vignette|Les sept œuvres de miséricorde, par Frans II Francken, 1605. Les œuvres de miséricorde (du latin « misereo » (avoir pitié) et « cor » (cœur)Indulgence (catholicisme)#Indulgence partielle ou plénière.) sont les actions bienfaisantes que chaque chrétien doit accomplir par amour pour Dieu et pour son prochain en s'efforçant de diminuer ses misères., constituant ainsi une application de la vertu théologale de charité. Quatorze œuvres de miséricorde sont recensées : sept qui relèvent du corps dites « corporelles », et sept qui relèvent de l'esprit dites « spirituelles ».
vignette|Les œuvres de miséricorde, par Pierre Montallier, 1680 env..
Les sept œuvres de miséricorde corporelle Les six premières œuvres de miséricorde corporelles sont énumérées par Jésus dans la Parabole de l'évangile sur le Jour du jugement (Mt. 25:34-40). : . La septième, , apparut au cours du et fut ratifié en 1220 par la collection canonique de Raymond de Peñafort..
Elles sont déjà présentes partiellement dans l'Ancien Testament dans le Livre d'Isaïe..
La sixième, la visite aux prisonniers, est également indiquée dans l’Épître aux Hébreux..
Les sept œuvres de miséricorde corporelle sont doncPratiquer les œuvres de miséricorde. : Plusieurs personnages bibliques illustrent les principales œuvres corporelles de miséricorde, notamment :
le prophète Abraham, accueillant les trois anges venus le visiter (livre de la Genèse) ; le prophète Elie, multipliant la farine et l'huile pour la veuve de Sarepta (livre des Rois) ; Tobie, ensevelissant un de ses compagnons de captivité (livre de Tobie) ; la parabole évangélique du Bon Samaritain.
Les sept œuvres de miséricorde spirituelle La tradition des œuvres de miséricorde spirituelle remontant aux écrits des Pères de l’Eglise et qui devient probablement définitive au cours du XIIe siècle. Énumérées par Saint Thomas d'Aquin, elles sont au nombre de sept :Plusieurs personnages bibliques illustrent les principales œuvres spirituelles de miséricorde, notamment :
Judas Macchabée, priant pour les morts (2e Livre des Macchabées) ; saint Jean-Baptiste, instruisant les foules venues le voir, ou reprochant sa conduite au roi Hérode ; la résurrection du fils de la veuve de Naïm, précédée par l'échange consolateur entre Jésus-Christ et la veuve.
Les œuvres corporelles et spirituelles sont construites en miroir :
Nourrir ceux qui ont faim : Les personnes dont le corps physique a besoin de nourriture, et les personnes dont les pensées demandent à être structurées, dont l'âme et l'esprit ont faim de vérité Abreuver ceux qui ont soif : Donner à boire aux corps désaltérés, mais également abreuver, par ses prières les âmes des vivants et des morts, qui ont soif de grâce du seigneur
« Notre prière est à notre âme ce que la pluie est à la terre » - St Jean-Marie Vianney, curé d’Ars
Eclairer ceux qui doutent : ceux qui doutent en prison, qui désespèrent de revoir l'amour du Christ comme ceux qui n'osent avancer dans la vie, pris par de trop nombreuses incitations Vêtir et Revêtir ceux qui en ont besoin : Vêtir ceux qui sont nu, revêtir ceux dont l'esprit est nu suite à une offense. Pardonner les offenses permet à la grâce de Dieu de revenir habiter en nous - l'offenseur comme l'offensé - de nous vêtir de nouveau de son amour. Consoler : Apporter aide et espoir aux malades en leur rendant visite, apporter aide et soutiens aux affligés qui désespèrent dans leur tristesse. Accueillir l'autre dans tout son être : Qu'il soit simple voyageur venu perturber temporairement l'équilibre du foyer, ou qu'il soit un simple opportun qui vient déranger la petite maison de notre moi Ensevelir les corps et les âmes pêcheuses : Les corps à la fin de la vie, mais les esprits pécheurs peuvent être ensevelis bien avant en étant repris avec justice et humilité.
Mise en œuvre
La miséricorde se diffuse au sein du christianisme à partir du . François d'Assise en est l'un des propagateurs. L'interprétation qui en est donnée, à partir des Évangiles, comme sentiment et comme institution, date des dernières décennies du siècle précédent. On commence alors à appliquer cette notion non seulement aux pécheurs, mais aux pauvres, aux pèlerins, aux malades et aux prisonniers, et à considérer l'assistance apportées par les œuvres de miséricorde, comme un moyen d'entrer dans le royaume des Cieux.
Des associations et des institutions aux noms divers (maison-Dieu, hospice, hôpital) se créent, rassemblant des fidèles volontaires, sous le signe de la fraternité et de la solidarité avec les déshérités.
Un nombre considérable d'hommes et de femmes s'y engagent pour tenter de remédier aux maux permanent de la société de l'époque. Des particuliers ou des autorités municipales fondent des hospices et des léproseries qui permettent d'y parvenir dans une certaine mesure, tout en offrant aux fidèles l'occasion d'un perfectionnement spirituelAndré Vauchez, François d'Assise, p. 55..
Caractère rédempteur des œuvres de miséricorde
Amour du prochain - Les œuvres de miséricorde sont des applications pratiques du message laissé par Jésus-Christ lors de son séjour terrestre, que ce soit par son enseignement ou par ses miracles. Cette invitation à la charité a été reprise par saint Paul, les papes, les Pères de l'Eglise, et de nombreux saints et laïcs.
Réparation des péchés - L'accomplissement d'œuvres de miséricorde, qui porte à compatir aux misères d'autrui et à les soulager, est de nature à réparer des fautes que l'on a commises, y compris si on ne les réalise pas individuellement. Dans le sacrement de pénitence, la satisfaction, appelée aussi pénitence, consiste à essayer de réparer le tort causé au péché : elle peut être par exemple une prière, une offrande, ou une œuvre de miséricorde.
Controverse - Certains courants de théologie catholique considéraient l'accomplissement des œuvres de miséricorde comme un moyen de réparer les fautes que l'on a commises. Cette doctrine dite des indulgences a provoqué de nombreuses critiques, conduisant à la Réforme. Par exemple Luther critiquait cette possibilité de racheter ses fautes et de gagner son salut, notamment par des aumônes, considérant que le nombre et l'identité des élus sont déterminés depuis toujours, et qu'aucune œuvre ne saurait donner le salut à ceux auxquels il n'est pas destinéVoir les articles Sola gratia et Sola fide.. Cette pratique des indulgences reste toutefois inscrite dans le Catéchisme de l'Eglise catholique, étroitement liées au sacrement de pénitence.
Les œuvres de miséricorde au centre du jubilé de la miséricorde en 2015 À l'occasion du Jubilé de la Miséricorde lancé en 2015 par le pape François, notamment par la lettre apostolique Misericordia et misera, les œuvres de miséricorde furent remises au centre de la démarche jubilaire. : La sauvegarde de la création comme nouvelle œuvre de miséricorde ? Le , à l'occasion de la deuxième Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la création, le pape François a proposé de considérer la comme une œuvre de miséricorde., évoquant la sauvegarde de la maison commune qui demande les (Laudato si', )Pape François, , Message pour la deuxième Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la création, Usons de miséricorde envers notre maison commune..
Représentation Le peintre italien Le Caravage a illustré les œuvres de miséricorde dans une peinture célèbre.
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie . . . .
Articles connexes
Charité Miséricorde Dimanche de la divine Miséricorde Jubilé de la Miséricorde
Liens externes . .
Oeuvres de misericorde Catégorie:Indulgence (catholicisme)