Le nom Palestine , en (dérivé du , dérivé du ; dérivé de l') désigne la région historique et géographique du Proche-Orient située entre la mer Méditerranée à l'ouest, le fleuve Jourdain à l'est et au nord du Sinaï Definition of Palestine, The Palestine Exploration Fund, consulté le 4 avril 2008.. Si le terme « Palestine » est attesté depuis le par Hérodote, il est officiellement donné à la région par l'empereur Hadrien au , après l'expulsion des Juifs à la suite de leur révolte en 132-135 apr. J.-C.

La zone n'est pas clairement définie. Centrée sur les régions de Galilée, de Samarie, de Judée et du Néguev, ses limites sont approximativement le fleuve Litani au nord, la vallée du Jourdain, la mer morte et la vallée de l’Arava à l’est, et le Sinaï au sud. À l'époque des croisades, le Pérée au nord-est de la mer Morte, la Batanée et la Décapole au-delà du Jourdain y étaient attachés. Le terme est aussi utilisé comme équivalent à la terre d'Israël.

La région comprend aujourd'hui l'État d'Israël, les territoires palestiniens occupés (bande de Gaza et Cisjordanie, dont Jérusalem-Est), parfois également, une partie du royaume de Jordanie, le Liban du Sud et le plateau du Golan Forji Amin George, « Is Palestine a State? », expertlaw.com, juin 2004..

Historiquement, elle correspond à Canaan, à la terre d'Israël et fait partie de la région de Syrie (Syrie-Palestine). Dans les traditions abrahamiques, elle est la Terre promise aux enfants d'Israël, la Terre sainte du christianisme et une terre sainte de l'islam.

Terre de religions vignette|Vue d'une partie de Jérusalem et du Dôme du Rocher, en 2008. Terre promiseArchibald Henderson, Palestine: Its historical geography with topographical index and maps, . et Terre sainteZacharie, 2;14 : « L'Éternel rentrera en possession de Juda, son domaine sur la terre Sainte, et fera de nouveau choix de Jérusalem. » du peuple juif et du judaïsme, Terre sainte des chrétiens, terre où se situe la mosquée al-Aqsa, un lieu saint de l'islamEncyclopédie Larousse, article « Palestine » : § La Palestine, terre sainte des musulmans, sur larousse.fr., la Palestine présente une importance majeure au sein des grandes religions monothéistes, le judaïsme, le christianisme, l'islam. Des lieux de culte et de vénération, souvent revendiqués par plusieurs de ces religions et parfois lieux de conflit entre leurs fidèles, sont éparpillés sur tout ce territoire historique : Jérusalem, Hébron, Bethléem, Safed, Jéricho, Haïfa, le mont Carmel, Acre, le lac de Tibériade…

Origine du nom Pour le Centre national de ressources textuelles et lexicales, le mot « Palestine » nous est parvenu au travers du latin Palaestina et du grec παλαιστινη (Palaistínē), eux-mêmes de l'hébreu pĕlesheth (פְּלֶשֶׁת), qui désignait le pays des Philistins.....

Selon l'exégète Guy CouturierUniversité de Montréal., la forme actuelle du nom « Palestine » résulte de transformations, à travers les siècles, du mot hébreu Pelishtîm, que nous transcrivons « Philistins ». Il ajoute qu'il fait directement référence aux Philistins, mais sous la forme assyrienne Palastu répandue par les Grecs..

Histoire de l’utilisation du terme « Palestine » Le mot « Palestine » est attesté dans l'Antiquité dans différentes langues. L'usage géographique du terme désignait des territoires dont les frontières ne sont pas bien délimitées, situés approximativement à l'ouest et à l'est du Jourdain, et couvrant parfois l'ensemble du pays de Canaan.

Les Romains désignèrent la région sous le nom de Palaestina Prima au sud et de Palaestina Secunda au nord. Durant l'époque des croisades, elle fut appelée « Terre sainte » par les croisés. Les Empires mamelouk et ottoman n'utilisaient le nom « Palestine » sous aucune forme, mais après la Première Guerre mondiale, les principales puissances alliées ont appliqué le nom au territoire du foyer national juif (conférence de San Remo., 1920) sous mandat britannique.

Dans la langue française, le terme « Palestine » est utilisé depuis plusieurs siècles pour désigner le territoire situé géographiquement entre la mer Méditerranée et le fleuve Jourdain.

Le nom « Palestine » perdure même s'il a pris un sens politique et a perdu une partie de sa neutralité, spécifiquement après la création de l'État d'Israël en 1948. Notamment, certains Israéliens ou Juifs perçoivent dans l'utilisation de ce terme un déni de l'existence effective de l'État d'Israël sur une partie de ce territoire, ou de sa légitimité sur cette même terre. Et le fait de désigner par « Palestine » un éventuel futur État arabe sur les territoires palestiniens occupés accroît cette confusion.

Toutefois, la partie arabe continue d'appeler « Palestine » soit la région dans son intégralité, soit seulement la bande de Gaza et la Cisjordanie, tandis que le terme « Palestiniens » est adopté pour désigner les descendants des habitants de Palestine avant le début du conflit israélo-arabe, y compris souvent les habitants arabes et les Juifs qui descendent des familles qui habitaient en Palestine bien avant les immigrations juives du .

Antiquité Philistins vignette|Zones approximatives d'influence des royaumes antiques de la région pendant l'âge du fer. Les Philistins, nom d'envahisseurs venus d'au-delà des mers., sont désignés par les Israélites sous le nom de Pelishtîm, et Abdallah Naaman, Le Liban : Histoire d'une nation inachevée (lire en ligne).. Dans la Bible, la région est désignée sous le nom de Peleshet (פלשת), terme qu'il faudrait traduire littéralement par Philistia.

Peuple vivant, entre la fin de l'âge du bronze et le début de l'âge du fer, sur une partie de la bande côtière centrée autour de l'actuelle bande de Gaza, les Philistins sont mal connus, car ils n'utilisaient pas l'écriture. D'après Guy Couturier,

On dispose de références à ce peuple dans des documents égyptiens qui en font l'un des « Peuples de la mer » envahisseurs de l'Égypte sous et désignent par Peleset (P-l-s-t), Philistie, la région qu'ils habitent. Les Philistins et leur pays Peleshet (פלשת Pəléšeth) sont également mentionnés dans la Bible qui parle aussi de « Cananéens » à la fois antérieurs et voisins par rapport aux « Philistins » : selon le texte, les Hébreux étaient régulièrement en guerre avec ce peuple dont les principales villes étaient Ashdod, Ashkelon, Éqron, Gath et Gaza.

L'existence ou non d'un lien historique entre les Philistins - d'origine « vraisemblablement indo-européenne » - et les Palestiniens - descendants des Arabes qui peuplèrent la région de Palestine, à partir du , passée sous contrôle byzantin - est contestée.

Désignation de la région vignette|Carte de Palestine ou Canaan, 1853. Ces différentes appellations de l'Antiquité renvoyaient à la région côtière au nord et au sud de Gaza où s'étaient installés les Philistins. D'autres noms pouvaient être utilisés à cette époque pour désigner approximativement cette même région : Canaan, Amurru, Retenu. Les Juifs appelaient le pays Terre d'Israël (Eretz Yisrael).

Dans les textes grecs et latins, le terme de « Palestine » (Palaïstinê) apparaît pour la première fois sous la plume de l'historien grec Hérodote, au , sous le nom de Παλαιστίνη Συρία « Syrie de Palestine » (Histoires, 1.105 ; 2.104 ; etc.).... La région désignée n'a pas de frontières bien délimitées :

Le Romain Pline l'Ancien traite ainsi, vers 77 apr. J.-C., de la Palestine, de la Judée et des contrées alentour dans le livre V de son Histoire naturellePline l'Ancien, Histoire naturelle, traduction Émile Littré (1855), (lire en ligne sur le site mediterranees.net). :

vignette|Découpage administratif de l'empire byzantin, suivant les limites des diocèses de Palaestina Prima et de Palaestina Secunda vers la fin du . Au , le Grec Ptolémée parle également de « Palestine », toujours en lien avec le terme de « Syrie ».

À l'époque romaine, jusqu'à la révolte juive du , le mot « Palestine » n'était pas utilisé pour désigner la Judée, qui était officiellement connue sous ce nom. C'est après la deuxième révolte juive (132-135) qui aboutit à l'expulsion des juifs de Jérusalem par Hadrien que la région est intégrée dans la province de « Syrie-Palestine », (Syria Palæstina), nouvelle dénomination, calquée sur le grec, de ce qui était auparavant appelé en latin, « Syrie Judée » ou « Syrie juive ». Jérusalem est alors renommée Ælia Capitolina en hommage à la famille romaine d'Hadrien et au dieu romain Apollon« 117-138, Hadrien (Publius Ælius Hadrianus) », sur empereurs-romains.net (lire en ligne)..

Dans son Histoire romaine (rédigée en grec)., l'historien et consul romain Dion Cassius (v. 155-apr. 235) indique :

Vers 390, le terme de « Palestine » est à nouveau utilisé pour nommer les trois subdivisions administratives du territoire romain de la Palestine : la Palestine première (Palaestina Prima) a pour chef-lieu Césarée et comprend la Judée, la Samarie, la Pérée et la côte méditerranéenne ; la Palestine seconde (Palaestina Secunda) a pour chef-lieu Scythopolis et comprend la Galilée, la basse plaine de Jezreel, la vallée du Jourdain à l'est de la Galilée et l'ouest de la Décapole ; la (Palaestina Tertia) a pour chef-lieu Pétra et comprend le Néguev, le sud de la Jordanie (détaché de la province d'Arabie), et l'est du Sinaï.

Moyen Âge, époque moderne

vignette|Monnaie musulmane en bronze, l'une avec une menorah, l'autre avec une étoile de David, (Centre archéologique de Jaffa). vignette|redresse|« Grands prêtres d'Israël », Terre sainte de la Terre sacrée de la Promesse qui était autrefois la PalestineTerra Sancta quae in Sacris Terra Promissionis olim Palestina., 1648-1664. Les Arabes, qui ont conquis la Palestine sur les Byzantins dans les années 630, divisent la province d'al-Sham en cinq districts (jund), dont l'un garde le nom de « Palestine » (فلسطين, Filastīn) et s'étend du Sinaï jusqu'à Akko (connue par les Chrétiens sous le nom de Saint-Jean-d'Acre) ; son chef-lieu est d'abord Ludd (Lydda, Lod) puis, dès 717, ar-Ramlah (Ramla) et plus tard Jérusalem. Les autres villes les plus importantes sont Rafah, Gaza, Jaffa, Césarée, Naplouse et Jéricho. Ce district de « Palestine » était bordé au nord et à l'est par celui de « Jordanie », al-Urdunn, qui avait pour capitale Tibériade et incluait Akko et Tyr. Les frontières entre ces deux districts ont plusieurs fois varié au cours de l'histoire. À partir du , cette division a commencé à tomber en désuétude, pour faire place finalement au royaume chrétien de Jérusalem.

Sous le gouvernement des Croisés, est fondé en 1099, le royaume latin de Jérusalem ; Jérusalem redevient capitale d'un État. Après la défaite et le départ des Croisés, aux , les jund (districts) arabo-musulmans sont réintroduits, mais leurs frontières sont sans cesse redéfinies.

Les Mamelouks, l'Empire ottoman puis l'Empire turc dominent la Palestine jusqu'en 1917. À aucun moment sous la domination turque, la Palestine ne forme une entité administrative distincte.. À la fin du , la « Syrie » est divisée en neuf « royaumes », dont les royaumes de Gaza (avec Ascalon et Hébron), Karak (avec Jaffa), Safed (avec Acre, Tyr et Sidon) et Damas (avec Jérusalem). Au milieu du , le système des districts est réinstauré, et différentes divisions régionales se succèdent (comprenant des villes comme Ramla, Ascalon, Hébron, Naplouse). Tibériade est le chef-lieu d'un autre district, celui d'« Hauran ».

Époque contemporaine