thumb|upright=2|Le bâton de chantre pouvait être à l'origine très simple, une hampe.
Le bâton cantoral Du latin cantor, chantre, et cantare, chanter ou bâton de chantre, bâton de préchantre, (« baculus cantori », « virga argentea », « baculus aureus vel argenteus » D'après les coutumes de l'Abbaye de Saint Denis, in. Honorius, De Gemma Anima II, Martene, De ante monac. ritibus p. 293., « baculus choralis », « baculus praecentoris », « virga praecantoralis »Vie de saint Gauzelin, « baculus cantoralis»), appelé aussi autrefois, « virga regia », « sceptre » « Ce que fait, le Chantre donc indice à ceux de dedans par le heurtement de son sceptre ou baston Cantoral: lors on ouvre les portes ». (Parthénie, ou Histoire de la très-auguste et très-dévote église de Chartres, dédiée par les vieux druides en l'honneur de la Vierge qui enfanteroit, avec ce qui s'est passé de plus mémorable au faict de la seigneurie… de la dicte église, ville et pays chartrain, par Me Sébastian Roulliard). L'empereur Baudouin il donna à saint Louis le grand Camée de la Sainte-Chapelle et l'ancien sceptre romain qu'on transforma en bâton cantoral., est le symbole de l'autorité du chantre et un signe honorifique. Le grand chantre le recevait le jour de sa nomination avec sa chape, la clef de la chantrerie, et le mettait sur ses armes. Définition « On appelle ainsi le bâton que les chantres prennent, en quelques églises, en signe des fonctions de leurs offices ou dignités. Quelquefois on l'aurait appelé « pastoral » mais en fait ce terme désigne ordinairement la crosse épiscopale et seule l'expression « bâton d'argent » était employée pour l'un ou l'autre. Receptioni videtur, in quibusdam ecclesiis ut cantor utatur in præcipuis festivitatibus baculo argenteo quem baculum pastoralem vocant.» Michel André, Cours alphabétique et méthodique de droit canon, 1853. thumb|upright=1.0|Chantres avec deux bâtons Le bâton cantoral aurait été à l'origine une simple « houssine » pour corriger les enfants de chœur : mais en fait Jean Grancolas rapporte un passage d'Honorius d'Autun d'après lequel il semble qu'à l'origine tous les chantres portaient un bâton. D'après lui ce bâton a ensuite été réservé au grand-chantre qui le porte aux grandes fêtesJean Grancolas,Les anciennes liturgies, (Volume 2) page 142. (au nombre de vingt à l'origineCes vingt fêtes étaient : Noël, la circoncision, l'épiphanie, la résurrection du Christ, l'ascension ; pentecôte, corps du Christ (Fête Dieu) , la conception, la purification, annonciation, visitation, assomption, nativité et la présentation de la bienheureuse Vierge Marie ; la fête de la Sainte Trinité, du saint Lait, des reliques de saints, de la dédicace de l'Église, toussaint ( J.A. schmidt, De cantoribus ecclesiae p.32)). Le bâton cantoral offert au chantre d'une cathédrale se transmettait ensuite à ses successeurs.
D'après le dictionnaire de Trévoux, et l'encyclopédie Migne, citant Honorius d'Autun () ils étaient la représentation des bâtons que portaient Hébreux quand ils mangeaient l'agneau pascal.
Historique
L'invention du bâton des chantres serait bénédictine et remonterait au . Une enluminure du Scivias (voir article Chantre) de sainte Hildegarde de Bingen représentant un chantre avec son bâton cantoral en forme de tau atteste son existence à cette époque en Allemagne. Il apparait alors également dans les textes.
Dans les abbayes bénédictines vouées à la liturgie, à la psalmodie et au chant grégorien l'usage du fouet et de la verge de correction était fréquente pour les enfants. D'après Bertrand de La Tour, l'origine du bâton cantoral remonte à Saint Romuald fondateur des Camaldules, au Traité de la Crosse. Il ne servait nécessairement pas à indiquer la mesure sinon par la réprimande : « Saint Romuald faisant démission de son abbaye remit sa verge à l'empereur et à son archevêque de Ravenne ; selon Pierre Damien, le saint lui-même avait été plusieurs sous la conduite d'un abbé qui portait sa verge, et lui en donnait un coup sur l'oreille à chaque faute qu'il faisait en disant l'office : Les chantres, sur qui les abbés et ensuite les évêques se sont déchargés du soin du chœur, ont pris de là le bâton cantoral ». Le mot bâton se réfère à la doctrine et le mot verge à la discipline. Saint Romuald mourut le , sous Robert II le Pieux roi de France.
thumb | left |Robert le Pieux
On a conservé dans la Vie de Gauzlin de Fleury par André de Fleury au , un poème en vers écrit par le moine Gontard de Fleury (Abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire) décrivant un bâton cantoral très richement orné offert par le moine Helgaud de FleuryCe Poème sur la baguette de préchantre d'Helgaldus comportait vingt quatre vers, sans doute gravés sur le bâton. Arlima : Helgaud de Fleury. Il se trouve mentionné en latin dans cet ouvrage : Quellenbuch zur Kunstgeschichte des abendländlichen Mittelalters de Julius Ritter von Schlosser:, page 183 ) : ce bâton était incrusté de gemmes précieuses, d'or, d'argent, et de cristal :fecit et precentorialem virgam argenteo scemate nitentem, cujus verticis summitas fert christallum et lucida gemmarum contubernia…). : « Il fit aussi un bâton de préchantre, tout brillant d'un revêtement d'argent, dont la tête porte à son extrémité un cristal et un assemblage étincelant de pierres précieuses, notant au-dessous cet hymne : « Chantre, distingue bien les huit modes par leur motif neumatique Afin que dans à laudes tu plaises à Celui qui donne le juste ton. Les rois ont un sceptre, les chantres en ont un aussi : L'un, beaucoup le craignent, pendant que se décide le châtiment de l'insolent ; L'autre, les moines l'aiment, qui se tiennent debout prêts à la laude. La verge d'or désigne ce à quoi le roi doit s'attacher selon la justice ; Fort de sa longue baguette, le chantre donne le signal : l'assemblée toute entière suit, la jeunesse elle-même donne le ton d'une voix claire… C'est bien ce que fait Helgaud, ton chantre, en disciple diligent, Selon la coutume solennelle et suivant la bonne règle de ses prédécesseurs. Le bâton est en forme de main, incrusté de pierres précieuses et d'or ; Sa très longue tige étincelle, resplendissant d'un argent brillant comme neige : Fixé à son extrémité, le cristal brille de toute sa beauté. Que celui qui dénombre les pierres précieuses compte sur ses propres doigts : Il trouvera des améthystes belles par leur propre éclat. Déjà si je dis vrai, le jaspe splendide aussi est dans toute sa verdeur. Selon la coutume il le porte aux fêtes solennelles de l'année. Au nombre de quatre fois cinq, il nous les compte ainsi ; Si tu en ajoutes deux, alors ton compte sera établi de façon parfaite. Holà ! vieillards aux cheveux de neige, jeunes gens, enfants de Benoît, Que votre pieuse voix s'accorde à vos pensées en de telles fêtes. Helgaud le chantre, fidèle au Christ et à ses saints, A composé cette œuvre, Gontard en a écrit les paroles... Que ceux qui la chantent, le Christ Jésus toujours les bénisse. » Vie de saint Gauzlin, Vita Gauzlini, abbatis Floriacensis monasterii, par André de Fleury. Au Moyen Âge il est cité dans les textes latins, représenté sur les plaques funéraires Pierre tombale de Jean Moreau, chantre de Notre-Dame, mort en 1558: Gaignières, 4332. - Inventaire des dessins exécutés pour Roger de Gaignières et conservés aux départements des estampes et des manuscrits , Bibliothèque nationale de France, Bouchot Henri, Paris, 1891, t. 2. cf. également les pierres tombales de Guillaume Capelle, Michel de Collonges, Jean de Cornouailles, Guillaume de Chesey (chantre de Mortain, mort en 1309, représenté debout avec son bâton d'après une pierre tombale de l'abbaye du Jard) chanoines et chantres représentés avec leur bâton cantoral mais non les sous-chantres. comme à Noyon (pierre tombale de Jean de Blatines) ou au Mesnil-Saint-Denis (abbaye Notre-Dame de La Roche, pierre tombale du chantre Denis)Abbé Lebeuf. « Magister Dionisius cantor hujus ecclesiœ » : on voyait un bâton. Il semble que cette pierre tombale ait disparu. Il aurait pu s'agir de l'abbé de l'Abbaye, et non d'un chantre, donc d'un bâton épiscopal. Voir Wikisource, « Bâton cantoral ». enfin il apparait aussi sur les sceaux Archives de l'Aube : Sceau de Henri, Chantre de Troyes des chantres. Son usage s'est répandu en Angleterre.
Ils furent de plus en plus ouvragés. À Paris,au , le préchantre Thibaud, de la cathédrale Notre-Dame à Sainte-Geneviève, constructeur de la tour Clovis, « décore le bâton du préchantre d'or et d'argent et de pierres précieuses ».
Description Selon Jean Grancolas Jean Grancolas, Commentaire historique sur le bréviaire romain…, 1727., le bâton cantoral était au début blanc et noir, fait simplement d'ébène et d'ivoire et pas plus grand qu'un bâton ordinaire.
Faits en or, argent, bronze, vermeil, bois précieux (ébène, bois brésil), baleine, ivoire, les bâtons cantoraux furent ensuite composés de plusieurs pièces, ornés d'or, d'ivoire, de pierreries, de cristal (boule), revêtus d'or et de fleurs de lys, d'argent, fourreau de cuir, surmontés de figurines : de saints patrons (enveloppées pour cela d'une « lanterne « Lanterne » en termes d'orfèvrerie, est la partie d'une crosse d'évêque ou d'un blason de chantre, grosse et à jour, qui représente une sorte de lanterne. « Les vases et bâtons d'argent doivent être contremarqués aux vases, fonds de lanterne, dômes, douilles, croisillons, suivant les statuts des orfèvres » .(Dictionnaire de Furetière) », ou niche à jour), ou représentations diverses comme poisson, oiseau (aigle, colombe), fleur de lys, pomme de pin, feuille d'acanthe, etc. thumb|Martyre de saint Lambert , assassiné par Dodon, panneau peint du : en bas, à droite du tableau, un chantre en prière, serre contre lui son bâton d'argent que lui transmit son prédécesseur. Le « Diptyque Palude » fut réalisé pour Henri ex Palude, chantre de la Cathédrale Saint-Lambert vers 1488 Le bâton cantoral, en argent ou en bronze doré, était souvent surmonté d'un petit dôme dans lequel se trouvait la statuette ou figurine du saint patron : celui de la fête du jour, ou bien surtout, de l'église et de la cathédrale : saint Martin, saint Nicolas, saint Étienne, à Saint-Étienne, saint Bénigne de Dijon dans l'église éponyme, saint Merry, saint Yves, saint Jacques , saint Hugues, saint Maurice, saint Michel, sainte Hélène portant la croix à Hautvillers (Marne), la sainte Vierge à Reims, etc.; il était loin, par conséquent, d'avoir la forme de la crosse ou du bâton pastoralMichel André, Cours alphabétique et méthodique de droit canon », 1853.. Il peut avoir diverses formes (férule, tau) ou présenter au sommet un pommeau, une statuette, ou un groupe sculpté ou encore un décor plus élaboré ayant parfois l'aspect d'une « lanterne », et en apex, une boule de cristal (« pomme » ou « bourdon »).
Par la forme de leur extrémité supérieure, on peut, selon Adolphe Napoléon Didron, les classer en trois séries :
Les bâtons pommelés, terminés par une grosse pomme ou une petite boule. On l’appelait alors « bourdon » en certaines régions. Pomme d'or ou d'argent, ou de cristal. Les bâtons historiés, Les bâtons terminés par un tau, c'est-à-dire de T, ou croix potencée, symbole de la Croix du Christ.
Symbolisme thumb|left|Josué sur une fresque byzantine, avec casque et bâton
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Le grand chantre avait coutume de porter la chape et le bâton cantoral non aux vêpres, ni aux matines mais aux secondes vêpres et grand' messes des fêtes annuelles. Le chantre mettait des gants pour porter le bâton.
L'ancien Testament L'origine de l'usage du bâton (virga, baculus) cantoral se trouve dans l'Ancien Testament :