La Spa 75 Charognard est une escadrille de l'armée de l'air française créée lors de la Première Guerre mondiale. La seconde escadrille de l'escadron de chasse 2/3 Champagne est l'héritière de ses traditions qui ont été perpétuées quasiment sans interruption depuis .
La Première Guerre mondiale
L'escadrille SPA 75 trouve ses origines dans la création de la N 75 le à l'Aéroport de Lyon-Bron, sous le commandement du capitaine de Montfort. Cette dernière fut équipée de Nieuport 11.
Le capitaine de Montfort ainsi que quatre-vingt-quatre sous-officiers et hommes de troupe se trouvent dès le sur le terrain de Lunéville en Meurthe-et-MoselleSite mémoire des hommes - SGA. Dès la fin du mois d'août, les effectifs atteignent le nombre de treize officiers et de 104 sous-officiers et hommes de troupeLes carnets de comptabilité en campagne de l'aéronautique militaire. La SPA 75 participe au combat avec des pilotes et des observateurs tels que les lieutenant Azire, Virolet... Le premier pilote tombé est le sergent-pilote Le Cour Grandmaison (origine N 48) le Lecour-Grandmaison Adolphe Maris Jean Baptiste, maréchal des logis au d'aviation du recrutement de Nantes, décédé par blessure de guerre à l'âge de vingt-six ans Site mémoire des hommes - SGA.
Du ( préciser l'année ?) au , la N 75 opère sur le front de Lorraine. L'escadrille se trouve sur le terrain de Saizerais (actuelle base de Toul) et effectue deux cent soixante missions : patrouilles, reconnaissances d’armées, missions photographiques, protection de bombardement du groupe Happe, réglage d’Hampont(pièce détruite). Des pilotes sont détachés à Verdun auprès de la Armée pour l’offensive de et le mitraillages des tranchées. L’escadrille livre trente et un combats. Le premier succès est porté au crédit du sous-lieutenant Vernindu recrutement de Nîmes sous-lieutenant observateur et du caporal CharpentierCharpentier Louis originaire de Mardeul dans la Marne décoré de la Croix de guerre et pilote de Nieuport qui abattent un avion au-dessus de la Lorraine.
Le , l'escadrille est transformée sur SPAD VII et devient alors l'escadrille de chasse SPA 75. Elle se bat au sein du groupe de combat 14 dans l'Aisne composé des escadrilles SPA 80, SPA 83, SPA 86, SPA 166 et SPA 171 à partir du terrain de Fisme (lieu-dit de Bonne-Maison), notamment lors de la bataille du Chemin des Dames de 1917 en support de la armée française. Lorsque l' effectif est complet, la SPA 75 est constituée de quinze appareils.
Du au , elle est partie prenante dans les opérations de la Armée. C'est du terrain de Souilly (arrivée le ) qu'elle prend part à la bataille de Verdun dès le , faisant face à une considérable activité de l'aviation ennemie. Elle participe ensuite à la deuxième offensive du Chemin des Dames en . En , la SPA 75 est détachée pendant dix jours à l'armée britannique pour la bataille de Cambrai.
Au cours de la dernière année de guerre, l'escadrille déménage plusieurs fois afin de suivre les évolutions incessantes du frontLe 16 avril 1918 l'escadrille arrive au terrain de Fienpillers Somme (20 jours)- Le 6 mai 1918 l'escadrille arrive au terrain de Bray Dunes Nord (27 jours)- Le 2 juin 1918 l'escadrille arrive au terrain de Thiers Oise (91 jours) - Le l'escadrille arrive au terrain de Boursonne Oise (39 jours) - Le 10 octobre 1918 l'escadrille arrive au terrain de Royallieu Oise (25 jours) - Le 10 octobre 1918 l'escadrille arrive au terrain de Royallieu Oise (25 jours) - Le 19 décembre 1918 l'escadrille arrive au terrain de Trécon Marne..
Le , elle est affectée à la Armée opposée dans la région de Lassigny Saint-Gobain, à l'offensive allemande dite bataille de l'Aisne. Pendant huit jours, elle est alors le seul organe de renseignement de l'armée sur le front de Fère-en-Tardenois, Soissons, Saint-Quentin.
Positionnement de l'escadrille pendant la guerre
Les avions de la SPA 75 pendant la Première Guerre mondiale
Elle participe successivement, à l'offensive des Flandres (terrain de Bray Dunes), à la contre-offensive qui fait suite à la poussée allemande sur Paris. Le , elle est la première engagée dans la grande offensive française.
Bilan
C'est sur le terrain de Clastres où elle est stationnée que la SPA 75 apprend l'armistice. Elle a alors obtenu trente-trois victoires et effectué près de de vol. Ses pertes se sont élevées à huit hommes tués en combat, cinq disparus, trois tués accidentellement et trois blessés grièvement en combat. Sur proposition du , l'escadrille ayant obtenu alors trente et une victoires, est citée en date du à l'ordre du grand quartier général : « Unité remarquable par son entrain et son activité inlassable, entraînée par son chef le capitaine Bladinières, sans cesse lui-même à la tête de ses troupes, n'a cessé d'être pour le commandement un auxiliaire précieux tant dans la chasse des avions ennemis que dans la protection de nos propres appareils de corps d'armée. Dans les dernières attaques, a abattu sept avions ennemis et sept drachen, portant ainsi à 31 le nombre de ses victoires ». Le , l'escadrille effectue son dernier déplacement pour se rendre sur le terrain de Trecon en Champagne. C'est là que le la Spa 75 est dissoute avec le groupe de combat . L'escadrille a reçu de nombreux pilotes., observateurs mitrailleurs et mécaniciens combattant sous les mêmes couleurs. Ils venaient d'horizons différents et parfois même très lointains comme le caporal pilote japonais Tadao YamanakaCaporal Tadeo Yamanaka, né à Hiroshima, le 22 janvier 1886, engagé le 13 septembre 1916, premier étranger directement versé dans l'aéronautique en sa qualité de pilote dans le civil avant la guerre, brièvement inscrit au registre de présence de l'unité en provenance de la N83. Le caporal Yamanaka ainsi que son frère vont servir la France dans l'aéronautique après avoir appartenu au étranger de la Légion étrangère, le lieutenant américain Beaumont.
L'entre-deux-guerres
Après l'armistice, les SPA 67 et 75 sont réunies au sein du d'aviation de chasse de Châteauroux ( et ). Elles rejoignent ensuite le terrain de Lyon-Bron où elles deviennent le les et du d'aviation, équipées de Nieuport 29. En 1924, elles sont et du d'aviation d'observation, puis elles forment à partir de 1932 le de la de chasse qui prend, le , la dénomination de d'aviation de défense légère; elles constituent alors les et du GC I/5.
La Seconde Guerre mondiale
En , le groupe s'équipe de Curtiss H75 et devint l'unité qui mène les essais sur ce nouveau type de chasseur. Comme la Spa 67, il possède également des Potez 630 et des Dewoitine D510.
Le de la d'aviation de chasse, stationné à Reims, sur la Base aérienne 112 est sur le pied de guerre depuis le mercredi et fait mouvement le à 7 heures pour son terrain de concentration de Suippes (Champagne) (après avoir reçu le drapeau de la ). Les quatre avions Potez 630 de commandement partent avec leurs équipages pour Clermont-les-Fermes (Aisne) où se constitue une escadrille de guet aérien. Ces quatre appareils ne seront jamais récupérés par le groupe.
La mission initiale du groupe est la suivante : couverture sur alerte des bases de Mourmelon-le grand, Saint-Dizier, Plivot, Suippes ; couverture de la voie ferrée Vitry-le-François - Blesmes - Revigny ; missions au profit de l'armée terrestre ; participation aux manœuvres de destruction et aux concentrations sur ordres du groupement de chasse .
L’escadrille, peu favorisée dans la répartition des stationnements à Suippes, s’organise comme elle peut. Les patrouilles sont en état d’attente du lever au coucher du soleil, imposant des rythmes de travail harassants. Dès le premier jour, le groupe camoufle soigneusement son matériel volant et roulant et songe à camoufler son terrain, lequel se présente comme une magnifique table de bridge au milieu d'un paysage tourmenté de l'ancienne « zone rouge ». Grâce au concours de prisonniers espagnols, mis à disposition par le commandement du camp de Suippes, et plus tard, d'une compagnie de pionniers détachée de la Armée, les travaux de camouflage et de protection se poursuivent sans répit, fausses tranchées, faux trous d'obus, fausses routes, faux bois, camouflage des routes rectilignes et du cimetière militaire, merlons camouflés pour avions, abris enterrés et semi-enterrés pour le personnel, soutes à munitions, emplacements pour les armes de défense… Le groupe récolte le fruit de cet effort considérable le , lors de l'attaque allemande.
Le à 17 heures, l’état de guerre est déclaré entre la France et l’Allemagne. L’ordre est donné au groupe de renforcer régulièrement le G.C. 2/5 à Toul à raison d’une patrouille double tous les deux jours. C’est la qui part la première.
+ PERSONNEL NAVIGANT GRADE NOM FONCTION NOTESCapitaine Moingeoncdt d’escadrilleSous-lieutenant Dorancecommandant en secondAs 14 victoires homologuées + 4 probablesSous-lieutenant Boiteletpilote5 victoires (pilote au 1/4 puis au 1/4)Sous-lieutenant Le RestifpiloteDécédé le 30 septembre 1939Adjudant SalmandCitation à l’ordre de l’Armée aérienne de l’adjudant-chef Salmand « Chef de patrouille de chasse de grande valeur, plein d’audace et d’allant. Avait précédemment livré plusieurs combats au cours desquels il fit preuve d’un courage et d’un sang-froid exemplaires. Est tombé à son poste de combat le 7 avril 1940 ». Signé D’Astier de la Vigerie.piloteDécédé le 7 avril 1940Adjudant GentypiloteSergent LepreuxpiloteDécédé le 30 septembre 1939Sergent Bressieuxpilote9 victoires - promu sous-lieutenantSergent Tallentpilote11 victoires.Sergent DelpartepiloteSergent Warnierpilote8 victoiresCaporal VaseckCitation du caporal-chef Vaseck « Engagé volontaire dans les rangs de l’Aviation française a toujours fait preuve comme pilote de chasse d’une bravoure et d’un allant exceptionnel, montrant dans l’accomplissement de ses missions, une énergie et une foi ardente. « Tombé au cours d’un vol de guerre à très haute altitude le 2 janvier 1940 ».piloteDécédé le 2 janvier 1940
+ MÉCANICIENS GRADE NOM FONCTIONAdjudant MaireChef de hangarSergent-chef PageixMécanicienSergent-chef CarrazMécanicienSergent LericheMécanicienSergent LecarvennecMécanicienSergent CouvelaireMécanicienSergent GriesbachMécanicienSergent LuthingerMécanicienSergent RougerieMécanicienCaporal-chef NysMécanicienCaporal-chef MesmeiretMécanicienCaporal-chef GiraudMécanicien classe ManeyrolMécanicien classe LangladeMécanicien
Le à 16 h 30, un appel téléphonique du capitaine Moingeon annonce aux pilotes la première victoire du groupe, cependant cette victoire ne sera jamais homologuée. Il s’agissait d’un Me 109 rencontré à . Poursuivi et mitraillé par la patrouille Salmand – Genty – Warnier et il a piqué vers les lignes françaises, lâchant une abondante fumée blanche, perdu de vue à ; il semble être tombé aux environs de Bouzonville. La presse annonce le la chute du capitaine von Richtoffen descendu le 20 près de Sarrebrück (victoire non homologuée). La victoire officielle, mais également les premières pertes, reviennent à la deuxième escadrille. Le , une patrouille double, renforçant une patrouille simple du G.C. 2/5, rencontre une escadrille de vingt-quatre Messerschmitt 109 ; deux sont abattus par l’adjudant Genty, mais le sous-lieutenant Le Restif et le sergent LepreuxCitation du sergent Lepreux :
« Excellent pilote de chasse d’un allant et d’un enthousiasme dignes des plus grandes éloges joints à une modestie qui le faisait aimer de ses chefs et de ses camarades. A trouvé une mort glorieuse le 30 septembre 1939 au cours d’un engagement où les patrouilles françaises ont réussi à battre un ennemi deux fois supérieur en nombre le contraignant à quitter le combat avec de lourdes pertes. » sont abattus, aux environs de Merzig (le premier en territoire ennemi, le second en France). Le sergent Lepreux est cité à l’ordre de l’Armée aérienne avec attribution de la Croix de guerre à une palme. Il est proposé pour la Médaille militaire à titre posthume.