Autolib’ était un service public d'autopartage de voitures électriques en libre-service disponible dans l'agglomération parisienne entre 2011 et 2018. La conception des Bluecar utilisées ainsi que l'exploitation du service ont été confiées au groupe Bolloré par le syndicat Autolib' et Vélib' Métropole (SAVM).

Le service Autolib' était assuré, en , au moyen de répartis dans couvrant de l'agglomération parisienne..

Historique Création Promu par Yves Contassot dès 2003., le projet « automobiles en libre-service » (ALS) est relancé au début de 2008 par Bertrand Delanoë, quelques mois avant les élections municipales. Il est alors question, via une délégation de service public, de proposer à la location (Bluecar ou Cleanova du groupe Dassault) sur une douzaine de sites, avec pour objectif que cela ne coûte . Cheffe de file de la droite aux élections municipales, Françoise de Panafieu propose un service équivalent qu'elle porte à .

Dès l'origine, le service Autolib’ a été pensé à une échelle intercommunale, devant englober Paris et son agglomération. Ainsi, en 2008, le maire de Paris Bertrand Delanoë, qui avait promis aux citoyens ce nouveau service lors des élections de , a proposé à 81 communes représentant le cœur dense de l'agglomération parisienne de participer au dispositif.

Afin de piloter le projet sur l'ensemble des communes intéressées, une structure intercommunale dédiée a été créée : le syndicat mixte Autolib’, devenu Autolib' Métropole en 2013. À sa création le , le syndicat mixte était composé de dont Paris. Autolib' Métropole est un syndicat mixte ouvert, regroupant des collectivités et des établissements publics. Il a pour unique compétence la mise en place du service public Autolib'.

En , après la rédaction du cahier des charges, un appel d'offres global a été lancé par le syndicat mixte afin de déterminer l'exploitant du service.

En , six candidatures ont été déposées : VTLIB' (Veolia Transport urbain), le groupement Avis-SNCF-RATP-Vinci Park, Bolloré, Interparking (société belge) et Extelia (Groupe La Poste) ; la candidature de la société ADA, société de location de véhicules, d'abord écartée, a finalement été retenue.

En , le syndicat mixte a sélectionné quatre candidats en les invitant à déposer une offre complète, celle-ci devant être remise en . Il s'agit de VTLIB' (Veolia Transport urbain), du groupement Avis-SNCF-RATP-Vinci Park, de Bolloré et d'ADA.

En , il a été décidé après analyse des offres de retenir trois candidats pour entamer la phase de négociations. Il s'agit de VTLIB' (Veolia Transport urbain), du groupement Avis-SNCF-RATP-Vinci Park et de Bolloré« Autolib' se dévoile ce samedi à Paris », Le Parisien, 17 septembre 2010..

Fin , le syndicat mixte a confirmé que des négociations exclusives pourraient être engagées avec Bolloré dont l'offre est considérée comme « Autolib: Bolloré gagnant de l'appel d'offre? », dans grandparis.blogs.liberation.fr, un blog de Libération, 29 octobre 2010..

En , le choix du syndicat mixte se porte sur l'offre du groupe Bolloré« Le contrat de voitures en libre-service Autolib' attribué au groupe Bolloré », Les Échos, 16 décembre 2010.. Une mise en service partielle est annoncée pour ; le système sera déployé progressivement jusqu'en « Bolloré gagne Autolib' à Paris », ville-transports.com, 16 décembre 2010.. Bolloré s'attend à avoir abonnés au bout de trois à quatre ans environ, qui lui permettront d'équilibrer le contrat courant sur 12 ans ; 800 emplois seront créés en pour gérer voitures dans 600 stations.

Développement En , une équipe de gère et . La montée en charge continue jusqu’à atteindre Plaquette bluecar éditée par Havas city, Zéro bruit zéro odeur, 2011, p. 15..

En , après trois ans d'utilisation, le service s'étoffe de utilitaires afin de proposer, sous le nom d'Utilib', une nouvelle gamme de voitures électriques dont l'aménagement intérieur offre une contenance plus importante, du fait du retrait des sièges situés à l'arrière..

En , l'adhésion de sept communes permet de dépasser le chiffre symbolique des , prévu au début du projet. De plus, l'adhésion de Marnes-la-Coquette et de Vaucresson fait que le département des Hauts-de-Seine devient le premier département d'Île-de-France (en dehors de Paris) à être desservi par ce service sur l'ensemble de son territoire en 2015. Ce mode d'autopartage se développe mieux à l'Ouest de Paris qu'à l'Est grâce l'extension du périmètre obtenu en avec les adhésions successives de trois communes dans le Val-d'Oise et de quatre communes dans les Yvelines en comparaison de l’adhésion de deux communes en Essonne et le fait que la moitié des communes dans la Seine-Saint-Denis et un tiers des communes du Val-de-Marne font partie du syndicat.

En , l'adhésion de nouvelles communes oblige le service de se doter de véhicules pour arriver à soit de plus que le projet initial..

En 2016 à la suite de difficultés financières et de la fin du contrat qui lie l’entreprise JCDecaux à la Ville de Paris pour le service Vélib, le syndicat Autolib' Métropole se transforme pour devenir le syndicat Autolib' et Vélib' Métropole afin de promouvoir la libre location de vélo et de voiture en autopartage.

Fin du service Présenté comme ne devant pas solliciter d'aides publiques et apporter d'euros de bénéfices par an, Autolib' se révélait fortement déficitaire dès 2017. En 2018, le groupe Bolloré annonce que le service public produisait de pertes annuelles.

Le , Catherine Baratti-Elbaz, présidente du syndicat Autolib' et Vélib' Métropole, annonce vouloir proposer au comité syndical de résilier le contrat avec le groupe Bolloré.. Le , en raison de la dette considérable, le syndicat Autolib' et Vélib' Métropole a voté la résiliation anticipée du contrat.. Le contrat prend fin le à .. Courant juillet, plusieurs voitures avaient déjà été envoyées à la casse pour être éventuellement recyclées.. Cependant, un millier de voitures est encore stocké trois ans après. et plusieurs milliers d'autres sont revendues aux particuliers....

Contentieux Bolloré - Syndicat Autolib' et Vélib' Métropole Le , le tribunal administratif de Paris rejette en première instance la requête de la société Autolib' (Bolloré) demandant réparation au syndicat Autolib' et Vélib' Métropole (SAVM), à hauteur de d'euros, pour les pertes subies lors de la résiliation du contrat, estimant qu'il s'agit d'une délégation de service public dont le délégataire devait assumer les risques..

Le , la Cour administrative d'appel de Paris accorde une indemnité de d’euros à la société Autolib' (groupé Bolloré), qui réclamait une compensation financière bien supérieure de d'euros. Selon le jugement, la société délégataire Autolib' aurait dû notifier le défaut d'intérêt économique du service au plus tard le ce qui aurait permis au SAVM de stopper l’exploitation fin 2013. Elle en déduit qu'Autolib' ne peut prétendre à l'indemnisation du déficit au-delà de l'année 2013.. À la suite de cette décision, aucune partie ne se pourvoit devant le Conseil d’État, ce qui clôt le contentieux..

Remplacement et réutilisation des bornes

Depuis 2019, plusieurs offres ont succédé à Autolib. : le partage « en trace directe » ou « freefloating » : les stations ne sont plus nécessaires avec cette formule ; le partage en boucle : l'utilisateur rend le véhicule à la station où il l'a emprunté.

Le groupe Bolloré est parti avec le logiciel d'exploitation des bornes. Toutefois, à partir du , de recharge Autolib' ont été remises en service par la Ville de Paris. Plusieurs formules d'abonnement sont proposées aux automobilistes. Les situées en banlieue restent inutilisées en 2019..

Dispositif Véhicules

vignette|Bluecar en cours de chargementrue Étienne-Marcel à Paris. Le véhicule choisi pour Autolib’ est la Bluecar, une voiture électrique produite par la société italienne Cecomp. Il est équipé de batteries Lithium Métal Polymère fabriquées à Ergué-Gabéric (Bretagne) par Batscap, filiale du groupe Bolloré et de moteurs synchrones à aimants fabriqués à Angoulême par l’entreprise Leroy-Somer. L'autonomie annoncée est de en parcours urbain, pour une recharge moyenne effectuée en 4 heures« Autolib' : Une réalité ! », dossier de presse du syndicat mixte Autolib', 16 décembre 2010..

Le designer est l'italien Pininfarina, mais l'essentiel de la production est fait par la société Cecomp.

La Bluecar est un véhicule à trois portes et quatre places qui nécessite la possession d'un permis de conduire. La planche de bord est équipée d'un écran tactile spécifique, qui offre notamment à l'utilisateur le guidage GPS avec la possibilité de visualiser le nombre de places disponibles dans les stations Autolib’, de créer un itinéraire vers sa station d'arrivée et d'y réserver une place de stationnement.

Les deux autres candidats qui restaient en lice dans la phase finale de l'appel d'offres proposaient les véhicules suivants : VTLIB' (Veolia Transport urbain) la Peugeot iOn, et le groupement Avis-SNCF-RATP-Vinci Park la Smart Fortwo de Daimler.

Stations thumb|Station en cours d'installation sur le boulevard Diderot près de la gare de Lyon à Paris. Les stations Autolib’ disposent de quatre à sept places de stationnement et autant de bornes de charge. Chaque station est dotée d'une borne interactive à écran tactile permettant notamment à l'utilisateur de s'identifier et de rechercher les véhicules les plus proches si la station est vide.

Certaines stations sont équipées d'un abri en verre situé sur le trottoir et sont alors appelées « Espaces Autolib’ ». Un agent du service devait à l'origine y être présent tous les jours de à , notamment pour accueillir le public, procéder à l'inscription au service et délivrer les badges d'abonnement. Au moins un « Espace Autolib’ » est installé par commune adhérente et, initialement, par arrondissement parisien. L'inspection du travail a depuis interdit la présence de personnel dans ces Espaces, ceux-ci étant jugés inadaptés pour y travailler dans des conditions décentes (pas de chauffage pendant l'hiver, pas de toilettes). Ces « Espaces Autolib’ » ne servent désormais que pour compléter un abonnement et scanner des papiers d'identité par vidéo-conférence.

L'arrivée d'Autolib’ s'accompagne de la mise en place d'un réseau dense de bornes de charge pour véhicules électriques sur voirie. Ainsi, 250 stations Autolib’ à Paris sont équipées d'une borne dédiée permettant la recharge simultanée d'un véhicule particulier et d'un deux-roues électriques, à condition de souscrire un abonnement Recharge spécifique. En , la Ville de Paris annonce qu'au moins 300 bornes dédiées supplémentaires seront déployées dans le prolongement des stations Autolib' parisiennes..

Environ 1 100 stations sont prévues, réparties sur l'ensemble du périmètre d'Autolib' Métropole (dont 700 stations à Paris). Ce nombre augmentera si de nouvelles communes adhèrent au dispositif Autolib’.

Tarifs thumb|Bluecars en cours de chargement à une station de la rue du Quatre-Septembre à Paris. Pour utiliser Autolib’, l'inscription est obligatoire. Elle s'effectue soit sur Internet, soit dans les « Espaces Autolib’ » après une éventuelle préinscription sur Internet.

Au , l'offre change pour ne proposer que deux possibilités pour les particuliers, une offre « Autolib' 1 an » pour les utilisateurs quotidiens et une offre « Prêt à rouler » pour les utilisateurs occasionnels ; celle-ci remplace les offres Un jour, Une semaine et Un mois qui n'ont pas trouvé leurs publics. Le forfait partagé est modifié pour mieux correspondre aux attentes des professionnels..

+ Grille tarifaire du service Autolib’ Formule Abonnement Coût à la minute (20 minutes indivisibles)Autolib' 1 an120 €0,23 €Prêt à rouler0 €0,32 €

Chiffres et coûts