Les élections régionales françaises de 2010 ont lieu les et et renouvellent les de métropole et d'outre-mer ainsi que l'Assemblée de Corse portant convocation des collèges électoraux pour l'élection des conseillers régionaux et des conseillers à l'Assemblée de Corse, publié au Journal officiel (JORF) du ..
Lors du premier tour, la droite parlementaire enregistre son plus mauvais score sous la , tous scrutins confondus, avec 27 % des suffrages exprimés« Régionales : quatre signaux d'alarme pour Nicolas Sarkozy », Le Monde, 15 mars 2010.. Ce premier tour est également marqué par une forte abstention (53,67 %), l'effondrement du Mouvement démocrate (MoDem) (4,20 %) et une remontée relative du Front national (FN) (11,42 %) par rapport aux dernières élections., mais une baisse de par rapport aux élections régionales de 2004 et Les résultats des premiers tours des élections régionales en 2004 et 2010 sur le site du Ministère de l'Intérieur. La gauche remporte à nouveau la Guadeloupe.
Au second tour, la gauche confirme son succès du premier tour en atteignant un score national de 54,1 % des voix, tandis que la droite parlementaire est loin derrière avec 35,4 % des voix. Pour sa part, le FN obtient 9,2 % des voix et progresse dans les douze régions où il a pu se maintenir entre les deux tours. Sur les 25 régions restant en jeu, la gauche en remporte 22. En métropole, seule l'Alsace reste à droite.
Mode d'élection des conseillers régionaux
vignette|left|Logotype publié par le ministère de l'Intérieur à l'occasion des élections. Le mode de scrutin est fixé par le Code électoral. Il précise que les conseillers régionaux sont élus tous les six ans (quatre ans pour l’élection de 2010)Code électoral, article L336..
Les conseillers régionaux sont élus dans chaque région au scrutin de liste à deux tours sans adjonction ni suppression de noms et sans modification de l'ordre de présentation. Chaque liste est constituée d'autant de sections qu'il y a de départements dans la région.
Si une liste a recueilli la majorité absolue des suffrages exprimés au premier tour, le quart des sièges lui est attribué. Le reste est réparti à la proportionnelle suivant la règle de la plus forte moyenne. Une liste ayant obtenu moins de 5 % des suffrages exprimés ne peut se voir attribuer un siège.
Sinon on procède à un second tour où peuvent se présenter les listes ayant obtenu 10 % des suffrages exprimés. La composition de ces listes peut être modifiée pour comprendre les candidats ayant figuré au premier tour sur d’autres listes, sous réserve que celles-ci aient obtenu au premier tour au moins 5 % des suffrages exprimés et ne se présentent pas au second tourCode électoral, article L346. À l’issue du second tour, les sièges sont répartis de la même façonCode électoral, article L338..
Les sièges étant attribués à chaque liste, on effectue ensuite la répartition entre les sections départementales, au prorata des voix obtenues par la liste dans chaque départementCode électoral, article L338-1..
Les conseillers à l’Assemblée de Corse sont élus au scrutin de liste à deux tours avec dépôt de listes complètes comportant autant de noms que de sièges à pourvoir, sans adjonction ni suppression de nom et sans modification de l'ordre de présentationCode électoral, article L365. Le mode de scrutin diffère par la prime à la liste majoritaire qui est de neuf sièges sur 51. De plus, il n’y a pas de section de département et le seuil pour accéder au second tour est de 7 %Code électoral, articles L366 et L373..
Contexte national, rapports de force politiques
thumb|300px|La couleur politique des conseils régionaux sortants.
Une situation incertaine
À la suite des élections de 2004, qui ont vu une victoire historique du Parti socialiste (PS) et de ses alliés, Les Verts (LV) et le Parti communiste (PCF) principalement, seules deux régions métropolitaines, l'Alsace et la Corse, sont gérées par la droite. En six ans, la gauche n'a pas remporté d'élection nationales, alors que les municipales et les cantonales de 2008 lui ont permis de progresser au Sénat. Elle a l'avantage de présenter de nombreux sortants dans une élection intermédiaire traditionnellement favorable à l'opposition au gouvernement, et l'inconvénient de se présenter divisée avec notamment une forte concurrence entre le PS et les écologistes.
La droite, composée de l'Union pour un mouvement populaire (UMP) et de ses alliés du Nouveau Centre (NC) principalement, est sortie victorieuse de la présidentielle et des législatives en 2007, et en tête lors des européennes en 2009 grâce à la division des partis de gauche.
La droite apparait en position de force au regard de ses succès précédents mais elle dispose d'une réserve de voix très limitée pour le deuxième tour, à la suite des accords politiques passés avec le Mouvement pour la France de Philippe de Villiers et le mouvement Chasse, pêche, nature et traditions de Frédéric Nihous. Au second tour, elle ne peut compter que sur un report de voix partiel du MoDem et du FN, si ceux-ci ne parviennent pas à se maintenir ou à fusionner avec d'autres listes à l'issue du premier tour. Traditionnellement les élections intermédiaires sont difficiles pour le pouvoir en place. L'impopularité de celui-ci, avant le scrutin, accroit cette situation.
L'extrême droite est pour sa part affaiblie depuis la présidentielle sans avoir disparu pour autant mais semble bénéficier du débat sur l'identité nationale et d'un retour d'une partie de ses électeurs séduits par Nicolas Sarkozy en 2007.
Positionnements et stratégies des partis politiques Gauche antilibérale et extrême gauche
Comme pour les élections européennes de 2009, une longue série de négociations a lieu entre des organisations de la gauche antilibérale et d'extrême gauche, au premier rang desquelles le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), le Parti de gauche (PG) et le Parti communiste (PCF), sur la perspectives de listes communes aux élections régionalesDépêche AFP, « Alliance pour les régionales : nouvelle réunion PCF-PG-NPA le 16 octobre », Le Monde, 8 octobre 2009..
Le principal point de clivage porte sur le rapport au Parti socialiste (PS). Le NPA refuse de cogérer des conseils régionaux avec le PS, considérant que l'orientation politique du PS est incompatible avec celle du NPA. À l'inverse, le PCF et le PG (créé en scission du PS mais allié du PCF lors des précédentes élections européennes)G. Andrieu, « Régionales: la ronde infernale de la gauche de la gauche », Marianne, 29 septembre 2009. souhaitent continuer à gérer des conseils régionaux avec le PS.
Les négociations nationales ne permettent pas d'aboutir à un accord, mais des discussions se poursuivent à l'échelle régionale. Finalement, cette alliance large à gauche du PS ne se réalise que dans trois régions : Languedoc-Roussillon, Pays de la Loire et Limousin.
Front de gauche (FG) : thumb|Cartographie de la situation du Front de gauche ou des alliances du PCF et du PG au . Sauf indication contraire, le NPA ne fait pas alliance avec ces formations, tout comme LO.
Parti communiste français Après en avoir débattu, le Conseil national du PCF se prononce pour une alliance au premier tour avec ses partenaires du Front de gauche en autonomie par rapport aux listes présentées par le PS et Europe Écologie, ainsi que pour une fusion au second tour avec les autres listes de gauche, si celles-ci n'accueillent pas le MoDemLe Monde du 26/10/2009.. La décision est cependant revenue aux militants qui ont défini la stratégie dans chaque région. 17 des 22 fédérations régionales se sont prononcées pour un Front de gauche « élargi ». Cinq l'ont rejeté au profit d'une liste commune avec le PS dès le premier tour (Bourgogne, Champagne-Ardenne, Lorraine, Basse-Normandie et Bretagne)Régionales : le PCF reconduit le Front de gauche dans au moins 17 régions, Julie Ducourau pour l'AFP, 23/11/2009.. Dans plusieurs régions, les résultats de la consultation ont fait l'objet de fortes contestations amenant des militants à se présenter sur des listes concurrentes comme en Lorraine où des dissidents du PCF rejoignent une liste intitulée « Front Lorrain de gauche »« Fête de l'Huma. Des désaccords à l'affiche », Patrick Hernot pour Le Télégramme, 30 novembre 2009...
Parti de gauche Le PG est partie prenante d'un Front de gauche élargi dans 16 des 17 régions où le PCF a décidé de partir de manière autonomeAucun accord n'a pu être trouvé en Corse, où le PG a rompu les négociations, laissant le PCF seul. Dans les cinq régions où celui-ci est allié avec le PS, le PG constitue des listes d'union, soit avec le NPA, soit dans une configuration proche de celle du Front de gauche avec des dissidents communistes comme en Lorraine. Dans tous les cas, il est associé avec les autres organisations constituant « l'autre gauche ». Le PG prend la tête de ces listes en Languedoc-Roussillon, en Pays de la Loire et en Rhône-Alpes. Après avoir revendiqué pour Jean-Luc Mélenchon la tête de liste de la région Île-de-France, il y a finalement renoncé pour se ranger derrière la candidature de Pierre Laurent.
Nouveau Parti anticapitaliste Après cinq mois de négociations et un vote des militants, le conseil politique national du NPA acte l'échec des négociations nationales avec les autres forces de la « gauche radicale », tout en poursuivant les discussions locales. Le texte adopté confirme les « fusions techniques » de deuxième tour avec les partis de gauche, sans participation aux exécutifs.. Le NPA présente finalement ses propres listes dans quinze régions, fait campagne avec le Front de gauche dans trois régions et conjointement avec le PG dans trois des cinq régions où le PS et le PCF font liste commune (à l'exception de la Bretagne et la Lorraine).
Lutte ouvrière Contrairement à 2004 où elle s'était alliée à la LCR (dissoute depuis dans le NPA), LO présente cette fois des listes autonomes..
Autres formations : La Fédération pour une alternative sociale et écologique (FASE)« Résolution sur les régionales (CAN du 5 décembre 2009) », sur le site national de la FASE., Les Alternatifs., le Mouvement politique d'éducation populaire (M'PEP), le Parti communiste des ouvriers de France (PCOF) et l'association République et socialisme se sont prononcés pour un accord national avec les composantes du Front de gauche. Dans les régions où le PCF est associé avec le PS, ces organisations ont conclu des accords avec le PG et le NPA. Plusieurs groupements décroissants se joignent à ces listes d'union dans certaines régions, notamment en Bretagne..
Écologistes Alliance écologiste indépendante Après ses 3,6 % aux élections européennes de 2009, l'AEI, qui rassemble le Mouvement écologiste indépendant (MEI), Génération écologie (GE) et La France en action (LFA), présente des listes autonomes dans 10 régions métropolitaines.. Des accords entre l'AEI et d'autres listes ont parfois été conclus, généralement là où le MEI avait la responsabilité de mener les campagnes de l'AEI : avec Europe Écologie en Alsace et Midi-Pyrénées, avec le MoDem en Auvergne, Franche-Comté., Pays de la Loire et Poitou-Charentes. Dans le Nord-Pas-de-Calais, GE a rejoint la liste régionaliste autour du MoDem, de gaullistes sociaux et de plusieurs mouvements écologistes..... Dans d'autres régions, l'AEI est divisé comme en Île-de-France où GE soutient le MoDemAffiche d'Alain Dolium..