Le saut en hauteur est une épreuve d'athlétisme qui consiste à franchir une barre posée entre deux supports verticaux en prenant appui sur une jambe.
Le record du monde masculin actuel de la discipline est détenu par le Cubain Javier Sotomayor avec un saut à lors du meeting de Salamanque le . Le record féminin est détenu par l'Ukrainienne Yaroslava Mahuchikh, avec un saut à , le , lors du meeting de la Diamond League au stade Charléty (Paris).
Réglementation L'athlète qui franchit la barre la plus haute remporte le concours.
L'appel doit obligatoirement être pris sur un seul pied.
Les concurrents disposent d'un temps limité pour commencer leur course d'élan ( depuis 2018, une minute auparavant).
Le concours est régi par deux principes généraux : la barre ne peut jamais être descendue, et les concurrents sont éliminés après trois échecs successifs.
La barre est montée par palier (de en au début de la compétition, puis de 3 en ). Cette hauteur de palier ne peut pas augmenter pendant le concours, ni faire moins de .
Lorsqu'un sauteur a raté son premier essai (ou ses deux premiers essais) à une hauteur déterminée, il a le droit de conserver ses deux essais (ou son dernier essai) pour tenter directement une hauteur suivante (c'est une impasse). Ce n'est qu'au troisième échec successif qu'il est éliminé, ces échecs pouvant donc avoir eu lieu a des hauteurs différentes.
Classement et départage des égalités C'est la dernière hauteur franchie qui est prise en compte pour le classement.
Les égalités sont départagées en premier lieu par le nombre d'essais que cette dernière hauteur a nécessité (l'avantage étant donné à celui qui a eu recours au moins de tentatives), en second lieu par le nombre total d'échecs dans le concours. Si l'égalité persiste, les concurrents sont classés ex æquo, sauf s'il s'agit de la première place, auquel cas un barrage est organisé, sauf si les concurrents s'accordent pour arrêter le concours et partager la première place (ce fut par exemple le cas lors de l'épreuve masculine des Jeux olympiques de Tokyo de 2021). Les concurrents n'ont alors qu'un seul essai par barre, la première étant au niveau suivant la dernière hauteur franchie par les concurrents. Si plusieurs réussissent, on monte la barre de . Si tous échouent, personne n'est éliminé et l'on descend la barre de (c'est le seul cas où la barre peut descendre). On continue ainsi jusqu'à ce qu'un seul concurrent passe la barre. La plus grande hauteur franchie lors du barrage est prise en compte comme performance du concours.
Technique de saut en hauteur Quatre techniques se sont succédé depuis la fin du XIXe siècle..
Ciseau L'athlète saute en élevant la première jambe et quand il est passé, il élève l'autre en retombant Les droitiers s'élançaient de la droite du sautoir, leur jambe d'appel étant la gauche ; inversement pour les gauchers.. Cette technique est d'apprentissage facile, mais ses performances sont moindres qu'avec les suivantes. Dès 1895, pratiquait ce retournement intérieur avec une course d'élan en courbe et le genou libre fléchi (analogie avec le futur Fosbury-flop). Le français Pierre Lewden avait une bonne maîtrise de cette technique de même que en 1918. Le hongrois a apporté une variante avec le retournement extérieur. Le Quatari Mutaz Barshim aurait franchi 2,16 m, en utilisant cette technique, lors d'un entraînement en 2018.
Rouleau costal Dès 1912, George Horine franchit la barre des 2 m en décalant légèrement son élan sur le côté et en exécutant un saut dans lequel il esquive latéralement ses jambes. Sa technique sera appelée saut costal, rouleau costal ou rouleau californien. Harold Osborn se distingue avec cette technique en 1924.
L'athlète attaque la barre de face et saute à l'horizontale, sur le côté, la jambe d'appel pliée, sous lui. Cette technique limite considérablement la marge de progression du fait qu'il n'y a pas de rotation du corps autour de la barre comme l'autorise la technique suivante ; comme dans le ciseau, le centre de gravité du sauteur passe au-dessus de la barre, ce qui n'est pas le cas dans les techniques qui suivent. Cependant elle limitait le stress lié à la chute à une époque où les fosses de réception étaient, la plupart du temps, garnies de sable.
Rouleau ventral C'est Lester Steers qui, le premier, utilise cette technique en 1940. L'athlète attaque l'obstacle latéralement en s'enroulant littéralement autour de la barre, à l'horizontaleLes droitiers s'élançaient de la gauche du sautoir, leur jambe d'appel étant la gauche ; inversement pour les gauchers.. La difficulté de cette technique était le dégagement de la jambe d'appel au-dessus de la barre. Elle nécessitait des qualités de gymnaste éprouvées que seul le Russe Valeriy Brumel a su porter, dans les années 1960, à leur plus haut point en établissant le record du monde à puis Ni Chih-Chin et Pat Matzdorf à . Signalons encore Vladimir Yashchenko qui, alors que le Fosbury était adopté par tous les sauteurs, s'éleva à le , puis au cours de l'été 1978 en rouleau ventral, battant ainsi l'ancien record du monde détenu par Dwight Stones, l'homme qui franchit pour la première fois la barrière des . Après les sauts de Yashchenko, la technique du rouleau ventral ne fera plus évoluer les records du monde.
Fosbury-flop
Le Fosbury-flop, ou rouleau dorsal, est la technique la plus utilisée actuellement. Lors de son premier usage en compétition, le saut fut refusé dans un premier temps, puis accepté puisqu'il était possible de franchir la barre la tête en premier depuis 1938.
La nouvelle technique fut utilisée pour la première fois dans une compétition internationale aux Jeux olympiques de 1968 par Dick FosburyIl aurait employé "sa" technique pour la première fois au lycée en 1963 et, en 1965, il a remporté un titre junior américain en franchissant 2,01 m.. Elle consiste à arriver dos à l'obstacle et à sauter de dos, en levant les deux jambes en dernier au-dessus de la barreLa jambe d'appel des droitiers étant la gauche, ils partent de la droite du sautoir pour réaliser ce saut ; inversement pour les gauchers.. Dick Fosbury passait ce jour la barre à , nouveau record olympique. Dick Fosbury fut médaillé d'or.
Par la suite, il a été prouvé que Fosbury n'a pas été le premier à utiliser cette technique, sans qu'il le sache. l'américain Bruce Quande a été photographié, en 1963, passant la tête la première et le dos face à la barre alors qu'il était étudiant dans le Montana. Dès 1965, la canadienne Debbie Brill s'essaiera également à ce type de saut, qui sera baptisé le Brill-bend (l'incurvement de Brill).
Records Records du monde
Depuis que Word Athletics a instauré les performances sur piste courte, les records du monde en salle n'ont plus cours. Ils étaient de chez les hommes, réalisés par le Cubain Javier Sotomayor, le à Budapest, et de pour les femmes, par la Suédoise Kajsa Bergqvist, le à Arnstadt. +Records du monde actuels du saut en hauteur Genre Performance Athlète Date Lieu M Javier SotomayorSalamanque F Yaroslava MahuchikhParis
Records continentaux +Records continentaux en plein air Continent Hommes Femmes Hauteur Athlète Nation Hauteur Athlète Nation Afrique (records) Jacques Freitag Hestrie Cloete Asie (records) Mutaz Essa Barshim Nadezhda Dubovitskaya Europe (records, progression) Patrik SjöbergBohdan Bondarenko 2,10 m Yaroslava Mahuchikh Amérique du Nord, Amérique centrale et Caraïbes (records) Javier Sotomayor Chaunté Lowe Océanie (records) Tim Forsyth Nicola Olyslagers Amérique du Sud (records) Gilmar Mayo Solange Witteveen
Records en compétition +Records du saut en hauteur par compétitions Compétition Genre Performance Athlète Date LieuJeux olympiquesM Charles Austin1996Atlanta F Yelena Slesarenko2004AthènesChampionnats du mondeM Bohdan Bondarenko2013 Moscou F2,09 m Stefka Kostadinova1987RomeChampionnats du monde en salleM Javier Sotomayor1989 Budapest F Stefka Kostadinova1987Indianapolis
Bilans et statistiques Meilleurs performeurs Hommes +Meilleurs performeurs Tous en Fosbury Flop Hauteur Athlète Nationalité Lieu Date 2,45 m Javier Sotomayor Salamanque 2,43 m Mutaz Essa Barshim Bruxelles 2,42 m Patrik Sjöberg Stockholm Carlo Thränhardt Berlin (salle) Bohdan Bondarenko New York 2,41 m Igor Paklin → Kobe 2,40 m Rudolf Povarnitsyn → Donetsk Sorin Matei Bratislava Hollis Conway Séville (salle) Charles Austin Zurich Vyacheslav Voronin Londres Stefan Holm Madrid (salle) Ivan Ukhov Le Pirée (salle) Aleksey Dmitrik Arnstadt (salle) Derek Drouin Des Moines Andriy Protsenko Lausanne
Femmes thumb|290px|Kajsa Bergqvist le lors du meeting de Stuttgart Hauteur Athlète Nationalité Lieu Date 2,10 m Yaroslava Mahuchikh Paris 2,09 m Stefka Kostadinova Rome 2,08 m Kajsa Bergqvist Arnstadt (salle) Blanka Vlašić Zagreb 2,07 m Lyudmila Andonova Berlin Heike Henkel Karlsruhe (salle) Anna Chicherova Tcheboksary 2,06 m Hestrie Cloete Paris Yelena Slesarenko Athènes Ariane Friedrich Berlin Mariya Lasitskene Lausanne 2,05 m Tamara Bykova → Kiev Inha Babakova Tokyo Tia Hellebaut Birmingham Chaunté Lowe Des Moines 2,04 m Silvia Costa Barcelone Alina Astafei Berlin (salle) Venelina Veneva Kalamata Antonietta Di Martino Banská Bystrica (salle) Irina Gordeyeva Eberstadt Brigetta Barrett Des Moines Nicola Olyslagers Zurich
Meilleures performances mondiales de l'année Si un athlète a réalisé plus d'une fois la MPM, seule est indiquée la première occurrence. À partir de 2001 sont incluses les performances en salle (source : World Athletics).
Hommes
+Meilleures performances mondiales de l'année masculines Année Marque Athlète Nationalité Lieu 1971 Pat Matzdorf Berkeley 1972 Jüri Tarmak Moscou 1973 Dwight Stones Munich 1974 Dwight Stones Oslo 1975 Dwight Stones New York 1976 Dwight Stones Philadelphie 1977 Vladimir Yashchenko Richmond 1978 Vladimir Yashchenko Tbilissi 1979 Dietmar Mögenburg Ottawa 1980 Gerd Wessig Moscou 1981 Léningrad 1982 Zhu Jianhua Delhi 1983 Zhu Jianhua Shanghai 1984 Zhu Jianhua Eberstadt 1985 Igor Paklin Kobé 1986 Igor Paklin Rieti 1987 Patrik Sjöberg Stockholm 1988 Javier Sotomayor Salamanque 1989 Javier Sotomayor San Juan 1990 Sorin Matei Bratislava 1991 Javier Sotomayor Charles Austin Saint-DenisZurich 1992 Steve Smith Séoul 1993 Javier Sotomayor Salamanque 1994 Javier Sotomayor Séville 1995 Javier Sotomayor Mar del Plata 1996 Charles Austin Atlanta 1997 Javier Sotomayor Athènes 1998 Javier Sotomayor Maracaibo 1999 Vyacheslav Voronin Séville 2000 Vyacheslav Voronin Londres 2001 Vyacheslav Voronin Eberstadt 2002 Jacques Freitag Durban 2003 Stefan HolmAleksander Walerianczyk Arnstadt Bydgoszcz 2004 (i)Stefan Holm Stockholm 2005 (i) Stefan Holm Madrid 2006 Yaroslav Rybakov Ivan UkhovAndrey Silnov Arnstadt Arnstadt Monaco 2007 (i)Ivan Ukhov Moscou 2008 Yaroslav Rybakov Andrey Silnov MoscouLondres 2009 (i) Ivan Ukhov Le Pirée 2010 (i)Ivan Ukhov Banská Bystrica 2011 (i) Ivan Ukhov Hustopeče 2012 Ivan Ukhov Mutaz Essa Barshim Tcheboksary Lausanne 2013 Bohdan Bondarenko Lausanne 2014 Mutaz Essa Barshim Bruxelles 2015 Mutaz Essa Barshim Athlone 2016 Mutaz Essa Barshim Opole 2017 Mutaz Essa Barshim Birmingham 2018 Mutaz Essa Barshim Doha 2019 Mutaz Essa Barshim Doha 2020 Darryl SullivanTom GaleJamal WilsonLuis ZayasIlya IvanyukMaksim Nedasekau BlacksburgHustopeče Banská BystricaBanská BystricaMoscouMinsk 2021 Maksim NedasekauIlya Ivanyuk Gianmarco TamberiMutaz Essa Barshim ToruńSmolenskTokyoTokyo 2022 Mutaz Essa Barshim Eugene 2023 (i) Danil Lysenko Moscou 2024 Gianmarco Tamberi Rome 2025 Hamish Kerr Tokyo
Femmes