Al-Qadmûsen arabe : al-qadmūs, , Qadmus ou Kadmous est une ville de la circonscription (muhafazah ) de Tartous en Syrie.

Histoire Moyen Âge Le château (Qal`a al-Qadmûs) occupait un petit plateau triangulaire encadré par deux vallées.

En 1128/29, Bohémond II s'en empare, il est alors connu sous le nom de la Cademois.

En 1132/33, Sayf ad-Dîn ibn `Amrûn, seigneur de la forteresse d'Al-Kahf vend Al-Qadmus aux Nizârites (Assassins) après l'avoir reprise aux croisés l'année précédente. Il change de main à plusieurs reprises. En 1186, il passe aux Hospitaliers en même temps que le Margat (Qal`a Marqab).

En 1271, le sultan mamelouk baharite Baybars qui vient de prendre le Krak des Chevaliers (Hisn al-Akrād) prend Al-Qadmûs et Al-Kahf, neutralisant ainsi l'influence des Ismaéliens dans la région. Ultérieurement les sultans mamelouks vont se servir des Nîzarites à leur profit : au début du , le voyageur Ibn Battuta rapporte :

Époque contemportaine Ibrahim Pacha détruit le château en 1838 lors de sa campagne contre les Alaouites.

À la fin de l'époque ottomane et jusqu'au début des années 1920, les conflits tribaux opposant les Ismaéliens de Kadmous aux Alaouites des environs, et les émirs ismaéliens de Kadmous entre eux, conduisent beaucoup d'Ismaéliens à quitter la montagne pour se fixer à Salamyeh, dans la plaine de Syrie centrale ; ils y fondent le quartier de Qadamisa, nommé d'après la ville de Kadmous, lieu d'origine de beaucoup d'entre eux. Lors de la révolte alaouite de 1919-1921 conduite par le cheïkh Saleh al-Ali, les Ismaéliens de Kadmous, devenus beaucoup moins nombreux que les Alaouites, doivent demander l'aide des colonisateurs français contre les rebelles. Malgré la victoire des Français et la reddition de Saleh al-Ali en 1922, les Ismaéliens n'obtiennent qu'un seul siège dans le conseil de l'État des AlaouitesFarhad Daftary, A Modern History of the Ismailis: Continuity and Change in a Muslim Community, .

Entre 1960 et le début des années 2000, Kadmous est un des petits bourgs de l'arrière-pays alaouite. Son aire d'attraction commerciale ne dépasse pas une centaine de km² et tend encore à se réduire du fait de l'attraction supérieure des grandes villes côtières, notamment Banias. C'est aussi un des rares bourgs de cette région, avec Kessab, à ne pas avoir le statut de ville, ce qui réduit beaucoup les possibilités d'emploi administratifFabrice Balanche, La région alaouite et le pouvoir syrien, Karthala, 2006, p. 87-90..

Notes et références

Annexes Articles connexes Ismaélisme Nizârites/Assassins Nusayrites/Alaouites

Bibliographie

Catégorie:Ville en Syrie Catégorie:Gouvernorat de Tartous