Jean-Claude Barbarant, né le à Ramerupt (Aube) et décédé le à La Verrière (Yvelines), est un syndicaliste enseignant français.

Il fut le dernier secrétaire général du Syndicat national des instituteurs (SNI-PEGC/FENDans sa configuration historique de syndicat des instituteurs et des PEGC, héritiers des maîtres de cours complémentaire.) de 1983 à 1992 et le premier secrétaire général, dans sa configuration étendue à tous les enseignants de l'école maternelle au lycée, du Syndicat des Enseignants (alors SE-FEN, puis SE-UNSA), de 1992 à 1994. Secrétaire national de la Fédération de l'Éducation nationale (FEN, aujourd'hui UNSA éducation) jusqu'à sa retraite en 2000, il a également été membre du Conseil économique et social de 1994 à 2004 (président du groupe de l'UNSA de 1999 à 2004).

La formation Jean-Claude Barbarant a été reçu au concours d'entrée (alors en fin de classe de troisième) de l’école normale d'instituteurs de Troyes (Aube où il est élève-maître de 1957 à 1959. Celle-ci ne préparant alors qu’au baccalauréat « sciences expérimentales », il poursuit sa scolarité à l'école normale de Dijon, obtenant un baccalauréat en philosophie, suivi d’une année en propédeutique et d’une année de formation professionnelle à l’issue de laquelle il devient directement maître de collège d’enseignement général (CEG). C'est à Dijon qu’il fait la rencontre de Josette L’Hémann, également normalienneJosette Barbarant exerce des responsabilités militantes locales avant son mari, notamment au conseil syndical de la section de l’Aube du SNI. Institutrice doublement spécialisée (enfance inadaptée, écoles annexes et d’application), elle rejoint la région parisienne (Val-de-Marne) lorsque Jean-Claude prend des responsabilités nationales. Elle-même continue à militer à la section du Val-de-Marne du SNI-PEGC, dont elle est membre du conseil syndical départemental, mais également dans un cadre associatif (Comité laïque d'éducation au développement) et mutualiste. Elle est notamment présidente de la section du Val-de-Marne de la Mutuelle générale de l'Éducation nationale (MGEN) de 1989 à 2000 et est élue au conseil d’administration national de 1993 à 2003. Josette Barbarant est décédée le 12 octobre 2010, huit mois et deux jours après son mari des suites d’une intervention chirurgicale.. De leur mariage naissent deux enfants : Bruno et Olivier.

Jean-Claude Barbarant commence alors à enseigner au lycée de Bar-sur-Aube en tant que maître de CEG de 1962 à 1967, puis au collège Jean Jaurès de Nogent-sur-Seine jusqu'en 1971. En 1969, il devient professeur d'enseignement général de collège (PEGC) dès la constitution du nouveau corps. Seule interruption : le service militaire effectué en 1967-1968 à Mailly-le-CampLes enseignants étant traditionnellement incorporés d'août à fin juillet pour éviter les ruptures dans les affectations professionnelles, Jean-Claude Barbarant n'a donc pas connu l'effervescence syndicale de mai 1968..

Jean-Claude Barbarant est adhérent du SNI depuis 1960Il a adhéré après le baccalauréat dès l'année de formation professionnelle, ce qui lui aurait été impossible avant, les élèves-maîtres préparant le baccalauréat n'ayant pas le statut de fonctionnaires stagiaires. La tradition du SNI, jusqu'à la quasi-disparition de la formation avant le baccalauréat dans les écoles normales, était d'en faire des « pupilles » du Syndicat).. Dans cette première périodeTémoignage de Josette Barbarant à Luc Bentz, Jean-Claude Barbarant a été adhérent plus que militant, avec une sensibilité plus proche de la tendance « École émancipée ».

1970-1978 : le responsable départemental et académique du SNI-PEGC

En 1970, le rapport d'activité du secrétaire département du SNI de l'Aube est mis en minorité, lors d'une assemblée générale des adhérents, après une intervention d'Henri Debelle, qui se situe alors dans la tendance Rénovation syndicaleNée de mai 1968, cette tendance, où se retrouvent notamment des militants appartenant au PSU, fait de la transformation du système éducatif une priorité. Un certain nombre de ses militants dans la FEN passeront, les années suivantes, au Syndicat général de l'Éducation nationale CFDT. Dans le SNI, cette sensibilité continuera jusqu'au début des années 1980 avec la tendance Syndicalisme vivant expérience Dordogne qui anime cette section puis rejoint la majorité en raison de convergences éducatives fortes (elle sera également présente, de manière résiduelle, dans d'autres syndicats de la FEN et à la FEN elle-même sous l'appellation Éducation et Autogestion). Henri Debelle aura rejoint bien avant le courant majoritaire national.. Le secrétaire départemental démissionne séance tenante. Henri Debelle prend à son corps défendant la direction de la section de l'Aube du SNI sur l'initiative de son prédécesseurTémoignage direct d'Henri Debelle qui précise lui avoir indiqué qu'il ne remettait pas en cause sa légitimité à diriger la section sans le faire changer d'avis. D'emblée, Henri Debelle indique que, pour lui, l'exercice de cette fonction ne sera que provisoire. Jean-Claude Barbarant l'accompagne dans l'aventure, mais en se situant rapidement dans le courant majoritaire national. Il devient donc en 1970, dans un processus qui doit beaucoup aux circonstances et au hasard, membre du bureau départemental et permanent de la section.

En 1971, Jean-Claude Barbarant succède à son ami DebelleHenri Debelle, après avoir été notamment conseiller en formation continue, exerce ultérieurement une mission de conseiller technique au SNI national sur les questions de formation professionnelle continue, puis, pendant le mandat de Jean-Claude Barbarant, de chargé de communication du Syndicat jusqu'à sa retraite à la fin des années 1990. Ultérieurement, Henri Debelle est membre du bureau de la Fédération générale des retraités de la fonction publique (FGR) et responsable de son bulletin.. Jean-Claude Barbarant exerce le mandat de secrétaire départemental du SNI de l'Aube de 1971 à 1974. Cette prise de responsabilité n'est plus un hasard : Jean-Claude Barbarant est engagé durablement et profondément dans l'activité syndicale. Il prend ensuite la responsabilité du conseil académique des PEGC de l'Académie de Reims de 1974 à 1978, fonction qu'il cumule, à partir de 1975, avec celle de secrétaire départemental de la FEN de l'Aube.

Les responsabilités nationales au SNI-PEGC et au Syndicat des enseignants (1978-1994)

Candidat en 1976 au bureau national, secrétaire national en 1978

En 1976, Jean-Claude Barbarant est élu membre suppléant de la commission administrative nationale de la FEN qui vient de passer de 57 à 80 membres (décision du congrès de Grenoble de la FEN). Jean-Claude Barbarant y entre sur le contingent des représentants désignés par son syndicat qui, la même année, a changé l'appellation SNI en SNI-PEGC : Syndicat national des instituteurs et professeurs d'enseignement général de collège.

Il figure également sur la liste de candidats au Bureau national du SNI-PEGCLe Bureau national était élu à l'issue d'un scrutin de liste à la proportionnelle à la plus forte moyenne auquel participaient tous les adhérents par vote à bulletin secret. que conduit André OuliacMais, dès la première réunion du Bureau national en 1976, André Ouliac annoncera son retrait du secrétariat général et la candidature de Guy Georges qui assumera sa fonction jusqu'en 1983., mais il est le premier non élu de la liste majoritaire UID.

En , Jean-Claude Barbarant devient membre du bureau national du Syndicat par suite du départ d'Élie JouenFutur secrétaire général adjoint de l'Internationale de l'éducation. vers le secteur international de la FEN. Il assure la responsabilité du supplément mensuel « Jeunes du SNI-PEGC ». En , il rejoint le secrétariat national du Syndicat où il prend la responsabilité du secteur « Jeunes ». En , lors des élections pour le renouvellement du bureau national et des conseils syndicaux départementaux, il est réélu au Bureau national et au secrétariat où il occupe le même secteur. Il est alors assisté par Jeanne Finet, secrétaire de la commission nationale des jeunes et nouvelle membre du Bureau nationalMilitante de l'Isère, Jeanne Finet assumera la responsabilité du secteur « Jeunes » de 1980 à 1985, puis prendra la responsabilité du secteur « éducation » du syndicat jusqu'en 1990. Elle choisit en 1990 de mettre fin à ses responsabilités nationales (congrès de Limoges) pour reprendre un poste.. En 1980, Jean-Claude Barbarant prend la responsabilité du secteur « collèges »Il y remplace Maurice Piques, passé au secteur « vie interne ». Jean-Claude Barbarant est lui-même remplacé dans son secteur par Jeanne Finet.. Il l'exercera jusqu'en 1983.

Secrétaire général du SNI-PEGC (1983-1992), puis du SE (1992-1994)

Le , Jean-Claude Barbarant devient secrétaire général à la suite de Guy Georges dans un contexte de crispations internes à l'équipe nationalePour la première fois, deux candidatures concurrentes avaient été proposées dans un premier temps au Bureau national : celle d'Alain Chauvet (futur président de la MGEN) par Guy Georges, secrétaire général sortant ; celle de Michel Bouchareissas par Jean-Claude Barbarant. Après une suspension de séance, les militants de la majorité nationale se mirent d'accord sur une candidature unique, celle de Jean-Claude Barbarant.. Il exerce ce mandat jusqu'en 1992 dans le cadre du SNI-PEGC dans sa configuration traditionnelle (instituteurs et professeurs d'enseignement général de collège), puis jusqu'en 1994 dans le cadre élargi du Syndicat des enseignants (de la maternelle à la fin du lycée). Comme secrétaire général du SNI-PEGC puis du SE, Jean-Claude Barbarant a appuyé, depuis 1993, le développement de la jeune UNSAMartine Le Gal, première secrétaire générale de l'UNSA, était directement issue du secrétariat national du SNI-PEGC où elle avait la responsabilité — majeure — du secteur revendicatif..

Secrétaire général du Syndicat, Jean-Claude Barbarant siège également, désormais, au Bureau fédéral nationalOrganisme délibératif réuni mensuellement, comprenant des représentants des différents courants de pensée. Il en était membre suppléant depuis la réforme des statuts de la FEN adoptée au congrès d'Avignon de 1982 et à l'Exécutif fédéral national (exécutif homogène)Il ne quittera ces instances qu'au moment de sa retraite administrative, à la rentrée 2000..

Deux dossiers majeurs : laïcité et revalorisation

Durant son mandat, Jean-Claude Barbarant est confronté à deux dossiers majeurs :

le dossier laïque ; la revalorisation de la fonction enseignante (1989)

Il faut mentionner également son engagement dans la campagne demandant une rectification de l'orthographe, puis son soutien aux rectifications orthographiques préconisées par le Conseil supérieur de la langue française en 1990Un numéro de l' École libératrice sera même publié en orthographe rectifiée.. Durant son mandat, l'académicien français Michel Serres reprit à sa manière la tradition du philosophe Alain, qui avait publié régulièrement ses propos dans l' École libératrice d'avant-guerre, en rédigeant régulièrement des chroniques pour la presse syndicale.

De la défaite laïque de 1984 à la manifestation du 16 janvier 1994