , 1613.
L'alimentation humaine est l'alimentation des êtres humains, par opposition à celle des plantes et de l'alimentation animale.
Besoin primaire de l'espèce, elle n'en est pas moins à l'origine d'importants investissements socioculturels qui prennent la forme de cuisines, gastronomies, repas rituels, de familles ou d'apparat, etc., autant de phénomènes ayant beaucoup évolué avec les époques, les cultures, les modes et les échanges, et notamment étudiés par l'anthropologie de l'alimentation.
En France l'alimentation se distingue, par exemple, par l'introduction de fromages, escargots, voire de grenouilles ; d'autres habitudes traditionnelles introduisent des insectes ou des algues, par exemple en Asie.
Pour des raisons de santé publique, sur le plan de la sécurité alimentaire et de l'hygiène, ou de la prévention, l'alimentation humaine est source d'un important corpus de guides de bonnes pratiques et de réglementations nationales ou supranationales ().
Sources alimentaires La majorité de l'alimentation ordinaire de la plupart des populations provient directement ou indirectement des plantes domestiquées. 5 % des calories consommées sont fournies par des espèces sauvages.. Les animaux d'élevage fournissant environ l'essentiel de la viande consommée (38 % pour la viande porcine, 30 % pour la viande de volaille et 25 % pour la viande bovine), le reste étant fourni par la chasseSource: OECD/FAO (2021), “OECD-FAO Agricultural Outlook”, OECD Agriculture statistics (database). 75 % des aliments de la planète proviennent d'à peine 12 espèces végétales cultivées et 5 animales..
Selon les estimations difficiles à effectuer, sur les près de de plantes recensées dans le monde, servent comme nourriture humaine Steven Bachman, State of the World's Plants Report. 2016, Royal Botanic Gardens, Kew, p. 21, 2016 .. Alors qu'il y a comestibles, 50 assurent à elles seules 90 % de l'alimentation humaineAu cours du , plus de 90 % des variétés de plantes cultivées ont disparu des champs des agriculteurs et la moitié des races de nombreux animaux domestiques a disparu. (les trois cultures de base, blé, maïs et riz, fournissent 60 % des apports nutritionnels (calories et protéines) alors que le sorgho, le millet, les pommes de terre, les patates douces, le soja et le sucre fournissent un autre 25 %)« Révolution biogénétique en Europe », Conseil de l'Europe, 1986, p.12.
Besoins alimentaires Évolution des besoins Les besoins alimentaires de l'être humain actuel résultent d'un processus évolutif de plusieurs millions d'années durant lesquels la pression de l'environnement a modelé son patrimoine génétique.. Cependant, depuis l'apparition de l'agriculture, il y a ., à la « révolution néolithique » et depuis la Révolution industrielle., l'adaptation génétique a été incapable de suivre le rythme des changements culturels : l'humain du est en effet précédé .. La sélection naturelle, opérant graduellement et très lentement sur de nombreuses générations, n'a pas eu le temps d'inscrire dans le patrimoine génétique (plus de 99 % de l'héritage génétique de l'humain actuel est antérieur au stade Homo sapiens.) des aptitudes spécialisées répondant aux énormes changements de choix des produits alimentaires et des habitudes alimentaires complètement bouleversées depuis la fin du . Ce fait évolutif, associé à l'observation de maladies civilisationnelles inconnues des populations de chasseurs-cueilleurs (maladie coronarienne, hypertension artérielle, diabète de type 2, obésité et peut-être certains cancers), est à l'origine d'un courant de pensée, la médecine évolutionniste, qui considère, de manière excessivePhilippe Chauveau, , p. 207, que l'alimentation et l'activité physique actuelles devraient reproduire le modèle de l'alimentation pré-agricole et le mode de vie paléolithique.
Apports nutritionnels conseillés
vignette|Portions journalières sur la roue des aliments selon la règle du « 421 GPL ». Dans un régime alimentaire équilibré d'un adulte qui dépense , les apports nutritionnels conseillés concernant l’énergieLa teneur en énergie des aliments est calculée grâce à des coefficients de conversion établis par Atwater et Benedict en 1899 : 4 kcal/g pour les glucides et les protéines, 9 kcal/g pour les lipides et 7 kcal/g d’alcool. Cf Atwater WO, Benedict FG, « Experiments on the metabolism of matter and energy in the human body », US Department of Agriculture, Washington D.C., Bulletin 69, 1899, 112 p. sont en moyenne, selon l'ANSES : apport de 1 g de protéines par kg de masse corporelle (dont 50 % d'origine animale et 50 % d'origine végétale), soit 12 à 16 % de l’Apport énergétique Total (AET), un apport de lipides de 35 à 40 % de l’AET (dont 1/3 d'origine animale et 2/3 d'origine végétale) et un apport de glucides de 50 à 55 % de l’AET (dont 55 % de glucides complexes et 45 % de sucres simples)..
La ration alimentaire moyenne se répartit généralement de la façon suivante : Homme et femme, Petit déjeuner : 25 %, Déjeuner : 40 %, Dîner : 35 % ; Enfant, adolescent, femme enceinte, femme allaitante, personne âgée, Petit déjeuner : 25 %, Déjeuner : 35 %, Goûter : 10 %, Dîner : 30 %.
Ces recommandations ne font pas consensus ; la ration alimentaire est à adapter à l'âge et la taille, à la saison et au climat ainsi qu'à l'activité physique ; et l'équilibre alimentaire peut s’établir sur la semaine plutôt que sur une journée..
Alimentation et santé
Une alimentation saine consiste à manger des aliments sains (non pollués, non avariés) tout en veillant à l'équilibre alimentaire (c'est-à-dire à consommer ni trop ni trop peu de nutriments essentiels tels que les vitamines et les oligo-éléments, de protéines, de glucides, de lipides, de fruits, de légumes).
Certains régimes alimentaires traditionnels ont un impact favorable sur la santé. Les habitants de l'île japonaise d'Okinawa ont l'espérance de vie la plus longue au monde. Leur alimentation a de nombreux points communs avec celle du « régime crétois » : utilisation d'huile, peu de graisses animales, consommation de légumes et de poissons, régime frugal. Le microbiote joue aussi un rôle important et permet de mieux comprendre ces faits. Une alimentation saine inclut un minimum de diversité dans les aliments.
L'alimentation est l'un des facteurs influençant l'espérance de vie en bonne santé et la qualité de vie. Ainsi au Royaume-Uni, une équipe de chercheurs de l'université de Cambridge, en partenariat avec le Conseil de la recherche médicale, a mené une enquête sur (dont sont décédés en cours d'enquête) pendant quatorze ans (1993-2007), afin de déterminer l'impact du mode de vie sur l'espérance de viePublic Library of Medecine, n°de la semaine du 9 janvier 2008, cité dans Le Figaro, 9 janvier 2008, p. 12. L'étude conclut que le « mode de vie idéal » - absence de tabac, consommation d'alcool égale ou inférieure à un demi verre par jour, consommation de cinq fruits et légumes par jour, exercice physique d'une demi-heure par jour - majore l'espérance de vie de quatorze ans par rapport au cumul des quatre facteurs de risqueUne vie saine peut accroître la longévité de 14 ans, dans Le Figaro, 9 janvier 2008, p. 12. Le cumul des quatre facteurs de risque (tabac, alcool, manque de fruits et légumes et d'exercice physique) multiplie le risque de décès par 4,4, trois facteurs, de 2,5, deux facteurs de près de 2 et 1 facteur de 1,4. Selon le professeur Kay-Tee Khaw, premier signataire de l'étude, « c'est la première fois que l'on analyse l'effet cumulé des facteurs de risque sur la mortalité ».
Situation globale Un index alimentaire élaboré par Oxfam brosse un portrait révélateur de la situation alimentaire à travers le monde. Cet index classe 125 pays selon les critères suivants : Accès à une nourriture suffisante, Accès à une nourriture abordable, Qualité de la nourriture, Prévalence d'obésité et de diabète dans la population.
Les Pays-Bas, la Suisse et la France sont en tête de ce classement. Les 20 premières positions sont occupées par les pays de l'Europe de l'Ouest et l'Australie. Au bas de la liste, se retrouvent surtout les pays d'Afrique.
Évolutions récentes dans les sociétés développées Le mode de vie actuel dans les sociétés développées menace de mettre à mal les principes d'une alimentation saine.
L'obésité augmente régulièrement dans le monde (y compris en France) depuis 30 ans. Elle concerne aujourd'hui en France 15 % des adultesPlan obésité : le contexte et 18,2 % des enfants issus de groupes sociaux désavantagés, contre 14,2 % de ceux issus des groupes avantagésHAS : Surpoids et obésité de l’enfant et de l’adolescent (Actualisation des recommandations 2003) : une frange de plus en plus importante et jeune de la population. Des habitudes alimentaires néfastes pour la santé se développent : consommation de sodas, crèmes glacées, desserts sucrés et produits contenant des sucres simplesL’Affsa présente son rapport « Glucides et santé : état des lieux, évaluation et recommandations » ; régimes amaigrissants déséquilibrés sur le plan nutritionnel, et généralement contre-productifsLes régimes alimentaires, efficaces ou contre-productifs ? car suivis plus tard de périodes d'alimentation encore plus riches ; grignotage d'aliments gras et sucrés (concernerait 60 % des adolescents), qui coupent la faim pour les aliments utiles ; plats préparés comprenant trop de selLe sel dans les aliments. Premiers résultats d’une étude INC AFSSA (ce qui augmente très fortement l'hypertension artérielleSans sel, merci ! et incite à manger toujours plus saléL’addiction par le sel), et peu d'aliments frais (donc moins de vitamines notamment). consommation d'aliments industriels contenant un grand nombre d'additifs souvent d'origine industrielle. « La plupart des aliments transformés sont tellement transformés et contiennent tant d’additifs qu’il est quasiment impossible de savoir ce que l’on mange et, surtout, quelles seront les conséquences d’un tel type d’alimentation à moyen et long terme », estiment en substance vers 2007 Catherine Ruchon-Vialard et Bernard Duran, auteurs d'une enquête de trois ans sur l'alimentationCatherine Ruchon-Vialard et Bernard Duran, « Achetons les bons aliments », Ed Minerva, 2007 ?), propos résumés in Manger sain, c'est facile, in Elle 11 février 2008.
Une enquête réalisée par des médecins de l'Association santé environnement France (ASEF) a révélé que les enfants avaient de mauvaises habitudes alimentaires et des connaissances culinaires limitées. Selon elle, à table près d’un enfant sur quatre boit du sirop, du jus de fruits ou du soda et 10 % rajoutent des sauces systématiquement (mayonnaise ou ketchup). 87 % des enfants ne savent pas ce qu’est une betterave et un écolier sur trois ne reconnaît pas un poireau, une courgette, une figue ou un artichaut. Un quart des enfants ne savent pas que les frites sont des pommes de terre et 40 % ne connaissent pas la composition des chips, du jambon ou des nuggets.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé une vaste campagne de promotion d'une alimentation plus saine. En France, le Programme National Nutrition Santé (PNNS, Ministère de la santé) encourage en particulier une consommation de fruits et légumes plus importante (slogan : cinq fruits et légumes par jour).
Cependant, au , une part de la population des pays développés connaît des problèmes de malnutrition qui sont liés à la difficulté de cette population à disposer de revenus suffisants pour bien se nourrir, ce que l'on nomme sécurité alimentaire.
Situation dans les pays en voie de développement et dans les PMA Amélioration quantitative jusqu'en 1995, puis recul :