Le porte-avions Foch (indicatif visuel R 99) est un navire français construit à la fin des années 1950 avec son jumeau le Clemenceau.
Après une carrière de dans la Marine nationale française, il est vendu le à la Marine brésilienne, et renommé NAe São Paulo (indicatif visuel A12). Après avoir annoncé, en , une poursuite du service actif jusqu'en 2039, la Marine brésilienne le désarme le , puis le saborde le , au large du Brésil.
Il est le second navire de guerre nommé en l'honneur du maréchal Ferdinand Foch (1851-1929). Le premier était le croiseur Foch, de , entré en service en 1932 et sabordé à Toulon le durant la Seconde Guerre mondiale.
Histoire Le projet de statut naval établi par l’état-major général en 1949 demande quatre porte-avions de pour en avoir deux disponibles en permanence. Dans sa séance du , le Conseil supérieur de la Marine est encore plus ambitieux : discutant le projet de statut naval, il demande six porte-avions d’escadre. Le , il en réclame encore cinq dont deux pour l’Union française (non mis à la disposition de l’OTAN). D’après le MRC 12, document final de la conférence de Lisbonne de 1952, la France devrait mettre à la disposition de l’OTAN un porte-avions au jour J, deux à J+30, trois à J+180.
Dès 1953, la Marine doit réviser ses ambitions à la baisse, avec un objectif de trois porte-avions.
Le PA 54 Clemenceau, inscrit au budget de 1953, est mis sur cale en ; le PA 55 Foch, inscrit au budget de 1955, est mis sur cale en aux Chantiers de l’Atlantique Penhoët-Loire.. La coque du Foch a été mise à l'eau le puis remorquée à Brest pour les installations militaires. La construction se poursuit jusqu'au , où le bâtiment est mis à flot en présence de la famille du maréchal Foch. Le Foch est admis au service actif le .
L’Arromanches et le Foch transportent de à américains Vought F-8E(FN) Crusader de Norfolk à Saint-NazaireLes porte-avions Clemenceau et Foch et leur aéronautique, Philippe Quérel, p. 223-234..
D'abord à Brest, le Foch est basé à Toulon à partir de 1976.
Entre 1980 et 1981, il subit une IPER qui le dote d'un système d'exploitation navale des informations tactiques, d'une centrale à inertie pour recalage de la plate-forme des avions avant le catapultage, de soutes à missiles pour missiles AM-39 Exocet et l'arme nucléaire tactiqueGeorges Croulebois, Pont libre, Éditions des 7 vents, 1993, , .. Il peut ainsi accueillir quatre ou cinq AN-52 puis le missile ASMPMarc Théléri, Initiation à la force de frappe française (1945-2010), Stock, 1997, ..
Comme son navire jumeau, le Foch a subi une modernisation et un radoub, remplaçant quatre de ses huit canons de par deux systèmes de défense aérienne Crotale. Contrairement au Clemenceau, le Foch a également reçu en 1997 deux lanceurs SADRAL (pour six missiles Mistral chacun); ces lanceurs ont été achetés par la France en 1994.
Sous pavillon brésilien
Il est acheté en par le Brésil pour de dollars américains. Il navigue dès lors sous le nom de NAe São Paulo (A12)NAe pour Navio-Aeródromo : navire-aérodrome, c'est-à-dire porte-avions.. Le navire est en mauvais état (notamment en raison de l'absence de pièces détachées disponibles), subit six incendies et navigue peu sous pavillon brésilien. Sa rénovation complète est envisagée en 2014 mais en raison de son coût, la Marine brésilienne annonce le désarmement du navire en . après avoir passé d'opérations en mer ..
Acheté par un chantier de démolition en Turquie, il est ensuite renvoyé vers le Brésil officiellement en raison de présence d'amiante. Après une longue errance dans l'Atlantique., le bâtiment, dans un état dégradé, est coulé le à des côtes brésiliennes et de fond par la Marine brésilienne., malgré les risques de pollution de l'environnement marin.. Des associations dénoncent un « crime environnemental », le navire étant rempli de matériaux polluants (amiante, peinture…)..
Principales opérations Au cours de sa carrière, il a participé à la majorité des opérations navales de la France :
1966 : déploiement de la Force Alfa dans le Pacifique ; 1977-1978 : opération Saphir II dans l’océan Indien d'engagement et protection lors de l'accession à l'indépendance de la république de Djibouti ; 1982-1983 : opération Olifant en Méditerranée orientale lors de la guerre civile libanaise ; 1984 : opération Mirmillon en Libye ; 1989 : opération Capselle au Liban ; 1993-1996 : opération Balbuzard puis Salamandre en mer Adriatique lors de la guerre civile yougoslave ; 1998-1999 : opération Trident au Kosovo ; 2000 : opération Myrrhe (Task Force 473).
Caractéristiques Parc aérien vignette|Six Dassault Super-Étendard et deux Étendard IVM à bord du Foch (R99) au large du Liban en janvier 1983. Installations du pont d'envol : pont d'envol (axial) : ( hors tout), épaisseur piste oblique orientée à 8° sur bâbord : hangar : ascenseurs : 1 axial et 1 latéral : , capacité , translation en brins d'arrêt : 4 catapultes à vapeur : 2 de du type britannique BS4 (Mitchell-Brown) carburéacteur : capacité de essence : 110 ou munitions :
Environ à partir des années 1980 lorsqu'il était dans la Marine nationale : 15 Dassault Super-Étendard 4 Dassault Étendard IVP 8 Crusader F-8E (FN) puis F-8P 8 Breguet Alizé 2 hélicoptères Alouette III puis Dauphin (Pedro) 2 hélicoptères Super Frelon
Lors de son service dans la marine brésilienne : jusqu'à 22 Douglas A-4 Skyhawk 9 Sikorsky SH-3 Sea King
Électronique Navigation : 1 centrale de navigation inertielle à cardans MiniCIN créée par Sagem. 1 × DRBV-23B radar de veille air (bande D) 1 × DRBV-50 radar de veille combiné basse altitude et surface (remplacé ensuite par un DRBV-15) (bande E/F) 1 × NRBA-50 radar d'appontage 1 × DRBI-10 radar de veille tri-dimensionnelle plusieurs radars de conduite de tir DRBC-31 (remplacés par des DRBC-32C) DRBN-34 radar de navigation Système d'aide au commandement AIDCOMER Transmissions par satellite Syracuse I et Inmarsat Système de combat SENIT 2
Contre-mesures : 2 lances-leurres CSEE Sagaie Détecteur de radar ARBR 17 Brouilleur de radars ARBR 33
Commandants Le Foch a été commandé par les capitaines de vaisseau dont les noms suivent : Jean Bied-Charreton, du au ; Stanislas Mouton, du au ; Bozec, du au ; Henri Laure, du au ; André Wolff, du au ; Edmé Banuls, du au ; Grenier, du au ; Jean Borgis, du au ; Bernard Franchet, du au ; Jacques Choupin, du au ; Jean Montpellier, du au ; Philippe Ghesquière, du au ; Bernard Klotz, du au ; Guirec Doniol, du au ; Alain Coatanea, du au ; Michel Debray, du au ; Jean-Noël Turcat, du au ; François Deramond, du au ; Philippe Duteste, du au ; Etienne Bied-Charreton, du au ; Bernard Oliveau, du au ; Paul Habert, du au ; Philippe Sautter, du au ; Jacques Bridelance, du au ; Anne-François de Bourdoncle de Saint Salvy, du au ; Bertrand Aubriot, du au .
Anecdotes Le , une fête a été organisée à bord du Foch, amarré dans le port de Brest. La troupe de la Comédie-Française y était conviée. Les mille trois cents marins et officiers du bâtiment, les trois cents ouvriers et ingénieurs des chantiers navals et leurs familles respectives ont pris place dans les hangars qui peuvent abriter jusqu’à une quarantaine d'aéronefs. Au programme, Feu la mère de Madame, de Feydeau et Le Mariage forcé de Molière. Après la représentation, les comédiens ont eu le privilège de passer la nuit à bord du navireFrance-Soir, , ..
En 1988, le Foch est transformé en plateau de télévision, pour une émission musicale retransmise le soir du depuis le pont d'envol. Animée par Yves Mourousi et Léon Zitrone, cette soirée avait pour invités Johnny Hallyday, Samantha Fox, Christian Morin, l'animatrice et chanteuse Dorothée, le chanteur britannique Nick Kamen. À cette occasion, de nombreux reportages ont été consacrés au porte-avions, du catapultage à l'appontage des avions en passant par les compartiments machines. Les radars étaient également montrés, de même que le studio de télévision du bord d'où le Journal télévisé était présenté quotidiennement par Nicolas Mougin et Jean-Christophe Jeauffre, devenus journalistes par la suite.
Dans le techno-thriller Tempête rouge (1986) de Tom Clancy, le Foch est coulé par les Forces aériennes soviétiques dès la première semaine d'une Troisième Guerre mondiale, malgré la supériorité aérienne française.
Le Foch apparaît dans le film USS Alabama (1995) de Tony Scott, l'US Navy ayant refusé de prêter l'un de ses porte-avions pour le tournage. Celle-ci a notamment argué du fait que le film racontait l'histoire d'une mutinerie et donnait une mauvaise image de la discipline militaire pour refuser de participer à la production du film. Le tournage à bord du Foch a pris deux jours.
Jean-Pierre Alaux, peintre officiel de la Marine, a participé à sa décoration.
Le porte-avions porte le nom du maréchal Ferdinand Foch, bien que celui-ci ait pourtant un jour déclaré : « Les aéroplanes […] ne présentent pas de valeur militaire. ».
Notes et références Notes
Références
Annexes
Articles connexes Force maritime de l'aéronautique navale Histoire de la construction navale dans l'estuaire de la Loire Liste des anciens navires de la Marine nationale depuis 1945 Liste des navires construits aux Chantiers de l'Atlantique Liste des porte-aéronefs français NAeL Minas Gerais
Liens externes Porte-avions Foch Video Foch 1963 Porte-avions Foch
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