Bernard-Henri Lévy, souvent désigné par ses initiales BHL, né le à Béni Saf (Algérie française), est un écrivain, philosophe, cinéaste, homme d'affaires et chroniqueur français.

À partir de la parution de son premier essai, La Barbarie à visage humain en 1977, il est une figure influente de la scène politique et médiatique française, à travers son implication dans de nombreux sujets politiques.

Il est l'auteur de nombreux ouvrages sur la judaïté, l'identité, le sionisme, les intégrismes religieux, l'art, l'antisémitisme, l'esprit baudelairien, dont il se réclame, les États-Unis et l’intervention militaire de 2011 en Libye, lors de laquelle il apparaît comme une figure active prééminente sur la scène internationale, tout comme lors des guerres de Yougoslavie et l'intervention russe en Ukraine.

Personnage controversé, il fait l'objet de très nombreuses critiques.

Origines Famille Bernard-Henri Lévy est issu d'une famille juive séfarade d'Algérie..

L'un de ses arrière-grands-pères maternels était le rabbin de la ville de Tlemcen, à l'ouest du pays. Son père, André Lévy (1920-1995), est originaire de Mascara et, à , s'engage pour la défense de l'Espagne républicaine avant de combattre (en temps qu'infirmier) pour le général De Gaulle au sein du de marche, sous les ordres du général Diego Brosset. Sa mère est née Dina Siboni. Il a un frère, Philippe, et une sœur, Véronique, convertie au catholicisme, (4è mn), baptisée le Julie Malaure, «Les confessions de Véronique », dans Le Point du , . et auteur du livre Montre-moi ton visage.. Après avoir passé plusieurs années au Maroc, alors protectorat français, sa famille s'installe en France, à Neuilly-sur-Seine, en 1954.

En 1946, son père s'installe à Casablanca dans le quartier d'Anfa et fonde au MarocXavier De la Porte et Jade Lindgaard, Le nouveau B.A. BA du BHL : Enquête sur le plus grand intellectuel français, La Découverte, Paris, 2011. la Becob, une société d’importation de bois précieux africains et de résineux (de Finlande, d'URSS ou de Roumanie). ; sa mère vend ses parts à la société Pinault Bois et Matériaux, filiale au groupe Pinault-Printemps-Redoute, qui devient plus tard Kering en 1997 pour 750 millions de francs français.. Après la vente de l'entreprise, Bernard-Henri Lévy est resté actionnaire et administrateur de plusieurs sociétés. Il est à la tête de la société civile immobilière Finatrois. Ancien actionnaire de la société de production de cinéma Les Films du lendemain, il a cédé ses parts dans cette société pour un euro symbolique, au début de l'année 2013, à sa présidente, Kristina Larsen. Il garde de cette époque une amitié avec Claude Berda.. En 1996, le magazine économique Challenges classe la famille Lévy comme grosse fortune française avec de francsChallenges 187, décembre 1996..

En , il a une fille de sa première union avec le mannequin Isabelle Doutreluigne (1949-2004) : Justine Lévy. Ils divorcent en 1974. Après s'être rendue coupable de cambriolages pour financer son addiction à l'héroïne, Isabelle Doutreluigne est incarcérée et ne reprendra pas la garde de sa fille.

Le , il épouse Sylvie Bouscasse, éditrice. François Mitterrand est témoin de mariage. De leur union naît la même année un fils prénommé Antonin-Balthazar-SolalBiographie de BHL sur bernard-henri-levy.com . Ils divorcent quelques années plus tard, en 1988.

Le , il épouse l'actrice Arielle Dombasle à Saint-Paul-de-Vence, un an après qu'elle a joué au théâtre de l'Atelier sa pièce Le Jugement dernier.

En , dans le magazine Harper's Bazaar, l'artiste millionnaire Daphne Guinness, riche héritière du brasseur irlandais, révèle une relation de cinq ans avec Bernard-Henri Lévy, après qu'ils ont été surpris à Nice en par des paparazzi. Il écrit pour elle le dialogue du personnage qu'elle joue dans le film The Legend of Lady White SnakeFeitelberg, Rosemary. « Daphne Guinness and 'The Legend of Lady White Snake' », Women's Wear Daily, 7 février 2012.. La liaison prend fin en 2013.

Études Il fait ses études secondaires au lycée Pasteur de Neuilly, puis deux années de classes préparatoires au lycée Louis-le-Grand. Elève de l'Ecole normale supérieure (1968L), il est reçu à l’agrégation de philosophie, lui-même donnant comme source le Bulletin officiel de l’éducation nationale/ Mouvement du personnel, pour l’année 1971. en 1971.

Politique

Il fait partie jusqu’en 1976 des conseillers de François Mitterrand au sein du « Groupe des Experts » où il siège en compagnie de personnalités politiques comme Michel Rocard, Laurent Fabius ou Édith Cresson. François Mitterrand évoque le jeune Bernard-Henri Lévy en ces termes dans son livre L'Abeille et l'ArchitecteFrançois Mitterrand, L’Abeille et l’Architecte, Flammarion, . :

La controverse, ouverte par Gilles Deleuze lors de la sortie de La Barbarie à visage humain, reprend avec plus d’ampleur avec la sortie du Testament de Dieu.

La critique des erreurs historiques par l'historien Pierre Vidal-Naquet sert au philosophe Cornelius Castoriadis pour relever « l'imposture » philosophique du « nouveau philosophe » proclamé tel par le numéro « historique » des Nouvelles littéraires. Castoriadis dénonce dans Le Testament de Dieu des objectifs inhérents au souci du profit financier et de l’intérêt personnel :

L'historien Gérard Noiriel voit en eux « des philosophes possédant les titres requis pour pouvoir être considérés comme des « penseurs » (normaliens et agrégés de philosophie), mais [qui sont] davantage attirés par le journalisme que par la recherche, [qui] se lancent dans la publication d'essais grand public qui rencontrent d'emblée un fort succès dans les médias »Gérard Noiriel Dire la vérité au pouvoir. Les intellectuels en question, Agone, coll. « Éléments », 2010, .. Il estime que Gérard Noiriel op. cit., ..

L'historien François Cusset observe que François Cusset, French Theory, rééd., ..

Le philosophe Bruno Jeanmart et le journaliste Richard Labévière ont écrit en 2007 Bernard-Henri Lévy ou la règle du Je, un ouvrage destiné à justifier, auprès des étudiants, l'absence de Bernard-Henri Lévy dans le programme de l'agrégation de philosophie. À la suite de l'analyse de ses œuvres, ils y dénoncent l'absence de concepts, outils de base dans la démarche philosophique, et affirment qu'il aurait davantage un rôle d'essayiste que de philosophe et qu'.

En 1985, la CIA note dans l'un de ses rapports que l'influence de Bernard-Henri Lévy et des « nouveaux philosophes », devenus « des personnalités médiatiques à sensation » grâce aux « émissions de télévision et de radio à teneur intellectuelle dont les Français raffolent », avait contribué à gagner la bataille de l'opinion en France. Ce « climat » permettrait notamment de couvrir le soutien des États-Unis à des dictatures et groupes paramilitaires anti-communistes en Amérique centrale.

En 1991, il publie un essai en forme de dialogue fictif avec quelques-uns des grands écrivains et philosophes du , parmi lesquels Sartre et AronDe l'image à l'écrit, Le Monde du 10 mars 1991 , qui s'étaient unis en 1979 pour plaider la cause des Boat people.

Contre la purification ethnique au Kosovo et, surtout, contre l’islamisme radical, Lévy publie en La pureté dangereuse chez Grasset. Son combat pour les intellectuels de Bosnie-Herzégovine se poursuit et débouche sur la publication en du livre Le Lys et la Cendre, Journal d'un écrivain au temps de la guerre de Bosnie, dans la même maison.

En 1997, il réalise au Mexique un film de fiction, Le Jour et la Nuit, mettant en scène son épouse Arielle Dombasle, mais aussi Alain Delon, Lauren Bacall et Karl Zéro. Le scénario fut coécrit par Bernard-Henri Lévy et Jean-Paul Enthoven. Ce film fut un fiasco retentissant tant critique que public ( après deux mois d'exploitation), et demeure à ce jour sa seule tentative de cinéma de fiction. Face à cet échec, BHL regretta en particulier et d'avoir fait . Les Cahiers du cinéma l'ont qualifié de , et ont regretté que de l'argent du cinéma mexicain soit allé à ce film plutôt qu'à des cinéastes mexicains Cahiers du cinéma numéro 511, mars 1997, .. Ce film est depuis régulièrement cité parmi les plus mauvais de l'histoire du cinéma, y compris à l'étranger.

En , il collabore avec les philosophes Alain Finkielkraut et Benny Lévy, à l'Institut d'études lévinassiennes, à Jérusalem, sur la pensée et l'œuvre du philosophe Emmanuel Levinas..

Son livre Qui a tué Daniel Pearl ?, publié en 2003, est un « best-seller » selon Le Parisien, qui précise : « 129 200 exemplaires vendus en huit mois » en FranceLe Parisien, Christophe Dubois, 27 octobre 2004, « L’affaire Pearl ». L'ouvrage remporte un succès auprès du public aussi bien qu'auprès de la critique. « C’est rare et cela mérite d’être souligné, Bernard-Henri Lévy semble faire l’unanimité avec son dernier livre Qui a tué Daniel Pearl ? », constate Bernie Stico dans France-SoirBernie Stico, France-Soir, 5 mai 2003, « BHL, le romantique détective ».

Le livre est cependant critiqué par des spécialistes comme William Dalrymple pour ses erreurs factuelles, ainsi que pour le manque de rigueur et de compétences sur le sujet de son auteur..

Toutefois Ruth et Judea Pearl, les parents de Daniel Pearl, écrivent dans une réponse au Los Angeles Times, parue en , à propos de Bernard-Henri Lévy : Los Angeles Times, octobre 2003, Pearl’s reply . Par ailleurs, la Fondation Daniel Pearl, en association avec le Los Angeles Press Club, a attribué en le prix Daniel-Pearl à Bernard-Henri Lévy, Los Angeles Press Club, 26 mai 2023 : « Bernard-Henri Lévy is the 2023 LA Press Club Daniel Pearl Awardee ».

Début 2006, il publie aux éditions américaines Random House son livre sur les États-Unis, American Vertigo, parution précédée d'une tournée de conférences dans ce pays. En France comme outre-Atlantique, l’ouvrage, à quelques exceptions près, est accueilli par une douche froide et décrit comme une enfilade de clichés.

En , BHL publie un livre sur le Parti socialiste, Ce grand cadavre à la renverse (Grasset). L'auteur commence son ouvrage en indiquant que Nicolas Sarkozy lui a demandé de le soutenir lors de la dernière élection présidentielle. BHL précise qu'il a refusé parce qu'il fait partie de la gauche, ce qui le conduit à définir la gauche tout en indiquant l'évolution dangereuse qui lui semble être la sienne. La gauche se définit, selon l'auteur, comme le courant politique auquel appartiennent ceux qui sont anticolonialistes, portent un jugement positif sur Mai 68, négatif sur Vichy et qui se reconnaissent dans le combat des dreyfusards. La gauche connaît une évolution qui la conduit, selon Bernard-Henri Lévy à devenir antiaméricaine de façon trop systématique, à se détourner de l'idée de liberté, à devenir complaisante à l'égard d'Al-Qaïda et du Hamas, à cesser d'être universaliste ou internationaliste, devenant chauvine. Ses ennemis de gauche sont Libération précise ironiquement « Évidemment, c'est un peu au bazooka ».

Depuis le début de l'année 2007, BHL est actionnaire et membre du conseil de surveillance du journal Libération.

Lors de la guerre d'Ossétie du Sud de 2008, BHL se rend en Géorgie en , publiant le récit de son voyage dans deux pages « Témoignages » du MondeBernard-Henri Lévy, Choses vues dans la Géorgie en guerre, Le Monde, 19 août 2008..

Un article de Rue89BHL n'a pas vu toutes ses « choses vues » en Géorgie, Rue89, 22 août 2008. montre que son témoignage est imprécis, notamment grâce à plusieurs témoignages (dont celui de l'eurodéputée Marie-Anne Isler-Béguin). Son compagnon de voyage, Raphaël Glucksmann, le soutient vigoureusement dans un droit de réponse publié par Rue89, Rue89, 23 août 2008., le .

En 2008, il prendra parti auprès du journaliste Claude Askolovitch et en opposition à l'humoriste Guy Bedos dans l'affaire Siné, par Alice Geraud, Libération, 28 janvier 2009..