Amokrane Ould Aoudia est un avocat algérien, né le à Aïn El Hammam et mort assassiné le à Paris.

Étudiant proche du Parti communiste algérien (PCA) et membre du groupe des étudiants communistes de la Sorbonne et également adhérent du PCF et il est aussi membre du collectif des avocats du FLN. Son engagement en faveur de l'indépendance de l'Algérie lui vaut d'être assassiné à Paris par les autorités françaises.

Biographie Enfance et études Amokrane Ould Aoudia naît à Michelet, dans une famille kabyle christianisée où se trouvaient de nombreux juristes et magistrats. Son oncle, Boudjemâ Benjamin Ould Aoudia, lui aussi natif de Michelet en Kabylie, était un simple berger. Recueilli par les Pères blancs de Ouaghzen en octobre 1899 et converti au catholicisme, il devint avocat au barreau d’Alger et membre du « groupe des 61 », c’est-à-dire du groupe des musulmans à l’assemblée algérienne réclamant le droit à l’autodétermination. Le père d’Amokrane était quant à lui entrepreneur de travaux publics, sa mère était mère au foyer.

Un jeune avocat

La Guerre d'Algérie La guerre d’Algérie marqua alors une rupture dans son engagement politique puisqu’en désaccord avec la ligne anticoloniale du PCF, il s’engagea au côté du FLN. D’abord associé à l’avocat Mourad Oussedik, il décida en 1957 de travailler seul et d’ouvrir son propre cabinet, d’abord rue Anatole France puis, en , rue Saint-Marc près de la Bourse. Connu pour ses sympathies pour le FLN et son engagement pour l’indépendance de l’Algérie, il s’occupa rarement de procès de droit commun, plaidant surtout des affaires politiques. De la même manière, il travailla principalement en France, n’allant qu’une fois en Algérie plaider aux côtés de Me Ali Boumendjel, exécuté par les parachutistes en . Comme les autres avocats chargés de la défense des militants favorables à l’indépendance de l’Algérie, Me Ould Aoudia dénonça les tortures pratiquées par l’armée et la police françaises pendant le conflit. Ainsi, avec Jacques Vergès, il envoya le une lettre ouverte au ministre de la Culture, André Malraux, pour dénoncer les tortures subies par deux de ses clients, Hocine Rezgui, un ouvrier des usines Potez, et Mohamed Krama, conducteur aux usines Teka de Courbevoie, dans le commissariat d’Argenteuil, là où les violences policières étaient fréquentes et quotidiennes. Ils lui rappelaient qu’il avait signé, quelques mois auparavant et aux côtés de Jean-Paul Sartre, François Mauriac et Roger Martin du Gard, une adresse au président de la République pour condamner sans équivoque la torture, avant de conclure : « Puisque vous proposiez, monsieur le ministre, à MM. François Mauriac et Albert Camus de se rendre en Algérie pour constater (…) que la torture avait disparu, nous nous permettons de vous suggérer de leur demander plus simplement d’aller à la prison de Versailles et au commissariat de police d’Argenteuil. » La plainte adressée au doyen des juges d’instruction du tribunal de Versailles faisait là encore état des sévices subis par les deux clients de Me Ould AoudiaJean-Jacques de félice, avocat militant des droits de l’homme.. En , ce dernier devint le principal avocat de « l’affaire de Mourepiane », lors de laquelle seize membres du FLN, parmi lesquels Mohammed Assaoui, responsable de l’organisation à Marseille et son adjoint Cherif Mezzia, étaient accusés de l’incendie du dépôt pétrolier de Mourepiane, dans les quartiers nord de Marseille. Adoptant une attitude accusatrice lors du procès, et refusant la disjonction du cas de l’un des accusés, Abdou Lahmar, il obtint à l’audience du le renvoi du procès.

Assassinat Amokrane Ould Aoudia est abattu le devant la porte de son cabinet dans le , au 10, rue Saint-Marc. D'après, notamment, le journaliste d'investigation Vincent Nouzille., cet assassinat aurait été effectué, sur ordre des autorités françaises, par le SDECE dans le cadre d'une opération homo.. Dans le film documentaire L'Avocat de la terreur, le colonel Raymond Muelle affirme que le Premier ministre Michel Debré, au courant du projet, ne s'y est pas opposé.

Hommage Une plaque lui rend hommage sur son ancien domicile au 42, avenue Mathurin-Moreau (Paris 19e) et commémore son engagement ainsi que son assassinat par les services secrets.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Jean-Louis Gérard, Dictionnaire historique et biographique de la guerre d'Algérie Éditions Jean Curtuchet - 2001 -

Article connexe Barreau d'Alger Jean-Philippe Ould Aoudia

Liens externes

Amokrane Ould Aoudia sur Le Maitron

Catégorie:Avocat algérien Catégorie:Naissance en novembre 1924 Catégorie:Naissance à Aïn El Hammam Catégorie:Décès dans le 2e arrondissement de Paris Catégorie:Décès en mai 1959 Catégorie:Décès à 34 ans Catégorie:Personnalité politique algérienne assassinée Catégorie:Mort assassiné en France Catégorie:Indépendantiste algérien mort pendant la guerre d'Algérie