Jean Damun est un architecte français du mort en 1777. Il s'intéressa particulièrement à l'architecture des salles de spectacles et construisit celle du château de L'Isle-Adam pour le prince de Conti, mais ne parvint à faire réaliser aucun de ses projets parisiens. Il est connu aujourd'hui comme architecte des hôtels Hocquart et de Lannion, qui ont été conservés rue de l'Université et rue de Lille à Paris.
Biographie Gendre de François Blondel, Jean Damun fut contrôleur des Bâtiments et des magasins de la Ville de Paris, situés rue de la Mortellerie, où l'on entreposait les matériaux nécessaires aux décors des fêtes et cérémonies publiques. Lui-même participa à l'ordonnancement de certaines d'entre elles, comme la fête donnée pour le second mariage du Dauphin Louis de France (1729-1765) en 1747Cette fête a été gravée : Représentation du feu d'artifice qui fut tiré dans la place de l'hotel de ville de Paris à l'occasion du mariage de Monseigneur le Dauphin avec la princesse Marie Josèphe de Saxe le 13 février M.DCC XLVII (BnF, Estampes, coll. M. Hennin, 8575) et composa en 1756 le décor du feu d'artifice donné sur la place de Grève pour célébrer la prise de Port-Mahon par le maréchal de Richelieu (Michel Gallet, Les Architectes parisiens du , p. 167).
Architecture théâtrale En 1747Si les devis, mémoires et factures de la première campagne de travaux n'ont pu être retrouvés par Élyne Olivier-Valengin (, in : , p. 125 note 68), elle peut être datée grâce au Journal du marquis d'Argenson qui note à propos du prince : , avec le titre d'C'est le titre qui lui est donné dans les comptes de Manscourt (BHVP, CP 4584 à 4588)., il construisit pour le prince de Conti, Louis François de Bourbon-Conti, une salle de spectacles dans l'île de la Cohue à L'Isle-Adam (Oise), où se trouvait le château familial des Conti. En 1771, le prince demanda à Damun de réaménager et d'agrandir cette salleArch. nat., R³ 95 : (cité par Élyne Olivier-Valengin, art. cit., p. 125 note 70).. Toujours pour le prince de Conti, Grand Prieur de l'ordre du Temple, Damun construisit également un théâtre dans l'Enclos du Temple à Paris (Frédéric Dassas, , in : ) Barillet indique que le prince avait eu l'intention de faire construire une véritable salle de spectacles à proximité de la cour de la Corderie : ().
Damun s'intéressa particulièrement à la problématique de la construction des salles de spectacle, s'attachant à trouver par des règles géométriques les formes les plus favorables à l'acoustique. Ses idées, qu'il ne put éditer avant sa mort, furent publiées par Pierre Patte en 1782 dans son Essai sur l'architecture théâtrale :
Michel Gallet, Op. cit., p. 167
En 1766, alors que le service des Menus-Plaisirs du roi et les gentilshommes de la Chambre songeaient à la reconstruction du Théâtre-Français, Damun, soutenu par l'avocat Gerbier, présenta un projet qu'évoque l'intendant des Menus-Plaisirs Papillon de La Ferté dans son Journal : . Le texte publié en 1887 donne le nom « Damesme » sans doute par suite d'un mauvais déchiffrage car il ne saurait s'agir de Louis Emmanuel Aimé Damesme comme le suppose à tort l'éditeur E. Boysse, puisque celui-ci n'était alors âgé que de neuf ans. C'est Michel Gallet (Op. cit, p. 167) qui rend le projet à Damun. En 1771, lorsqu'il fut question de reconstruire le Théâtre-Français au faubourg Saint-Germain, Damun se mit sur les rangs et concourut avec Denis-Claude Liégeon, architecte des Menus-Plaisirs, contre Victor Louis, Pierre-Louis Moreau-Desproux, Charles De Wailly et Marie-Joseph Peyre.
Constructions privées En 1754, Damun s'associa avec un spéculateur audacieux, le banquier Pierre Salle. Conjointement avec Pierre-Louis Brunet et Armand-Claude Le Franc de Jettonville, ce dernier monta une spéculation immobilière entre la rue de Bourbon et la rue de l'Université, sur des terrains ayant appartenu à Jules Hardouin-Mansart, où furent construits quatre hôtels destinés à être loués ou vendus en viager. Deux de ces hôtels sont du dessin de Damun et ont été conservés, les hôtels Hocquart et de Lannion. Il construisit deux immeubles rue Bergère pour Salle et son associé Matthieu et bâtit également l'hôtel de Beaupréau rue Croix-des-Petits-Champs.
On voit dans les comptes de la Ville de Paris entre et , qu'une pension de livres fut accordée à Damun, cité par .
Réalisations et principaux projets Château de L'Isle-Adam, L'Isle-Adam (Oise), 1747 et 1771-1774 (détruit) : Pour le prince de Conti, construction puis agrandissement d'une salle de spectacles doublée d'une salle de bal dans l'île de la Cohue. Élyne Olivier-Valengin, art. cit., p. 117-118 Hôtel Hocquart et hôtel de Lannion, 78 rue de l'Université et 75 rue de Lille, Paris (), 1754 : Deux hôtels jumeaux qui se font face à travers leurs jardins contigus. L'élévation sur le jardin présente un avant-corps central à trois pans coupés, orné au premier étage de quatre pilastres d'ordre ionique. Deux immeubles, rue Bergère, Paris (), 1756 : Construits pour le banquier Pierre Salle et son associé Matthieu. Hôtel de Beaupréau, rue Croix-des-Petits-Champs, Paris (), 1758.
Notes
Voir aussi Sources
Élyne Olivier-Valengin, , in :
Catégorie:Architecte français du XVIIIe siècle Catégorie:Date de naissance non renseignée (XVIIIe siècle) Catégorie:Date de décès non renseignée (XVIIIe siècle)