Vadim Vladimirovitch Brovtsev ( ; en ossète : Вадим Владимиры фырт Бровцев ; en ), né le à Tcheliabinsk-65 (RSFS de Russie) et mort le , est un entrepreneur et homme politique russe et sud-ossète.
Il débute comme conseiller municipal d'Oziorsk en Russie (1996-2005), Premier ministre de la république séparatiste et non reconnue d'Ossétie du Sud (2009-2012) puis président par intérim de celle-ci (2011-2012). Souvent soupçonné dans des affaires de corruption, il atteint le pouvoir en Ossétie du Sud après y avoir été envoyé par la Russie, pour l'administrer, un an après la reconnaissance de la république par le Kremlin.
Biographie
Premières années Vadim Vladimirovitch Brovtsev est né le dans la ville secrète de Tcheliabinsk-65, l'un des centres du programme nucléaire soviétique en RSFS de Russie. Il grandit dans une famille influente : son grand-père Sergueï est un pilote durant la Seconde Guerre mondiale et un héros de l'Union soviétique, tandis que son père, Vladimir Sergueïevitch Brovtsev, est un technocrate haut-placé de l'URSS. Ce dernier est chargé du Combinat des Services ménagers, l'agence publique responsable de distribuer le logement parmi la population de Tcheliabinsk et à la suite de la chute de l'URSS en 1991, il se lance dans la vague de privatisation russe et accapare de nombreux bâtiments résidentiels, se construisant une fortune considérable durant une période de chaos pour la Russie.
Vadim Vladimirovitch passe sa jeunesse dans des écoles spécialisées pour recevoir une éducation technique, avant de s'engager dans son service militaire, durant lequel il sert dans les Forces des fusées stratégiques de l'Union soviétique. Son histoire devient par la suite floue : sa biographie officielle l'annonce diplômé d'économie et de planification des fournitures matérielles et techniques à l'Institut d'Économie nationale de Sverdlovsk, avant de recevoir un diplôme d'administration publique à l'Institut d'Innovation professionnelle de Moscou ; toutefois, son opposition l'accuse en 2005 d'avoir falsifié ses diplômes, menant possiblement à sa défaite électorale la même année selon certains analystes politiques. En 2009, quand il sert comme Premier ministre d'Ossétie du Sud, il est enregistré in absentia comme étudiant à l'École supérieure de privatisation et d'entrepreneuriat de Moscou et à l'École russe de gestion.
Brovtsev commence sa carrière en vendant des mandarines à Tcheliabinsk-65. À la chute de l'Union soviétique, suivie par l'enrichissement de sa famille lors de la vague de privatisations de Boris Eltsine, il s'engage rapidement dans le secteur privé. Il fonde en 1990 sa première compagnie, Vermikulit, qui reçoit de petits contrats de constructions et de réparations de routes. En 1994, Vadim Vladimirovitch est mis en tête d'UralAZ, une entreprise privatisée de construction de camions, qu'il quitte après son entrée en politique deux ans plus tard.
En 1995, la police fiscale lance une enquête sur la famille Brovtsev, découvrant de nombreuses richesses non dévoilées. Une série de compagnies appartenant aux Brovtsev sont alors fermées, mais Vadim continue son chemin dans l'entreprise de construction. En 1996, il devient un partenaire auprès dUralgrafit CJSC et commence à vendre de la vermiculite, avant de fonder AOZT Vermikulit avec un certain Kojine. Vadim Vladimirovitch est alors impliqué pour construction sans permis et pour vol et fraude contre Uralgrafit, ce qui le mène à une peine de de prison avec sursis. Cela ne l'empêche toutefois pas d'acheter une usine de béton armé à Novogorni, un village de Tcheliabinsk.
Brovtsev reste un large critique de la police fiscale russe à travers sa carrière, alléguant que la force policière ne fait qu'étouffer l'entrepreneuriat russe, et applaudit la transformation de l'agence par Vladimir Poutine en 2003.
Politique russe En 1996, Vadim Brovtsev se lance dans une carrière politique locale, deux ans après l'institution d'élections locales en Russie. Le , il est élu en tant que candidat sans étiquette au Conseil municipal des Députés de la ville d'Oziorsk, l'ancien Tcheliabinsk-65 et participe ainsi à la formation du gouvernement local. Il représente alors la d'Oziorsk, incluant les villages de Sadovie, Novo-Gourievskaïa et Zaporojie et devient président de la Commission municipale d'Architecture et de l'Aménagement urbain, position cruciale dans les décisions de projets de constructions publiques.
Brovtsev devient proche du maire controversé d'Oziorsk Sergueï Tchernichev, lui permettant, selon l'agence russe de presse Kommersant, de sécuriser de nombreux contrats publics pour sa compagnie Vermikulit. Selon un député municipal anonyme servant aux côtés de Brovtsev, Vermikulit remporte bientôt une majorité des annonces d'offre pour réparations des routes et d'autres petits projets municipaux. En 1998, Vermikulit obtient le contrat pour construire une berge sur le lac Bolchaïa Nanega d'Oziorsk comme un projet de refonte, au lieu de projet de construction d'immobilisations (le statut légal requis pour une nouvelle construction), autorisant la compagnie de Brovtsev à augmenter ses taux par 45 % après avoir remporté le contrat.
Le scandale de la berge mène à une enquête législative par le Conseil des Députés d'Oziorsk et Vladimir Malkov, qui succède comme maire à Sergueï Tchernichev, accuse l'administration de corruption. En 2000, Vermikulit reçoit de roubles pour le projet, un prix estimé près de de roubles en surplus. Le Procureur général de la région refuse de diligenter une enquête judiciaire sur le cas. Dans un autre cas, Vermikulit gagne le contrat pour construire un bâtiment résidentiel sur la Rue Montajnikov d'Oziorsk, mais refuse de payer de roubles à deux de ses sous-traitants, A-Etaj et MSU-71 : ces deux dénoncent Vermikulit mais le Procureur général refuse à nouveau d'enquêter sur les agissements de Brovtsev.
Brovtsev tente de s'engager dans la politique régionale, mais n'obtient que 13,9 % des votes dans l'élection de la de l'Assemblée régionale de Tcheliabinsk en 2000, à la suite d'un scandale lié à la falsification de ses diplômes. Il est néanmoins réélu le à Oziorsk, durant des élections considérées comme un large conflit entre syndicats et entreprises. Quelque temps après sa réélection, Brovtsev vient au secours d'un voisin âgé lors d'un incendie.
Il est possible que Brovtsev se constitue un large réseau de figures politiques et d'hommes d'affaires durant cette période. C'est justement lors de la tenure de Brovtsev à Oziorsk que Viktor Bassarguine sert comme envoyé présidentiel au district fédéral de l'Oural, Roman Panov comme vice-gouverneur de Tcheliabinsk et Evgueni Rogoza comme président de la compagnie Monolit. Ces trois serviront plus tard comme chefs du ministère russe du Développement régional, l'organe de Moscou chargé d'administrer l'aide financière à l'Ossétie du Sud quand Brovtsev y sert comme Premier ministre. Ces liens deviennent le sujet de nombreux scandales à Tskhinvali par la suite.
À Oziorsk, Brovtsev devient largement le symbole du conflit entre les intérêts spéciaux des grandes compagnies et les activistes qui se battent contre la corruption. En , l'Assemblée législative de Tcheliabinsk annule les élections municipales d'Oziorsk, menant à la démission d'une douzaine de députés locaux qui contestent la décision. Tcheliabinsk remet les élections au et Brovtsev devient candidat, après avoir subi une négation du droit de se présenter aux élections législatives régionales pour avoir falsifié ses diplômes.
Aux élections municipales, Brovtsev arrive en tête des quatre candidats avec 24,04 % des voix, mais arrive derrière les , obligeant une nouvelle éléction trois mois plus tard. Le , Brovtsev est à nouveau candidat, mais perd contre Timofei Fourajev, mettant un terme à sa carrière politique en Russie.
Secteur privé
À la suite de sa défaite électorale, Vadim Brovtsev quitte Oziorsk pour vivre à Sotchi, tandis que Vermikulit est temporairement fermé, avant d'être de nouveau enregistré par une personne inconnue à Oufa, en Bachkirie. Bientôt, une série de compagnies sont ouvertes sous le nom de Vermikulit, dont une firme de comptabilité basée à Moscou et chacune liée à Brovtsev. Ce dernier regagne sa position en devenant président du conseil d'administration de la nouvelle Vermikulit CJSC et retourne dans l'entreprise de construction, s'occupant d'immobilier commercial et résidentiel.
À Sotchi, Vadim Vladimirovitch devient à nouveau le sujet d'un scandale quand il fait construire un immeuble de grande hauteur dans une ville à règles de zonage strictes qui n'autorisent que des bâtiments de faible hauteur. Ce cas mène à des accusations de corruption contre le maire de Sotchi Viktor Kolodiajni. Ce dernier quitte sa position de maire en 2008 après être nommé comme président de la compagnie publique Olympstroï, chargé de construire les facilités pour les Jeux olympiques d'hiver de 2014 de Sotchi.
Selon Brovtsev, il est lui-même partenaire d'''Olympstroï et participe à la construction de l'infrastructure olympique après avoir remporté une offre concurrentielle. Toutefois, Olympstroï nie cette information en 2009, disant au journal Kommersant que la compagnie a découvert la participation de Brovtsev après la publication de sa biographie officielle par les agences de presse à la suite de sa nomination comme Premier ministre d'Ossétie du Sud. Selon la compagnie, il est possible que Brovtsev n'ait servi que comme sous-traitant d'une large compagnie de construction impliquée avec Olympstroï.
Vadim Brovtsev vit principalement à Sotchi jusqu'en 2009.
Premier ministre d'Ossétie du Sud Nomination
En Ossétie du Sud, Aslanbek Boulatsev est Premier ministre depuis , nommé peu de temps après la Deuxième guerre d'Ossétie du Sud dans un effort de reconstruire la république séparatiste à la suite du conflit qui oppose la Géorgie et la Russie en . Toutefois, Boulatsev, un fonctionnaire russe probablement nommé à l'insistance de Moscou, est rapidement écarté par le président autoritaire Edouard Kokoïty, officiellement pour des raisons de santé. Selon certains, la mise à l'écart de Boulatsev est organisée depuis la Russie par des intérêts financiers non-identifiés qui cherchent à disposer d'un monopole sur l'importante source de contrats pour la reconstruction de l'Ossétie du Sud. Quand Boulatsev quitte Tskhinvali pour retourner en Russie en plein mandat, Brovtsev est lui-même suspecté d'avoir organisé une tentative d'assassinat sur le Premier ministre.
Kokoïty centralise son pouvoir rapidement après le départ des forces géorgiennes et de Boulatsev. Le , des élections parlementaires, condamnées par Tbilissi et l'OTAN comme illégitimes, éliminent toute opposition au dirigeant sud-ossète. En juillet, le président russe Dmitri Medvedev visite Tskhinvali et rencontre Kokoïty lors d'un entretien durant lequel, selon l'agence de presse Radio Free Europe/Radio Liberty, Medvedev réclame la nomination d'un Russe comme Premier ministre pour la poursuite de l'aide financière de Moscou. Le , Viktor Bassarguine, ancien allié de Brovtsev et désormais ministre russe du Développement régional, annonce une aide de de roubles à l'Ossétie du Sud, suivie par la démission officielle de Boulatsev le . L'opposition sud-ossète accuse Kokoïty de rejeter sur Boulatsev la faute des lenteurs de la reconstruction.