Jean-Sylvain Cartaud est un architecte français, né en 1675 et mort à Paris le Paris, État civil reconstitué, vue 14/51.. Il se fit connaître en construisant l'hôtel parisien puis le château à Montmorency du financier Pierre Crozat. Il travailla ensuite pour de grandes familles telles que les Orléans et les d'Argenson, construisit des immeubles de rapport et effectua également des travaux sur de nombreux édifices religieux.

Biographie Jean-Sylvain Cartaud était le fils de Sylvain Cartaud (1642-1703), , parfois désigné lui-même comme architecte, et de Marie Marguerite Dubugra. Il fréquenta toute sa vie des milieux artistiques et intellectuels. Le , il avait épousé Jeanne Bailly (1677-1er juin 1755), sœur de Nicolas Bailly, garde des tableaux de la Couronne. Sa sœur Suzanne épousa le sculpteur René Frémin. Il était également le beau-frère du graveur Henri Simon Thomassin et, par une autre alliance, tenait à la famille de Jean-Baptiste Lully. Amateur de peinture, il posséda l' de Watteau : Le tableau est mentionné dans l'inventaire des biens de Cartaud, daté du (Arch. nat., MCN, XLI 525)..

Cartaud était encore peu connu lorsqu'il fut appelé à construire, rue de Richelieu à Paris, la maison du financier Pierre Crozat. Il bâtit ensuite son château à Montmorency, qui établit sa réputation aux yeux de ses contemporains. Par l'entremise de Crozat, qui conseillait le Régent Philippe d'Orléans pour ses acquisitions d'œuvres d'art, Cartaud devint l'architecte de la maison d'Orléans. Il fut et continua de porter ce titre longtemps après la mort de Charles de France, fils du Grand Dauphin disparu prématurément en 1714.

Michel Gallet, Op. cit., p. 106 Le marquis d'Argenson le désigne comme .

Cartaud fut admis à l'Académie royale d'architecture en 1741. En 1748, Tournehem le dispensa de présenter un projet pour la place Louis-XV en considération de son grand âge.

Il possédait une maison de campagne à Arcueil et vécut longtemps aux Galeries du Louvre chez son beau-frère Frémin.

Réalisations et principaux projets À Paris Architecture civile Hôtel Crozat, 101 rue de Richelieu, Paris () : Michel Gallet, Op. cit., p. 105 Palais-Royal, Paris () : Travaux pour le Régent, entre les cours de la Bouche et des Réservoirs (v. 1715). En venant de la rue des Bons-Enfants, le passage Vérité correspond à l'arcade très simple construite par Cartaud, chargé d'édifier en 1752 la cour des Fontaines (aujourd'hui : place de Valois) pour loger les officiers de la maison d'Orléans. Ces bâtiments subsistent en partie, amputés par l’ouverture de la rue de Valois en 1787. Les élévations sont d'une grande simplicité. L'inspecteur de ces travaux fut Pierre de Vigny. Pour le duc d'Orléans Louis le Pieux, qui se retira en 1742 à l'abbaye Sainte-Geneviève de Paris, Cartaud bâtit dix maisons sur l'actuelle rue Descartes (projet conservé), dont l'une (26) a été conservée. Hôtel de Janvry, 47 rue de Varenne, Paris (), 1732 : Construit pour Gérard Heusch de Janvry, secrétaire du roi, sur un terrain appartenant aux religieux de la Charité et pris à bail emphytéotique de 45 ans. Considérablement remanié au par Henri Parent. Aujourd'hui ambassade d'Italie. Hôtel d'Armenonville (anciennement hôtel d'Hervart), rue Plâtrière, Paris () : Construction de la galerie et de la chapelle. Hôtel détruit, à l'emplacement duquel s'élève aujourd'hui la Poste centrale du Louvre. Immeuble syndical des orfèvres, constituant l'ensemble du pâté de maisons entre les rues des Lavandières, Jean-Lantier et des Orfèvres, Paris (), 1740-1746. Immeubles Harel, rue du Faubourg-Montmartre, Paris. Immeubles Guillot, rue des Mauvaises-Paroles, Paris (). Immeuble, rue de la Planche, Paris ().

Architecture religieuse Église Saint-Éloi-des-Barnabites, île de la Cité, Paris, 1705 : Construction du portail remonté en 1863 par Baltard devant l'église des Blancs-Manteaux après la démolition de l'église des Barnabites du fait du percement du boulevard du Palais et de la construction du tribunal de commerce. thumb|right|Basilique Notre-Dame-des-Victoires, Paris. Basilique Notre-Dame-des-Victoires, Paris (), 1737-1740 : Construction des trois premières travées de la nef, du portail et de l'escalier. Église Saint-Roch, Paris () : Construction du banc d'œuvre. Église Saint-Eustache, Paris () : Construction du banc d'œuvre. Couvent de la Madeleine de Traisnel, 100 rue de Charonne, Paris () : Reconstruction des bâtiments conventuels, construction de la chapelle d'Argenson pour le marquis d'Argenson. Subsiste en partie.

Hors de Paris Château de Montmorency, Montmorency (Val-d'Oise), 1708 : Construit pour Pierre Crozat, acquéreur en 1702 de la propriété du peintre Charles Le Brun. Michel Gallet, Op. cit., pp. 105-106 Château de Bourneville, Marolles (Oise) : Ce château a appartenu au au baron de Frénilly, puis à Henri Lutteroth, beau-père de l'homme politique William Henry Waddington. Il a été gravé dans L'Architecture française de Jean Mariette (1727). Château de Chanteloup, Amboise (Indre-et-Loire) : Travaux non documentés. Château de Neuilly, Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) : Le château de Neuilly est acquis en 1702 par M. de Sassenaye qui en reste propriétaire jusqu'au , date à laquelle il est vendu à la maréchale-duchesse de Biron, née Marie-Antoinette de Bautru de Nogent (1662-1741), femme de Charles Armand de Gontaut-Biron. Par testament du , elle en cède la nue-propriété au comte d'Argenson (1696-1764), Secrétaire d'État de la guerre de Louis XV, et l'usufruit à M. de VillarsChâteau de Neuilly. Domaine privé du roi, 1836, p. 2. Ce dernier étant décédé en 1741, le comte d'Argenson recueille l'intégralité de la propriété au décès de la duchesse de Biron le François-Alexandre Aubert de La Chesnaye des Bois, Dictionnaire de la noblesse, 1771, Vol. 2, p. 118. Séduit par la situation privilégiée du château en surplomb de la Seine et souhaitant rivaliser avec son fils, le marquis de Voyer, qui faisait bâtir un château neuf à Asnières depuis 1750, le comte fait construire en 1751 un nouveau château par Cartaud qui, trop âgé, fut assisté de son confrère de l'Académie royale d'Architecture, François II Franque, que l'architecte avait fait venir d'Avignon à Paris en 1748. Il s'agissait d'une construction à l'italienne, inspirée du Grand Trianon, ornée d'un ordre ionique et élevée sur plusieurs terrasses dominant la Seine. Le comte exposa là la statue pédestre à la romaine de Louis XV par Jean-Baptiste Pigalle, visible depuis la Seine, qui faisait écho à celle, identique, présentée par sa rivale Madame de Pompadour à Bellevue. Il s'agissait pour l'un comme pour l'autre de manifester leur attachement profond à la personne du roi dont ils se disputaient les faveurs. Cathédrale Notre-Dame d'Évreux : Construction du maître-autel. Cathédrale Notre-Dame de Rouen : Construction du maître-autel.

Notes et références

Voir aussi Sources

Liens externes

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