Le () était un parti politique québécois et canadien, marxiste-léniniste, connu d'abord sous le nom de (). La Ligue communiste faisait partie du mouvement marxiste-léniniste et des groupes d'extrême gauche des années 1970 au Québec.

La ligue est fondée en 1975 avant de se transformer en parti, le PCO, en 1979. Le PCO présente des candidats lors de l'élection fédérale de 1980 et de l'élection provinciale québécoise de 1981. À son apogée à la fin des années 1970, le PCO comptait de 600 à , parmi lesquels on retrouve quelques personnalités publiques qui y ont milité dans leur jeunesse, notamment le bloquiste Gilles Duceppe, le syndicaliste Marc Laviolette et l'homme d'affaires Pierre Karl Péladeau. Bien qu'elle ait été l'une des organisations d'extrême gauche les plus importantes des années 1970, elle n'eut qu'une influence limitée sur la vie politique québécoise et canadienne. Le PCO se dissout en 1983.

D'idéologie marxiste-léniniste et maoïste, la Ligue communiste et le PCO souhaitent instaurer au Canada un État communiste. Contrairement à d'autres groupes similaires, le PCO présente des candidats lors des élections, même si l'objectif est davantage de sensibiliser la population que de faire élire des députés. La Ligue communiste affirmait plutôt la nécessité d'une lutte armée pour parvenir à son objectif. Le PCO était un parti relativement rigide, qualifié même de sectaire par certains.

Histoire Fondation de la ligue La Ligue communiste (marxiste-léniniste) du Canada (LC(ml)C) se développe dans la nouvelle mouvance marxiste-léniniste des années 1970 au Québec.. À cette époque, des militants de l'extrême gauche s'y activent en réaction à l'échec des méthodes terroristes du Front de libération du Québec et à la déception face aux politiques du Parti communiste du Canada, organe lié à l'URSS.. Le mouvement d'extrême gauche au Québec y est alors extrêmement fractionné : cité ..

Fondée en 1975, la Ligue communiste est issue de la fusion de trois organisations marxistes-léninistes de l'époque : le Mouvement révolutionnaire étudiant du Québec (MREQ), la Cellule ouvrière révolutionnaire (COR) et la Cellule militante ouvrière (CMO).. La fusion des organismes avant comme objectif d'avoir une .. Dans leur document de fondation, les trois groupes expliquent la base de la nouvelle organisation :

La Ligue communiste est aussi créée en réaction à d'autres organisations marxistes-léninistes de l'époque, telles qu'En lutte ! et le Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) (voir « Idéologie » ci-dessous).

La Ligue souhaitait d'abord unir les forces marxistes-léninistes avant de se pencher sur la création d'un parti.. C'est en 1979 où elle décide de se lancer dans l'arène électorale et de se transformer du même coup en parti politique : le Parti communiste ouvrier. Le PCO était considéré comme nécessaire pour la Ligue communiste pour arriver à ses fins..

Création du PCO

Le congrès de fondation du Parti communiste ouvrier a lieu au début du mois de dans une ferme de l'Estrie. Le parti organise ainsi une campagne publicitaire de même que des assemblées publiques dans plusieurs villes canadiennes afin de faire connaître son programme..

Le PCO participe d'abord à l'élection partielle dans la circonscription québécoise de Maisonneuve, où le candidat Robert Côté, même s'il est officiellement inscrit « sans désignation », s'affiche publiquement comme candidat du PCO. Cet employé de l'Hôpital Louis-H. Lafontaine est représentant syndical à la Confédération des syndicats nationaux.. Il arrive en troisième position avec 1,30 % des suffrages ()..

Quelques mois plus tard, le PCO présente une trentaine de candidats lors de l'élection fédérale de 1980. C'est toutefois lors des élections québécoises de 1981 que le parti obtient son meilleur résultat avec , soit 0,14 % des voix. Aucun des 33 candidats ne parvient à se faire élire. Le PCO considère tout de même que l'élection fut « un succès »..

Déclin Malgré les résultats électoraux perçus comme encourageants par les dirigeants du PCO, le déclin du parti s'amorce rapidement vers la fin de 1982. Le début des années 1980 marque l'essoufflement des mouvements d'extrême gauche au Québec et dans plusieurs autres pays occidentaux. De plus, à cette période, plusieurs partis politiques de droite sont portés au pouvoir dans d'autres pays (États-Unis, Royaume-Uni). Le mouvement marxiste-léniniste rencontre aussi des difficultés à intégrer d'autres mouvements alternatifs comme les féministes, les écologistes et les groupes de défense des gais et lesbiennes... Très peu de femmes se retrouvent dans les hautes sphères du parti.. L'ensemble de ces facteurs amène un découragement d'un grand nombre de militants du parti, les convainquant de le quitter..

Parmi les facteurs qui ont mené le PCO à disparaître, le refus du parti de se joindre au camp du « oui » lors du référendum de 1980 n'est pas négligeableVoir la section « Idéologie ».

De plus, au niveau interne, le PCO est aux prises avec un conflit entre les militants et le chef du parti, Roger Rashi, ce dernier étant l'objet de critiques sur sa méthode de travail.. Les membres critiquent aussi le mode de fonctionnement « stalinien » de l'organisation..

Le deuxième et dernier congrès se déroule en à Montréal, et marque officieusement la fin du PCO..

Idéologie Idées directrices Sur le plan idéologique, la Ligue communiste (marxiste-léniniste) du Canada et le PCO poursuivaient deux objectifs : la création d'un véritable parti communiste et l'organisation de la révolution socialiste au Canada. L'idéologie était basée sur le marxisme-léninisme et sur le maoïsme.. L'idéologie du Parti communiste ouvrier résidait, comme plusieurs autres partis communistes, dans l'accomplissement d'une révolution prolétarienne canadienne.. Par son appartenance à la mouvance marxiste-léniniste et maoïste, le PCO se rapprochait davantage du modèle idéologique issu de la Révolution d'Octobre que du communisme en vigueur à cette époque en Union soviétiqueDe même, le parti adoptait régulièrement des positions staliniennes .. La ligue reprochait à l'URSS des années 1970 de prôner un passage pacifique vers le socialisme, plutôt qu'une dictature du prolétariat.. Le PCO voit dans la Chine de Mao Zedong et dans l'URSS de Staline des modèles.. Elle appuyait aussi le communisme albanais.. Elle se distinguait du mouvement trotskiste par une plus grande prétention à la pureté idéologique.

Une grande partie des actions de la Ligue communiste (marxiste-léniniste) du Canada, et donc du PCO, se trouvait dans l'éducation et l'organisation des ouvriers afin de leur permettre de guider le mouvement ouvrier vers la révolution.. La première édition du journal La Forge de la Ligue communiste démontre bien la volonté d'action de la ligue :

Parmi la mouvance extrémiste marxiste-léniniste de l'époque, le PCO se distinguait de son groupe concurrent de l'époque, En lutte !, par une approche plus pragmatique axée sur l'organisation des ouvriers, plutôt que sur la théorie.. Le sociologue Jean-Philippe Warren explique que La Ligue communiste ne fait pas simplement de la sensibilisation, mais tente de s'implanter dans les différents milieux ouvriers. De plus, alors qu'En lutte ! s'opposait grandement à l'impérialisme américain, pour le PCO, le principal combat se situait entre le prolétariat canadien et la bourgeoisie canadienneLes trois groupes fondateurs de la Ligue communiste (marxiste-léniniste) du Canada évacuaient . La rivalité entre les deux organisations était bien réelle et intense, tant au niveau idéologique qu'au niveau du recrutement des membres. Tous deux avaient la prétention d'unir le mouvement maoïste canadien.. Les débats entre leurs partisans étaient souvent acrimonieux et certains militants se voyaient tout simplement interdire de fréquenter les militants de l'autre vers ..

Le PCO participait certes aux élections, mais cela était davantage dans une optique d'éducation que de prise de pouvoir. Le Parti ne croyait pas que les élections pouvaient réellement permettre au prolétariat de prendre le pouvoir et affirmait plutôt la nécessité d'une lutte armée pour y parvenir...

Le PCO s'intéressait aussi à la question des droits des femmes, mais les relations avec les mouvements féministes ont été tendues. La position marxiste-léniniste entrevoyait d'abord peu de place pour les luttes féministes, les relayant à une question secondaire par rapport à la lutte des classes.. Selon la Ligue communiste, la véritable source du statut de la femme était l'état capitaliste plutôt que les relations hommes-femmes.. Toutefois, vers 1980, le PCO s'ouvre pour faire une certaine place à un discours spécifiquement féministe.. Certains critiques du PCO ne manquent pas de souligner que l'organisation reproduisait plusieurs stéréotypes de la domination des hommes, notamment la présence quasi exclusive d'hommes dans les plus hautes instances.

Nationalisme québécois La position du PCO sur la question de l'avenir politique du Québec a été l'objet de plusieurs discussions et tensions internes. Le PCO reconnaissait le pouvoir du Québec de s'autodéterminer et avait pris position en faveur d'une union plus égalitaire entre le Canada et le Québec à 9 min... Selon le PCO, le Québec est une nation et La Ligue communiste et le PCO s'opposent donc aux projets de renforcement du nationalisme canadien comme la Commission Pépin-Robarts. et le rapatriement de la Constitution du Canada. Le PCO considérait de même, en 1979, que la nation québécoise était opprimée dans le contexte canadien (non-reconnaissance de la nation, droits linguistiques brimés, désavantage économique)..

Le Parti incite toutefois ses partisans à annuler leur vote lors du référendum de 1980 ; . Toutefois, certaines sources indiquent plutôt que le PCO a demandé à ses partisans de s'abstenir .. Les raisons ayant mené le PCO à n'appuyer aucun des camps sont nombreuses. Le PCO percevait le projet souverainiste du Parti québécois comme une menace au projet de révolution prolétarienne des ouvriers canadiens.. Appuyer le projet de souveraineté aurait été une façon de se détourner de l'objectif principal du mouvement marxiste-léniniste, soit l'unité de la classe ouvrière. Comme l'explique Bernard Dansereau, . En 1979, le chef de la Ligue communiste, Roger Rashi expliquait : Selon la ligue, De façon plus accessoire, le mouvement marxiste-léniniste avait peur que l'indépendance du Québec permette aux États-Unis d'avoir une influence plus grande sur un Canada et sur un Québec affaibli.. Warren souligne aussi la présence de nombreux anglophones à la tête du parti, ce qui a pu contribuer à la prise de position du PCO..

Pour Pierre Dubuc, l'analyse du PCO réduisait erronément le débat référendaire à une simple réforme constitutionnelle, plutôt que d'y voir une volonté d'émancipation du peuple..

Ainsi, la position du PCO lors du référendum de 1980 lui a valu plusieurs tensions internes, en partie responsables de sa dissolution.

Fonctionnement et structure