vignette|Le Livre des médiums d'Allan Kardec, publié en 1861 popularisa le néologisme « médium ».
Un médium est une personne qui prétend être sensible à des influences subtiles ou à des phénomènes non perceptibles par les cinq sens. Il prétend pouvoir percevoir les manifestations de l'au-delà et de ses « esprits », de même qu'il affirme pouvoir capter intuitivement des informations occultes lors d'un état de conscience modifié.
La croyance dans la capacité des médiums est dépourvue de fondement scientifique.
La communication avec des « esprits » pourrait prendre plusieurs formes, selon qu'elle utiliserait des objets (tables tournantes, ouija, télékinésie), ou qu'elle passerait par l'intermédiaire d'êtres humains vivants (télépathie, incorporation totale ou partielle, visions). Tout ceci permettrait d'obtenir des informations sur le passé, le présent ou le futur, ainsi que sur la vie après la mort. L'idée de médiumnité est très ancienne et remonte aux chamans préhistoriques, de multiples activités, religions et cultures utilisent les capacités supposées de médiums dont les facultés se déclineraient de diverses manières.
Définition et étymologie Le substantif « médium », emprunté à la langue anglaise, apparaît en France au milieu du , après l'arrivée de missionnaires du spiritualisme moderne anglo-saxon.. Il passa dans le langage courant avec la diffusion du Le Livre des médiums, publié par Allan Kardec en 1861. Dans cet ouvrage, le mot médium (du latin, medium, milieu intermédiaire) désigne une « personne pouvant servir d'intermédiaire entre les Esprits et les hommes ». et la médiumnité désigne l'ensemble des facultés spécifiques aux médiums. Bien que représentés dans de multiples activités, les médiums sont généralement associés au mouvement spiriteSelon le dictionnaire Hachette (2005), un médium est . ou au domaine du surnaturelSelon l'encyclopédie Larousse (2003), un médium est une .
Différentes formes et pratiques de médiumnité spirite Selon les spirites, la médiumnité serait une perception spéciale, plus subtile, qui prêterait à certaines personnes la faculté de servir d'intermédiaire aux esprits de l'au-delà. Ils considèrent que les médiums peuvent se diviser en deux grandes catégories : Les « médiums à effets physiques » : ceux qui auraient la capacité à provoquer des effets matériels ou des manifestations ostensibles. Les « médiums à effets intellectuels » : ceux qui seraient plus spécialement propres à recevoir et à transmettre les communications intelligentes.
Bien sûr, la frontière entre ces deux types de médiumnité est poreuse et bien souvent un médium participe à la fois, à l'un et à l'autre.
Les tables tournantes
Il faut tout d'abord faire la distinction entre les « tables tournantes » et les « tables parlantes », c'est-à-dire qui communiquent un message à l'aide de coups frappés ou typtologie. Par exemple un coup pour « oui », deux coups pour « non ». Une variante consiste en l'épellation des lettres de l'alphabet et la table signale la lettre choisie en donnant un coup, un secrétaire notant les phrases ainsi formées. vignette|250x250px|Séance de « Tables Tournantes » dans un salon mondain en 1853. D'après les sources de l'époque, les tables tournantes se manifesteraient par des effets sensibles, tels que les bruits, le mouvement et le déplacement des corps solides. L'un des premiers effet observés consistait dans un mouvement circulaire imprimé à une table, probablement un guéridon, mais cet effet pouvait être observé sur d'autres objets, comme un chapeau haut de forme par exemple (voir illustration ci-contre). Il suffisait de se mettre autour d'une table, assis ou debout, de poser ses mains à plat dessus, et d'attendre patiemment, le phénomène pouvant survenir en quelques minutes ou une demi-heure, voire une heure plus tard. On entendait généralement un craquement dans la table, prélude au mouvement circulaire qui s'accélérait de plus en plus à tel point que les participants avaient du mal à suivre le mouvement. Une fois le mouvement établi, on pouvait même s'écarter de la table qui continuait à bouger en tout sens, sans contact. Parfois la table se soulevait sur un pied ou sur un autre puis reprenait doucement sa position. Cette mode des tables tournantes dans les salons mondains laissa très rapidement place à des moyens de communications plus complexes comme la typtologie, puis la psychographie directe (l'écriture mécanique et ses variantes) ou indirecte (ouija, additor).
Il est à remarquer que les tables tournantes avaient leur « petit caractère », certaines étant bienveillantes et polies, au début et à la fin de la séance elles s'inclinaient sur un pied pour saluer les participants, alors que d'autres étaient coléreuses et impatientes, s'exprimant par des coups violents et des mouvements brusques, pouvant aller jusqu'à casser la table. La table qu'utilisait Victor Hugo lors de ses séances spirites à Jersey, curieusement, ne supportait pas la position en losange de ses participants.
Le ouija, l'additor et la Table-Girardin Le ouija est constitué d'une planche recouverte de feutrine, sur laquelle on a collé les lettres de l'alphabet disposées en arc de cercle. Sont également disposés les chiffres de zéro à neuf. Le médium utilise une planchette qui épouse la forme de la main et sous laquelle on a planté des clous de tapissier, pour un bon glissement et afin d'éviter le bruit du frottement. Le médium pose sa main sur la planchette et se recueille avec les participants. Sa main serait mue par l'esprit qui dirigerait le ouija rapidement et de façon automatique vers les lettres et chiffres qui formeront un message. L'assistance d'un lecteur et d'un transcripteur s'avère donc indispensable. Dans cette forme de dictée lettre par lettre, le médium ne perçoit pas le contenu du message. vignette|Florizel et Grace Von Reuter pratiquant la xénoglossie à l'aide d'un additor en 1926. L'additor est une variante du ouija et fut utilisé par le violoniste et compositeur Florizel Von Reuter assisté par sa mère la médium Grace Von Reuter dans les années 1920. La particularité de l'additor est d'être une règle droite où sont inscrits des lettres et des chiffres devant lesquels se déplace un curseur dans une rainure. Grace Von Reuter l'utilisait les yeux bandés parfois, elle posait les doigts sur le curseur qui se déplaçait à grande vitesse sous l'influence supposée des esprits, pendant que son fils Florizel Von Reuter notait les lettres ainsi obtenues. C'était principalement des messages de Xénoglossie, qui avaient la particularité d'être dicté en sens inverse de la lecture normale (la première lettre obtenue était en réalité la dernière de la phrase, la deuxième lettre correspondait à l'avant dernière, etc.) et ces messages répondaient à des questions posées par des personnes invitées à la séance. Parmi les messages reçus dans des langues étrangères ignorées des deux médiums, on retrouvait une quinzaine de langues diverses (la transcription était latinisée) dont le russe, le magyar, le norvégien, le polonais, le hollandais, le lituanien, l'irlandais, le persan, l'arabe et le turc. Florizel Von Reuter a écrit plusieurs livres relatant tout ceci, malheureusement non traduit en français.
La Table-Girardin est une variante de table tournante qui fut nommée ainsi en souvenir de Delphine de Girardin, amie de Victor Hugo et femme d'esprit dans tous les sens du terme. Cette table était un guéridon dont le centre était équipé d'un cercle mobile en bois de 30 ou 40 cm de diamètre monté sur un axe. Sur la circonférence de ce cercle était inscrits les lettres de l'alphabet, les chiffres, ainsi que « oui » et « non » ; cet ensemble tournait devant une aiguille fixe. La médium, plaçant ses mains sur la table, posait des questions à l'Esprit qui était censé faire tourner le cercle avant de l'arrêter devant l'aiguille, donnant ainsi le caractère voulu par l'Esprit afin de composer des phrases qui étaient notées par un secrétaire.
L'écriture médiumnique ou « psychographie »
Appelée psychographie du temps d'Allan Kardec, elle correspond à la méthode la plus répandue pour recevoir des messages qui viendraient des esprits. Le pratiquant s'assoit à une table, pose une feuille de papier devant lui et tient un stylo en main au-dessus de la feuille. Le but serait de laisser les Esprits influencer les pensées ou le bras du médium. Les spirites distinguent plusieurs types de psychographie :
L'écriture intuitive ou écriture inspirée vignette|redresse|Illustration d'un magazine de 1908 : « La médium Véra, d'une voix sourde et solennelle, a appelé au silence. » Avec l'écriture intuitive ou inspirée, un Esprit communiquerait au médium des idées et pensées que celui-ci retranscrit avec ses propres mots, sa façon de parler et sa propre écriture.
L'écriture automatique/mécanique ou semi-automatique/semi-mécanique Avec l'écriture mécanique/automatique, le médium n'a aucune idée de ce qu'il écrit, il ne contrôle plus son bras, ce serait l'Esprit/entité qui lui seul écrirait. Le médium peut être en état de somnambulisme ou de transe, mais ce n'est pas obligatoire. Avec l'écriture semi-mécanique ou semi-automatique le médium comprend ce qu'il écrit, mais il ne contrôle toujours pas son bras, ni son écriture, là encore, ce serait un esprit désincarné qui écrirait à sa place. C'est dans cette catégorie que l'on voit les cas de « médiums polygraphes », c'est-à-dire dont l'écriture change en fonction des différents Esprits qui communiqueraient, prenant l'écriture et les tournures de phrases qu'avait l'Esprit de son vivant, car finalement ce serait lui qui écrirait, le médium lui, n'opposant plus aucun filtre, ni résistance. C'est aussi dans cette catégorie que l'on voit les cas de Xénoglossie, où le médium se mettrait à écrire dans des langues étrangères ou des dialectes qu'il ne connait pas. En voici trois exemples datant des , : vignette|redresse|gauche|Madeleine pénitente peinte vers 1640 par Georges de La Tour.
La clairvoyance médiumnique vignette|La médium Svetlana, peinte en 1836 par Karl Brioullov. « Les Médiums voyants seraient doués de la faculté de voir les Esprits. Ils en est qui auraient cette faculté à l'état normal, alors qu'ils sont éveillés, ils en conserveraient le souvenir exact ; alors que d'autres ne l'auraient que dans « l'état somnambulique » (hypnotique) ou voisin du « somnambulisme », mais cette faculté serait rarement permanente et serait le résultat d'une crise passagère. Le Médium voyant croit voir par ses yeux, mais c'est en réalité son âme qui voit par émancipation. La vue accidentelle et fortuite d'un Esprit dans une circonstance particulière est assez fréquente ; mais la vue habituelle des Esprits sans distinction est exceptionnelle. »
Ce type de médium voyant peut travailler à partir de la photo d'une personne décédée, mais ce n'est pas obligatoire. Les perceptions peuvent être des impressions, des sensations, des images ou des idées qui s'imposent clairement. L'intérêt de cette forme de clairvoyance est de percevoir l'état et la situation de l'esprit qui donnerait éventuellement un message dont le clairvoyant restituerait le contenu. Il arriverait que l'esprit se fasse reconnaître selon l'image physique qui était la sienne, le clairvoyant percevrait alors une image nette de l'Esprit et pourrait le décrire.
La clairaudience médiumnique La clairaudience est souvent une particularité qui s'associe à la clairvoyance. Le Médium auditif pourrait entendre les Esprits de deux manières : Par la perception d'une voix intime qui se ferait entendre dans son for intérieur et qui serait reçue télépathiquement ; Par la perception d'une voix extérieure, claire et distincte comme celle d'une personne vivante.
Les phénomènes de transe De nos jours la « transe » est définie comme un état modifié de conscience (EMC) et est très souvent associée à l'hypnose. vignette|Transe hypnotique d'une femme en 1885, peinture d'Albert von Keller.