thumb|285px|Volumes OSS 117 de Jean Bruce. OSS 117 est une série de romans d'espionnage créée en par l'écrivain français Jean Bruce, reprise à sa mort par son épouse Josette, puis par ses enfants François et Martine. Elle a fait l'objet de nombreuses adaptations, notamment cinématographiques et télévisées. Elle suit les aventures d'un agent secret américain, descendant d'une vieille famille française, Hubert Bonisseur de La Bath, dont « OSS 117 » est le matricule au sein de l’, et compte au total plus de 250 volumes.

La série est l'une des premières du genre en France, et même en Europe et connaît un grand succès avec 75 millions d'exemplaires vendus dans le monde. Ce succès donne lieu à plusieurs adaptations cinématographiques dès 1957, les plus fameuses étant les quatre films réalisés par André Hunebelle dans les années 1960 et les comédies avec Jean Dujardin dans le rôle titre dans les années 2000 et 2020.

Personnages Le héros

La série met en scène les aventures de l'agent secret Hubert Bonisseur de La Bath, connu sous le matricule OSS 117, qui donne son nom à la série. C'est un espion américain travaillant tout d'abord pour l’ (OSS), service de renseignement américain, puis pour la , qui remplace l'OSS en 1947. Il termine sa carrière dans le . La consonance française du nom du héros vient de ses origines familiales : ses ancêtres, des gentilshommes, ont fui la France après la Révolution de 1789 pour s'établir en Louisiane.

Dans les films de la série avec Jean Dujardin, Hubert Bonisseur de La Bath n'est plus un Américain d'origine française, mais bel et bien un Français travaillant pour les services secrets français, le Service de documentation extérieure et de contre-espionnage.

Autres personnages récurrents Hormis le héros, Hubert Bonisseur de La Bath, et parmi les autres personnages récurrents de la série, on retient particulièrementJean Bruce, créateur d'un héros de polar sur le site officiel de la chaîne , consulté le 30 novembre 2010. : Enrique Sagarra est un collègue d'OSS 117. D'origine espagnole, il s'exile à Toulouse après avoir combattu auprès des républicains en Espagne ; durant la Seconde Guerre mondiale, il organise un réseau de résistance avant d'entrer dans l'OSS. Monsieur Smith est le chef des deux précédents. Il les envoie en mission à travers le monde, assisté par son second, Howard. Toujours un peu enrhumé et myope, il porte souvent des lunettes à verres épais. Ses lèvres sont grasses, il a des mains de prélat, des yeux larmoyants et des bajoues. Dans les différentes adaptations, son rôle a été tenu successivement par Jacques Mauclair et Billy Kearns dans les films de la série d'André Hunebelle et par Arch Taylor dans le téléfilm de 1971. Dans les films de la série de Michel Hazanavicius et Nicolas Bedos où OSS 117 travaille pour les services secrets français, il est rebaptisé Armand Lesignac et porte des moustaches, il est joué successivement par Claude Brosset, Pierre Bellemare et Wladimir Yordanoff. Tous trois sont décédés après le film dans lequel ils jouaient et dans l'intervalle de chacun des films, l'acteur qui jouait le personnage dans le film précédent n'étant plus là, il fut nécessaire de trouver un remplaçant. Le général Stanford est le chef d'Hubert Bonisseur de La Bath au .

Une œuvre familiale : historique et inspirations de la saga Avant la série Bien que les origines du genre soient délicates à définir, le roman d'espionnage francophone fait ses débuts aux alentours des années 1910. Le contexte politique troublé des années précédant la Première Guerre mondiale voit des quotidiens nationalistes lancer de violentes campagnes de presse contre la présence d'Allemands en France en multipliant la publication de romans populaires patriotiques ayant pour thème l'espionnage, sur fond de germanophobie ou d'anglophobie, répondant ainsi, selon Gabriel Veraldi, à la propagande anti-française du roman d'espionnage anglais ou des publications populaires, philosophiques et scientifiques allemandesCollectif, Crime et châtiment dans le roman populaire de langue française du , Pulim, col. « Littératures en marge » p. 109.Gabriel Veraldi, Le roman d'espionnage, Presses universitaires de France, coll. Que sais-je ?, 1983.. Durant l'entre-deux-guerres, en 1936, Pierre Nord, ancien espion lui-même, publie son premier roman, qui a pour thème son ancien métier. Il est considéré à ce titre comme le père du roman d'espionnage francophoneBiographie de Pierre Nord sur Tourisme-cambrésis.fr, consulté le 17 novembre 2010..

Genèse et premiers succès Ayant notamment travaillé pour Interpol, dans l'aviation civile, été ensuite employé de mairie, acteur dans une troupe ambulante, imprésario, agent d'un réseau de renseignement, inspecteur à la Sûreté, joaillier et secrétaire d'un maharadjah, le Français Jean Bruce commence à rédiger le premier tome de la série d'espionnage OSS 117 en 1949, après avoir rencontré, lors de la Libération de la ville de Lyon, William Leonard Langer, le véritable agent de l'OSS américaine portant le matricule 117 Dulles, Allen Welsh, Petersen Neal H. From Hitler's Doorstep : The Wartime Intelligence Reports of Allen Dulles, 1996, Penn State Press, p. 543.Extrait de : OSS 117 entreprise familiale, reportage de Thibaut Chatel pour , consulté le 29 octobre 2010.. L'expérience de l'auteur lui permet de rédiger avec un minimum de réalisme et d'assurance les aventures d'OSS 117, qui évolue ainsi dans un monde moderne rempli d'éléments que l'auteur a découvert durant sa vie. Cette documentation et ce vécu indispensables sont renforcés par un tour du monde de l'auteur, réalisé selon lui en . Tous les romans de Jean Bruce ont en effet pour point de départ un événement authentiqueBiographie assez complète de Jean Bruce sur Oss117.org, consulté le 27 avril 2010.. Ses romans présentent parfois des sous-entendus érotiques, un style qu'il apprécie et qui lui a permis de vivre au début de sa carrière d'écrivain. Il rédige ainsi 88 volumes d’OSS 117, jusqu'à sa mort dans un accident de voiture en 1963. Ses 88 romans se sont vendus à 24 millions d'exemplairesHubert Bonisseur de la Bath alias OSS 117 sur Boomer-café.net, consulté le 17 novembre 2010..

Reprises Après la mort de Jean Bruce Sa femme, Josette Bruce, reprend alors la série. Elle rédige 143 livres jusqu'en 1985, date à laquelle elle prend sa retraite à la suite d'une procédure menée à son encontre par sa fille Martine Bruce et son beau-fils François Bruce pour atteinte à leurs droits patrimoniaux et moraux auprès du TGI de ParisLe jugement est rendu, le 8 mars 1985, sous le N° du Rôle Général 14 144/83. Là où son mari se basait sur des informations de première main, elle s'inspire davantage de ce qu'elle lit : encyclopédies ou autres romans. Elle a fait également appel à des prêtes-plume dont Marc Arno et Roland Piguet.. C'est durant cette période que le succès de la série atteint son apogée, avec plus de exemplaires vendus par tome.

En 1987, la série est reprise par les deux enfants de Jean Bruce, François et Martine Bruce, respectivement beau-fils et fille de Josette Bruce. Les 24 volumes dont ils sont les auteurs contiennent davantage de références littéraires, mais aussi de sexe et de sadismeOSS 117, entreprise familiale, article du Nouvel Observateur sur le reportage de Thibaut Chatel pour 13ème rue, consulté le 27 avril 2010..

Les auteurs

Écriture OSS 117 est devenu au cours des années un véritable pilier de l'espionnage de fiction, de par toutes les caractéristiques plus ou moins réalistes de l'espion qu'elle contient. La série a contribué très fortement à la perception par le grand public de ce corps de métier, perception qui s'est ancrée durablement dans l'imaginaire collectif. Ainsi, on y trouve un héros Josette Bruce, , Josette Bruce, Pruneaux à Lugano, 1973.. Il a pour mission d'œuvrer pour le bien dans un environnement de guerre froide toujours brouillé et peuplé d'espions ennemis, de nazis, de Russes, de Chinois et autres, appartenant à diverses mafias ou organisations de malfaiteurs en tous genres. Le héros est aussi entouré de jeunes et jolies femmes dont certaines deviennent vite des conquêtes amoureuses, qu'elles soient ses alliées ou non. Ces jeunes filles ne sont généralement pas les mêmes d'un tome à l'autre, ce qui consolide ce caractère de « tombeur », de « Don Juan », qui entra lui aussi dans l'imaginaire collectif sur lequel se fonderont toutes les parodies et références qui seront par la suite faites de ce genre d'univers fictifJosette Bruce (préf. Gabrielle Rolin), Hara Kiri, Edito-Service, Suisse, coll. « Les classiques de l'espionnage », 1976.. Ces clichés seront par exemple repris ironiquement dans les deux dernières comédies de 2006 et 2009 tirées de la saga qui en regorgentVoir paragraphe à ce sujet..

OSS 117 est souvent considéré comme une saga de « romans de gare » simplistes et à l'écriture très peu développée. Ce supposé manque de profondeur peut s'expliquer par le fait que les différents auteurs devaient livrer plusieurs romans par annéeLes romans de gare sur Polars.org, consulté le 14 novembre 2010.. Cette caractéristique est loin d'être niée par les auteurs comme Josette Bruce qui déclare à Frédéric Dard (auteur de San-Antonio) : François RIVIERE : Frédéric Dard ou la vie privée de San-Antonio sur le blog : Mystère Jazza, consulté le 17 novembre 2010..

Publication La série paraît originellement aux éditions Fleuve noir dans les collections Spécial Police, puis Espionnage, avant d'être reprise par les Presses de la Cité dans les collections Un mystère, puis Espionnage. Enfin, à la fin des années 1990 et dans les années 2000, l'éditeur Michel Lafon réédite une quinzaine de romans de Jean Bruce, soit en volumes séparés, soit sous forme de recueils en incluant plusieurs. Des rééditions ont lieu aussi à l'occasion des derniers filmsDeux aventures d'OSS 117, aux éditions Michel Lafon sur le site des éditions Michel Lafon, consulté le 27 avril 2010..

Quatre rééditions au format poche sont disponibles en librairie depuis aux éditions Archipoche (Gâchis à Karachi, Strip-tease pour OSS 117, Atout coeur à Tokyo et OSS 117 prend le maquis, tous signés par Jean Bruce). Quatre autres titres sont disponibles depuis le (Le sbire de Birmanie, Partie de Manille pour OSS 117, Les monstres du Holy Loch et OSS 117 préfère les rousses). Un coffret comportant les huit rééditions est sorti le avec en cadeau la réédition de Valse viennoise pour OSS 117 ..

Liste des œuvres littéraires Romans de la série sortie originellement aux éditions Fleuve noir, puis Presses de la CitéPar ordre chronologique de parution. :

Œuvres de Jean Bruce (de 1949 à 1963) (88 volumes)

Œuvres de Josette Bruce (de 1966 à 1985) (143 volumes)

Œuvres de François et Martine BruceSous le titre : Les Nouvelles Aventures d'OSS 117. (de 1987 à 1992) (24 volumes)

Succès et répercussions culturelles