La rue du Faubourg-Poissonnière. marque la limite entre le 9 et le de Paris, principale voie de l'ancien quartier du faubourg Poissonnière.
Situation et accès
Origine du nom vignette|left|Extrait du plan de Turgot entre la porte Saint-Denis et la rue Montmartre. La rue du Faubourg-Poissonnière porte le nom de rue Sainte-Anne. Début de la rue Bergère. Dans le coin gauche, en bas, l'égout qui est devenu la rue Richer après son couvrement à partir de 1766-1767. vignette|left|Quartier de la Nouvelle-France sur le plan de Turgot. Ponceau de la Nouvelle-France au-dessus de l'égout. La rue du Faubourg-Poissonnière doit son nom au fait qu'elle traversait le hameau situé à l'extérieur de la porte de la Poissonnerie du mur d'enceinte tracé dans l'alignement de la rue des Poissonniers au nord et de la rue Poissonnière au sud, elle formait une partie du chemin des Poissonniers. Le faubourg est primitivement un quartier « fors le bourg » (de l'ancien français « fors », issu du latin « en dehors » et de , « bourg », forsborc vers 1200, forbours vers 1260Alain Rey, Dictionnaire historique de la langue française, 3 vol., , Le Robert, 2006.).
Historique La rue qui figure sur les plans anciens porta, à partir de 1648, le nom de « chaussée de la Nouvelle-France » car elle conduisait au hameau de la Nouvelle-France fondé en 1642 sur un ancien vignoble.
Elle longeait, dans sa partie sud du boulevard jusqu'au grand égout (emplacement depuis sa couverture en 1760 de la rue des Petites-Écuries), la couture des Filles-Dieu qui s'étendait à l'est jusqu'à la rue du Faubourg-Saint-Denis, et, au nord de la rue de Paradis, l'enclos Saint-Lazare qui s'étendait également à l'est jusqu'au faubourg Saint-Laurent.
Elle prit en 1660 le nom « rue Sainte-Anne », en raison d'une chapelle qu'on y avait construite au pour desservir le quartier de la Nouvelle France.. La rue prend le nom de Faubourg-Poissonnière vers 1750.
Dès 1770, Claude-Martin Goupy spécula au faubourg Poissonnière sur des terrains vendus par la communauté des Filles-Dieu, dont il était l'entrepreneur, jouant un rôle capital dans l'urbanisation du quartier. Le lendemain du 10 août 1792, c'est près de la barrière Poissonnière (au nord de la rue), dans une vaste tranchée creusée à cet effet, que les 400 à des Gardes suisses tués dans les escaliers, les cours et les jardins des Tuileries sont jetés pêle-mêle..
vignette|gauche|redresse| Durant les Trois Glorieuses, la voie est le théâtre d'affrontement entre les insurgés et la troupe.
Le 23 juin 1848, la barrière Poissonnière est l'enjeu de rudes combats entre les insurgés, barricadés dans les bâtiments, et les troupes gouvernementales.
Le 8 mars 1918, durant la première Guerre mondiale, une bombe lancée d'un avion allemand explose au rue du Faubourg-Poissonnière..
Le , un obus lancé par la Grosse Bertha explose au rue du Faubourg-Poissonnière..
En 1956, le quotidien L'Humanité s'installe dans les locaux du Matin, à l'angle du boulevard Poissonnière et de la rue du Faubourg-Poissonnière. vignette|gauche|Locaux du Matin, occupés par L'Humanité entre 1956 et 1989.
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire : Maison Trouard construite en 1761-1762 par Louis François Trouard pour ses parents qui y ont habité. Le grand-père de l'architecte, Michel Trouard était marchand boisselier. Son père, Louis Trouard, était sculpteur marbrier ordinaire du roi après avoir été déclaré marchand épicier rue Saint-Antoine au moment de son mariage avec Marie-Élisabeth Leprince, en 1723. Les Leprince, comme les Trouard et les Adam, étaient une dynastie d'artisans implantés à la Villeneuve et au faubourg Poissonnière. Louis Trouard s'est enrichi. Son patrimoine est estimé à après sa mort. Le médecin neurologue Jean-Martin Charcot y est né en 1825. La maison a disparu en 1841. Elle est remplacée par l'immeuble actuel qui a été le siège du journal « Le Matin » entre 1895 et 1945. : lycée Edgar-Poe, établissement privé d'enseignement secondaire depuis 1965. : emplacement, dans la deuxième moitié du des Bains du Gymnase, premier établissement de bains publics parisiens à avoir fait l'objet d'une descente de la police des mœurs. Le procès des homosexuels qui y sont arrêtés eut lieu en (Affaire des bains du Gymnase)Lise Manin, Perverses promiscuités ? Bains publics et cafés-concerts parisiens au second , In : Genre, sexualité & société, 10, automne 2013 (en ligne). L'auteure se réfère à Régis Révenin, Homosexualité et prostitution masculines à Paris : 1870-1918, L'Harmattan, Paris, 2005, . devant le tribunal correctionnel de Paris. : le vaudevilliste Nicolas Brazier y demeure en 1831. : maison où le colonel La Bédoyère est arrêté en 1815, chez madame de Fontry. Ce numéro est ensuite occupé par le journal Le Matin Félix de Rochegude : Promenades dans toutes les rues de Paris 9e arrondissement . : Jean-Baptiste Buffault y demeure. L'immeuble a été construit en 1759 par l'architecte Louis-François Trouard à son retour de Rome sur un terrain appartenant à son père. C'est le premier témoin, et le seul restant, de la mode dite « grecque », prélude au néo-classicisme. : en 1858, est ouvert le café-concert l'AlcazarFrançois Caradec et Alain Weill, Le Café-Concert, Fayard, 2007.. En 1899, il est remplacé par un immeuble commercial de quatre étages conçu par les architectes Auguste et Gustave Perret, le premier immeuble de bureaux construit en FranceRené Jullian, Histoire de l’architecture en France, Philippe Sers, Paris, 1984 .. : Maison Trouard datant de 1740. Maison de neuf travées bâtie en pierre de taille, élevée avec deux étages au-dessus du rez-de-chaussée, couverte d'un toit à la Mansart. Elle est louée en 1768 à Plou, peintre et doreur y demeurant et y ayant installé son atelier. Probablement Jean-François Plou. Louis Trouard meurt en 1767. Son fils Louis-François Trouard hérite de la maison. Il la vend à Morel de Chefdeville, intendant des Menus-Plaisirs de Monsieur, en 1781. Elle appartient à M. de Conegliano entre 1826 et 1847. Un magasin de nouveautés, les Galeries Poissonnière y sont installés en 1846. : immeuble construit en 1830-1840. : maison Morel de Chefdeville, à l'angle avec la rue Bergère, construite entre 1782 et 1785 par l'architecte François-Joseph Bélanger. Étienne Morel de Chefdeville a été intendant des Menus-Plaisirs de Monsieur, auparavant attaché au comte d'Artois, caissier des Menus-Plaisirs du roi, administrateur des loteries, beau-frère de Denis Pierre Jean Papillon de La Ferté, intendant des Menus-Plaisirs. : emplacement de l'ancien hôtel des Menus-Plaisirs, où siégeait son administration, dans un vaste immeuble qui s'étendait de la rue Bergère à la rue Richer actuelles. L'hôtel est construit sur un grand terrain du faubourg Poissonnière, entre la rue Bergère et l'égout (qui allait de la rue du Faubourg-Saint-Denis et la rue du Faubourg-Montmartre et, après avoir été couvert, a permis la création de la rue Richer), dans le clos des Halliers. Cette acquisition est faite par l'intermédiaire des prète-noms par un acte du . L'hôtel et les magasins ont été construits en 1763 sur les plans de Louis-Alexandre Giraud. Durant la Révolution, la section révolutionnaire du Faubourg-Montmartre s'y réunissait. En 1795, la Convention installe le Conservatoire de musique. : central téléphonique « Bergère », également appelé « Provence », construit en 1911-1914 par l'architecte François Le Cœur (1872-1934)... L’horloge est la seule, sur le domaine public parisien, à afficher les 24 heures d’une journée sur son cadran.. : vestige, sur cour, d'un hôtel construit par l'architecte François-Joseph Bélanger pour lui-même, en 1796. Il est terminé en 1819 par Jacques Hittorff pour le négociant Marie-François Aynard. : l'architecte Jean-Benoît-Vincent Barré a acheté le terrain et construit une maison détruite en 1925. : maison Bellot des Marais. : emplacement de l'ancien hôtel de l'architecte Jean-Benoît-Vincent Barré, construit par lui sur un terrain acquis de Jean-François Perrin de Cypierre. L'hôtel Barré a été détruit vers 1880. : lieu habité par Luigi Cherubini durant les dernières années de sa vie. : Jean-François-Claude Perrin de Cypierre et son épouse, Marie Florimonde Parat de Mongeron, achètent par deux actes datés du et un terrain de sur les actuels 24 à 28 rue du Faubourg-Poissonnière. Cet achat a été obtenu sous le nom des Filles-Dieu par des lettres patentes de et à l'occasion de cette vente, Perrin de Cypierre a obtenu l'aliénation de l'ensemble de la couture des Filles-Dieu. Cette vente a été contestée mais une entente a été trouvée. L'hôtel Cypierre a été construit sur cet emplacement par l'architecte Jean-Benoît-Vincent Barré pour Jean-François Perrin de Cypierre. l'hôtel de Cypierre, détruit depuis. L'architecte Jean-Benoît-Vincent Barré a acheté les parcelles correspondant aux et .
: maison construite par l'architecte Barré, seul bâtiment conservé des trois qu'il a construit. Le dramaturge Lucien Gumpel y est né en 1880. : classé parmi les monuments historiques 15px|Classé monument historique, l'hôtel Benoît de Sainte-Paulle, également connu sous les noms de : « hôtel Chéret », « Akermann » ou « hôtel Ney ». est construit par Nicolas Lenoir dit le Romain en 1773 pour François Benoît de Sainte-Paulle, sur un terrain acquis en 1772 par Claude-Martin Goupy, architecte et spéculateur à l'origine de la création du quartier. Il le revend en 1776 à Jean-François Caron, trésorier du marc d'or des ordres du roi. Les deux ailes sur cour sont construites en 1778 par Antoine-François Peyre dit le Jeune. De 1779 à 1795, cet hôtel est la propriété de Marie-Louise O'Murphy, épouse de François Nicolas Le Normand de Flaghac. Sous l'Empire, il appartient au maréchal Ney.En 1942 y logeait le bureau d'études de la Société anonyme des usines Farman qui y emploie cette année-là le futur général Jacques Collombet, en qualité d'ingénieur. De nos jours, l'hôtel fait office pour des logements sociaux gérés par la régie immobilière de la ville..
: entrée d'un passage cocher donnant sur une impasse. Cet ensemble, ou cité, est issu du lotissement réalisé par le sculpteur marbrier Leprince (apparemment François-Robert, issu d'une dynastie de marbriers et d'épouses de marbriers, dont François Leprince, marbrier du roi décédé en 1746, déjà installé dans le quartier Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle). Le terrain avait été acquis par Claude-Martin Goupy en 1771 par bail emphytéotique au couvent des Filles-Dieu. En 1772, Goupy cède ses droits sur ces terrains à Leprince, qui fait réaliser des immeubles entre 1773 et 1776, probablement par son frère, sur l'emplacement des jardins et des quelques longères qui existaient déjà. Le marbrier établit sur place son logement et probablement ses ateliers, sans qu'il soit possible de dire s'il logeait sur rue, ou dans l'un des deux hôtels situés dans l'impasse. L'immeuble sur rue (bis) est réuni au au cours du pour former un grand immeuble de rapport après reprise complète des ailes de bâtiment en fond de cour. Ce bâtiment est totalement séparé du reste du lotissement, apparemment dès la fin du . C'est probablement Leprince qui est l'auteur des modèles des panneaux stuqués à motifs antiquisants visible sur la façade sur rue du 32 bis, et dont on peut voir des occurrences sur divers immeubles parisiens de la même période. Il réalise également sans doute les décors stuqués de même type conservés dans les pièces de réception de l'un des hôtels dans le passage ; le premier hôtel du passage () se présente en « U » en adossement autour d'une cour, sans jardin. Il est modifié au milieu du puis surélevé d'un étage au début du en suivant le style adopté pour les étages inférieurs ;