La faune de l'Arctique est caractérisée par son adaptation aux conditions arides sévissant au-delà du cercle polaire arctique, avec même des organismes (ex : tardigrades) qui semblent pouvoir être congelés et décongelés sans dommage.
Localisation Les parties terrestres de l'Arctique forment un cercle autour du pôle de plus de huit millions de km, soit 6 % des terres émergées et sont réparties entre les pays arctiques que sont la Russie, le Canada, les États-Unis (l'Alaska), le Groenland (province autonome du Danemark), l'Islande, la Norvège, la Suède et la Finlande. C'est la plus vaste étendue sauvage de la planète, jugée froide, désolée et hostile par les premiers explorateurs comme Elisha Kent Kane en 1855 ou le missionnaire anglais S.K. Hutton (), mais nommée par les Inuits nuniassiaq Fred Bruemmer, Le Grand Nord,.
thumb|center|upright=2.5|Carte de la toundra arctique
État de la faune, pressions et menaces sur les écosystèmes et les espèces Bien qu'apparemment désertChernov IuI, Striganova BR, Anan’eva SI, Kuzmin LL (1979) Zhivotnyi mir polyarnoi pustnyi mysa Chelyuskin. (Animal world of polar desert at cape Chelyuskin). In: Aleksandrova VD, Matveeva NV (eds) Arkticheskie tundry i polyarnye pustnyi Taimyra. Nauka, Leningrad, pp 35–49, l'Arctique abrite sous ses glaces et sur les fonds marins une riche faune aquatique et divers oiseaux marins ou migrateurs des zones humides qui se forment en été. On trouve aussi dans certaines zones rocheuses émergées de l'Arctique et surtout de la zone dite subarctique Chernov IuI (1978) Struktura zhivotnogo naseleniia Subarktiki. (Structure of the animal population in the subarctic). Nauka, Moscow, 167 pp, et dans les toundras et tourbièresChernov IuI (1985) Sreda i soobshchestva tundrovoi zony. (Environments and communities in the tundra zone). In: Chernov IuI (ed) Soobshchestva Krainego Severa i chelovek. Nauka, Moscow, pp 8–22 une faune terrestre adaptée à ces milieux, probablement plus diversifiée que ce qui est aujourd'hui estimé, car encore mal inventoriée et méconnue. Les mollusquesEx : Clarke AN (1973) The freshwater molluscs of the Canadian interior basin. Malacologia 13 (l-2):505, ou quelques groupes au sein des coléoptèresChernov IuI, Medvedev LN, Khruleva OA (1993) Zhuki-listoedy (Coleoptera, Chrysomelidae) V Arktike [Leaf beetles (Coleoptera, Chrysomelidae) in the Arctic]. Zool. Zh 72:78–92 ou des araignéesEs’kov KIu (1985) Pauki tundrovoi zony SSSR (Spiders of the tundra zone of the USSR). In: Ovcharenko VI (ed) Fauna i ekologiia paukov SSSR. Nauka, Leningrad, pp 121–128 y ont été étudiés, mais l'accès à cette faune est difficile et coûteux, ce qui explique une faible pression d'exploration et un faible échantillonnage. De plus, il y a peu de taxonomistes spécialisés dans ces milieux et les noms d'espèces et de taxons diffèrent encore parfois entre la Russie, l'Amérique du Nord et en Europe du Nord-OuestChernov IuI (1984) Biologicheskie predposylki osvoeniia arkticheskoi sredy organizmami razlichnykh taksonov. (Biological preconditions of settling the arctic environments by different taxa). In: Chernov IuI (ed), Faunogenez i filotsenogenez. Nauka, Moscow, pp 154–174. Si les amphibiensBorkin Lia Belimov GT, Sedalishchev VT (1984) Novye dannye o rasprostranenii amfibii i reptilii V Yakutii. (New data on distribution of amphibians and reptiles in Yakutia). In: Borkin Lia (ed) Ekologiia i faunistika amphibii i reptilii SSSR i sopredel’nykh stran. Nauka, Leningrad, pp 89–101, les oiseaux et les mammifères sont probablement tous inventoriés, des lacunes de connaissances persistent pour d'autres groupes taxonomiques, notamment concernant les protozoaires, les nématodes, les oligochètes terrestres (Enchytraeidae notammentPiper SR, MacLean SF (1982) Enchytraeidae (Oligochaeta) from taiga and tundra habitats of northeastern USSR. Can J Zool 60:2594–2609), les collembolesAnan’eva SI, Babenko AB, Chernov IuI (1987) Nogokhvostki (Collembola) v arkticheskikh tundrakh Taimyra. [Springtails (Collembola) in arctic tundras of Taimyr]. Zool Zh 67:1032–1044 , certains acariens et insectesDanks HV (1990) Arctic insects: instructive diversity. In: Harington CR (ed) Canada’s missing dimension: science and history in the Canadian Arctic islands. Can Mus Nature 2:444–470 diptères, hyménoptères et lépidoptères YI Chernov (1995 ), Diversity of the Arctic terrestrial fauna- Arctic and alpine biodiversity: patterns, causes and Springer.
L'Arctique accueille l'un des plus grands aéroports du monde (Anchorage), mais il est globalement géographiquement éloigné des grands centres urbains et industriels. La faune arctique et ses habitats sont pourtant paradoxalement très exposés à divers polluants et pressions humaines. Les phoques de l'Arctique comptent parmi les espèces dans le sang et la graisse desquelles on trouve les taux les plus élevés de divers polluants. Ces pollutions sont essentiellement apportées par les courants marins ou aériens. Elles sont sources de préoccupations pour l'environnement arctique. Dans quelques rares cas, la source est locale. Ainsi, le saturnisme animal et de certaines populations autochtones (au moins en Amérique du Nord) provient en grande partie de la grenaille de plomb utilisée pour la chasse (aux oies notamment, dans le cas des inuits).
S'ajoutent à cette pollution diffuse et importante les effets de la surpêche de certaines espèces, qui affecte la structure des écosystèmes marins, et indirectement certains animaux qui dépendent des poissons pour leur survie (ex : certains cétacés comme le bélouga, les pinnipèdes...).
Une partie des retombées radioactives du nuage de Tchernobyl ont été dispersées dans le Grand Nord, qui est également menacé par des fuites issues de déchets et de navires ou sous-marins immergés ou perdus par la flotte militaire russe. Selon un reportage d'Arte diffusé en . Selon le reportage, il est encore difficile d'aborder ce sujet en Russie, malgré un rapport du ministère russe de l'Environnement qui, en 2011, estimait nécessaire de construire (avant 2014) et sous l'eau des « sarcophages » de béton pour isoler deux sous-marins dont les réacteurs risquent de fuir bientôtDocumentaire Arctique, cimetière atomique (26 min), première diffusion le 2013-04-23, 21h45, 26 min, et ici ..
Les mammifères tels que les cétacés, phoques, morses et ours subissent la bioaccumulation et bioconcentration de polluants dans le réseau trophique et nombre d'entre eux (ours polaire notamment) et l'environnement arctique dans son ensemble pourraient par ailleurs être malmenés par le dérèglement climatique. La fonte de la calotte polaire semble se produire beaucoup plus rapidement au nord que dans l'AntarctiqueArctic Council. Arctic Climate Impact Assessment Report. Moscow: Cambridge University Press; 2005.. Elle prive des animaux comme l'ours polaire d'une partie de son habitat, mais pourrait aussi faciliter la diffusion de microbes et de parasites et par suite d'épidémies et de zoonoses pouvant affecter les animauxHarvell CD, Mitchell CE, Ward JR. et al. Climate warming and disease risks or terrestrial and marine biota. Science 2002; 296: 2158-2162, mais aussi toucher l'HommeMJ Bradley, SJ Kutz, E Jenkins et Todd M. O’Hara (2005), The potential impact of climate change on infectious diseases of Arctic fauna ; Climate change and human health ; International Journal of Circumpolar Health 64:5 2005 ; circumpolarhealthjournal.net.
Faune terrestre La faune terrestre est la faune de la toundra qui n'existe pratiquement que dans l'hémisphère nord. L'écosystème de la toundra a pour particularité l'existence d'une strate végétale unique : une strate basse composée d'herbacées, principalement de lichens, et de plantes sous-frutescentes.
La toundra est l'un des quatorze grands biomes terrestres.
Insectes Papillons Le Nacré polaire Clossinia polaris et le Nacré lapon Clossinia chariclea sont circumpolairesGuide des papillons d'Europe et d'Afrique du Nord, Delachaux et Niestlé, Tom Tolman, Richard Lewington, . Le Moiré polaire Erebia polaris, le Chamoisé fascié Oeneis norma, le Chamoisé boréal Oeneis bore, le Chamoisé lapon Oeneis jutta, sont résidents uniquement en Europe et Asie arctiques. Le Moiré lapon Erebia embla, le Moiré boréal Erebia disa et le Nacré de l'orcette Clossinia frigga résident en Scandinavie jusque dans sa partie arctique.
D'autres sont résidents uniquement dans l'Arctique et dans des zones de haute montagne dans le reste du monde. C'est le cas de l'Azuré des soldanelles Agriades gladon, de l'Hespérie de Wallengren Pyrgus andromedae, de la Gorgone Lasiommata petropolitana, du Moiré cendré Erebia pandrose, du Damier boréal Euphydryas iduna, du Nacré noirâtre Clossinia thore, le Nacré des renouées Boloria napaea. Le Nacré polaire Clossiana polaris réside aussi bien en Scandinavie et en Mongolie que dans les montagnes Rocheuses.
Certains papillons à répartition plus large y sont résidents, un Pieridae, l'Ambré Colias hecla, un Lycaenidae, l'Argus vert Callophrys rubi, des Nymphalidae le Moiré blanc-fascié Erebia ligea, la Mélitée du mélampyre dans sa sous-espèce Mellicta athalia norvegica, le Grand collier argenté Clossinia euphrosyne et le Petit collier argenté Clossinia selene, le Nacré de la canneberge Boloria aquilonaris, le Grand nacré Speyeria aglaja.
Le Cuivré commun Lycaena phlaeas, l'Azuré de la canneberge Agriades optilete, l'Hespérie de la ronce Pyrgus centaureae se limitent au sud du cercle arctique.
D'autres y sont migrateurs, comme la Piéride du chou Pieris brassicae, le Morio Nymphalis antiopa le Vulcain Vanessa atalanta et même la Belle-Dame Vanessa cardui arrivant d'Afrique.
Dans la toundra canadienne résident les espèces circumpolaires Nacré polaire Clossinia polaris, Nacré lapon Clossinia chariclea ou Boloria chariclea, Ambré Colias hecla, Colias nastes, Oeneis polixenes, Oeneis melissa et Oeneis borepapillons du Canada.
Dans la forêt boréale canadienne résident le Tigré du Canada Papilio canadensis, la Piéride des crucifères Pieris oleracea, le Coliade intérieur Colias interior, l'Alpin à ocelles rouges Erebia mancinus, le Nordique des tourbières Oeneis jutta, l'Argynne de l'Atlantique Speyeria atlantis et le Boloria des tourbières ou Nacré de la bistorte Proclossiana eunomia. Le Polygone gracile Polygonia gracilis et l'Hespérie grisâtre Pyrgus centaureae ont une large aire de répartition comprenant la zone boréale et la zone de la cordillère arctique.
Certains migrateurs, comme en Europe, atteignent la zone boréale. Ce sont le Monarque Danaus plexippus, la Belle dame Vanessa cardui, ou sa partie la plus au sud Vanessa virginiensis, le Vulcain Vanessa atalanta et le Polygone à queue violacée Polygonia interrogationis.
Oiseaux Les oiseaux de mer, oiseaux des marécages et oiseaux terrestres présents dans les régions arctiques représentent de 241 espèces (2,8 % des oiseaux du monde) à 280 espècesYI Chernov (1999 ), The Class of Birds (Aves) in the Arctic Fauna ; Zool. Zh, (http://www.maik.ru/cgi-perl/search.pl?type=abstract&name=zooeng&number=1&year=99&page=53 résumé avec maik.ru]) (selon les limites géographiques retenues pour les études).
La plupart sont des migrateurs. Au Canada, alors que 80 espèces sont présentes l'été, seules 6 espèces sont sédentairesArticle de Jean-Louis Étienne.
Oiseaux terrestres Les oiseaux terrestres sont principalement des lagopèdes, des bruants, des faucons, et des hiboux.
Les lagopèdes sont le Lagopède alpin Lagopus muta, Lagopède des saules Lagopus lagopus, Lagopède à queue blanche Lagopus leucura (?), proches des gelinottes comme la Gélinotte des bois Tetrastes bonasia et la Gélinotte de Servertzov Tetrastes sewerzowi.
Les Tetraoninae sont des tétras : Tétras de Sibérie Falcipennis falcipennis, Tétras du Canada Falcipennis canadensis, Grand Tétras Tetrao urogallus et Tétras-lyre Lyrurus tetrix.