La science-fiction française est un genre important de la littérature française. C'est un genre actif et productif qui a évolué en conjonction avec la science-fiction anglophone et le reste de la littérature française et internationale.
Histoire Proto science-fiction avant Jules Verne Dès le , l'exploration spatiale et les extraterrestres apparaissent dans l‘Histoire comique des États et Empires de la Lune de Cyrano de Bergerac (1657) et dans l'Entretien sur la Pluralité des Mondes de Fontenelle (1686). Les contes philosophiques de Voltaire Micromégas (1752) et le Songe de Platon (1756) sont particulièrement prophétiques pour l'avenir de la science-fiction.
Il faut aussi mentionner les Voyages et Aventures de Jacques Massé de Simon Tyssot de Patot (1710), qui présente un Monde perdu, La Vie, Les Aventures et Le Voyage de Groenland du Révérend Père Cordelier Pierre de Mésange (1720), qui présente une Terre creuse, Le Voyageur Philosophe dans un Pays Inconnu aux Habitants de la Terre de Daniel Jost de Villeneuve (1761), racontant un voyage vers la Lune où une utopie construite selon des critères strictement rationnels est découverte, L'An 2440, rêve s'il en fut jamais de Louis-Sébastien Mercier (1771), qui dépeint une France du futur et La Découverte australe par un homme volant de Restif de la Bretonne (1781), célèbre pour ses inventions prophétiques.
thumb|upright|Première édition du Dernier Homme de Jean-Baptiste Cousin de Grainville (1805) Parmi les autres auteurs et œuvres de proto science-fiction notable des , on trouve :
Le Dernier Homme de Jean-Baptiste Cousin de Grainville (1805), consacré au dernier homme sur Terre ; Le Roman de l'Avenir de l'historien Félix Bodin (1834) et Le Monde tel qu'il sera d'Émile Souvestre (1846), deux romans qui tentent de prédire à quoi ressemblerait le siècle suivant ; Napoléon et la Conquête du Monde de Louis Geoffroy (1836), une uchronie où Napoléon a conquis le monde ; Star ou Psi de Cassiopée de C. I. Defontenay (1854), une chronique d'un monde et d'une civilisation extraterrestres ressemblant aux œuvres d'Olaf Stapledon ; La Pluralité des Mondes Habités de l'astronome Camille Flammarion (1862), qui spécule sur l'existence d'une vie extraterrestre.
« Âge d'Or de la fiction spéculative française » Avant l'arrivée de la science-fiction anglo-saxonne en France, le genre prospère sous de multiples appellations : roman « scientifique », « d'hypothèses », de « merveilleux scientifique », d'« anticipation », « chimérique », « extraordinaire ».
Durant cet « Âge d’Or de la fiction spéculative française » qui s’étend de 1880 à 1940., outre Jules Verne, plusieurs auteurs émergent : Louis-Henri Boussenard, un successeur de Jules Verne. Didier de Chousy, qui a écrit Ignis (1883), un roman où un inventeur essaie de capter l'énergie du centre de la terre dans une société dystopique dominée par la technologie. Arnould Galopin, créateur du Docteur Omega (1906). thumb|upright|Première édition du Péril Bleu de Maurice Renard. Paul d'Ivoi, auteur des Voyages excentriques. Vernien et créateur des héros de littérature de gare Lavarède et Docteur Mystère (1900). André Laurie, un autre successeur de Jules Verne. Georges Le Faure et Henri de Graffigny, qui ont envoyé leurs héros explorer le système solaire dans Les Aventures Extraordinaires d'un Savant Russe (1888) Gustave Le Rouge, auteur du Prisonnier de la Planète Mars (1908) et du Mystérieux Docteur Cornélius (1913). Albert Robida, écrivain et artiste, sans doute le « père » de l'illustration en science-fiction. Maurice Renard, tendance H. G. Wells, auteur du Docteur Lerne (1908), du Péril Bleu (1910), des Mains d'Orlac (1920) J.-H. Rosny aîné, né en Belgique, le père de la science-fiction « moderne » française, lui aussi comparable à H. G. Wells, qui a écrit le classique Les Xipéhuz (1887) et La Mort de la Terre (1910).
La Première Guerre mondiale a mis fin à cette première période.
Alors que le développement rapide de la science et de la technologie à la fin du avait motivé les œuvres optimistes de la plupart de ces auteurs du début de la science-fiction, les horreurs de la guerre industrialisée et plus particulièrement l'application des techniques de pointe à de telles destructions, rendent beaucoup d'auteurs français plus pessimistes en ce qui concerne le potentiel de développement technologique.
Entre les deux guerres mondiales, J.-H. Rosny aîné publie son chef-d'œuvre Les Navigateurs de l'infini (1924), dans lequel il invente le mot « astronautique ».
Régis Messac, pour Quinzinzinzili (1935). Jacques Spitz, pour La Guerre des mouches (1938). René Thévenin, pour Chasseurs d’Hommes (1930) et Sur l'Autre Face du Monde (1935), celui-ci sous le pseudonyme de A. ValérieL'identification de Valérie à Thévenin n'est pas certaine : Jacques van Herp, in Sur l'autre face du monde, R. Laffont, 1973, .
Après la Seconde Guerre mondiale
Jusqu'à la fin des années 1950, relativement peu de science-fiction est publiée en France, et celle qui l'est est souvent très pessimiste sur l'avenir de l'humanité, et souvent n'est pas du tout appelée « science-fiction ». Ravage de René Barjavel (1943) et La Planète des singes de Pierre Boulle (1963) en sont les exemples les plus connus.
Cette période de baisse de la science-fiction française (en abrégé SF) est connue de beaucoup comme un « âge d'or » de la science-fiction de langue anglaise et de l'américaine en particulier.
Quand la science-fiction française commence à réapparaître fortement après la Seconde Guerre mondiale, ce sont les thèmes et les styles de science-fiction anglophone qui servent d'inspiration pour de nouvelles œuvres.
Le premier magazine du genre, Fiction, qui est d'abord une traduction de The Magazine of Fantasy & Science Fiction, fait ses débuts en 1953.
La collection "Série 2000" des éditions Métal de Jean Birgé (et Jacques Bergier), de 1954 à 1956 (25 ouvrages).
La collection principale des années 1950 et 1960 est « Le Rayon fantastique », publiée par Hachette et Gallimard et éditée par Georges H. Gallet et Stephen Spriel; elle publie essentiellement des traductions de romans américains. Néanmoins, « Le Rayon Fantastique » a aidé à lancer la carrière d'un certain nombre d'auteurs français : Francis Carsac Philippe Curval Daniel Drode Michel Jeury (qui écrit sous le pseudonyme de « Albert Higon ») Gérard Klein Nathalie Henneberg Christine Renard thumb|upright|Collection Anticipation des éditions du Fleuve Noir, n° 1 à 151 (dos "fusée"). En 1951, Fleuve noir, maison d'édition spécialisée dans la « littérature de gare », lance « Anticipation », une collection de poche consacrée principalement à des auteurs français. Parmi ses auteurs, on trouve : Pierre Barbet Richard Bessière B. R. Bruss André Caroff Jimmy Guieu Gérard Klein (sous le pseudonyme de Gilles d'Argyre) Maurice Limat André Ruellan (sous le pseudonyme de Kurt Steiner) Louis Thirion Gilles Thomas Stefan Wul
Plus tard, beaucoup de grands noms de la science-fiction française seront imprimés d'abord dans cette collection.
Une autre collection, « Présence du futur », a été lancée en 1954 par Denoël. On y retrouve : Jean-Pierre Andrevon Jean-Louis Curtis Gérard Klein Jacques Sternberg Jacques Vallée (sous le pseudonyme de Jérôme Seriel)
À cette époque, la critique littéraire conventionnelle ne montre que très peu d'intérêt pour la SF française.
Le cinéma français, cependant, s'est avéré plus fructueuse pour la science-fiction. Le film de Jean-Luc Godard Alphaville (1965) — un thriller et une satire de la politique française - a été le premier et principal exemple de la science-fiction française de la Nouvelle Vague.
Contrairement à la science-fiction américaine, le voyage dans l'espace n'est pas le thème majeur des auteurs français post-1968.
Une nouvelle génération d'écrivains français ayant peu de souvenirs des horreurs des deux générations précédentes a été inspirée par la transformation de la France au cours de la période d'après-guerre.
Surtout après , les auteurs français de SF comme Jean-Pierre Andrevon, Pierre Pelot, Jean-Pierre Hubert, Joëlle Wintrebert, Joël Houssin, écrivent sur des thèmes politiques et sociaux.
Des auteurs comme Michel Jeury, Jean-Pierre Andrevon, Elisabeth Vonarburg et Philippe Curval commencent à s'attirer des éloges pour leur renouvellement d'un genre qui, à l'époque, n'était encore principalement considéré que comme un divertissement pour adolescents.
Durant les années 1970, la bande dessinée commence à devenir importante pour la SF française. Métal hurlant - le magazine français qui « inspira » le magazine américain Heavy Metal - commence à développer le potentiel de la science-fiction comme source de la bande dessinée. Les romans graphiques sont actuellement un grand - sinon le plus important - débouché pour la production de la science-fiction française d'aujourd'hui.
Durant les années 1980, les auteurs français comme Emmanuel Jouanne, Francis Berthelot, Antoine Volodine ou Jacques Barbéri commencent à envisager la science-fiction comme appropriée pour la littérature expérimentale.
L'influence du post-modernisme sur la littérature et le développement de thèmes cyberpunk suscitent un nouveau corpus de la SF française vers la fin de la décennie : la soi-disant «génération perdue» (représentée par des écrivains comme Claude Ecken, Michel Pagel, Jean-Marc Ligny, Sylvie Denis ou Roland C. Wagner)..
À l'heure actuelle, la SF française est particulièrement bien représentée par les romans graphiques et un certain nombre de titres sont publiés chaque année.
Comme dans la plupart des pays développés, la culture du magazine diminue considérablement en raison du développement d'internet, mais un certain nombre de périodiques francophones de SF perdurent, par exemple Bifrost, Galaxies et au Québec Solaris.
Malgré le regain pour le space opera du début des années 1990 (Ayerdhal, Serge Lehman, Pierre Bordage, Laurent Genefort), l'influence de la fiction de langue anglaise, de la science et des films diminue considérablement depuis la "génération perdue", tandis que l'influence de l'animation, des jeux vidéo et d'autres traditions de science-fiction (allemande, italienne) augmente. Bernard Werber remporte, depuis le début des années 1990, un très important succès de librairie.
L'influence des mangas et dessins animés japonais est également particulièrement notable ces dernières années dans les formats graphiques.
Autres auteurs français d'après 1945
G.-J. Arnaud Ayerdhal Jacques Barbéri Francis Berthelot Pierre Bordage Serge Brussolo Richard Canal Jean-Christophe Chaumette Philippe Curval Alain Damasio Maurice G. Dantec Jeanne-A Debats Michel Demuth Sylvie Denis Thierry Di Rollo Dominique Douay Catherine Dufour Jean-Claude Dunyach Claude Ecken Jean-Pierre Fontana Yves Fremion Laurent Genefort Philippe Goy Johan Héliot Joël Houssin Emmanuel Jouanne Sylvie Lainé Serge Lehman Jean-Marc Ligny Xavier Mauméjean Michel Pagel Pierre Pelot ("Pierre Suragne") Francis Valéry Julia Verlanger ("Gilles Thomas") Élisabeth Vonarburg Roland C. Wagner Daniel Walther Bernard Werber Joëlle Wintrebert
Le cinéma Le plus ancien des films de science-fiction est un film français, Le Voyage dans la Lune, réalisé en 1902 par Georges Méliès, d'après le roman de Jules Verne De la Terre à la Lune. Méliès réalise aussi Vingt mille lieues sous les mers, toujours d'après Jules Verne. Le thème de la machine nouvelle apparaissait cependant déjà avec La Charcuterie mécanique d'Auguste et Louis Lumière en 1895, et dans Gugusse et l'Automate de Méliès en 1897.