Baraka est une entité urbaine dans la province du Sud-Kivu à l’est de la République démocratique du Congo.
Géographie
Situation géographie Baraka est une entité urbaine de la province du Sud-Kivu en République démocratique du Congo, située à l'ouest de la pointe de la longue presqu'île d'Ubwari et sur la rive occidentale du lac Tanganyika.
Elle est constituée des trois communes : Baraka centre, Katanga et Kalundja. En son centre se trouvent Mmoma, Maison Escale, AEBAZ, Mwemezi, Macampagne, Malala, Majengo, Matata, Kibondjwa et Mushimbakye. Le AEBAZ est un quartier densément peuplé, vivant du commerce. Dans ce quartier sont érigés d'importants hôtels, des chaînes de restauration rapide ainsi que des grands magasins. Baraka est un centre urbain qui fait régulièrement des échanges commerciaux avec le Burundi, la Tanzanie et la Zambie.
Population Elle compte sur une superficie de 2. Baraka est le troisième centre urbain d'importance au Sud-Kivu.
La ville de Baraka s'étend de la rivière Lweba à la rivière Mutambala et au rivage du lac Tanganyika. En son cœur se trouve un aérodrome au bord duquel s'alignent des villas modernes. Cette ville est le poumon socio-économique du territoire de Fizi avec une économie agricole présente dans les périphéries. La majeure partie de la population du territoire de Fizi réside à Baraka. Cette ville est reliée aux villes de Lubumbashi au sud et de Bukavu au nord par la RN5.
Baraka compte parmi les trente-cinq principales villes de la république démocratique du Congo ordonnées par le gouvernement central, dont vingt-six sont des chefs-lieux des provinces et neuf sont des villes socio-économiques : Baraka, Bandundu, Beni, Boma, Butembo, Likasi, Mwene-Ditu, Uvira, et Zongo. Baraka est l'une des meilleures villes de la RDC pour sa qualité de vie. Elle est aussi parmi les villes proposées pour la province du Sud-Kivu avec Uvira, Shabunda et Kamituga.
Baraka jouit d'un rayonnement international grâce à sa diaspora, son évêché de l'Église Méthodiste Libre du Congo, sa position stratégique pour les pays de l'Afrique de l'Est et du Centre, et la présence des bureaux de liaisons de certaines organisations internationales (FAO, HDCH, HCR, MONUSCO, OIM, OMS, PAM, PNUD, UNESCO, UNICEF).
Baraka étant une ville cosmopolite, certains pays, comme le Burundi, le Rwanda, la Tanzanie, la Zambie et Malawi, envisagent d'ouvrir leur liaison consulaire à Baraka à cause de la présence importante de leur peuple dans cette localité. À cause du nombre important des fidèles catholiques dans le territoire de Fizi, l'idée de l'instauration du diocèse de Baraka est au stade terminal au sein de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco).
La ville de Baraka est au sud de Bukavu, de Goma et d'Uvira, au nord de Kalemie et Lubumbashi, à l'est de Kindu, à l'ouest de Kigoma et de Bujumbura. Elle est accessible par voie aérienne à l'aérodrome de Baraka et à l'aéroport de Malinde, par voie maritime via les voies ferroviaires (Kigoma) et lacustres au port de Mushimbakye et par voie terrestre via la RN5 de la RDCongo.
Contrairement aux grandes villes de provinces des Sud-Kivu et Nord-Kivu, Baraka est la seule ville à échapper aux catastrophes naturelles occasionnées par les éruptions volcaniques, les tremblements de terre et les glissements de terrain qui frappent périodiquement les villes de Bukavu, de Goma et d'Uvira.
Les villes de Bukavu et Uvira, selon les sismologues, sont des localités situées dans la faille sismique régionale ; certains quartiers de ces deux villes peuvent aussi être frappés par des glissements de terrain. De plus, la ville de Bukavu est dans l'épicentre sismique avec un risque élevé d'éruption limnique en provenance du lac Kivu. Quant à la ville de Goma, elle se situe sur le relief volcanique toujours actif. Tandis que Baraka est la seule ville de l'ensemble du Kivu en bordure d'un lac à être épargnée par les catastrophes naturelles et c'est pourquoi elle est appelée un "lieu sûr". Cette ville est construite sur l'une des rares plaines à l'Est du pays formée par le lac Tanganyika et le mont Mitumba.
Climat La ville de Baraka est située au S E et au rivage du lac Tanganyika avec une altitude moyenne de . Le climat, de type tropical, offre un ensoleillement dominant toute l’année et une température moyenne de . Le plus haut niveau de la température arrive à 26 - 30 °C au cours des périodes les plus chaudes. Baraka connaît 2 saisons : la saison sèche et la saison pluvieuse.
Hydrographie L'eau douce recouvre 1/3 de la superficie de l’île de Baraka. Le territoire englobé par la ville contient le bassin hydrographique du lac Tanganyika et deux grandes rivières : Mutambala et Nemba. Les autres rivières sont : Lweba, Lwindi, Luke, Mukera, Mwemezi, Kiriza, Rubana
La ville de Baraka est une île, entourée par le lac, les rivières Mutambala, Luke et Lweba.
Toutes les eaux de ces rivières se jettent dans le lac Tanganyika en formant une vaste plaine vers les rives des rivières et du lac. C'est vers l'embouchure de la rivière Mutambala et Nemba que nous trouvons le gisement de pétrole. Les chaux englobent toute la presqu'île d'Ubwari l'Est de la ville et tout l'Ouest de Baraka, précisément à Mwasombo, Mwambangu, MongeMonge, Mwatembo Les hauts plateaux de l’île de Baraka contiennent le gisement de l'or, de diamant, du coltan, d'étain, de la bauxite, du fer, du manganèse, du charbon, du cobalt, du nickel et de la tourbe.
Histoire
Origine Elle tire son nom d'un mot arabe qui signifie sagesse ou bénédiction. À l'origine, Baraka était un petit village de pêcheurs.
Histoire culturelle La désignation de Baraka comme ville culturelle est née par la symbiose de la culture Bembe avec celles de Bwari,Lega, Buyu, Hemba, Bangubangu, Goma, Zoba, Bingya, Bemba, Luba, Zimba, Batswa, Vira, Fulero, Tabwa, Holoholo , Bashi ainsi que la présence des Arabes, des Belges et des missionnaires catholiques d'origine italienne et des protestants en provenance des États-Unis, des Indiens de l'Inde et des Chinois dans ce coin du pays. Ce métissage culturel a fait de la ville de Baraka un centre culturellement riche en RDC et dans la région des Grands Lacs.
Du Vers 1400, Baraka était déjà le lieu où les indigènes descendaient de la haute terre dans le but de pêcher les poissons pour se nourrir. À cette période, les plages de Baraka servaient aux rituels du peuple autochtone de cette contrée et un endroit propice de navigation pour explorer l'autre rive du lac Tanganyika. C'est à cette période que les Bembes ont baptisé le nom du lac, Étanga 'ya ni'a d'où le nom du Tanganyika, donc c'est à Baraka que le nom du lac tire son origine.
Baraka est une ville fondée par les Arabes pour le commerce triangulaire au .
Baraka, anciennement Bomani, était un grand centre de commerce doté d'un grand port pour garder les esclaves venus du Kasongo, afin de les acheminer à Ujiji (Tanzanie). Il y a jusqu'à ce jour des ruines des guerres de Belges contre les Arabo-Swahili dans le quartier AEBAZ de Baraka (Bomani).
En 1858, les parties d'Ubwari, de Kibanga et de Baraka avaient été nommées la baie Burton, d'après le nom de l'explorateur européen (anglais) Richard Francis Burton, tandis que les missionnaires catholiques l'avaient appelée Lavigerieville (Kibanga).
Lavigerie est une commune française dans le département du Cantal en Auvergne, mais elle est aussi une congrégation des missionnaires belges en Afrique et le nom d'un ancien évêque, d'où le choix du nom de Lavigerieville par les missionnaires catholiques de cette époque. Les autres colons voudraient que Baraka porte le nom de Ligerzville à cause de sa ressemblance hydrographique avec Ligerz, qui est une commune suisse de canton de Berne en Bienne. Donc, la ville de Baraka est un endroit adorable et convoité par les Arabes, les Indiens de l'Inde, des colons belges, des explorateurs et des missionnaires, c'est pourquoi chacun avait tendance de baptiser son nom. Aujourd'hui, le nom arabe, Baraka, a pris raison dont sa signification et son origine sont mentionnées au début de cet article.
En 1882, le village est devenu la première entité administrative du Kivu à adopter un modèle urbain.
Vers 1890, la Belgique perçoit la présence des Arabes au bord du lac Tanganyika comme un élément pouvant contrarier son projet de coloniser l'est du Congo. C'est pourquoi elle décide de les attaquer en utilisant le motif de la lutte anti-esclavagiste et organise une expédition militaire dont l'objectif officiel est de mettre les populations indigènes du Congo à l'abri de la traite des esclaves. Des opérations militaires ont lieu de 1892 à 1894, et après une bataille entre les Arabes et les Belges, la ville de Baraka devient colonie belge.
Pendant la Première Guerre mondiale, les Belges repoussent les Allemands depuis Baraka en occupant les villes de Kigoma et Tabora en Tanzanie, ainsi que les villes de Bujumbura et Rumonge au Burundi, en 1916, sous les commandants de la Force publique, Tombeur, celui-ci est d'origine belge et Mbavu Moya d'origine Bembe. Cette Force publique comptait originaires du Congo belge. La ville de Baraka a également soutenu l'indépendance du Congo en hébergeant les lumumbistes et les mulelistes.
Vers 1957, les gens de Baraka, précisément dans la commune de Katanga ont assisté à une révolte contre le système de paysannerie et des matraques. Cette révolte était conduite par Monsieur ÉMBOLO de tribu Bembe, celui-ci avait arrêté les colons belges, parmi eux: Kanyembwe, Baléhasé, Matalatala, Paon, Lika, administrateur du territoire de Fizi, Chef de police ; il les avait infligés les matraques dans le langage local, viboko, comme récompenses à tous les fouets et les corvées que les Congolais subissaient à cause de la colonisation. Par après, il a été arrêté et conduit à la prison centrale de Bukavu, puis relâché après un an de la pénitence. En 1989, Émbolo avait encore arrêté les militaires de FAZ qui ont pillé les biens de la population dans la commune de Baraka. Il est mort et enterré à Katanga à cause de la maladie. Vers 1995, la ville de Baraka a été alimentée par un groupe électrogène, fond propre de Mwene Malungu. Le , la ville de Baraka a accueilli le révolutionnaire Che Guevara.
Le , la ville de Baraka était devenue le chef-lieu du district du Sud-Kivu par le décret présidentiel. De plus l'arrêté présidentiel du et la loi du confirment bel et bien Baraka comme étant le chef-lieu de la sous-région du Sud-Kivu jusqu'en 1988 lors de la division de la province du Kivu en trois régions (Maniema, Nord-Kivu et Sud-Kivu).
Le gouvernement congolais de Kinshasa a choisi Baraka en raison de la création de la République du Maquis de Fizi en 1967. Cet État socialiste dominait la région après la rébellion Simba. De ce fait, entre 1967 et 1986, la ville est restée sous le contrôle des forces du Maquis. La ville de Baraka a été transformée par le gouvernement du Maquis en son principal port d'exportation. De ce fait, les employés de l'administration sous-régionale du Kivu ont refusé de travailler à Baraka. L'existence de l'État sécessionniste du Maquis de Fizi a également empêché la construction des installations administratives sous-régionales du Kivu, les employés choisissant de travailler temporairement à Uvira.
Baraka est aussi le siège de l'Église Méthodiste Libre du Congo.