Helen Doyle est une scénariste et réalisatrice québécoise née à Québec (Canada), en 1950. La majorité de ses films sont des documentaires et plusieurs d'entre eux sont consacrés à la condition féminineHelen Doyle, sur le site Inform Action. Elle utilise parfois les moyens du cinéma expérimental, de la fiction et du docufictionPrésentation du Coffret et monographie Helen Doyle, cinéaste : La Liberté de voir, Helen Doyle, 2015, 340 min, par SPIRA.

Biographie La période Vidéo Femmes En 1973, à Québec, elle s'allie avec Nicole Giguère et Hélène Roy pour jeter les bases du collectif La femme et le film, qui se consacre à la diffusion et à la production de vidéogrammes réalisés par des femmes. Après quelques interventions à la télévision communautaire, le groupe produira une première bande en 1975 (Philosophie de boudoir) et prendra le nom de Vidéo Femmes en 1979. C'est au sein de ce collectif qu'Helen Doyle réalise ses premières bandes, souvent en coréalisation, abordant la condition féminine dans une perspective résolument féministe : Philosophie de boudoir dénonce sur un ton satirique le caractère rétrograde du Salon de la femme de Québec, Chaperons rouges traite de viol et d'agression sexiste, Les Mots... maux du silence met en cause l'intervention psychiatrique et les diagnostics de folie dans la gestion de la révolte féminine, etc. L'engrenage social menant les femmes à la folie est d'ailleurs une préoccupation présente dans plusieurs de ses réalisations, comme dans le docufiction C’est pas le pays des merveilles.

La quête d'une esthétique documentaire Après Les Mots... maux du silence, Helen Doyle réalise Les Tatouages de la mémoire, œuvre symboliste à la facture plus expérimentale dans laquelle elle aborde le thème de la souvenance. Elle s'éloigne ensuite de la production vidéo pour se tourner vers le cinéma, réalisant ainsi Le Rêve de voler, documentaire sur les trapézistes qui lui permet de filmer un véritable ballet aérien sur le thème d'Icare. Suivent d'autres documentaires mis en scène de manière affirmée et présentant une esthétique soignée: Je t’aime gros, gros, gros dans lequel elle donne la parole à des individus en surpoids, ou encore Petites Histoires à se mettre en bouche, où elle explore les plaisirs gourmands.

La guerre et la barbarie vignette|Affiche du film Dans un océan d'images Le Rendez-vous de Sarajevo inaugure une nouvelle période dans la filmographie de la réalisatrice, alors que les questions relatives à la guerre, à la barbarie et à l'engagement artistique occupent le devant de la scène. En 2000, la réalisatrice fonde sa propre maison de production, Productions Tatouages de la mémoire. Terminé en 2002, Les Messagers présente des artistes engagés dans la lutte contre la barbarie. On y entend notamment Dominique Blain, Susan Sontag, Nigel Osborne et Ernest Pignon-Ernest. Elle enchaîne avec Soupirs d'âme, dans lequel elle met en scène une quête d'identité évoquant le destin d'enfants abandonnés et victimes de guerres. Birlyant, une histoire tchétchène aborde le conflit tchétchène vu par une musicienne. Interrogeant le sens et la portée des images de conflits, Dans un océan d'images s'intéresse aux photojournalistes œuvrant dans les zones de combat.

La figure de l'artiste L'ensemble de l'œuvre d'Helen Doyle propose une interrogation sur l'artiste dans son rapport au monde. Qu'il s'agisse des trapézistes de Le Rêve de voler, du photographe Louis Jammes, auteur de grandes sérigraphies de portraits d'enfants installées dans les rues de Sarajevo (Le Rendez-vous de Sarajevo), ou encore de la chanteuse et accordéoniste Birlyant Ramzaeva. En 2016, elle consacre ainsi deux courts métrages à l’artiste française Danielle-Marie Chanut, auteure de livres et objets détournés : L'Artiste dans son for intérieur et L'Atelier des chimères.

Filmographie 1975 : Philosophie de boudoir (coréalisation : Nicole Giguère) 1979 : Chaperons rouges (coréalisation: Hélène Bourgault) 1981 : C'est pas le pays des merveilles (coréalisation : Nicole Giguère) 1981 : Juste pour me calmer (coréalisation : Nicole Giguère) 1982 : Les Mots... maux du silence 1985 : Les Tatouages de la mémoire 1986 : Le Rêve de voler 1994 : Je t’aime gros, gros, gros 1997 : Le Rendez-vous de Sarajevo 1998 : Petites Histoires à se mettre en bouche 2002 : Les Messagers 2004 : Soupirs d'âme 2008 : Birlyant, une histoire tchétchène 2013 : Dans un océan d'images 2016 : L'Artiste dans son for intérieur 2016 : L'Atelier des chimères 2024 : Au lendemain de l'odyssée

Prix remportés 1993 : Prix André-Leroux pour Je t’aime gros, gros, gros 1994 : Prix Gémeaux du meilleur documentaire d'auteur pour Je t’aime gros, gros, gros 2005 : Prix de la fondation Émile-Nelligan du meilleur essai, Festival international du film sur l'art de Montréal pour Soupirs d'âme 2013 : Prix du meilleur film canadien, Festival international du film sur l'art de Montréal pour Dans un océan d'images 2014 : Prix Gémeaux du meilleur documentaire : culture pour Dans un océan d'images 2015 : Étoile* de la SCAM pour Dans un océan d'images 2025 : Prix Albert-Tessier pour l'ensemble de sa carrière

Hommages En 2008, Helen Doyle est récipiendaire de la première Bourse de carrière en cinéma du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ). La Cinémathèque québécoise lui a consacré une rétrospective au printemps 2009 ; En 2015, un coffret lui est consacré, reprenant une douzaine de films illustrant environ quarante ans de sa carrière (en quatre DVD). Intitulé Helen Doyle, cinéaste : La Liberté de voirHelen Doyle, cinéaste : La Liberté de voir sur spira.quebec, il contient aussi un entretien entre Helen Doyle et Jackie Buet (directrice générale et artistique du Festival international de films de femmes de Créteil, ainsi qu'une monographie contenant des écrits Francine Laurendeau, Helen Faradji, Hélène Roy, Fabrice Montal, Ève Lamoureux, Nicole Giguère, Fernand Dansereau, Lise Bonenfant, Jackie Buet, Germain Bonneau et Helen Doyle elle-même. En 2018, Helen Doyle reçoit le prix (unique) Barbara H. Greene Prix Barbara H. Greene, attribué par le Conseil des arts du Canada.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Helen Doyle, cinéaste : La Liberté de voir, Vidéo Femmes / Éditions du Remue-ménage, 2015 « De rendez-vous en rendez-vous », TOPO Magazine, , , p. 34-36 Aller aux vues, Lumières cinéma, AQRRCT, , printemps 1992, p. 48-51 « Mauve fumée », XYZ la revue de la nouvelle, , automne 1987, p. 34 « Le Zoo », Festival international Folie Culture, Catalogue 1984, p.30-31 « Viewpoints on Video », The Second Link, Viewpoints on Video in the Eighties, Walter Phillips Gallery, 1983, p. 39-40 Comment transmettre une image qui soit nouvelle, Copie zéro, Cinémathèque québécoise, 1980, , p.36

Articles connexes Documentaire Condition féminine

Liens externes Visionner Le rendez-vous de Sarajevo sur onf.ca L'artiste dans son for intérieur sur vimeo.com L'atelier des chimères sur vimeo.com Helen Doyle sur l'Internet Movie Database

Catégorie:Scénariste québécois de cinéma Catégorie:Réalisateur québécois Catégorie:Date de naissance non renseignée (XXe siècle)