Louis Clément Faller, né à Habsheim, près de Mulhouse, le , est un peintre, dessinateur et lithographe français, élève de Paul Delaroche puis d'Eugène Delacroix.

Expatrié aux États-Unis de 1851 à 1860, il ouvre un atelier de peinture à New York et participe activement à l'American Barbizon School.

De retour en France, il s'installe dans la Vallée de Chevreuse en 1863.

Il meurt tragiquement le à Paris.

Biographie vignette|Détail de L'Hémicycle des Beaux-Arts (1841) par Paul Delaroche (École nationale supérieure des beaux-arts, Paris) vignette|La Barque de Dante ou Dante et Virgile aux enfers (1822) par Eugène Delacroix (Musée du Louvre, Paris)

Son enfance et son adolescence s'écoulent en Alsace. Né dans un milieu catholique comptant un chanoine, un frère jésuite, Louis Clément Faller est destiné à l'état ecclésiastique. Il est renvoyé du collège des jésuites de Fribourg pour des dessins caustiques et irrévérencieux (il caricature ses maîtres). Un stage dans les Ponts et Chaussées lui permet de quitter l'Alsace afin de poursuivre ses études à Paris dès 1838.

Louis Clément Faller promet à son père, receveur de l'enregistrement, de continuer les études abandonnées. Son père consent à lui allouer une rente "sous contrôle", mais Louis Clément Faller est obsédé par la peinture et entre contre toute attente dans l'atelier de Paul Delaroche. Dans sa lettre du , il écrit : . Il est l'élève de Delaroche de 1841 à 1843.

L'atelier de Delaroche possède une grande réputation et se compose d'une centaine d'élèves , sans parler du bizutage, cheveux brûlés, visage barbouilléTous ces détails sont des extraits de lettres adressées à ses parents ou à Xavier Mossmann (archiviste de la Ville de Colmar et ami de Faller). Parallèlement, il travaille à l'eau-forte aux éditions Augustin Challamel. Il rencontre Jean-François Millet, devient professeur de dessin de la future comtesse de Montebello. En , il illustre l'ouvrage Voyage autour de ma chambre de Xavier de Maistre, fait la connaissance d'une nouvelle protectrice, de l'Epée, partage un appartement avec Eugène Arbeit et enfin entre dans l'atelier d'Eugène Delacroix en .

Delacroix est un Maître exigeant et ne garde que les élèves qui lui paraissent doués ; un certificat, daté du est signé du Maître. Le jeune artiste est récompensé, des commandes lui permettent de vivre correctement entre l'Alsace et Paris, réconcilié avec sa famille.

Observateur de la Révolution française de 1848, l'aventure le tente. En 1850, il décide de s'expatrier aux États-Unis et embarque sur un voilier à destination de La Nouvelle-OrléansSon départ en 1850 est vraisemblable : une lettre à ses parents, datée du , indique qu'il est à Saint-Louis chez Emile Karst. Il enseigne dans un lycée de Saint-Louis, dans le Missouri. À Saint-Louis, il rencontre Marie Amélie Pauline Longuemare, Parisienne réfugiée aux États-Unis avec son père. Il épouse Marie Longuemare en 1852. Le couple s'établit à New York en 1853. Louis Clément Faller participe, cette année-là, à l'exposition de l'Académie américaine de design () de New York. Il ouvre à New York un atelier de peinture. Il participe activement à l'American Barbizon School qui sera le moteur des paysagistes américains jusqu'à la fin du .

La fille de Marie et Louis Clément Faller, Emily, naît à New York en 1858. Emily Faller est un peintre de nature morte, portraitiste, peintre sur porcelaine et aquarelliste.

Il revient en France et travaille à Ribeauvillé, en Alsace. En 1863, il s'établit à Orsay, dans la Vallée de Chevreuse, où il connaît une période de création dans la veine du pré-impressionnisme. Il figure au Salon de Strasbourg, en 1866, et envoie des œuvres au Salon de Paris en 1867 et 1869.

La guerre de 1870 laisse son atelier en cendres. Après cette date, le peintre s'installe à Paris où il vit misérablement, meurtri par l'indifférence du public. Il met fin à ses jours en 1901 , à l'âge de quatre-vingt-un ans.

La Bibliothèque nationale de France, à Paris, conserve deux lithographies de Faller, dont le Singe fumeur. Un Paysage de Faller figure dans les collections du musée du Louvre à Paris. Les musées de Mulhouse et de Strasbourg conservent également ses œuvres.

L'aventure américaine (1851-1860) et l'American Barbizon School vignette|Chutes du Niagara en hiver (1856) par Hippolyte Sebron (musée des beaux-arts de Rouen)

1851-1853 : À Saint-Louis (Missouri), Louis Clément Faller exerce le métier de professeur dans un établissement réputé : Saint Louis English and Classical High School, aujourd'hui . Le papier à en-tête de Clément Faller comporte : « » avec un autoportrait et un dessin du collège ; un exemplaire, daté du , est signé par le principal qui, en guise de certificat, remercie Faller de ses bons et loyaux services.

1853-1860 : Dès son arrivée à New York, Faller expose à la National Academy of Design. En 1854, Clément Faller ouvre un atelier de peinture. Un prospectus daté du est rédigé comme suitCertificat reproduit: « drawning and painting - Monsieur Clement Faller, recently from Paris, a pupil of the celebrated Paul Delaroche and graduated of the french governmental school of fine art, has the honnor to the public, and principally to the schools of New York, that he will give instruction in the various branches of art, such as : figure, lanscape… Applications may be made to the above, or to the artist at his residence, 1/2 Seventh-Street. »

Depuis le début du , une colonie d'artistes français est florissante à New York (peintres, graveurs, lithographes), dont pour cette période : vignette|Le Rocher du Castel Vendon (1848) par Jean-François Millet (musée Thomas-Henry, Cherbourg-Octeville)

Régis François Gignoux (1816-1882), peintre lyonnais, élève de Delaroche, qui se fixe, en 1842, à New York où il enseigne la peinture et y reste jusqu'en 1870 ; Hippolyte Sebron (collaborateur de Louis Daguerre au Diorama), de 1849 à 1855, pastelliste et portraitiste, qui reste six ans à New York, de 1849 à 1855. Il peint des vues de New York, de La Nouvelle-Orléans et des chutes du Niagara., ainsi qu'une soixantaine de portraits principalement au pastel ; Constant Mayer (1832-1911) .

Faller se heurte rapidement aux théories d'un peintre émigré d'origine allemande : Emanuel Leutze . (1816-1859), l'artiste des grandes scènes et des événements historiques travaillés en atelier. Faller est suivi par bon nombre d'artistes américains, dont John Trumbull, le paysagiste William Morris Hunt (1824-1879), revenu de France en 1853 après avoir travaillé dans l'atelier de Jean-François Millet, George Fuller (1822-1884) et Richard Henry Fuller (1822-1871). Tous ces paysagistes se regroupent autour de Faller et fondent l'''American Barbizon School. Faller devient le chef de file d'un mouvement pictural franco-américain qui sera l'élément moteur de l'École des paysagistes américains jusqu'à la fin du .

Clément Faller est aussi un théoricien de l'école du plein air, des paysages riches de vie, vibrant des lumières environnantes et changeantes jusqu'à ce qu'elles deviennent des impressions (le tableau Impression, soleil levant de Claude Monet, qui donne son nom à la première exposition impressionniste, date de 1872).

Orsay et la Vallée de Chevreuse (1863-1871)

vignette|gauche|Le Salon de 1824 par François-Joseph Heim. Le décès de son père le fait quitter New York avec sa femme et leurs enfants Edmond et Emily. Cette dernière sera artiste peintre. La famille s'installe en Alsace, entre Ribeauvillé et Mulhouse. Des collectionneurs s'intéressent à son travail : Jean Dollfus (1823-1911), Godefroy Engelmann (le fils de Godefroy Engelmann, 1788-1839), Xavier Mossmann (archiviste de la Ville de Colmar), Engel de Mulhouse... De cette période, Godefroy Engelmann achète à l'artiste une lithographie : La laveuse.

En 1863, Louis Clément Faller et sa famille vivent à Orsay, en Vallée de Chevreuse, dans une maison que Faller hérite de son père et « commença une existence de recherches et d'essais que la mort seule devait interrompre ».

Emily Faller, née à New York en 1858, élève de son père et de Charles Chaplin, devient peintre de natures mortes et portraitiste. Elle expose au Salon de Paris de 1874 à 1883 et à celui de Mulhouse en 1879.

Faller envoie au Salon de l'Académie des beaux-arts des paysages de la Vallée de Chevreuse « dont il restera le peintre aux aspects multiples, tour à tour brutal, précis, fantastique jusqu'à ne plus voir dans la nature qu'une broussaille lumineuse dessinée au pinceau et basée sur des gris et des verts », tels que Coup de vent, Salon de 1866, Le Coin de l'ancien parc d'Orsay, 1867, un paysage en 1868 et La Colline de la Vallée de Chevreuse en 1869. Après cette date, Faller n'expose plus. « L'heure de Faller était en avance sur son époque. Elle marquait un art très voisin de l'Impressionnisme ».

Paris (1871-1901)

De Paris, en 1878, Louis Clément Faller écrit à Xavier Mossmann, archiviste de la Ville de Colmar : lettre du 27 avril 1878 à Xavier Mossmann. En 1880, il s'exprime ainsi :

Le , au 28 de la rue de Washington, Marie Pauline Longuemare, épouse Faller, meurt« Tu es bienfaisante, tu protèges comme un rempart invulnérable tous ceux qui, lassés, te demandent asile, et ta main étendue fait reculer la horde des cannibales ».

Veuf, le peintre flotte à la dérive, continue à travailler sans espoir sauf, peut-être, dans Il écrit :

Le , Louis Clément Faller, 17 rue Jouffroy à Paris, met fin à ses souffrances par arme à feuGil Blas du 06/03/1901, Gallica. Il est âgé de quatre-vingt-un ans.

Première exposition posthume de Louis Clément Faller (1905)

Du 7 au , les Galeries Vollard, 6 rue Laffitte à Paris, proposent la « première exposition de quelques études et tableaux laissés par le peintre alsacien C. Faller (1819 - 1901) »Titre du catalogue de l'exposition cité par Girodie.. À la lecture du catalogue, Girodie poursuit :

André Girodie relate ainsi son premier contact avec Faller..

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie , in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, Fédération des sociétés d'histoire et d'archéologie d'Alsace, vol. 10, 889 p.

Articles connexes Paul Delaroche Eugène Delacroix American Barbizon School Académie américaine de design

Lien externe

Alsace-Collections.fr

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