La Rafle est un film dramatique, historique et d'action franco-germano-hongrois écrit et réalisé par Roselyne Bosch, tourné en 2009 et sorti en 2010.
Il relate la rafle du Vélodrome d'Hiver des et lors de laquelle la police française a arrêté à leur domicile treize mille personnes fichées comme juives, dont quatre mille enfants, parmi lesquels Anna Traube. et Joseph Weismann.interprété par le jeune Hugo Leverdez, deux des rares survivants de la déportation à Auschwitz qui s'est ensuivie.
Le film évoque l'arrestation par des policiers français, le , et leur détention au Vélodrome d'Hiver, dans des conditions épouvantables, des treize mille cent cinquante-deux victimes de la rafle du Vél' d'Hiv', avant leur déportation, au bout de quelques jours, vers le camp de transit de Beaune-la-Rolande (Loiret) puis le camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau.
Le film a fait près de trois millions d'entrées en salles dans le monde, bien que la critique se soit montrée très partagée, à l'instar de Libération qui l'a qualifié de « lourd mélo historique ».
Synopsis
Pendant l'été 1942, la France est sous l'occupation allemande, les Juifs sont obligés de porter l'étoile jaune. Dans le quartier de la Butte Montmartre, deux familles juives vivent comme les autres habitants de ce quartier, à l'exception près qu'étant juifs, ils redoutent l'arrivée de la Gestapo. À Paris, les avis sont partagés, certains veulent protéger les Juifs en les cachant, alors que d'autres comme la boulangère préfèrent les insulter, les injurier et les rabaisser.
Dans la nuit du 16 au , leur destin bascule à la suite d'un accord entre les nazis et les autorités françaises sur l'arrestation et la déportation de nombreux Juifs, accord qui débouche sur la rafle du Vélodrome d'Hiver. Le quartier de la Butte Montmartre n'y échappera pas, et en effet, la famille de Joseph Weismann, un enfant juif d'une douzaine d'années, et leurs voisins sont arrêtés après avoir tenté par plusieurs moyens d'y échapper. Le père de Joseph aurait pu échapper à cette arrestation si Joseph ne l'avait pas malencontreusement dénoncé alors que sa mère s'était prétendue veuve auprès de miliciens.
À la suite de cette rafle, ils sont amenés dans le vélodrome d'Hiver, où Joseph et Noé, le petit frère de son meilleur ami, rencontrent une infirmière, Annette Monod, qui fera tout son possible pour les aider, eux et les autres jeunes enfants juifs. Dans ce vélodrome, les conditions sont précaires et insalubres : les raflés n'ont pas d'eau, ils sont entassés et obligés de faire leurs besoins où il y a de la place. Les maigres vivres qu'ils ont emportés doivent être partagés pour que chacun d'entre eux puisse manger. Un petit matin, alors que les prisonniers sont assoiffés, les pompiers font irruption et ouvrent les vannes pour donner à boire aux prisonniers. Ils acceptent aussi de « faire passer » les lettres qui leur sont confiées. Le capitaine Pierret, des pompiers de Paris, se sert même de son grade (le plus élevé parmi tous les militaires présents au Vél' d'Hiv' : Gendarmerie nationale et pompiers de Paris) pour prendre le commandement du Vél' d'Hiv' afin d'imposer le silence aux gendarmes mécontents de son attitude et celle de ses hommes.
Au bout de deux jours, les raflés sont déportés dans un camp de transit, à Beaune-la-Rolande, dans le Loiret, où les conditions de vie sont insupportables : nourriture mauvaise et en maigre quantité, maladies, sans parler du désespoir psychologique des déportés. Affamés et affaiblis, les Juifs affrontent la faim et la soif. Quelques jours plus tard, les parents et les plus âgés de leurs enfants sont déportés dans un camp d'extermination, à Auschwitz, seuls les plus jeunes devant rester en espérant un retour qui n'aura pas lieu. Ces jeunes enfants ont été arrachés des bras de leurs mères et Annette redouble d'efforts, malgré la fatigue, pour s'occuper d'eux.
À la suite des dernières paroles de sa mère lui disant de s'enfuir, Joseph et un de ses camarades s'enfuient avec la complicité d'autres. Joseph ne peut pas emmener avec lui son meilleur ami parce qu'il est malade, affligé d'une vilaine hernie qui l'empêche de marcher. Finalement, Joseph survivra grâce à son évasion, ainsi que Nono qui s'est échappé du train et a été recueilli par un couple de personnes âgées. En 1945, à la fin de la guerre, ils retrouvent tous deux Annette au Lutetia, un hôtel parisien où sont accueillis les rescapés des camps.
Fiche technique
Titre original : La Rafle (typographie La Rafle. sur l'affiche de sortie en France et au génériqueCf. l'affiche visible sur la fiche du film sur Allociné, consultée le 25 septembre 2011.) Titre allemand : Réalisation : Roselyne Bosch Scénario : Roselyne Bosch, d'après le témoignage de Joseph Weismann Musique : Christian Henson Direction artistique : Zsuzsanna Borvendég, Lionel Mathis et Alexis McKenzie Main Décors : Olivier Raoux Costumes : Pierre-Jean Larroque et Mirela Rupic Photographie : David Ungaro Son : Laurent Zeilig, Jean-Paul Hurier, Florent Lavallée Montage : Aurélien Dupont et Yann Malcor Production : Alain Goldman Production déléguée : Christer von Lindequist Production associée : Jean-Robert Gibard Coproduction : Catherine Morisse Sociétés de production . : France : Légende Films, en coproduction avec Gaumont, Légende des Siècles, TF1 Films Production, France 3 Cinéma, SMTS, KS2 Cinéma et Alva Films, avec la participation de Canal+, CinéCinéma, TF1, France Télévisions et le CNC, avec le soutien de la région Île-de-France et la Fondation pour la mémoire de la Shoah Allemagne : en coproduction avec EOS Entertainment, avec la participation de Filmförderungsanstalt Hongrie : en coproduction avec Eurofilm Stúdió Sociétés de distribution. : Gaumont Distribution (France) ; Constantin Film (Allemagne) ; Belga Films (Belgique) ; Les Films Séville (Québec) ; Pathé Films AG (Suisse romande) Budget : . Pays de production : , , Langues originales : français, allemand, yiddish Format . : couleur (Fujicolor) / noir et blanc - 35 mm / D-Cinema - 2,35:1 (Cinémascope) - son Dolby | Dolby Digital Genre : drame historique, guerre Durée : Dates de sortie . : France, Belgique, Suisse : .. Québec : . Allemagne : Classification . : France : tous publics (cependant certaines scènes pourraient effrayer la sensibilité des jeunes spectateurs.). Allemagne : interdit aux moins de (FSK 12) Belgique : tous publics () Québec : tous publics () Suisse romande : interdit aux moins de .
Distribution
Mélanie Laurent : Annette Monod Jean Reno : David Sheinbaum Gad Elmaleh : Schmuel Weismann Raphaëlle Agogué : Sura Weismann Hugo Leverdez : Joseph Weismann Sylvie Testud : Bella Zygler Anne Brochet : Dina Traube Oliver Cywie : Simon Zygler Catherine Allégret : la concierge « Tati » Mathieu et Romain Di Concetto : Noé Zygler dit Nono Isabelle Gélinas : Hélène Timonier Rebecca Marder : Rachel Weismann Barnabás Réti : Monsieur Goldstein Udo Schenk : Adolf Hitler Catherine Hosmalin : la boulangère Thomas Darchinger : Heinrich Himmler Holger Daemgen : Karl Oberg Bernhard Schütz : Helmut Knochen Ariane Séguillon : la prostituée Nadia Barentin : Grand-mère Ida Swann Arlaud : militant du Parti populaire français Johannes Oliver Hamm : le gradé allemand au café Franziska Schubert : Eva Braun Adèle Exarchopoulos : Anna Traube Nastasia Juszczak : Renée Traube Maurice Vaudaux : l'abbé Bernard Antoine Stip : Professeur Saul Traube Jérôme Cusin : Dieter Anne Benoît : Matthey Jouanis Philippe Beautier : le garde mobile du square François Bureloup : l'instituteur M. Jouyeux Sabine Pernette : la femme Charlotte Driesen : Charlotte Weismann Salomé Sebbag : Louise Zygler Caroline Raynaud : Paule Fétiveau Thierry Frémont : le capitaine de pompier Pierret Denis Ménochet : l'adjudant du camp Rodolphe Saulnier : le gendarme dragueur Roland Copé : Philippe Pétain Jean-Michel Noirey : Pierre Laval Frédéric Moulin : René Bousquet Armelle : la directrice de l'école d'infirmière Jean-Pierre Lorit : Docteur Jousse Marc Rioufol : Jean Leguay Jérôme Henry : un gendarme Claudine Acs : la vieille dame dans le parc Grégory Gatignol : un milicien Aurélien Ringelheim : le tailleur '9e Ordonnance'
Production Tournage Le tournage commence le au pied de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, où vivait une grande partie de la communauté juive parisienne dont Joseph Weismann (Hugo Leverdez), Simon Zygler (Olivier Cywie) et Nono Zygler (Mathieu et Romain Di Concetto) qui ont grandi dans ce quartier, en passant par le jardin du bois de Boulogne où discutent Philippe Pétain et Pierre Laval à propos des enfants juifs que les Allemands ne veulent pas.
Les acteurs et l'équipe partent au début juin en Hongrie à Budapest où a été reconstitué à un quart le vélodrome, puis numérisé pour donner l'illusion d'en avoir un entier, dans lequel furent détenus des milliers de raflés des 16 et . Il se termine le .
Lieux de tournage Paris Montmartre, , au pied du Sacré-Cœur, place Saint-Pierre. Avenue Junot, . 40 rue Durantin, . Rue de l'Abreuvoir, , Rue Girardon, , Square Suzanne-Buisson, , Place Dalida, , Place Constantin-Pecqueur, , Centre hippique du Touring de France, dans le jardin du Bois de Boulogne, . Pont de Bir-Hakeim, . Lycée Chaptal, . Jardin du Luxembourg, , Hongrie, Budapest Studios de Mafilm.
Bande originale Le compositeur britannique Christian Henson retrouve Roselyne Bosch pour qui il avait mis en musique son premier film Animal. Paris par Édith Piaf de (générique de début : images d'archive : visite de Paris par Hitler). Tout en flânant par André Claveau de . Quand un Vicomte par Ray Ventura. La mort d'Åse de Peer Gynt par Edvard Grieg de . Clair de Lune de la Suite bergamasque par Claude Debussy de . Valse en La mineur par Frédéric Chopin. Tombé du ciel par Charles Trenet de . Insensiblement par Ray Ventura (chanson anachronique puisqu'elle ne sortira en France qu'en 1946). La Savane par Louis Moreau Gottschalk. Concerto de l'Adieu par Georges Delerue de . Concerto pour violon et orchestre par Philip Glass de . Prélude de L'Or du Rhin par Richard Wagner de . Automne par Alix Combelle. À la claire fontaine. Operation terminated par John Ottman. États d'âmes par Jérôme Lemonnier. Germany par George Wilson. Belz par Cugate de . Ein kleiner akkord par Zarah Leander de .
Accueil Accueil critique
Le site américain Rotten Tomatoes donne un pourcentage de 56 % d'opinions favorables pour 34 critiques.. Sur Metacritic, il obtient une note moyenne de pour .
En France, la critique réserve un accueil très partagé à La Rafle. Le site Allociné, qui recense 24 critiques, propose une note moyenne de 2,8 sur 5, le système d’évaluation du site rajoutant un point à toutes les notes des critiquesDepuis la fin des années 2000, le site (commercial) Allociné « gonfle » toutes les notes des critiques en leur rajoutant d’office 1 point. Pour La Rafle, six médias ont gratifié le film d'un zéro, auquel Allociné a rajouté 1 point. Exemple, Chronicart : https://www.chronicart.com/cinema/la-rafle/. Les critiques positives portent surtout sur le fond, sur le message du film, pas sur sa forme, sa qualité stylistique. Elles retiennent la force et l'utilité de ce message, ainsi que l’importance qu’une telle œuvre soit diffusée, notamment auprès des jeunes générations, près de 70 ans après les faits, alors que les critiques négatives lui reprochent sa lourdeur et son simplisme, son chantage à l'émotion et son manque d'incarnation.
Dans Le Nouvel Observateur, François Forestier relève que et que
Le Figaroscope se demande , insiste sur et juge que .
Le Journal du dimanche note que
Dans Paris Match, Alain Spira juge que
Télé 7 jours juge que la réalisatrice signe
Ouest-France voit dans La Rafle un film
Le quotidien suisse Le Temps veut retenir, à travers ce film, l'efficacité de son discours .